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NERFS DE L ACCOMMODATION

du cristallin, il paraît bien problématique, étant donné le petit nombre de ces fibres.

D'après Rouget, les organes vasculaires désignés sous le nom de procès ciliaires, prendraient une part plus ou moins active à l'accommodation. La contraction du muscle ciliaire

Fig. 121. — Scliéma de raccommodation.

me, muscle ciliaire. — pe, procès ciliaire. — I, iris. — c, crislallin.

Z, zoaula.

amènerait leur turgescence, et ils viendraient exercer une compression régulière sur le cristallin. Mais les observations ophlalmoscopiques faites sur des iridectomisés et des albinos ont montré que à aucun moment de la vision les procès ciliaires ne viennent en contact immédiat avec le cristallin (Berlin).

Innervation. — Le muscle ciliaire est innervé directement par un centre ganglionnaire, le plexus ciliaire, qui reçoit lui-même ses nerfs de deux sources différentes : le moteur oculaire commun et le grand sympathique.

L'excitation du moteur oculaire commun amène l'augmen-

lationde courbure du cristallin, parle mécanisme que nous venons d'indiquer. Quant à l'excitation du sympathique, elle déterminerait au contraire une diminution dans ce rayon de courbure (Morat et Doyon). L'aplatissement serait obtenu non par une contraction musculaire, les dispositions anatomiques connues ne permettent pas cette hypothèse, mais par suite d'une action inhibitrice sur le muscle ciliaire, amenant le relâchement de ce muscle et par suite permettant l'augmentation de tension de la zonula.

D'après ces données, le nerf moteur oculaire commun est le nerf accommodateur pour la vision approchée, tandis que le sympathique est le nerf accommodateur de la vision éloignée.

L'amplitude de l'accommodation ou le pouvoir accommodateur varie d'un individu à l'autre, mais il se modifie surtout avec l'âge, et, point curieux, cette diminution est en quelque sorte continue pendant la durée de la vie; le pouvoir accommodateur commence à s'affaiblir en effet dès l'âge de dix ans pour devenir nul vers soixante-dix ans. Cette diminution qui, lorsqu'elle atteint un certain degré, est désignée sous le nom de presbytie, étant générale et normale, doit être considérée '< non comme une maladie, mais comme un état physiologique, aussi physiologique que l'apparition de la barbe à un certain âge » (Nuel).

Cette diminution dans le pouvoir accommodateur ne viendrait pas d'un défaut d'activité du muscle ciliaire, mais tiendrait à des modifications intérieures et graduelles du cristallin, qui perdrait peu à peu son élasticité.

Les calculs théoriques sur l'œil schématique de Listing, ainsi que l'observation montrent qu'un œil normal n'a pas lieu d'accommoder pour tout objet situé au delà de 65 mètres. A partir de cette distance, en effet, les images formées sur la rétine ne peuvent subir qu'un déplacement suivant l'axe, inférieur à 0"i'",00o de la couche sensible rétinienne, et se trouvent par suite toujours sur cette

MYOPIE ICN HYPERMÉTROPIE

couche. En ertet, deux objets situés au loin et à des distances diirérentes sont perçus simultanément avec netteté.

En deoàde cette limite ïœ'd doit accommoder, mais l'amplitude d'accommodation a nécessairement une limite et à une certaine distance très rapprochée de l'œil les objets ne sont plus distincts, cette distance minimum constitue le punctum proximum, qui pour un œil normal est de 22 centimètres. Pour ce même œi\, le point le plus éloigné de la vision distincte est à l'infini, mais dans la plupart des yeux, cette vision cesse à une certaine distance, ce point est le punclum remotum.

Imperfections de l'appareil optique. — L'œil normal, ou emiucirope (£u [jLîTpov, en mesure) existe rarement. La distance de la limile de la visiondislincte, c'est-à-dire la distance du punctum 7'einotum -dncenire opti- (|ue varie avec les yeux. Il y a lieu de distinguer parmi les yeux anormaux, ouamétroj^es, trois variétés : le myope, l'hypermétrope et l'astigmate. La presbytie doit être classée à part, résultant d'un défaut dans l'accommodalion.

Fig. i2'J. —Ka^iport entre les diniensionsduglobe (le l'œil et la fonction visuelle.

A, œil emmétrope. — B, œilliyperniétrope (trop court). — C, œil myope (trop long").

Les deu\ rajons lumineux a et 6, \enus de l'infiai après avoir traverse la lentille d (œil réduit de Listing), donnent un cône dont le sommet -tombe sur la rétine dans l'œil emmétrope A, en arrière de la rétine dans l'œil liypermétrope B, en avant de la rétine dans l'œil myope C.

Uœil myope est optiquement caractérise par ce fait que les rayons parallèles viennent former leur foyer en avant de la rétine ; il en résulte que seuls les rayons divergents, c'est-à-dire partant d'une distance finie, donnent une image nette. Chez le myope sont donc seuls vus distinctement les objets rapprochés, le punctinn remotum est plus du moins approché, suivant le degré de la myopie. La myopie peut tenir à un excès de réfraction : diminution du rayon de courbure des surfaces réfringentes, augmentation du pouvoir réfringent des milieux, ou encore à un raccourcissement de rœil suivant son axe' (myopie axile), c'est le cas le plus fréquent.

Dans l'œil hypermélrope. c'est l'inverse qui se produit, les images vont se peindre au delà de la rétine. La rétine ne reçoit que des rayons convergents, c'est-à-dire émanés d'objets éloignés. La vision de près est difl'use. Le punctum remotum. est alors négatif en arrière de la rétine. L'hypermétropie est due aux causes inverses de la myojiie.

On remédie à ces anomalies par des verres concaves (divergents: pour le myop?, convexes 'convergents) pour rhyjiermétroi^e . On mesure l'amétropie en prenant le pouvoir réfringent d'une lentille qui rend cet œil emmétrope. La distance focale du verre qui corrige ramétroi:)ie est égale à la distance du punctum remotum Les anciennes mesures des opticiens donnaient cette distance en pouces: on a pris aujourd'hui comme unité la dioptrie, c'est la puissance réfringente d'une lentille dont le foyer principal est à un mètre ? Un verre de dix dioptries est celui dont la réfringence est dix fois plus forte, c'est-à-dire dont la distance focale est 0,10.

La caractéristique d'une lentille est donc donnée par l'inverse de sa distance focale. C'est ainsi que pour l'œil normal dont la seconde distance focale est de 20 centimètres, on trouve 5 dioptries.

Pour transformer en dioptries le numéro d'une lentille ancien >vstème. on divise 40 par ce nombre /, c'est la formule de Javal :

En réalité, les vei'res du commerce portent des numéros indiquant en pouces leur rayon de courbure: pour avoir en centimètres la distance focale /, d'une telle lentille, il faut employer la formule de Sous :

La distance focale des lentilles s'obtient à l'aide d'instruments désignés sous le nom phacomètres.

ASTIGMATISME 809

Le phacomètre de Snell en est fondé sur ce faltque lorsque l'objet se trouve à une distance double de la distance focale, i)Our une lentille convergente, Tiniagc est égale, renversée et située à une égale distance derrière la lentille. L'instrument se compose d'ime règle graduée au milieu de laquelle on place le verre à examiner, et Ton fait mouvoir de chaque côté sur la règle deux verres portant une même gravure et dont l'un est éclairé ; l'une des gravures est renversée et quand l'image de l'autre coïncide exactement avec elle on n'a jjlus qu'à lire l'intervalle qui est égal à quatre fois la dislance focale. Dans la pratique on arrive à cette détermination plus rapidement en employant une boite d'optique, c'est-à-dire une collection de lentilles convergentes et divergentes dont les puissances sont connues. On accole à la lentille dont on cherche la puissance une lentille de nature opposée, telle que le système ainsi constitué ait un'!' puissance nulle, ce que Ton constate en regardant un objet, en déplaçant le système de lentille : si la compensation est exacte, la grandeur de l'objet doit rester invariable.

Astiffinalisme. — Si Ton regarde avec soin les barreaux d'une fenêtre, ou les rayons d'une roue, on constate que les difTérentes lignes ne sont pas vues avec la même netteté. Le trouble peut être plus ou moins accusé, mais il est constant et théoriquement il doit en être ainsi. Dans l'étude optique de l'œil, en assimile toujours les surfaces réfringentes à des segments sphériques. et nous avons vu qu'en réalité, ce sont des segments d'ellipsoïdes de révolution, que par suite les différents méridiens de l'œil ont une réfraction inégale, et que. nécessairement dans ce cas les différents rayons d'une image, en traversant un appareil à réfractions variables viendront former l'image à des distances variables sur la rétine. C'est cette aberration de sphéricité de l'œ'il qui est désigné sous le nom d'astigmatisme. Dans la plupart des yeux, elle est trop faible pour nuire à la vision et elle est suffisamment corrigée par les mouvements des globes oculaires. On remédie à l'astigmatisme quand il est trop accentué par des verres cylindriques dont l'axe est perpendiculaire au méridien défectueux.

Chromalisme . — A côté de l'aberration de sphéricité, il

810 ORGAxNES DES SENS

faut signaler Vaherration de réfrangibililé de VœiL L'œil n'est pas un appareil achromatique parfait. Dans les conditions ordinaires il est diflicile de s'en apercevoir, car si les rayons des différentes couleurs du spectre ont une réfrangibilité f variable, elle est assez faible néanmoins pour qu'à la distance de la vision nette, l'intervalle focale des rayons rouges et des rayons violets n'atteignent pas Of""^.5.

Pour se rendre compte de ce chromatisme, il suffit de fixer un objet délicat, éclairé par de la lumière rouge, puis de changer brusquement la couleur de Féclairage (lumière violette), Fobjet n"est plus vu aussi nettement et il faut l'écarter pour retrouver la netteté de Timage.

Bes excitants de la rétine. — La vibration lumineuse est l'excitant spécifique de la rétine; comme toutes les terminaisons nerveuses nettement différenciées, la rétine donne pour tous les autres excitants, la sensation lumineuse seule. Magendie piquant chez un malade le fond de l'œil avec une aiguille détermina la sensation d'une vive lumière, mais sans aucune douleur. Le nerf optique dans sa continuité se comporte de même.

Il est facile d'établir l'action exercée par un excitant mécanique ou électrique. La rupture et la fermeture d'un courant de faible intensité, quand les électrodes sont appliquées aux tempes, donnent lieu à la sensation dune lumière dont l'éclat varie avec l'intensité du courant. Un coup violent sur l'œil fermé « fait voir trente-six chandelles ». Enfin une pression localisée et légère, exercée sur un des points du globe de l'œil fait apparaître des images lumineuses persistantes, quoique variant de forme, que l'on appelle les phosphènes. Par suite du renversement des images rétiniennes, on a la sensation que le phosphène se produit au côté opposé du point comprimé.

L'exaiTion méthodique de l'apparition des phosphènes per-

SPKCTRE SOLAIRE 811

met quelquefois d'explorer le champ de la sensibilité rétinienne.

Czermack a décrit sous le nomdephosphène d'accommodation la brusque apparition d'un cercle lumineux à la périphérie du champ visuel, quand, dans l'obscurité, l'iril étant accommodé pour la vision rapprochée, on legarde subitement Finfîni.

Il est nécessaire de rappeler ici très brièvement quelques notions fondamentales sur la composition de la lumière.

La lumière naturelle c'est-à-dire la lumière solaire est une lumière composée. On peut en effet à l'aide d'un prisme décomposer la lumière blanche en une série de couleurs qui constituent le spectre et qu'on peut ramener à sept fondamentales, classées ainsi suivant leur degré de réfrangibilité : rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet.

Ces variations sont dues à des différences dans le nombre des vibrations lumineuses et de la longueur d'onde.

Le nombre des vibrations lumineuses qui est de 450 billions à la seconde pour le rouge atteint 700 billions pour le violet, tandis que la longueur d'onde qui est de 5,878 cent millièmes de millimètre pour le rouge est de 3,928 pour le violet. En deçà de ces limites, il existe encore des rayons, les rayons ultraviolets, possédant une grande action chimique d'où leur désignation de rayons chimiques et les rayons ultra-rouges, qui sont des rayons caloriques; mais notre œil ne perçoit que les rayons compris entre les chiffres cités pour le rouge etle violet. Sans doute parce que les terminaisons sensitives (sans rien préjuger) ne sont modifiées que par des rayons compris entre ces chiffres, comme les terminaisons auditives ne perçoivent les sons qu'entre certaines limites. On a supposé également que les rayons infrarouges etultra-vi(dets étaient absorbés par les milieux réfringents de l'œil et ne parvenaient pas jusqu'à la rétine.

La sensation lumineuse au point de vue de la qualité dépend de trois grandeurs variables : le ton ou quahté des

couleurs qui dépend de la longueur d'onde ; le degré ou saturation, qui relève du mélange de lumières de longueur d'ondes différentes; enfin l'intensité, liée à l'amplitude des vibrations.

Parmi les couleurs du spectre, les physiologistes ont distingué des couleurs principales qui seraient perçues au détriment des autres, quand on regarde simultanément un spectre entier. Mais ils sont loin d'être d'accord sur le nombre et la désignation de ces couleurs principales. Helmholtz admet quatre couleurs : le rouge, le vert, le bleu, le violet. Pour Wundt ce serait le rouge, le vert le bleu et le jaune.

Dans le mélange des couleurs, on obtient une série de sensations, qui sont les couleurs résultantes, sans qu'on puisse distinguer les couleurs simples composantes.

Avec trois couleurs suffisamment éloignées entre elles dans le spectre, on peut obtenir toutes les combinaisons imaginables, seulement aucune de ces couleurs n'est évidemment saturée, elles sont toutes plus ou moins pâles. Ces trois couleurs, dites fondamentales, peuvent être priées arbitrairement, on peut du moins choisir à volonté deux d'entre elles, car la troisième est alors imposée. Avec le rouge et le vert, il faudra nécessairement le violet.

On appelle complémentaires les couleurs qui, mélangées dans un certain rapport, donnent le blanc. Parmi les couleurs du spectre, on obtient le blanc avec le rouge et le bleu verdàtre — l'orange et le bleu de Prusse — le jaune et le bleu indigo — le jaune vert et le violet. Le vert n'a pas de couleur complémentaire simple, mais il en a une composée, le pourpre.

Pourpre rétinien. — Xous ignorons encore complètement comment la vibration lumineuse agit sur l'élément nerveux de la rétine: dire qu'il y a en cet endroit une transformation de l'énergie lumineuse en énergie nerveuse n'est pas résoudre la question. Les segments externes des cônes et des bâton-

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