ACTION DE L ANÉMIE, DE LA FATIGUI
C'est ainsi que dans l'expérience citée plus haut, du lapin au tronc aortique comprimé, on voit dans les 15 à 18 premières secondes éclater ces mouvements convulsifs généralisés. Dans la mort par hémorragie, on observe également ces convulsions. L'excitabilité plus grande des chlorotiques pourrait trouver son explication dans cette donnée de la physiologie expérimentale.
Brown-Séquard explique l'épilepsie réflexe observée sur les cobayes à moelle sectionnée par une anémie médullaire.
Influence de la fatigue, de la chaleur. — L'activité de la moelle s'épuise après une phase très active. C'est ainsi qu'après une attaque tétanique on voit souvent survenir une attaquecloniqueconstituéeparde grandes secousses espacées. La moelle est alors incapable de maintenir constante ses incitations, elle se repose entre chaque contraction. Il est souvent impossible après une violente attaque d'en déterminer immédiatement une nouvelle, il faut donner à la moelle le temps de se reposer. Fait curieux, cette récupération peut se faire même indépendamment de la circulation, chez les animaux à sang froid bien entendu.
Action des substances toxiques sur la moelle. — Certames substances augmentent primitivement le pouvoir réflexe médullaire, telles la strychnine, la brucine, la picrotoxine ; d'autres ne produisent cet elfet qu'à dose énorme et après avoir détermine à dose plus faible des réactions différentes, telle la morphine, qui, en très grande quantité, devient un convulsivant médullaire.
Les substances qui, au contraire, diminuent l'activité médullaire sont surtout des poisons généraux qui n'ont pas une action élective sur la cellule nerveuse médullaire, mais sur toutes les cellules nerveuses en général, tels le chloi^oforme, le chloral, les bromures*
Centres médullaires. — On a décrit dans la moelle une série de centres fonctionnels qui présideraient à certains groupes de mouvements coordonnés (syncinésies de Vulpian). Il nous suffira de les citer brièvement.
Centre cilio-spînal (Walter, Chauveau). — S'étend de la
sixième vertèbre cervicale à la deuxième dorsale. Préside à la dilatation de l'iris par l'intermédiaire des filets moteurs du sympathique cervical.
Centre cardiaque (Cl. Bernard). — Entre la partie inférieure de la région cervicale et la première partie de la région dorsale. Accélérateur du cœur par les fibres sympathiques qui émergent de la moelle avec les racines du ganglion cervical inférieur.
Centre ano-spinal (Masius). — Au niveau de la sixième vertèbre lombaire chez le lapin. Présiderait à la tonicité et à la contraction du sphincter anal. Gluge admet que ces deux actions sont soumises à deux centres différents.
Centre vèsico-spinal (Gannuzzi). — Entre les troisième et quatrième vertèbres lombaires. Préside à la contraction des muscles vésicaux.
Centre génito-spinal (Budge). — Vers la quatrième lombaire. Déterminerait la contraction des canaux déférents et des vésicules séminales chez le mâle et de Tutérus chez la femelle.
Avec Vulpian, M. Ch. Richet n'admet pas le terme de centre pour ces régions médullaires. Ces régions sont le point de départ des nerfs qui. étant aflectés à une même fonction, peuvent avoir des racines réelles très rapprochées et en relations étroites entre elles.