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NERFS TROPHIQUES. CHIMIE DES MUSCLES

Heures détermine l'atrophie musculaire rapide, c'est que seule la première détermine une paralysie absolue du nerf, que la section de ce dernier ne suffit point à produire. Les lésions des cornes antérieures ne provoquent pas seulement des atrophies : elles sont souvent suivies d'autres lésions musculaires : hypertrophies ou dégénérescences. Les atrophies peuvent se produire en dehors des lésions de la moelle ou des nerfs moteurs : il y a des atrophies réflexes, mais le mécanisme en demeure obscur.

Constitution chimique des muscles. — La composition clùmique des muscles varie considérablement selon les espèces, et, chez la même espèce, selon les âges. Le tableau que voici donne des chiffres moyens pour les manmiifères en général : il est donc schématique.

Eau 750 Graisses .... 10

Albuminoides . 200 Sucres 10

Sels minéraux. 15 Mat. extractives. 15 (p. 1000).

Les albuminoides consihiieni évidemment la partie la plus importante du muscle : ce sont eux qui forment le plasma musculaire, la substanceUquide qui est contenue dans le sarcolemme. Kiihne, en 1859, a, le premier, isolé cette substance : après avoir chassé tout le sang d'un certain nombre de muscles, au moyen d'une injection d'eau salée à 6 p. 1000, il a pilé ces muscles, en'les congelant, puis il les a filtres sous pression, et a obtenu un liquide alcaUn, légèrement opalescent, non filant, légèrement jaunâtre, qui, en présence de la chaleur se coagule, même à zéro degrés centigrades ; le coagulum est la myosine de Kiihne, c'est un corps blanchâtre, gélatineux, qui, au point de vue chimique, doit être rangé parmi les globulines, et le liquide non coagule est du sérum musculaire. La myosine serait, d'après Halliburton, formée de deux albuminoides, myosinogène et paramyosinogène, dont le premier serait le plus abondant, et formerait la presque totalité du coagulum sous lïnfluence de quelque ferment qui n'a guère d'action sur la seconde de ces substances. Sous l'influence de la chaleur, cette myosine se transforme en une sorte de fibrine musculaire, ou syntonine, soluble dans les Uqueurs acides diluées. Le sérum musculaire renferme trois sortes d'albumine, d'après Kiitme : de la musculine, ime sorte de caséine, et une sorte de serine analogue à celle du sang; il renferme aussi de l'hémoglobine, et la viande est blanche ou noire (c'est rouge qu'il faudrait dire), selon qu'elle renferme peu ou beaucoup d'hémoglobine. Celle-ci parait unie à la substance même des muscles ; mais

pour Mac Munn qui a récemment étudie les pigments musculairesle muscle contiendrait non de Thémoglobine, mais de la myohéma, tine, substance en somme très voisine, et présentant ce caractère de pouvoir être alternativement réduite et oxygénée : Gautier la rapproche de rhémochromogène.

Les éléments minéraux du muscle sont : la potasse, la soude, la chaux, le chlore, le phosphore, un peu de fer et du soufre. Les matières extractives sont très variées : ce sont de la créatine, de la créatinine, de l'acide urique, de la xanthine et de riiypoxanthine , de l'urée, de la taurine, de l'acide inosique : mais toutes se présentent en très faible quantité.

Il semble exister certains ferments dans la substance musculaire ,* Briicke a cru à l'existence d'un ferment analogue à la pepsine : mais cela n'est pas prouvé: par contre, il semble bien y avoir un ferment amenant la coagulation de la myosine, un ferment analogue à la ptyaline ou à la pancréatine (soupçonné par Magendie) et un ferment déterminant la production d'acide lactique. Mais en somme tout cela est bien hypothétique.

Les matières suci'ées consistent principalement en glycogene, comme Cl. Bernard l'a montré: mais ce glycogène se transforme très rapidement en dextrine et en glycose, si bien qu'il est difficile d'évaluer la quantité totale de glycogène. Il y a encore un autre sucre, Yinosite; mais il n'a été trouvé jusqu'ici que dans le muscle cardiaque. Du reste, il est très difficile d'opérer des analyses chimiques bien satisfaisantes du muscle, en raison de la rapidité avec laquelle les substances se transforment et se modifient lors de la mort du muscle; les unes se coagulant, les autres se transformant totalement, comme le glycogène, exactement comme le sang tiré hors des vaisseaux subit des altérations profondes. On remarquera en passant combien le bouillon, ce prétendu extrait de viande, est réellement pauvre en matières ahmentaires. Il ne renferme en effet que les matières solubles du muscle, et en définitive elles sont très peu nombreuses : un Utre de bouillon renferme 980 d'eau, 9 de sels minéraux, 9 de matières azotées solubles (matières extractives sans valeur nutritive) et 2 d'albumine. Il n'y a de véritablement alimentaire que les sels minéraux : le reste peut exciter la digestion, et favoriser la sécrétion des sucs digestifs, mais à quoi cela sertil si Tonne donne rien à digérer à ces sucs.? L'extrait de viande de Liebig — et des autres — est dans le même cas : c'est surtout un amas de sels minéraux et de matières de désassimilation, et, comme le dit A. Gautier, «ce serait abuser de la bonne foi et de l'ignorance du public que de dire ou de laisser croire que cet extrait puisse remplacer une substance alimentaire, et la moindre quantité de viande bouillie ou rôtie ». Remarquez d'ailleurs que les sels sont

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