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EXCITABILITE ELECTRIQUE DU MEMBRE

Si donc l'irritabilité du muscle est chose qui est propre au tissu musculaire, et si cette irritabilité persiste encore après énervation, et en l'absence de l'irrigation sanguine, il n'en est pas moins certain que l'irrigation entretient cette irritabilité, et lui est nécessaire.

Excitants du muscle. — Nous avons tu, en passant, que le muscle peut être excite indirectement, joar le nerf correspondant, ou directement, en l'absence de nerfs. Il sera bon de compléter ici les notions relatives aux excitants du muscle.

h'e.rcifant nerveux est celui qui entre seul en jeu — ou à peu près seul — durant l'état normal, à l'état physiologique, et chacun de nos mouvements est déterminé par une excitation j^artie du cerveau ou de la moelle et transmise au muscle par le nerf correspondant. En quoi consiste cette excitation ? Les hypothèses sont peu satisfaisantes, et la plus répandue est celle de Du Bois-Reymond pour qui la variation négative qui se produit dans le nerf excité atteint les plaques terminales, de sorte qu'en réalité le muscle serait' excité par de l'électricité. Mais remarquez combien cette électricité est habilement dosée , pour ainsi dire , et combien la quantité ou l'intensité de l'excitation est proportionnée au but à atteindre ; il y a là un rare degré de perfection dans l'adaptation des moyens à la fin.

Excitant électrique. — C'est celui qu'on emploie le plus dans l'expérimentation ; on emploie l'excitation directe (celle du muscle même), et l'excitation indirecte (celle du nerf de ce muscle) ; on peut d'ailleurs combiner les deux modes, en plaçant une électrode sur le nerf et l'autre sur le muscle. Cl. Bernard a montré que l'excitabilité indirecte du muscle est plus grande que son excitabilité directe ; il y suffit d'une excitation sensiblement moins vive. Les électrodes, on le sait, sont les pôles du circuit électrique ; l'anode est le pôle positif; le cathode est le pôle négatif. Les courants usités sont relativement forts, car la résistance du tissu musculaire est très considérable ; sa conductibilité est très faible : elle est 115 millions de fois inférieure à celle du cuivre (Ranke). Aussi n'est-il pas indifférent dans l'excitation directe de placer les électrodes à telle ou telle distance l'une de l'autre : à 5 centimètres

marquée. La vaso-dilatation débute avec l'activité et cesse graduellement au repos ; elle s'accompagne d'un abaissement de pression artérielle, et d'une élévalion de pression veineuse. Il en résulte que l'activité musculaire soulage le* artères, mais dilate les veines, mais le mécanisme de la vaso-dilatation échappe encore.

par exemple, la résistance sera telle — pour un courant donné — que nulle excitation ne pourra se produire : à 3 ou 2 centimètres, il y aura excitation et mouvement. Les chiffres qui précèdent s'appliquent à la résistance longitudinale ; la résistance transversale est trois fois plus forte d'après Hermann. Il est quelques points curieux à noter dans l'excitabilité des muscles par les courants de iVûe. Yulpian remarqua en 1858 que le pôle négatif j^eut être actif alors que le positif est sans action, et, en 1860, Chauveau confirmale fait en ajoutant que le pôle négatif possède certainement une action prédominante. D'autre part, on a reconnu que la période latente est plus longue pour les courants de pile que pour les courants d'induction (0,05 au lieu de 0,01, d'après von Bezold, 1861) et que pour un courant de pile moyen, la contraction est plus forte à la clôture qu'à la rupture du courant ; avec un courant faible, la contraction de rupture peut manquer totalement, et, chose curieuse, la contraction de clôture est suivie d'un relâchement du muscle C[ui se trouve plus long qu'il n'était avant le passage du courant ; il se passe là un phénomène analogue à celui qui a été noté plus haut sous le nom de Paradoxe de AVeber. Enfin, avec un courant fort, il y a contraction de clôture et de rupture, et entre les deux contractions, tout le temps que passe le courant, le muscle est en tétanos ; les muscles lisses se comportent à cet égard tout comme les muscles striés. Ces faits sont d'autant plus dignes d'attention c^ue les courants induits agissent de façon différente : tout d'abord le courant induit agit beaucoup plus vite que le courant de pile, el il n'est pas besoin d'une application aussi longue, et d'un autre côté, la contraction de rupture est plus forte que celle de clôture qui manque avec les courants faibles. Les courants induits se développent rapidement, et brusquement : les courants de pile se développent lentement, si bien que, si l'on applique à un muscle un courant de pile faible, inefficace, on peut, en augmentant graduellement son intensité arriver à le rendre très fort — plus fort qu'il ne le faudrait pour produire le tétanos) si le changement était brusque — sans déterminer la moindre contraction (Du Bois- Reymond). Les courants de pile déterminent dans le muscle des modifications qu'on a désignées sous le nom d'électrotonus — mai? nous en parlerons plus loin — et d'après Heidenhain, ces mêmes courants moyens peuvent rétablir l'excitabiliié d'un muscle fatigué, mais ce rétablissement est temporaii'e ; par contre, les courants forts diminuent l'excitabilité. En outre des différences signalées jilus haut entre les courants de pile et les courants induits, il convient de faille remarquer que ces derniers ont une tension plus forte que la joremière, mais que la quantité d'électricité est moindi"e ; dans un cas nous avons un jet mince, mais à pression forte;

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