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ALIMENTS ET DESASSIMILATION DU MUSCLE

seule sufiit à déterminer une excrétion d'urée plus considérable. En somme, il nous parait que — à régime identique — le muscle ne produit guère plus d'urée durant le travail qu'à l'état de repos — à moins que le travail ne soit excessif : l'urée ne peut être regardée comme un déchet des substances brûlées par le muscle : le muscle consomme autre chose que des albuminoïdes.

Cet « autre chose », c'est de l'oxygène et du sucre. Lavoisier a le premier constaté que l'absorption de loxygène devient, durant le travail, le double et le triple de ce qu'elle est au repos, et les nombreux expérimentateurs qui ont repris cette étude n'ont pu que confirmer leur devancier : variée de toutes les laçons imaginables, l'expérience a invariablement prouvé que plus l'organisme est actif, plus il consomme d'oxygène et exhale de GO^. (Durant le tétanos l'exécution de CO- est quadruplée, la ventilation n'étant que doublée d'après Richet et Hanriot.) Elle a encore prouvé qu'entre l'absorption d'O et l'exhalaison de CO^ il y a un rapport ; mais ce rapport n'est pas invariable, et ce point mérite d'attirer notre attention. Le quotient respiratoire (-ry-) n'est pas le même au repos et durant le travail ; au repos il peut être de 0,7, 0,8 par exemple : durant le travail il tend à devenir égal ou supérieur à 1, c'est-à-dire qu'au repos le muscle absorbe plus d'oxygène qu'il n'en exhale dans CO^, au lieu que, durant le travail, il exhale plus d'O dans CO^ qu'il n'absorbe d'O. Aussi le moindre effort musculaire détermine-t-il aussitôt l'accélération de la respiration, et quand cette accélération ne peut avoir lieu, ou ne peut être efficace, dans le cas d'asphyxie, en particulier, on conçoit que les mouvements doivent augmenter l'asphyxie, puisqu'ils augmentent la production de CO^ sans que l'absorption de 0 puisse être accrue. D'ailleurs il y a asphyxie chaque fois que la ventilation pulmonaire ne s'accroît pas en même temps qu'augmentent les échanges respiratoires, tant qu'il n'existe pas une certaine proportion entre la première et les derniers,

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et si Ton remarque que le travail musculaire accroît la somme des échanges dans une proportion considérable, doublant, triplant et quintuplant ceux-ci — cela dépend du travail — on comprend qu'il faille un accroissement notable de ventilation pour maintenir les choses dans l'ordre et en équilibre suffisant. Certaines expériences montrent surabondamment combien est grande l'influence du mouvement musculaire sur les échanires respiratoires : telles sont en particulier celles où. par la tétanisation ou la strychnisation, on met le système musculaire en état d'hyperactivité. Dans l'un et l'autre cas le sang devient rapidement impropre à l'entretien de la vie : dans les artères même il est violacé, analogue au sang veineux, il est pauvre en 0, riche en CO-, en raison de la consommation et de la production énormes des muscles qui — on se le rappellera — représentent bien la moitié du poids total du corps, et la vie est fort menacée, car en même temps que les échanges augmentent considérablement la ventilation a plutôt diminué *; aussi pour sauver l'animal strychnisé ou tétanisé, faut-il pratiquer la respiration artificielle vigoureusement, ou parle curare ou le chloroforme supprimer l'agitation musculaire : il faut accélérer la ventilation ou diminuer la consommation d'O et la production de C0-. Il convient de signaler en passant l'opinion émise par Ludwig et Schmidt, et Hermann, d'après qui les échanges gazeux du muscle ne seraient pas accrus par la contraction, ou ne le seraient que faiblement. En présence des résultats énumérés plus haut. cette opinion ne nous parait guère acceptable ; mais, d'autre part, ils invoquent des expériences, et Minot déclare que durant les contractions il n'y a pas augmentation de production de CO^. La question appelle de nouvelles expériences, mais il nous paraît douteux que celles-ci puissent renverser la théorie qui a cours, et beaucoup de faits appuyent l'opi-

' Pas assez toutefois pour produire lasphyvie rapide qui s'observe : un lapiu tvtanisé meurt beaucoup plus ^ite qu'un lapin à trachée liée.

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