ACTION LOCALE DES POTIONS SUR LA SUDATION
on voit que, dans les zones marquées Ktr ' et A//-*, le jtoiutillé fait défaut : cela tient à ce que la région correspondante de la peau a été préalablement recouverte d'un peu d'atropine ou de belladone. Il y a eu absorption de ces principes, et action locale. Au point correspondant à celui où est écrit Eau l'on avait mis une éponge mouillée, et l'action en a été nulle. Il y a entre la pilocarpine et l'atropine antagonisme évident, et probablement complet, car il est présumable que ces deux substances agissent sur les mêmes éléments. Parmi les influences périphériques, citons encore les variations de température, de circulation périphérique (il convient de noter que, si la fonction sudorale est indépendante des nerfs vaso-dilatateurs, il y a, dans la pratique, une étroite connexion — par simultanéité des excitations — entre Faction des glandes et l'état des vaisseaux). Citons aussi comme causes centrifuges les actions centrales (état asphyxique du sang, température du sang; action de poisons excito-sudoraux à influence centrale : picrotoxine, nicotine, strychnine : Luchsinger a cru à une action centrale de la pilocarpine).
2'^ Actions réflexes excito-sudorales. — Ces actions ont pour point de départ la peau (excitations électriques, thermiques, etc.), ou des nerfs de sensibilité spéciale ; le cœur (angine de poitrine), les poumons, la lèvres, l'estomac, le péritoine, etc. A l'état normal, les réflexes cutanés sont les plus répandus.
■ 3'' Actions centrales. — Ce sont les émotions, et les excitations dont nous avons parlé plus haut : état asphyxique, température du sang, action des poisons excito-sudoraux centraux.
Le mécanisme de la sécrétion sudorale est inconnu. On suppose qu'il y a une filtration et non une fonte de cellules, et Ranvier en fait un type de glandes mérocrines. L'excrétion se fait par la vis à tergo.
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Phénomènes électriques de la peau. — J. de Tarchanoff {Soc. i?/oZ., juillet 1889) a montre que rexcitation de la peau (chatouillement) est suivie, après une période latente de 1-3 secondes, du dcveloiipement d'un courant électrique appréciable par le galvanomètre, les parties riches en glandes sudoripares devenant négatives iiar rapport aux parties moins pourvues de glandes. Ce courant persiste quelques ndnutes après Texcitation. Il n'est pas besoin d'une excitation actuelle, présente, pour développer ces courants : l'idée d'une sensation, une émotion, etc., peuvent déterminer le même phénomène ; le travail intellectuel agit pareillement. La contraction musculaire provoque une déviation du galvanomètre à distance (à la main, alors que c'est l'orteil qui se contracte) et on peut conclure que tout acte nerveux ou psychique s'accompagne de phénomènes électriques cutanés.
Glande mammaire. (Voyez au chapitre Reproduction.)
Glandes sébacées. — Les glandes sébacées se trouvent dans la presque totalité de la peau : elles manquent toutefois à la paume des mains et à la plante des pieds.
Ce sont de petites glandes en grappe, simples, dont l'orifice débouche généralement dans un follicule pileux, et l'appareil sébacé est en réalité une dépendance du système pileux. Le premier peut pourtant exister là où le dernier fait défaut, par exemple à la face interne du prépuce.
Le produit des glandes sébacées varie beaucoup, en quantité, selon les individus, mais personne, à notre connaissance, n'a fourni à cet égard de chiffres précis. Il n'est guère apparent, d'ailleurs; on ne le découvre nettement que sur le front, le nez, les joues, sous forme d'im enduit huileux. Si l'on racle cet enduit, on y trouve de la graisse (palmitine et oléine), un albuminoïde voisin de la caséine, des savons, de la cholestérine, des phosphates terreux.
Le cérumen du conduit auditif externe est de la matière sébacée qui contient une substance très amère, de nature encore peu connue. Le smegma préputial,\e vernix caseosa du fœtus sont aussi, essentiellement, de la matière sébacée. Du reste, les glandes sébacées subissent des différenciations pro-
GLANDES SEBACEES 525
fondes ; c'est d'elles que dérivent les glandes mammaires, et chez les animaux, certaines glandes odorantes comme les glandes à musc, à castoréum, etc. La réaction de la matière sébacée est alcaline.
L'excrétion s'en fait par rupture des cellules où se sont accumulées les matières grasses (glande holocrine). Ce processus ne marche pas toujours régulièrement, et il peut y avoir rétention de ces cellules et matières grasses. On a alors les comédons, petits boudins vermiformes qu'on fait sortir en pressant, ou pinçant la peau des ailes du nez, surtout, dont l'extrémité dirigée vers l'extérieur est généralement noirâtre (par accumulation de poussières, et aussi du bleu qui sert à empeser le linge, d'après Unna), et à l'intérieur desquels on trouve un acarien parasitaire, le Demodex folliculorum. Vacné est une affection cutanée due également à une altération de la sécrétion sébacée : il y a inflammation des glandes. Enfin, les loupes, qui s'observent surtout à la tête sont des tumeurs formées par accumulation de matière sébacée.
La sécrétion sébacée semble avoir principalement pour but de lubréfier les poils et la peau qu'elle tient souples et imperméables.
Les phénomènes intimes en sont peu connus : on ne sait comment se forme la matière grasse dans les cellules de sécrétion. Est-ce aux dépens du sang, ou bien y a-t-il transformation d'albuminoïdes sur place ? Toujours est-il que les cellules en question se chargent progressivement de gouttelettes d'huile, à mesure que la cellule est plus âgée, et enfin la cellule se rompt, mettant en liberté son contenu, se brisant, et se détachant du corps. Il y a là fonte cellulaire bien caractérisée.
Epithéliums . — Les épithéliums constituent la j^eau interne, la peau des parties creuses qui ne sont pas en rapport direct et immédiat avec l'extérieur. Nous voyons, aux lèvres, au nez, aux organes génitaux externes, la peau faire
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place aux épithéliums, à mesure que nous considérons des parties plus intérieures. L'épithélium peut être simple ou stratifié, selon qu'il est formé d'une ou plusieurs couches superposées; la forme de ces cellules varie beaucoup, comme leurs dimensions d'ailleurs; les unes sont nues, les autres portent des cils vibratiles (voir les Traités d'histologie), mais elles forment une couche à peu près continue, et il en résulte que rien ne peut pénétrer dans l'organisme sans traverser la peau extérieure ou la peau intérieure ou épithélium. A peu près continu, disons-nous, car il semblerait que les cellules épithéliales sont souvent séparées par des espaces intercellulaires.
Ces cellules ne constituent pas seulement le revêtement des cavités internes, poumon, intestin, bouche, estomac, vessie, etc., elles forment encore les éléments sécrétoires des glandes, et les cellules glandulaires sont des cellules épithéliales plus ou moins modifiées.
Il ne faut pas oublier que la peau elle-même possède une couche épithéliale; c'est la couche superficielle, épaissie à un haut degré dans certaines parties comme à la peau du talon, autour des ongles, sur les organes soumis aux chocs (callosités professionnelles, cors, durillons) et morte. Cette couche, tout comme l'épithélium infiniment plus délicat du tube digestif, par exemple, se détache à mesure qu'elle vieillit, et s'en va, les couches plus profondes prenant sa place. Elle forme des débris qu'on appelle le furfur ou la couche furfuracée; ce sont des cellules épithéliales desséchées et mortes. La vie des épithéliums est généralement courte ; il y a une mue perpétuelle, une incessante desquamation souvent précédée d'une accumulation de graisse dans les cellules : raclez la peau de l' avant-bras, de la poitrine, de la jambe, etc., et vous verrez sous vos ongles un amas grisâtre, onctueux, formé de cellules épithéliales détachées de la peau, chargée, de graisse, mortes en un mot. Il n'y a pas à s'inquiéter de ce trépas, d'ailleurs, car les couches sous-jacentes prennent
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la place de la couche morte, et mourront ù leur tour, plus tard; répilhélium serégénère sans cesse du premier au dernier jour de la vie.
Comme la peau, les épithéliums internes jouent un rôle de protection ; ils jouent aussi un rôle considérable dans l'absorption et dans l'élimination, diverses substances pouvant les traverser soit des tissus vers les cavités, soit des cavités vers les tissus; tels les gaz (poumon, intestin), telles les liquides (intestin encore et poumon), telle encore la graisse qui passe de la cavité intestinale dans les chylifères.
Comme organes d'élimination, les épithéliums jouent un rôle très actif : toutes les glandes étant formées de cellules épithéliales. (Voir Sécrétion.)