EXCITABILITE THERMIQUE DU MUSCLE
.lans l'autre, une bouche qui donne beaucoup d'eau, mais sous pression très faible.
On notera que les courants induits ne peuvent agir que dans certaines conditions. îS'ils sont très frcquennnent interrompus, ils sont inactifs, connue Masson Ta signalé il y a plus de 40 ans, et comme d'Arsonval Ta montré de nouveau (Soc. BioL, 1891, p. 283) en employant des courants interrompus jusqu'à mille millions de fois i)ar seconde. Ces courants sont incapables d"exciter un nerf
Fig. 77. — Inexcitabilité du muscle {Stichopus rerjcilis) pour les courants courts et rapides, alors qu'il réagit parfaitement à une excitation simple de même intensité.
ou muscle de grenouille. Des courants interrompus incomparablement moins souvent peuvent encore être inefficaces : cela dépend des nmscles. La figure 77 montre que le muscle de SticJiopus regalis qui réogit parfaitement à des excitations isolées, ne réagit plus quand ces excitations sont fréquentes (60 ou 100 par seconde) ou réagit faiblement (d'après de Varigny qui a, à tort, pris le fait dont il s'agit pour un phénomène d'inhibition : en réalité, il faut admettre que, lors de courants très brefs, le muscle n'a pas le temps d'être impressioimé par eux).
Excitanl thennique. — Les membres sont sensibles aux variations thermiques, mais on croyait, il n'y a pas bien longtemps encore, que l'excitabilité thermique n'existait que chez les muscles lisses, nommés pour cette raison thermosystaltiques. En réalité, elle existe aussi chez les muscles striés, mais est plus prononcée chez les muscles lisses. L'estomac et l'intestin sont très excitables par les variations de température : on peut employer avec avantage le jabot de Télédone pour l'étude du thermosystaltisme, en raison de sa grande vitalité. On remarquera toutefois que les variations thermiques, qui se traduisent toujours d'abord par une contraction, n'agissent que si elles sont relativement rapides : un changement de température lent ne ■détermine point de réaction immédiate. Pourtant, lent ou rapide, il
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agit toujours à la longue en ce sens qu'un jabot d'élcdone qui se contracte plus ou moins régulièrement, une fois rempli d'eau, se contracte plus et plus fort si l'eau où il baigne est échauffée, et «e contracte moins et moins souvent, si cette eau est refroidie.
Excitant mécanique. — Nous avons vu jjIus haut que l'excitation mécanique du muscle donne naissance à ime contraction généralement limitée, la contraction idio-musculaire, et d'une façon générale, toute excitation mécanique, de quelque intensité, amène une manifestation de l'in-iiabilité musculaire, comme chacun peut le voir en faisant l'autopsie d'un animal mort depuis peu. Un instrument curieux a été imaginé par Rood pour montrer que les excitation* mécaniques peuvent amener la tétanisation des muscles chez l'homme : c'est une excentrique qui, rnue rapidement par une manivelle, donne à la main de celui qui la lient, une crampe tétanique dès que le mouvement est assez rapide pour pouvoir donner aux muscles de 40 à 60 extensions x>ar seconde. Mais y a-t-il là bien une excitation purement mécanique : n'est-il pas d'excitation réflexe d'origine musctilaiie ? L'inter-prétation proposée par Rood, l'idée qu'il y a excitation mécanique des muscles, pure et simple, semble bien hasardée.
Excitant chimique. — Tout ce qui nuit à la vie du muscle en provoque la contraction : et de la sorte le nombre des excitants chimiques est très considérable . L'eau additionnée d'un peu de sel ou de sucre, d'urée, de cholestcrine, n'est pas excitante ; mais l'eau pure, distUlée, l'est à un haut degré. Les bases affaiblissent l'irritabilité avant de la détruire ; les acides l'exaspèrent d'abord. Presque tous les acides à 1 p. 1000 sont constants (^Kuhne), sauf les acides boriques et arsénieux. Les sels neutres à faible dose (de 0,25 à 1,5 pour 100; entretiennent l'irritabUité qu'ils détruisent à dose plus olevée. Il est intéressant de remarquer que les excitants du muscle ne sont pas les mêmes que ceux du nerf. L'acide chlorhydrique excite le muscle à 1 p. 1000 : il n'excite le nerf qu'à 100 p. 1000. La glycérine excite fortement le nerf, mais pas du tout le muscle ; il en est de même pour le sulfate de cuivre et le perchlorure de fer.
Excitant lumineux. — Un œil d'anguîile, jjlusieurs joui*s après avoir été enlevé au poisson, conserve la motiliié de l'iris : un rayon lim^dneux, tombant sur ce muscle, en détermine la contraction. Il y là ime action directe sur le muscle, car les nerfs sont complètement morts, et l'action est bien due à la lumière, car en arrêtant les rayons calorifiques avec des verres appropriés, on n'empêche point 1;* contraction de se faire. La lumière, ou pour mieux dire les va-