INANITION
rissent moins <|nc \0 grammes de viande. En ontre, heauconp des principes du Iburrage passent à travers le tube digestif sans être digérés (jusqu'à 40 et 50 p. 100).
Inanition. — Quand l'organisme ne soulage pas salaim au moyen d'aliments appropriés, il entre en état (Vinanilion. L'organisme continue à vivre, mais au lieu d'userles aliments, il s'use, il se brûle lui-même ; son poids diminue progressivement, et, les excrétions continuant à se faire par le rein, le poumon, l'intestin, la mort arrive nécessairement, de même que la lampe s'éteint faute d'huile. La fin arrive plus ou moins vite selon les cas : le chien peut résister trente-cinq jours ; le chat, le cheval, l'homme, une vingtaine de jours — ce qui ne signifie pas que l'homme résiste toujours aussi longtemps, tant s'en faut, mais il faut faire une distinction entre les expériences volontaires de jeûne, et les accidents où l'homme est privé d'aliments, et où, à l'abstinence se joint une angoisse morale, — le lapin, quatorze jours ; le pigeon, dix jours, le cobaye, six, le moineau deux seulement. On remarquera que la résistance varie selon Vespèce.
En réalité ce sont sans doute les différences de taille qui jouent le rôle important : les petits animaux ont une combustion vitale bien plus active que les gros ; ils perdent plus de chaleur, et leurs réserves sont moindres. Ces réserves consistent surtout en graisse. Ces limites peuvent être dépassées, car un chien a pu vivre 61 jours, et Tanner et Merlatti ont jeûné (?) 40 et 50 jours. Après la taille, la température propre de l'organisme joue un grand rôle d.-ms la résistance au jeûne. On sait qu'il y a des organismes à sang chaud ou, pour mieux dire, à température constante, ou à peu près telle (animaux homéo thermes) qui ont de 35 à 40 degrés, et ne peuvent sans danger être refroidis au-dessous de ces limites, tandis que les animaux à sang froid {hétérotJiermes) ont la température du milieu ambiant, et en suivent les variations, ou bien ne présentent que 2, 3 ou 4 degrés de plus que celui-ci (reptiles, ampliibiens, et tous les animaux situés au-dessous dans Téchelle zoologique) : d'autres font le passage entre ces deux catégories, étant tour
toux homcfiilifiiacv et liétérothermes, ce sont les animaux hibernants : l'écureuil, la marmotte, la chauve-souris, etc.
Les animaux liétérothermes et ceux qui se trouvent en hibernation, ont des combustions très faibles : leurs tissus se consument très peu, très lentement, et c'est pourquoi ils n'ont qu'une chaleur propre très faible. C'est là une économie considérable pour eux : aussi résistent-ils beaucoup plus longtemps à l'inanition, n'ayant pas à brûler des aliments ou des réserves, pour produire de la chaleur. Les reptiles et batraciens peuvent donc vivre un an, et même deux ou trois ans (Cl. Bernard), sans manger (expériences sur les crapaudsi ; ils perdent peu de leur poids, et les hibernants restent engourdis des mois durant, sans manger, et sans pour cela perdre beaucoup de leur poids. Que dépensent-ils, en effet, en dehors du travail du cœur et des muscles respiratoires? Presque rien '.
La perte de poids par inanition peut néanmoins devenir considérable chez certains animaux inférieurs : on a observé une diminution de 7o p. 100 chez un cœlentéré soumis à l'inanition (de Varigny). Chez les organismes supérieurs, elle ne peut atteindre ce point ; la mort survient auparavant. Chossat qui a fait là-dessus de belles recherches, devenues classiques, a vu qui ceux-ci ne peuvent subir une perte supérieure à 40 p. 100 du poids initial : la mort arrive toujours quand la perte a atteint ce point. Cette perte peut se mesurer jour par jour, heure et par heure ; chez le chien elle est de 0 gr. 7 par kilogramme et par heure ; chez le lapin, de 4, 2; chez le cobaye de 2. o grammes. D'une façon générale, on peut dire que l'inanition tue d'autant plus vite que l'organisme est plus actif, et cela est naturel.
Il semblerait que dans l'inanition provoquée par l'abstention des aliments suggérée à des hystéiùques hypnotisés (Debove), la faim n'existe pour ainsi dire pas, et que la perte de poids est
' On n'acrueillera toutefois qu'avec scepticisme les récits — souvent rencontrés dans des journaux anglais — concernant des crapauds ou grenouilles qu'on aurait trouvés dans des pierres creuses, intactes, herniéliquement fermées, datant, par leur constitution propre et par l'étage géologique où on les a rencontrées, de l'époque tertiaire, ou même de l'âge carbonifère, c'est-à-dire de plusieurs milliers d'années.