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PÉDONCULES CÉRÉBRAUX

pour la vision binoculaire. Le noyau de chaque nerf moteur oculaire externe est en connexion avec les noyaux du pathétique et du moteur oculaire commun, et l'excitation par piqûre d'un seul noyau détermine la déviation conjuguée des deux yeux.

Centres de la station et de la locomotion. — L'ablation complète du cerveau en ne respectant que la protubérance, qui peut se réaliser facilement en enlevant la masse encéphalique par un jet d'eau chaude, permet encore à l'animal de se maintenir debout et même de marcher si on le pousse, car il a perdu tout mouvement spontané fVulpian''. tandis que si la destruction comprend le pont de Varole, la station debout et les mouvements coordonnés deviennent impossibles. Signalons l'opinion de Lussana et de Lemoisne qui admettent l'existence d'un centre de recul dans la protubérance.

Centre sensitif. — Chez un animal auquel on a enlevé le cerveau en respectant la protubérance, on observe, quand l'on fait un bruit autour de lui, une réaction générahsée, un soubresaut brusque, ou bien si on le pince, ou le brûle à une partie sensible du corps, de véritables cris plaintifs qui se distinguent nettement du cri réflexe, que Ton peut entendre chez ranimai n'ayant plus que son axe bulbo-médullaire. Longet et Gerdy admettaient dans la protubérance un centre de perception sensitive, un sensorium commune.

Pédoncules cérébraux et tubercules quadrijumeaux —

Anatoinie. — Les pédoncules cérébraux partent de la protubérance en deux gros faisceaux divergents, qui gagnent les corps opto-striés ; ils relient le mésocéphale au cerveau proprement dit.

Une coupe (fig. iOTj permet de reconnaître un certain nombre de parties venant du mésocéphale. Le pédoncule est divisé en

deux étages de dimension inégale par une bande de substance grise pigmentée, le locus niger, dont les connexions ne sont pas établies.

L'étage supérieur ou calotte, supportant les tubercules quadrijumeaux, est constitué par trois faisceaux principaux. Le pédoncule cérébelleux supérieur idu côté opposé, qui a subi

une décussation antérieure, et qui en relation avec un amas de cellules |grises multipolaires à teinte rougeâtre (le noyau rouge de Stilling 6) gagnerait ensuite la couche optique; la couche du ruban de Reil f, faisceau commissural qui serait, d'après des travaux récents, le véritable faisceau sensitif, continuation des fibres venant des noyaux bulbo-protubérantiels des cordons de Goll et de Burdach, et reliant ces derniers aux centres corticaux.

L'étage inférieur ou pied, qui comprend cinq faisceaux : 1" Le faisceau externe, appelé faisceau sensitif e, qui relie les parties postérieures du cerveau au bulbe. Ses fibres n'iraient pas jusqu'à la moelle ;

2° Le faisceau pyramidal d (plan superficiel de la pyramide bulbaire) qui unit les centres moteurs corticaux aux cornes antérieures de la moelle ;

3° Le faisceau géniculé, c déjà signalé dans la protubérance et qui se termine dans les noyaux moteurs bulbo-protubérantiels, après décussation ;

4» Plus en dedans, un très petit faisceau b (faisceau de Faphasie), en relation avec la circonvolution de Broca ; 5° Enfin tout à fait interne, le faisceau psychique ou fron-

Fig. 106. — Coupe transver- Scile du pédoncule cérébral (Testut).

1, espace inlerpédonculaire. — 2, pied du pédoncule. — 3, locus niger.

— 4, calotte. — 5, tubercules quadrijunieaux. — 6. aqueduc de Sylvius.

— 7, sillon latéral de l'isthme.

PEDONCULES CEREBRAUX

tal a en connexion avec les circonvolutions antérieures, dont la terminaison inférieure n'est pas connue.

Fig. 107. — Coupe veiHico-transversale du pédoncule cérébraJ. (Testut, Anatomie.)

1, tubercules quadrijumeaux. — 2, aqueduc de Sylvius. — 3, espace inlerpédonculaire. — 4, sillon latéral. — i, locus niger. — 6, noyau rouge de Slilling. — a. faisceau psychique. — 6, faisceau de l'aphasie. — c, faisceau géniculé. — d, faisceau pyramidal. — e, faisceau sensitif. — f, couche du ruban de Reil. — gr, raphé. — /(, bandelette longitudinale postérieure. — i. pédoncule cérébelleux supérieur.

Lestubercules^quadrijumeaux l, si tués au-dessus des pédoncules, forment quatre saillies grises entourées de substance blanche. Elles sont en connexion avec les centres et nerfs optiques et le ruban de Reil, continuation du faisceau de Govvers de la moelle.

Physiologie. — L'excitation des pédoncules cérébraux provoque des manifestations de douleur.

La piqûre d'un pédoncule détermine chez l'animal un mouvement de manège irrésistible et permanent. La rotation s'accomplit dans le sens même du côté lésé, c'est-à-dire de droite à gauche si c'est le pédoncule droit. Le rayon du cercle parcouru étant d'autant plus court que la lésion se rapprocherait du bord antérieur de la protubérance.

En même temps que ce phénomène moteur, on observe une perte presque complète de la sensibihté générale du côté opposé à la lésion. Dans cette expérience on touche forcément le pédoncule cérébelleux supérieur.

Tiansmissions sensilives. — On voit par l'expérience citée plus haut que les impressions sensitives cérébrales passent parles pédoncules, en grande partie par le ruban de Reil de la calotte, et peut-être par le faisceau externe du pied (?).

La sensibilité très obtuse qui persiste est expliquée par l'action des centres secondaires de la protubérance (p. 709).

Transmission motrice. — La section d'un pédoncule amène la perte des mouvements volontaires dans le côté opposé pour le corps, on observe en même temps une chute de la paupière et un strabisme externe de l'œil du côté lésé, avec dilatation pupillaire (section des fibres ascendantes du moteur oculaire commun qui prend son origine un peu plus bas dans la région bulbo-protubérantielle. On observe donc une hémiplégie alterne analogue à celle constatée dans les lésions de la protubérance.

D'après Meynert, le pied de la protubérance, par où passent les fibres en connexion avec les centres cérébraux supérieurs donnerait passage aux incitations volontaires et aux impressions conscientes, tandis que les mouvements réflexes qui s'étendent jusqu'aux ganglions cérébraux opto-striés passeraient par la calotte. L'anatomie comparée montre, en efiet, que le volume du pied du pédoncule est en corrélation di-

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recte avec le développement des circonvolutions cérébrales. Les fonctions du faisceau de l'aphasie et du faisceau psychique ou frontal sont inconnues, C'est la disposition anatomique qui leur a fait donner ce nom et le fait pour le second que sa dégénérescence constatée chez l'homme n'avait été signalée pendant la vie par aucun phénomène moteur ou sensitif.

Centres pédonculaires. — Les fonctions du locus niger cette masse de cellules nerveuses qui sépare les deux étages du pédoncule, sont inconnues. Budge, Valentin et Schiff ont vu dans les pédoncules une sorte de motorium commune, qui agirait sur les organes, tels que l'estomac, l'intestin?

Tubercules quadri jumeaux. — L'excitation de cette région donne lieu à divers mouvements combinés des yeux et de l'iris, et même du corps (Adamuk,Ferrier), mais touscesmouvements seraient dus à la propagation de l'excitation au pédoncule cérébral et aux fibres des nerfs oculo-moteurs (Knoll-Bechterew). lien est de même de la dilatation pupillaire et de la disparition des réflexes oculo-pupillaires après leur destruction. L'extirpation unilatérale des tubercules amène chez le lapin une cécité complète de l'œil du côté opposé. Chez le chien, où l'entrecroisement des fibres optiques est incomplet, il y a hémianopsie (Voir Vision), c'està-dire perte de la vision dans la moitié homologue de chaque œil, il doit en être de même chez l'homme. L'extirpation totale amène la cécité complète. Les tubercules quadrijumeaux constituent peut-être un premier relai perceptif des sensations visuelles. Quant à leur rôle comme centre coordinateur des mouvements généraux (Serres), il est plus que douteux.

Connexions analomiques . — La structure du cervelet est analogue L celle du cerveau, mais les circonvolutions y sont réduites à des lamelles de substances grises corticales, renfermant de grosses cellules globuleuses ou fusiformes : cellules de Purkinje qui sont les homologues des cellules pyramidales de l'écorce cérébrale.

Le cervelet est réuni au névraxe par trois paires de cordons désignés sous le nom de pédoncules cérébelleux inférieurs, moyens et supérieurs. Les inférieurs se dirigent vers le bulbe, pour aboutir aux corps restiformes, ils se résolvent en une série de libres arciformes déjà décrites. A côté de ce pédoncule, il faut signaler les fibres du faisceau cérébelleux direct, qui réunissent le cervelet à la moelle. Les pédoncules moyens se rendent à la protubérance, d'où leurs fibres vont gagner soit le cerveau, soit le côté homologue du cervelet, en décrivant une anse complète, ou bien encore se perdent dans la protubérance. Quant au pédoncule supérieur, après s'être entre-croisé sous les tubercules quadrijumeaux, il va former le noyau rouge de la calotte pour se porter ensuite, après avoir contourné la partie postérieure de la couche optique, vers les couches corticales, suivant un trajet encore mal connu. Un point important à retenir, c'est que les fibres qui font communiquer le cervelet avec le bulbe et la moelle sont directes, ne subissant pas d'entre-croisement.

FONCTIONS JlYPOTnÉTiQUliS 715

L'historique de nos connaissances sur le rôle physiologique <lu cervelet peut, comme pour la plupart de toutes les fonctions physiologiques, se diviser en deux grandes périodes. L'une, la première, comprenant toutes les opinions hypothétiques fondées sur de simples vues de l'esprit et sans aucune critique, expérimentale ou clinique sérieuse. C'est dans cette période préparatoire que nous rangerons l'opinion de Willis, plaçant dans le cervelet l'origine de la vie organique et des mouvements involontaires. Cette opinion s'appuyait sur une observation physiologique mal interprétée : la mort subite par section des pneumogastriques, et sur un fait anatomique complètement erroné : les nerfs pneumogastriques ayant leur origine dans le cervelet. Pourtour Dupetit, Saucerotte et plus tard Foville et Dugues crurent, en s'appuyant principalement sur des observations cliniques, pouvoir faire du cervelet un foyer de sensibilité. Nous verrons que Lussana a repris, en partie tout au moins, cette opinion.

Mais de toutes les théories émises, une des plus célèbres est, sans contredit, celle de Gall qui, dans son système ultrafantaisiste des localisations cérébrales, plaçait dans le cervelet le siège de linstinct de la propagation et du penchant à l'amour physique, ce qu'il appelait, dans son langage tout spécial : de l'amativité. Les raisons évoquées par le phrénologiste allemand ne résistent pas à un examen sérieux. Le cervelet ne se développerait qu'au moment de la puberté ; or, son développement comparé à celui du cerveau, atteint son maximum vers quatre à cinq ans.

La castration, contrairement encore à l'assertion de Gall, ne détermine aucune atrophie de cet organe ; bien au contraire, le cervelet des chevaux hongres présenterait un poids supérieur à celui des étalons et des juments (Lélut). Les observations cliniques, quand on a soin d'éliminer les cas dans lesquels il pouvait y avoir excitation bulbo-protubérantielle, n'indiquent nullement un état spécial de l'appareil

génital. Enfin, l'ablation totale de Torgane laisse persister l'instinct de la propagation (Flourens).

Exposons maintenant les recherches expérimentales poursuivies pour déterminer le rôle physiologique de cet organe. Il faut étudier successivement les effets obtenus : 1° par l'excitation de l'organe : 2<^ par les lésions destructives ou l'ablation totale ; 3'^ enfin les faits cliniques.

Excitation. — Olivier et Leven, puis Nothnagel avaient déjà signalé l'existence de mouvements de rotation de la tête, à la suite d'excitation du cervelet. Mais les recherches les plus complètes et les plus précises sur l'excitation du cervelet sont dues à Ferrier. Le physiologiste anglais a appliqué au cervelet la méthode de recherches employée pour déterminer les localisations cérébrales : excitations, par un courant induit faible, de points très circonscrits à l'aide délectrodes impolarisables. Les expériences ont porté sur un grand nombre d'animaux d'espèces distinctes ; chiens, chats, singes, lapins. Les effets les plus marqués ont été constatés principalement sur les mouvements des globes oculaires. L'excitation du lobe médian, si elle a lieu exactement sur la ligne médiane, détermine l'élévation ou l'abaissement des deux yeux, suivant que les électrodes sont appliquées à la partie supérieure ou postérieure ; mais si l'on porte les excitations sur les points latéraux, on observe une déviation des deux yeux du même côté que le point excité, il n'y a donc pas entrecroisement. L'excitation des deux lobes latéraux détermine également une rotation des yeux du même côté avec mouvement d'élévation. Ces mouvements ne sont pas localisés aux muscles oculaires, la tête obéit aux mêmes impulsions. Le rejet de la tête en arrière coïncidant avec l'élévation des yeux, et l'inclinaison de la tête entre les pattes antérieures correspondant à l'abaissement des globes oculaires, il en est de même des mouvements de latéralité qui sont associés aux changements de direction imprimés aux organes

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