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INNERVATION DE LA DEGLUTITION

-ilivio d'iino déglutition secondaire qui chasse les parcelles ou goulles qui ont pu rester atta'.'hées à l'œsophage ; les bruits (|ui se produisent lors de la déglutition, au moment où le bol entre dans l'œsophage et où il franchit le cardia. Chacun sait que la déglutition agit sur l'audition. Bouchez los narines et avalez un peu de salive, l'ouïe devient plus dure parce (pi'il y a rarélaclion de l'air qui se transmet à la caisse, la trompe d'Eustache étant ouverte par la contraction des fibres du péristaphylin externe : mais une nouvelle déglutition, à narines ouvertes, rétablit les choses en l'état, pai'ce que l'équilibre de pression est ramené en mettant la caisse en communication avec l'air extérieur, lors de la seconde ouverture de la trompe.

h'innevvatlon de la déglutition est compliquée. Celle-ci consistant en une série de réflexes nombreux, il y a beaucoup de voies atlerentes et elïérentes. Les nerfs moteurs sont le glosso-pharyngien qui innerve les stylo-pharyngiens et le constricteur supérieur, et dont l'excitation (Biffi et Merganti) détermine les mouvements de ces muscles; Thypoglosse qui innerve la langue; le trijumeau (muscle masticateur, subhyoidien, etc.) ; le facial et le pneumogastri(|ue. Ce dei'nier joue un rôle important. Chauveau et Vulpian ont vu que tous les muscles du pharynx se contractent quand on excite les racines de ce nerf, et Chauveau a constaté que le faisceau supérieur anime surtout le consti'icteur inférieur, le faisceau inférieur anime le constricteur supérieur, et le faisceau moyen, le constricteur moyen. Ceci prouve que Finfluence exercée par le vague lui est propre, et n'est pas dû à des lilets venant du spinal. Pourtant Farrachement du sjiinal (Cl. Bernard, Chauveau, Vulpian) produit une certaine gène dans la déglutition due au fait que le spinal innerve le constricteur supérieur du pharynx. Le vague joue encore un rôle marqué dans la déglutition, en assurant la régularité du premier temps de celle-ci par ses rameaux laryngés : le laryngé supérieur innerve le crico-thyroidien (et il possède des fibres motrices aussi bien que sensitives);le laryngé inférieur, surtout moteur, (par des filets venus du spinal) a son action liée à celle du larynx supérieur. Les voies afférentes ou sensitives sont le trijumeau (voile du palais), le glosso pharyngien (langue et pharynx) et le vague, nerf mixte dès son origine (Chauveau, Cl. Bernard, Yalentm) qui agit par ses rameaux pharyngiens et les nerfs laryngés, et par ses rameaux œsophagiens.

Voilà donc le bol alimentaire transféré de la bouche dans l'œsophage, puis dans l'estomac. Il nous faut considérer maintenant les phénomènes dont ce dernier est le siège.

Digestion stomacale. — L'estomac est un sac composé d'une tunique musculo- cellulaire^ tapissé sur sa face interne par une muqueuse très riche en glandes qui s'ouvrent toutes dans la cavité centrale et où s'opère le contact entre les aliments et le suc gastrique. C'est un organe très intéressant à étudier dans la série des animaux, par les complications graduelles qu'il subit. L'armature musculaire est très développée dans la classe des crustacés, où son action est facilitée par la présence de plaques calcaires servant au broiement des aliments. C'est qu'en effet l'estomac est à la fois un organe musculaire et sécrétoire. Là où les aliments sont préalablement soumis à la mastication, au broiement, le rôle musculaire de l'estomac est faible, et cet organe est surtout glandulaire : tel est le cas pour les carnassiers et rhomme. Mais chez les animaux dépourvus de dents, ou à dents faiblement masticatoires, l'estomac remplace ces organes, et opère l'attrition des aliments. Tel est le cas pour les poissons dont les dents sont préhensiles et non masticatrices, et qui avalent leur proie entière sans la fragmenter ; pour les crustacés dépourvus de dents véritables ; pour les oiseaux également anodontes — chez eux l'estomac se subdivise en deux parties, l'une broyeuse, le gésier, où ils introduisent de petites pierres qui facilitent l'action des muscles et jouent le rôle des pièces calcaires des crustacés, l'autre sécrétoire ; — chez les herbivores et l'homme, les traces persistent de cette division anatomique et physiologique du travail gastrique ; une partie de l'estomac est plus riche en muscles, c'est le pylore; l'autre, plus riche en glandes, c'est la région du cardia. Le rôle physiologique de l'estomac consiste à réduire les aliments en une houiUie, voilà pour le rôle mécanique; en une bouillie assimilable^

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voilà pour le rôle chiniiiju»\ Tant que les aliments ne sont pas arrivés à l'état voulu de dissociation mécanique, ils restent dans l'estomac qui les agite doucement pour mieux les désagréger et pour en faciliter le mélange avec le suc gastrique. Le pylore est fort étroit, et ne peut donner passage qu'à une substance semi-liquide : cela est surtout net chez les poissons dont le détroit pylorique est très étroit.

Les glandes stomacales, dont on évalue le nombre à 5 millions environ pour Ihomme, sont des glandes en tube composées, qui s'ouvrent toutes dans la cavité de l'estomac. On pourrait en considérer l'ensemble comme une glande unique, formée d'une infinité d'éléments sécréteurs, s'ouvrant tous dans un diverticule rentlé du tube alimentaire. Les unes, glandes muqueuses^ n'ont dans la digestion qu'un rôle mécanique secondaire. Elles sont localisées dans la région du pylore, et produisent du mucus de façon continue. Les glandes pepsifères, plus abondantes dans la région du cardia, bien qu'on les rencontre dans l'épaisseur de toute la muqueuse stomacale, seraient formées d'une couche unique de cellules prismatiques, claires (cellules principales ou adélomorphes) ; mais çà et là, entre ces cellules et la membrane qui les supporte, il existe des cellules plus petites, fortement granuleuses ; ces dernières [bordantes ou délomorphes] fourniraient un acide (^chlorhydrique) , et les principales sécréteraient de la pepsine :Heidenhain). Le liquide ainsi sécrété est le suc gastrique. Il existe différents procédés pour le recueillir et l'étudier. Réaumur ouvrit la voie en 1720 ; il introduisit dans l'estomac des tubes percés de petits trous et contenant de la viande, et montra que l'action de l'estomac sur celle-ci ne saurait être purement mécanique, puisque cette action persiste là où les phénomènes mécaniques sont impossibles.

En ITSo, Spallanzani réalisa les premières digestions artificielles au moyen de suc gastrique ramené de l'estomac par des éponges attachées au bout de ficelles. En 1843. Blondlot

imagina de créer des fistules gastriques artificielles ; Bassow fit de même, indépendamment, tous deux étant stimulés par le résultat des expériences de Beaumont, expériences qui datent de 1834, et qui portèrent sur un Canadien atteint de fistule gastrique, grâce à Tinfirmité duquel d'importantes recherches purent être faites. Cette fistule d'origine pathologique donna naturellement l'idée d'en créer expérimentalement chez l'animal : Cl. Bernard, et à sa suite beaucoup d'autres physiologistes, pratiqua donc des fistules gastriques chez le chien, etc. Cette méthode est excellente ; il va sans dire que les fistules opératoires ou naturelles sont très utiles aussi, surtout quand elles se rencontrent chez l'homme comme le prouvent les recherches de Beaumont d'abord, puis les observations plus récentes faites par Ch.Richet (1876) et parHerzen, sur deux sujets présentant cet accident patholocfique. Les fistules artificielles doivent se pratiquer plutôt sur des carnivores, le chien de berger surtout. On peut encore se servir d'un suc gastrique obtenu par infusion d'un estomac frais (porc plutôt que bœufj : le suc se dissout dans l'eau à laquelle on le reprend aisément (méthode d'Eberléj. Enfin on peut utiUser la faculté que possèdent différentes personnes de régurgiter à volonté leurs aliments (rumination ou mérycisme : mais on a ainsi le mélange du suc gastrique et des aliments : mieux vaut employer la sonde et la pompe stomacale pour entraîner le suc gastrique préalablement dilué par absorption d'eau.

Suc gastrique. — La composition du suc gastrique, qui forme un Hquide incolore, ou jaunâtre d'odeur fade, fortement acide, de saveur aigrelette et saline (D z=z 1.0ô:H — i.OlO) est la suivante :

98 00 eau,

1 00 matériaux solides,

0 40 matières organiques,

0 60 matières minérales.

laO 00.

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