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ACCOMMODATION

imprimant à l'œil des mouvements divers, on fait porter l'image sur des points divers de la rétine, on voit que pour que les deux fils paraissent séparés il faut les éloigner plus ou moins, cet écart atteint cent cinquante fois l'intervalle primitif dans la région équatoriale.

Accommodation. — Dans Fœil normal, les rayons lumineux venus d'un point situé à FinOni. c'est-à-dire les rayons parallèles viennent former leur image sur la rétine. Mais si le pouvoir réfringent de l'appareil diop trique oculaire restait fixe, on conçoit que les objets placés à une distance assez rapprochée de l'œil ne formeraient plus leur image sur l'écran rétinien, ou tout au moins qu'ils donneraient lieu à une image diffuse. Les rayons lumineux en cheminant dans l'œil forment en effet, ainsi que l'indique la construction géométrique, un cône dont le sommet se trouve sur la rétine pour l'œil normal, tandis que cette dernière coupe le cône prima.'rj ou secondaire dans les autres conditions^ il en résulte des cercles de diffusion.

L'existence des cercles de diflusion explique pourquoi il est impossible de voir avec netteté simultanément deux objets situés à des distances différentes.

Expérience de Scheiner. — On prend une carte de visite que l'on perce de deux trous situés à une distance inférieure au diamètre de la pupille et l'on regarde une épingle placée perpendiculairement à la direction de la ligne réunissant les deux trous, en tâtonnant, on trouve une distance où elle apparaît simple, tandis qu'à une distance plus courte, on voit l'image double. Il en est de même encore si l'on regarde en même temps un objet plus éloigné. Il est facile par l'examen delà ligure 119 de se rendre compte de ce phénomène. L'épingle donne lieu à deux faisceaux lumineux qui pour une distance donnée a viennent s'entre-croiser sur un point unique de la rétine a\ Au contraire, pour une distance plus

longue 6, les deux faisceaux arrivent sur la rétine après leur intersection 6'", V . d'où deux régions de la rétine impressionnées simultanément et deux sensations optiques, toutefois et par suite de la dimension des trous pratiqués dans la carte, ces deux images, formées de minces faisceaux lumineux, sont nettes et c'est la raison pour laquelle IVx-il ne modifie pas de lui-même son appareil d'accommodation.

Fig. 119. — Expérience de Scheiner.

Mais, si au lieu de regarder simultanément deux objets situés à des distances différentes, on les observe successivement, les deux objets sont alors distinctement perçus. Ce résultat ne peut être obtenu que par une modification de l'appareil dioptrique. un changement dans son pouvoir de réfraction tel, que les images de chaque objet viennent se faire sur Técran rétinien. Théoriquement on peut concevoir plusieurs procédés optiques qui permettraient aux images de se former toujours sur la rétine.

L'œil pourrait s'allonger ou se raccourcir par suite de variation dans la pression intra-oculaire, ou par la compression des muscles extrinsèques de Fœil.

Les milieux transparents changer dïndices de réfraction.

La cornée varier de courbure .

Le cristallin s'avancer, reculer, ou varier de courbure.

L'expérimentation a montré que c'est par ce dernier

IMAGES DE PURKINJE 803

processus, variation de la courbure de la lentille cristallinienne que l'accommodation opticiue est obtenue.

Expérience de Purkinje. — Lorsqu'on place un objet lumineux, une bougie, par exemple, devant l'ujil d'une personne, et que l'on regarde latéralement cet œil, on peut distinguer trois images dans l'œil, deux droites et une renversée. Des images droites, l'une petite, très éclairée est lormée sur la face convexe de la cornée, la seconde, plus lirande, moins éclairée se produit sur la face antérieure

A, vision éloignée. B, vision rapproclice.

a, image cristallinieuiie antérieure.— A;, crislalliuieiine postérieure.— c, cornéenae. Fig. 120. — Images de Purkinje.

convexe du cristallin, enfin la troisième, renversée, se forme sur la face postérieure concave du cristallin K

Or, si l'on fait regarder successivement un objet rapproché, puis brusquement un objet éloigné, on voit que l'image cornéenne ne se modifie pas, tandis que les images cristalli-

' On peut observer une quatrième image qui se fi)rme sur la face postérieure de la cornée, tlitoriquement, il doit se former dans l'œil sept images (Tscherninp).

niennes deviennent plus grandes pour la vision éloignée. Or, l'on sait que la grandeur d'une image dépend du rayon de courbure des surfaces réfléchissantes, il en résulte donc qu'il se produit dans Faccommodation un changement dans les rayons de courbure des deux faces du cristallin : le cristallin se bombe pour les objets rapprochés (image plus petite), s'aplatit pour la vision éloignée (image plus grande).

Helmholtz a pu, à l'aide d'un appareil nommé ophtalmomètre, calculer les difTérentes variations de courbure du cristallin, cette variation est surtout marquée pour la face antérieure.

Mécanisme de V accommodation. — Par quel procédé le cristallin est-il modifié dans sa courbure ? Cette modification ne peut en effet qu'être due à une cause extrinsèque, le cristallin ne renfermant aucune fibre musculaire. Or, deux appareils voisins présentent seuls des fibres musculaires : l'iris et le muscle ciliaire. L'absence d'iris n'empêche pas raccommodation, il faut donc récuser ce premier appareil dont faction a été invoquée autrefois par Cramer; reste le muscle ciliaire qui est, en effet, le véritable muscle accommodateur de f œil.

A l'état de repos, quand l'accommodation n'intervient pas, le cristallin est maintenu aplati par la tension de la membrane conjonctive qui entoure la zonula, par suite pour la vision éloignée, aucun phénomène actif n'intervient.

Pour la vision approchée, au contraire, le muscle ciliaire se contracte en prenant son point fixe sur l'angle irido-cornéen amenant le relâchement de la zonula par la traction qu'il exerce sur le bord antérieur de la choroïde qu'il attire en avant, grâce à son élasticité propre le cristallin se bombe alors autant que le permet le relâchement de son anneau tenseur.

Quant au rôle que l'on a voulu faire jouer aux fibres musculaires circulaires des procès ciliaires dans le bombement

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