INNERVATION DES GLANDES SUDORIPARES
L'étude de rimiervatiun des glandes sudoripares fait penser que les nerfs dont l'excitation provoque la sécrétion sudorale aboutissent à divers centres médullaires, bulbaires et encéphaliques. Le centre médullaire est fort diffus : « en réalité tout l'axe gris de la moelle joue le rôle de centre pour les nerfs sudoraux » (Fr. Franck). Pour le centre bulbaire il n'est guère mieux défini, et le centre cérébral l'est moins encore. Il y a certainement action de la moelle, du bulbe, et peut-être du cerveau sur la fonction sudorale, mais les centres d'où parlent les impulsions sont encore inconnus.
La sudation peut reconnaître trois ordres de causes.
1'^ Influences agissant à la périphérie. — Parmi celles-ci nous citerons les excitations centrifuges dues aux névrites, névralgies, etc., qui agissent comme les excitations expérimentales; celles qui suivent la section d'un nerf (phase d'hyperexcitabilité précédant l'inexcitabilité finale et irréparable : pourtant cette phase semble durer plus longtemps pour les nerfs excito-sudoraux que pour les moteurs). Il y a encore à citer les excitations excito-sudorales dues aux matières sudorifiques à action locale : la pilocarpine, alcaloïde du jaborandi est le type de celles-ci. Son action esl purement locale; elle s'opère au point de l'injection, sur l'animal dont le sciatique a été coupé ; il n'y a là rien de réflexe. Elle agit sur les extrémités périphériques des nerfs (Yulpian) plutôt que sur les cellules glandulaires (Gubler admet pourtant ce dernier mode d'action) : elle n'agit plus quand la dégénérescence des nerfs excito-sudoraux est complète (Luchsinger, Vulpian, Ott, etc.), sauf dans des cas exceptionnels (Marmé, Luchsinger). La muscarine est excito-sudorale comme la pilocarpine : Ott croit qu'elle agit sur les éléments glandulaires. Par contre, l'atropine (préconisée par Yulpian contre les sueurs des tuberculeux), la duboisine, la piturine sont des fréno-sudoraux, à action également locale (Heidenhain). M. Auberta. au moyen de ses empreintes sudorales.
522 PEAU ET ÉPITHRLTUM
donné de bonnes représentations graphiques de cette action
de l'atronivio 'JUr la'^fVvptinn s;l1(1orAlp îlno'i 1,1 {i'-iiri^' r'i.jointe,
•pjf,- 57. Euiprcinle suilorale ituiuLillo.' moiilraiil riufluence suspensive locale de l'atropine sur la sccrction sudorale.
La partie Atr' au niveau de laquelle a été appliquée une éponge imbibée d'une solution d'atropine apparaît dépourvue d'empreinte sudorale, de même que la partie Atr qui a été recouverte d'un petit emplâtre de belladone. Au niveau de la partie centrale (Eau) une éponge imbibée d'eau pure n'a pas nioditié la sécrétion. (D'après Aubcrt.)