INANITION
ralcntio et diminuée par rapport à ce qu'elle est chez les sujets sains, non hypnotises. Y aurait-il auto-suggestion de ce genre chez les jeùneui-s de profession, comme le pense Bernheim ?
Dans cette perte de poids, les difterents tissus prennent une part très dilTérente : tels perdent énormément, comme
iGraisse 97 iRa^e 66 7 Foie 53 7 lTesticutes40
Muscles 30.5 ISs ng 2 7
iRe.'n 25 9 iPeau 20 6 Intestins 18 I Poumons 177 jPancréas I 7 los 13 9 .
IS^st nerveuxS 2 ICoeur 2.6
roc 90 80
Fig. 3. — Tableau graphique des pertes proportionnelles de poids des organes ou tissus durant l'inanition (d'après Voit). Les pertes, au moment de la mort, sont représentées par la partie ombrée.
le tissu adipeux (et cela est naturel puisqu'il représente une réserve alimentaire que l'organisme utilise et consomme dès les aliments du dehors n'arrivent plus en quantité suffisante), qui perd jusqu'à 93 (Chossat) et 97 p. 100 (Voit) :
le foie et les muscles perdent de 30 à 50 p. 100, les os de 13 à 16 p. 100, et les centres nerveux et le cœur ne perdent presque rien (2 ou 3 p. 100). Les pertes sont sans doute proportionnelles à la quantité de matières grasses contenues dans les organes. Schématiquement on pourrait dire que le cœur ne perd rien, que le foie perd moitié, et le tissu adipeux, tout (fi g. 3).
En même temps que le poids diminue, la température propre s'abaisse, d'abord assez rapidement, de 0*^,3 par jour (Chossat), puis lentement, pour tomber rapidement à l'approche de la mort; la respiration et la circulation se ralentis sent de même, puisque les combustions vitales sont diminuées. Ces symptômes sont d'autant plus prononcés que l'alimentation a été auparavant plus surabondante, une partie de Valimentation de luxe ayant été brûlée directement, et l'autre emmagasinée dans les tissus, d'où à la fois, température maintenue à un niveau élevé, et accroissement de poids. La mort est le terme inévitable de l'inanition. Mais il est certain que, chez l'homme, ce terme arrive à des époques très variables, selon l'état de l'organisme et du système nerveux.
Les échanges sont ralentis chez les hystériques, ou durant la léthargie, d'où une résistance plus longue et plus facile qu'en d'autres cas. Au contraire, si l'angoisse morale se joint à la privation d'aliments, les symptômes apparaissent plus vite et plus intenses. Différentes catastrophes ont montré quels sont les symptômes psychiques qui, chez l'homme, accompagnent l'inanition : à côté de l'amaigrissement et de l'affaiblissement, il y a des hallucinations et du délire ; on sait qu'une partie des naufragés du radeau de la Méduse voulait tuer les autres et détruire le radeau ; et récemment, parle récit des survivantsde l'expédition Flatters, on a vu qu'une folie véritable peut accompagner la privation d'aliments. De Meersman a observé, en 1846-47, les symptômes dus à la famine en Belgique; il note également
ALIMENTS i:n gT^nkral 2:i
lies aberrations tle riiitelligence, et on relrouTe celles-ci cluraiil la lamine de 1892 en Russie '.
Tels sont les elTets île Tinanition. 11 nous laut ciilror maintenant dans l'étude de la fonction diycstive, dans rétudc de la transformation des aliments qui leur permet de devenir assimilables et utilisés par Forganisme.
Et tout d'abord quesontles aliments? En quoi consistentils ? Quels sont ceux dont l'homme a besoin, et quelles sont les principales substances véritablement alimentaires ?
Aliments. — Les aliments sont les combustibles nécessaires à l'entretien de la machine animale, à sa production de chaleur et de force. Il y a corrélation assez intime entre la constitution d'un organisme et les aliments qu'il doit ingérer, mais il ne faut pas oublier que d'une part beaucoup d'aliments renferment des substances peu ou point assimilables (chlorophylle, matières de désassimilation, etc.) et que d'un autre côté l'organisme est en état de faire subir à certains aliments des transformations chimiques telles qu'elles peuvent suppléer à l'absence de certaines autres substances alimentaires qui paraîtraient indispensables : c'est ainsi que l'abeille fabrique de la cire aux dépens d'aliments purement sucrés; que le foie prépare du glycogène aux dépens de substances albumino'ides ; que la poule et le crabe peuvent, le cas échéant, transformer le sulfate de chaux en carbonate, etc.
A en juger parle nombre des définitions proposées, il n'est pas très aisé de définir l'aliment. On ne peut le définir comme étant l'ensemble des substances introduites dans le corps et modifiées par les processus digestifs, car, d'une part, l'eau et divers sels alimentaires ne sont pas modifiés, alors que d'autres substances non alimentaires sont modifiées.
Le définira-t-on comme l'ensemble des substances assimilables fixées dans l'organisme? A ce compte, les sels de plomb,
Voir entre autres Hodgell : In the track of the Russian Famine.
de mercure, d'argent, seraient des aliments, ce qui n'est point admissible.
Une définition rigoureuse n'est encore guère possible. On peut dire que les aliments sont les substances aptes à réparer les pertes de l'organisme et faisant partie de la constitution normale de nos tissus, tout en réservant la question de savoir quelle est au juste cette constitution normale. En effet, si nous savons bien positivement pour nombre de sels ou d'éléments qu'ils font partie intégrante de notre organisme, et qu'ils lui sont nécessaires, pour beaucoup d'autres qui s'y rencontrent en faible proportion, il nous est impossible de savoir dans quelle mesure ils sont utiles, quel est leur rôle, quelle est leur provenance.
Les éléments nécessaires au corps sont évidemment ceux dont il se compose normalement, ceux qui sont constants dans sa composition. Ces corps simples de l'organisme sont d'ailleurs peu nombreux ; ce sont : carbone, oxygène, azote, hydrogène, soufre, phosphore, chlore, sodium, calcium, potassium, fer, corps indispensables ;
Magnésie, manganèse, silice, fluor, corps accessoires.
Ces éléments sont également indispensables aux végétaux : mais tandis que le végétal (sauf les champignons sans chlorophylle) peut les prendre directement et tels quels au sol ou à l'eau, poiu* se les incorporer; Tanimal a besoin qu'ils lui soient fournis sous une forme plus complexe et élaborée, groupés en alimenls ou substances alimentaires. Sans le règne végétal, et son aptitude à former des aliments au moyen des éléments chimiques, le règne animal ne pourrait exister.
Donc, pour qu'une substance puisse être alimentaire, il faut qu'elle renferme une partie au moins des éléments indiqués plus haut, il faut encore qu'elle les renferme groupés dans des combinaisons ou sous des formes telles que non seulement ils ne puissent être nuisibles, mais qu'ils soient encore susceptibles d'assimilation, après élaboration digeslive, ou sans celle-ci. Ainsi les alcaloïdes sont composés en général