TEMPÉRATURE DU SANG
artériel veineux
Muscle en repos 37,60 37,80
Muscle tétanisé 37,60 38,18
II n'est, du reste, pas besoin d'instruments de précision pour enregistrer l'hyperthermie qui accompagne l'activité musculaire : Cl. Bernard, plongeant un thermomètre dans la masse musculaire d'une cuisse de chien tétanisée, a vu le mercure monter d'un degré, et Chauveau, tout récemment, a vu le mercure osciller très sensiblement dans un thermomètre appliqué contre le biceps de l'homme (ne pas oublier que, si le thermomètre est fixé fortement contre la peau, la pression exercée par le gonflement du muscle comprime le verre et imprime un mouvement mécanique au mercure). Il est intéressant — et embarrassant — de noter que, d'après Drissaud et Regnard, la température des muscles contractures est non pas plus élevée, mais plus basse, et qu'elle s'élève quand cesse la contracture. En admettant que le fait soit exact — et peut-être serait-il à vérifier — on ne le comprend guère ; mais à coup sûr, s'il est exact, il doit y avoir quelque influence enjeu, que l'on ne connaît point, car il est invrai-
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semblable qu'un muscle en contraction soit plus froid qu'un muscle au repos, si la contraction dont il s'agit n'est accompagnée de quelque phénomène qui nous échappe encore.
Le tissu musculaire étant le plus actif des tissus, celui qui respire et consomme le plus, et celui qui dégage le plus de chaleur, on en devra conclure que c'est le tissu qui contribue le plus — étant d'ailleurs le plus abondant, 50 p. 100 de l'organisme, en poids — à la production de la chaleur propre de l'organisme. C'est le producteur de chaleur par excellence ; plus il est actif, et plus la température est élevée (petits oiseaux, petits mammifères, généralement si actifs) ; plus il est apathique, indolent, et moins la chaleur est élevée. C'est aussi, en partie, un régulateur de la température, mais on remarquera que chez l'animal normal, la régulation de la température est principalement sous la dépendance du système nerveux, qui ordonne ou n'ordonne pas le mouvement, et agit sur les vaso-moteurs, dont le rôle dans la sudation, dans le rayonnement et la déperdition thermique est considérable, et enfin qui règle la respiration.
Rapports entre la chaleur dégagée et le travail produit. —
J. Béclard, en 1861, a été le premier à se demander quelle relation il y a entre le travail produit par un muscle et la quantité de chaleur dégagée par le même muscle au cours de ce travail. Tout d'abord, il est certain que tout travail s'accompagne d'un dégagement de chaleur, mais celui-ci est variable. Le muscle chargé, travaillant plus, dégage moins de chaleur que le muscle se contractant à. vide, sans exécuter de travail : chaleur et travail varient en raison inverse Tun de l'autre.
Mais il y a travail et travail. Mathématiquement le travail T =^-^-ii , P représentant le poids, II la hauteur, et t le temps, la durée du soulèvement. Mais prenons le cas où le muscle est occupé non plus à soulever le poids, mais à le maintenir soulevé, sans mouvement, sans contraction sup-