CORDE DU TYMPAN
mastoïdien pour gagner par un conduit particulier l'oreille moyenne ; là il pénètre dans la membrane du tympan et chemine entre la couche interne et la couche moyenne, à la manière d'une corde qui sous-tendrait le tiers supérieur de sa circonférence, d'où son nom. Il quitte ensuite l'oreille par un nouveau conduit, pour aller rejoindre le nerf lingual, après avoir décrit dans son trajet total une courbe parabolique complète. Mais si la dissection la plus fine ne permet pas de poursuivre plus avant son origine et sa terminaison, il n'en est pas de même des recherches physiologiques. L'étude du rôle de la corde du tympan est une de celles qui ont soulevé le plus de discussions et suscité le plus de recherches. A elle se rattache les noms de Cl. Bernard, de Vulpian, de Schilï, etc. Les fonctions de ce filet qui se sépare d'un nerf moteur(facialj pour aller se confondre avec un nerf sensitif (le lingual, branche du trijumeau) sont multiples. Il résulte des expériences faites en sectionnant et excitant les deux extrémités de la corde du tympan qu'elle doit renfermer : 1*^ des fibres vaso-dilatatrices agissant sur les vaisseaux de la glande sousmaxillaire et de la langue; 2° des fibres glandulaires qui se rendent aux glandes sublinguales et sous-maxillaires ; 3° des fibres gustatives qui vont avec le lingual à la moitié correspondante delà pointe de la langue. Une expérience célèbre de Cl. Bernard démontre les deux premiers effets : vaso-dilatation et hypersécrétion. Sur un chien on introduit une canule fine dans le canal excréteur de la glande sous-maxillaire (canal de Wharton), la salive s'écoule à peine, mais si l'on vient à électriser le bout périphérique du filet nerveux qui se rend à la glande et qui provient lui-même de la corde du tympan, on voit de nombreuses gouttes de salive s'échapper de la canule, en même temps la circulation dans la glande devient beaucoup plus active, tous les vaisseaux se dilatent ;. la veine, dont le sang devient rouge comme le sang artériel, est animée de battements rythmiques comme une artère, il y a donc une vaso-dilatation. Lorsqu'on cesse l'électrisation.
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récoulement saiivaire s'arrête, les vaisseaux s'affaissent et le sang redevient noir. Vulpian a montré que ses phénomènes de vaso-dilatation se produisaient également dans la moitié de la langue innervée par le nerf lingual. Or. cette action vaso-dilatatrice est bien due aux libres émanées de la corde du tympan, car on les obtient en excitant directement la corde avant son anastomose avec le lingual, tandis qu'ils n'existent plus si on excite ce dernier nerf avant sa jonction avec la corde ou après la dégénérescence de ses fibres propres, déterminée par une section antérieure. L'exagération de la sécrétion avait été attribuée à la vaso-dilatation elle-même, mais des recherches nouvelles ont montré que ces deux fonctions pouvaient être indépendantes et qu'il existe des libres va^o- dilata triées et des libres excito-sécrétrices distinctes (Jolyet .
L'action gustative de la corde du tympan entrevue par Bellingeri a été démontrée encore par Cl. Bernard guidé par des observations cliniques. Il avait remarqué en effet que dans la paralysie du facial, beaucoup de malades se plaignaient d'une altération du goût ; or la corde du tympan est le seul nerf qui établisse une communication anatomique entre le facial et la langue. Les mêmes troubles du goût observés sur les chiens après section de la corde dans la caisse du tympan sont venus conlirmer cette vue, mais pour CL Bernard et Yulpian, il ne s'agirait pas de fibres gustatives spéciales, l'action de la corde n'agit qu'en modifiant la circulation ou la contractilité des papilles, et par suite les sensations qui seraient transmises uniquement par le lingual ; pour Schiff et Lussana, il existerait des filets essentiellement gustatifs. Les recherches de François-Franck et de Gley ont confirmé cette opinion, en démontrant que l'excitation du bout central delà corde du tympan, exactement comme celui du lingual, détermine une sécrétion saiivaire réflexe du côté opposé. Pour expliquer ces actions diverses d'un filet nerveux qui parait être issu d'un nerf purement moteur, plusieurs
NERF GLOSSO-PHARYNùlfc.N
hypothèses ont été émises sur son origine réelle : la corae au tvmpaii, par ses fonctions vaso-motrices et excito-sécrétoircs
appelle les filets sympathiques, elle naîtrait du nerf intermédiaire de Wrisberg qui ne serait lui-même qu'une racine bulbaire du sympathique (Cl. Bernard), Pour ceux qui envisagent surtout sa sensibilité spéciale, elle aurait pour
rigine, soit encore le nerf de Wrisberg, considéré comme la racine sensitive du facial Lussana) ou du glosso-pharyn^ien
Duval\ soit le glosso-pharyngien lui-même par linterraé-
liaire du nerf de Jacobson t^Duchesne». soit enfin le trijumeau (Schiff). On voit combien de questions controversées soulève cette étude de la corde du tvrapan,, questions importantes parce quelles se rattachent intimement à la physiologie générale.
Nerf gloss G -pharyngien. — Le nerf irlosso-pharynîrien est un nerl mixte. LV-tude -le ce~ origines bulbaires confirme les faits expérimentaux. Il possède en eflfet un noyau sensitif noyau basilaire de la corne postérieure et un noyau moteur -itué dans les parties anléro-latérales du bulbe noyau . éphalique de la corne antérieurei, (Voy. fig. 908.) Il est à la fois sensitif, moteur, vaso-dilatateur et enfin constitue le nerf spécifique delà gustation, par le nerf intermédiaire de Wrisberg qu'il faudrait rattacher au slosso-pharyngieu. (V. p. 865.)
C'est lui qui donne la sensibilité à une partie de la langue en arrière et y compris le V lingual, et au phar\Tix. Il est le conducteur centripète des réflexes de déglutition.
L'action motrice du glosso-pharyngien est circonscrite au pharynx, aux muscles des pUiers. quant au voile du palais, il ne parait rtc?voir aucune innervation motrice de ce nerf. mais uniquement des terminaisons sensitives. Le glossopharyngien renferme des vaso-dilatateurs pour la base de la langue iVulpian*, mais ces libres proviennent du rameau carotidien du ganglion cervical supérieur du sympathique.
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Grand hypoglosse. — Le nerf grand hypoglosse a ses origines réelles dans le noyan basilaire des cornes antérieures, à la partie inférieure de ce noyau, mais il a .également d'autres racines dans le noyau des nerfs mixtes et dans le noyau de Taccessoire de Thypoglosse.
C'est un nerf moteur de la langue et des muscles sus-hyoïdiens : après sa section, la langue pend inerte entre les mâchoires, l'animal se mord et ne peut relever la langue, bien que le lingual branche du trijumeau assure la sensibilité de Forgane. Le grand hypoglosse reçoit de nombreuses anastomoses du plexus cervical profond, et Morits Holl avait même soutenu, guidé par la dissection anatomique, que le grand hypoglosse innervait simplement les muscles de la langue, les muscles hyoïdiens recevant leurs libres motrices des paires rachidiennes; cette assertion a été contredite par les observations expérimentales de "SVertheimer, au moins en ce qui concerne le chien et le lapin : chez ces animaux les fibres motrices sus-hyoïdiennes viennent bien de Thypoglosse.
Mathias Duval en s'appuyant sur les observations microscopiques faites sur le bulbe d"un sujet atteint de paralysie labio-glosso-laryngée chez lequel les mouvements de déglutition avaient été conservés pendant la vie, tend à admettre que le noyau principal sert aux mouvements de la parole et le noyau accessoire aux mouvements de la déglutition. Dans le cas cité, ce dernier noyau seul présentait des cellules à peu près normales.
Nerf spinal. — Le nerf spinal est un nerf moteur, qui prend naissance à la fois sur le bulbe et dans la moelle par une série de racines. Ses origines réelles sont essentiellement motrices: néanmoins la présence de cellules nerveuses sur ses racines iVulpian), l'existence de véritables ganglions (Hyrtlj pourraient faire croire à la présence de fibres sensitives dès -on origine, la physiologie ne confirme pas cette conception anatomique. — Le nerf spinal est essentiellement le nerf
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jiJionalenr. sa branche externe qui innen'e le sterno-ckidumasloïdien et le trap«"?ze contribue, par l'intermédiaire de ces muscles, à assurer l'émission régulière de l'air dans l'appareil laryngé. Sa branche interne, qui s'accole au pneumogastrique, va en partie au larynx par le nerf récurrent. Cl. Bernard a montré que si la section des nerfs spinaux était fort délicate, l'arrachement était beaucoup moins dan^rereux.
L'arrachement du spinal et même des deux spinaux n'entraine pas la mort. La plaie de l'opération se cicatrise dès le quatrième ou le cinquième jour, et l'animal continue à vivre. Mais des troubles apparaissent du côté du larynx. ■lu pharynx, du sterno-mastoïdien et du trapèze. L'animal -ur lequel on pratique cette opération présente une altération de la voix, de la difficulté de la déglutition et de l'essoufflement dans les grands mouvements et dans les efforts.
Si l'animal est au repos, tous les phénomènes précédents semblent ne pas exister.
Si l'on arrache un des spinaux, ou constate l'immobilité de la moitié correspondante de la glotte, la corde vocale de ce côté est à peu près immobile, tandis que celle du côté opposé continue à exécuter les mouvements normaux. Si l'animal crie, sa voix est rauque, parce que le courant d'air de l'expiration franchit une ouverture à moitié fermée^ d'un côté par un ligament tendu, de l'autre par un ligament relâché.
Si l'on arrache les deux spinaux, la glotte ne peut plus se fermer. Lorsque l'animal veut pousser un cri. les cordes vocales, flasques et écartées, ne peuvent se rapprocher, et il ne parvient à faire entendre qu'un souffle expirateur : il y a aphonie. Mais la glotte reste ouverte et la respiration est libre.
Dans ce cas, les muscles du larynx sont paralysés, à l'exception du crico-aryténo'idien postérieur, qui est animé par le pneumogastrique. {\ . Larynx, p. 633. j
Après l'arrachement des spinaux, la déglutition n'est pas abolie, et le bol alimentaire passe du pharynx dans l'estomac : mais l'occlusion du larynx n'étant pas complète, il
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passe des aliments dans la trachée. Ces troubles se produisent surtout lorsqu'on irrite les animaux et qu'on provoque chez eux des mouvements d'inspiration au moment où la déglutition s'effectue.