TRIS
Les fibres longitudinales prennent leur point d'insertion au niveau du canal de Schlenim, à l'union de la cornée et de la sclérotique et d'autre part se perdent dans le stroma choroïdien. En se contractant, elles tirent en avant le sac choroïdien et la zonula, zone de Zinn, dont la tension maintient Taplatisscment du cristallin, la zonula n'étant plus tendue, le cristallin, par le fait de son élasticité propre, se bombe.
Les procès ciliaires forment autour du cristallin une sorte de collerette vasculaire dont les vaisseaux viennent du grand cercle artériel de l'iris.
Nous reviendrons plus loin sur le rôle de la zone ciliaire dans Faccommodation et sur les causes qui la mettent en action.
Iris. — L'iris est un diaphragme dont l'ouverture centrale (pupille) est susceptible de varier de dimension.
Cette membrane qui n'est que la continuation de la choroïde, en a la structure, on y rencontre des vaisseaux, des cellules pigmentaires constituant une couche postérieure et des fibres musculaires.
C'est de la coloration de l'iris que dépend la couleur des yeux, elle est généralement en harmonie avec celle des cheveux, les iris d'une teinte claire s'observant chez les blonds, l'iris d'une teinte foncée chez les bruns. En France les yeux bleus seraient dans la proportion de 45 p. 100.
Le rôle essentiel de l'iris est de ne laisser passer dans l'œil que la quantité de lumière proportionnelle à la sensibilité de la rétine. Quand l'éclairage est faible, la pupille s'agrandit, elle se resserre au contraire avec une lumière vive. L'iris est donc contractile, mais le phénomène de dilatation comme celui de raccourcissement se produit-il par le même mécanisme ?
Tous les anatomistes et les physiologistes admettent l'existence de fibres musculaires lisses circulaires qui constituent un sphincterpupillaireet sont les agents actifs du rétrécissement.
Mais pour expliquer la dilatation de la pupille, un système de libres radiées parait nécessaire, la présence de ce muscle dilatateur de la pupille est loin d'être démontrée, chez l'homme du moins; son existence admise par Henle, Kolliker, Iwanoff a été niée par Griinhagen , et récemment encore par Boé, par Retterer. Pour ce dernier, les prétendues fibres radiées ne sont que les éléments cellulaires des cordons nerveux. Nous reviendrons plus loin sur l'innervation de l'iris.
Me//tbrane sensible ou rétine. — La rétine constitue essentiellement l'appareil sensitif de la vision. C'est elle qui reçoit l'impression des rayons lumineux.
C'est une membrane nerveuse constituée anatomiquement par l'épanouissement du nerf optique tapissant le fond de l'œil et s'avançant jusqu'à l'équateur du globe oculaire, jusqu'à la zone de Zinn. elle est directement appliquée sur la choroïde.
On distingue sur la rétine, suivant l'axe optique de Tœil une dépression désignée sous le nom de fossette centrale, que circonscrit une zone jaunâtre, la tache jaune ou macula lutea qui a 2 millimètres de large environ. Enfin plus en dedans et sur un plan un peu inférieur se voit la papille du nerf optique, d'où irradie les terminaisons du nerf optique et les vaisseaux rétiniens.
La constitution histologique delà rétine est des plus complexe et ne saurait être comprise sans avoir recours à l'embryologie.
C'est ainsi que les auteurs indiquent de 7 à iO couches à la rétine (fig. 116) : 1'^ membrane limitante interne; 2" couche des fibres des nerfs optiques ; 3'^ couche de cellules nerveuses multipolaires ; 4*^ couche granulée interne appelée encore plexus cérébral, par suite de son analogie de structure avec la substance grise cérébrale; 5^ couche granuleuse interne ou des cellules unipolaires; 6'^ la couche intergranuleuse, plexus
RETINE
cr. — -es 3
Fig. 1 16.— Coupe de la rétine. (D'après ScliulUe.) (Testut, Anatomie)
:-,)d organes des sexs
basai; 7'^ la couche granuleuse externe, cellules bipolaires; 8'^ la membrane limitante externe ; 9*^ la membraue de Jacob, ou couche des cônes et des bâtonnets ; 10'^ enfin la couche épithéliale ou pigmentaire, rattachée à tort à la choroïde.
Il est facile de se rendre compte de cette complexité, si l'on se raitpelle que la i-cdne n'est qu'une portion de récorce cérébrale primitive, détachée du centre encéphalo-médullaire, le nerf optique étant considéré comme une simple commissure cérébrale. On peut alors envisager la l'éline comme constituée par deux parties, l'une répondant par son développement et sa structure aux circonvolutions cérébrales (portion cérébi^alei, composée comme ces dernières par une alternance de cellules nei'veuses et de plexus (2, 3, 4 et 5^ couche), Tautre correspondant aux couches épithéliales de lépendvme du canal central, et aux appareils j^ériphériques sensoriels des autres organes des sens : gustation, olfaction, tact, etc. (poition neuro-épithéhalei, '6, 7, 9 et 10" couche). Tous ces éléments nerveux ou épitliéliaux sont mamtenus par des éléments conjonctifs, éléments de soutient, analogues à ceux de la névroglie. disséminés dans toute l'épaisseur et constituant les membranes hmitantes, 1 et 8.
De toutes ces couches la plus importante est celle des cônes et des bâtonnets. Chacun de ces corps est constitué par deux segments, le segment interne finement granuleux, présentant parfois quelques stries longitudinales, étroit dans les bâtonnets, élargi au contraire dans les cônes; le seginent externe qui offre des structures transversales et qui. dans les bâtonnets, renferme une matière colorante rouge : le pourpre rétinien.
Mais les cônes et les bâtonnets ne sont que les prolongements différenciés des véritables cellules nerveuses, qui se trouvent dans la couche granuleuse externe et constituent lescelkdes terminales de l'appareil optique, assimilables aux cellules gustatives et olfactives et qui ont été appelées pour cette raison, les cellules visuelles. Ces cellules sont constituées par de gros noyaux : gcains de cônes ou grains de
CONES ET BATONNIlTS
bâtonnets qui se continuent d'une part avec le cône ou le l)Htonnet et d'autre part par un prolongement : fibres de
Fig. 117.
Los grains de cônes et les grains de bâtonnets. (D'après Schultze.)
(Teêtut, Anatomie.)
1, cône avec a son article externe. — 6, son article interne. — '2, bâtonnet avec c son article externe et son article interne. — 3, limitante externe. — 4, grains de cônes avec '6 leur prolongement interne. — 6, grains de bâtonnet avec 7 leur prolongement interne. — 8, couche intergranuleusc avec le plexus basai.
cônes ou de bâtonnets en connexion par l'intermédiaire de deux réseaux nerveux successifs, plexus basai dans la couche granuleuse externe, j)lexus cérébral dans la couche granulée interne, avec les grosses cellules nerveuses multi-
polaires de la troisième couche, qui sont en relation directe avec les fibres du nerf optique (deuxième couche).
Les cônes et les bâtonnets sont inégalement répartis sur toute la surface rétinienne, la présence simultanée de ces deux éléments différenciés ne parait pas nécessaire à la vision, on ne trouverait que des cônes chez les sauropsides : reptiles et oiseaux, tandis que les animaux nocturnes n'auraient que des bâtonnets.
La fovea centralis où l'acuité est si intense, est constituée essentiellement par des cônes, puis le nombre des cônes va en diminuant jusqu'à l'ora serrata, occupée presque uniquement par les bâtonnets. A la partie moyenne de la rétine, on compte environ un cône pour trois ou quatre bâtonnets.
Une expérience due à Purkinge établit que c'est dans cette zone que l'image est perçue (fig. 118).
Fig. 118. — Expérience de Purkinje.
■ B, bougie placée sur le côlé de l'œil. — B', source lumineuse inlcrieure formée par les rayons lumineux que le cristallin concentre sur la partie latérale de la rétine. — C, D, vaisseaux rétiniens. — G'. D', ombre de ces vaisseaux. L'épaisseur de la rétine est exagérée intentionnellement.
Les vaisseaux de la rétine sont situés uniquement dans les couches antérieures. Leur ombre est donc portée sur les couches postérieures, c'est uniquement par le fait de Phabitude que nous ne la percevons pas. Mais si nous projetons ces ombres sur les régions qui ne les reçoivent pas normalement, Pœilles perçoit alors. On voit dans le champ visuel une arborisation très marquée.
llelmholtz, puis Muller calculant la distance qui sépare les
PUNCTUM COECUM 799
vaisseaux rétiniens de la surface impressionnable, avaient trouvé 0"\l7à 0'",36. Or la distance entre la zone vasculaire et l'extrémité postérieure des cônes oscille entre 0,20 et 0,30,
Excitabilité des diverses régions rétiniennes. — La
léline n'est pas également excitable dans toute sa surface. Ainsi que devait le faire supposer sa constitution même, la papille ne Test pas.
La papille a été appelée également punctum cœcum, terme approprié puisque toute image qui vient se former en ce point n'est pas per«;ue par elle, il suflît de se rappeler que les éléments impressionnables de la rétine sont les cônes et les bâtonnets, or ils manquent totalement à ce niveau.
Expérience de Mariotte. — Sur une feuille de papier noir, on colle un rond blanc et on dessine à gauche une croix à 0™,0o du bord de ce rond. En fixant l'œil droit (l'œil gauche étant fermé) sur la croix, on aperçoit les deux marques mais -i on fait varier la distance de Tœil à la carte, il arrive un moment où le rond cesse d'être perçu et ne reparait que si Ton fait varier en plus ou en moins la distance. C'est vers o™,30 avec un œil sain que le rond disparait. L'expérience inverse peut être faite avec l'œil gauche fixant le rond. La croix disparait vers la même distance. Le calcul permet d'établir que rimage du second point doit venir alors sur la papille de la rétine.
La preuve directe a été donnée par Donders. A l'aide de l'ophtalmoscope on projette l'image d'une flamme exactement sur la papille. A ce moment le sujet cesse de percevoir cette image.
Cette lacune est inconsciente. On conçoit qu'il y a correction dans la vision binoculaire; mais dans la vision monoculaire, chez les borgnes, l'explication est plus difficile et il faut admettre- que par suite des mouvements incessants de l'œil, nous ne nous rendons pas compte de cette absence.
Tache jaune. — La tache jaune est le point où l'acuité visuelle atteint son maximum, on sait que les cônes seuls Y représentent la membrane de Jacob, les bâtonnets font défaut. Elle est située sur l'axe antéro-postérieur de l'œil, présentant une dépression centrale, la fovea centralis, elle affecte la forme d'une ellipse au grand axe horizontal (D = 0^008, d vertical = 0,8}. C'est dans cet espace fort petit, qu'est concentrée pour ainsi dire toute l'acuité du champ visuel, encore faut-il ajouter que l'acuité atteint son maximum surtout dans la fovea centralis. C'est la fovea qui constitue la région visuelle par excellence, car la tache jaune n'a été constatée que chez l'homme et les anthropoïdes. Ainsi l'angle dans lequel est compris le champ visuel qui permet de voir avec netteté atteint-il à peine 12'. Quand on lit, toute la page est vue, mais quelques lettres seulement sont perçues avec netteté, et c'est par un mouvement continuel de l'œil que l'on remédie à la petitesse de l'angle d'acuité réelle.
Une expérience permet de se rendre compte de cette étendue. On fixe dans l'obscurité la page d'un livre, et avec les poudres au magnésium si usitées actuellement pour les photographies instantanées . on éclaire brusquement la page et l'on note le mot ou les mots et par suite le nombre des lettres que l'on a pu percevoir dans ce court espace de temps.
Le reste de la rétine est sensible à la lumière, mais la netteté des impressions diminue à mesure que l'on s'éloigne de la fossette centrale pour devenir presque nulle en avant de réquateur de l'œil. Instinctivement quand nous fixons unpoint, nous faisons en sorte que son image vienne se former sur la tache jaune.
On a pu déterminer ainsi l'acuité visuelle des diverses parties du champ rétinien. On fixe deux fils parallèles très fins et que l'on approche l'un de Tautre à la limite du moment où les deux fils peuvent encore être perçus. Si en