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PERCEPTION DES VIBRATIONS

Perception des vibrations. — Les vibrations transmises par la chaîne des osselets à la fenêtre ovale se propagent dans la périlymphe, en suivant la rampe tympanique. la rampe vestibulaire, pour aboutir à la l'enêtre ronde et par contiguité à Fendolymphe.

Quel est le rôle, dans la sensation auditive, des différentes parties de la' vésicule auditive?

Les animaux qui ne possèdent que cette forme primitive de la vésicule percevant les bruits qui se passent autour d'eux, il est hors de doute qu'elle constitue un organe de perception. C'est ce que la description anatomique fait prévoir: présence des cellules sensorielles et otocolithes. Gellé a montré que la destruction du limaçon n'entraîne pas la perte immédiate de l'audition. Mais il est probable que l'audition réduite àlasaccule et à l'utricule est confuse, que l'on peut avoir la perception des bruits, de leur intensité, mais non de leur hauteur, de leur timbre. Cette fonction perfectionnée est dévolue au limaçon, à l'organe de Corti.

Helmholtz avait admis que les arcades de Corti vibraient synchroniquement avec les oscillations de l'endolymphe et venaient frapper des filets nerveux, comme les touches d'un piano frappent les cordes vibrantes. Mais le rôle si important des piliers dut être abandonné quand Hasse démontra que les oiseaux, dont l'ouïe est si fine, le sens musical si développé, ne possèdent pas de piliers.

C'est alors que l'on a fait intervenirles fibres radiées de la membrane basilaire, ces fibres que Hensen compare à des cordes, ont, comme nous l'avons vu, des longueurs variables, elles seraient accordées chacune pour un son déterminé (il y en aurait 60,000, d'après Nuelj. Par suite, un son de hauteur donnée ne ferait vibrer qu'une seule de ces cordes, celle accordée pour ce nombre de vibrations. Leurs oscillations se transmettraient aux cellules sensorielles et de là au centre nerveux.

Chaque fibre nerveuse, ébranlée par les vibrations des

libres radiales, possède une sensibilité spéciale ; et les différences dans les qualités des sons, la hauteur et le timbre, se trouvent rapportées à la diversité des libres touchées; pour chacune d'elles isolément, il n'existe de différences que dans l'intensité de l'excitation.

Mais ce rôle principal accordé aux fibres radiales dans la

— Limaçon schématique de Gellc.

transmission de la vibration reçue, aux cellules sensorielles, est fort hypothétique.

On ne peut admettre, en effet, qu'un rôle de transmission, car les libres radiales ne reçoivent pas de filets nerveux ; or, elles ne sont en rapport direct quavec le pied des piliers externes de l'arcade de Corti et elles n'ont que des rapports assez indirects avec les cellules fusiformes, les cellules sensorielles.

Aussi Gellé a-t-il émis l'opinion que les ondes développées dans le liquide du labyrinthe viennent agir directement sur les prolongements ciliés des cellules auditives, prolongements qui traversent la membrana tectoria. Les ondulations que subit cette dernière serviraient à augmenter l'action oscillatoire.

ACUITÉ AUDITIVli: 801

La disposition des deux branches du limaçon, cominuni- (juant pai' leur exlréniité supérieure, aurait pour effet, d'après Gellé, de concentrer les ondes sonores apportées par la platine de l'étrier dans la rampe sensorielle ou vestibulaire et d'affaiblir au contraire les vibrations venues de la fenêtre ronde. On peut, en ciîet, comparer le limaçon à deux cônes accolés et communiquant par le sommet, par l'hélicotréme.

Jugements acoustiques. — Nous projetons en dehors l'imago qui vient se faire sur la rétine; il en est de même pour les sensations auditives. Quand un son frappe l'oreille, nous en rapportons l'origine vers un point projeté sur l'horizon, déterminé par la direction de l'axe du conduit auditif, au moment où la sensation auditive est la plus intense. Celle nolion de la direction nous serait donnée par plusieurs causes. Pour Béclard, il s'agirait suitout de la conscience des mouvements de la tête et du corps à la recherche de l'intensité sonore maximum ; pour Kuss et Duval, il faut faire intervenir en outre la sensibilité de la peau du pavillon de l'oreille; enfin Gellé insiste sur la sensibilité spéciale de la membrane du tympan, mise enjeu par le courant vibratoire frappant dans une direction déterminée.

Toutefois Cette notion de la direction est certainement acquise par l'expérience; il en est de même de la distance de l'objet sonore, et cette dernière est toujours très obscure.

L'acuité auditive. — L'intensité dépend de l'amplitude des vibrations; elle est proportionnelle au carré de ramplitude des vibrations; il est difficile d'établir le minimum d'intensité du son perceptible pour l'oreille ; il existe d'ailleurs de nombreuses différences individuelles. On a donné cependant comme minimum le son produit par une balle de liège de 1 milligramme tombant de 1 millimètre (Schafhault), sur une plaque de verre à 9 centimètres de l'oreille. En clinique, pour mesurer l'acuité, on utilise le plus communément le tic tac de la montre. Une bonne oreille entend ce

bruit à 1"\20 environ. L'cudiomètre de Hugues docnî des résultats plus comparables : il consiste dans un téléphone en communication avec une bobine induite, placée entre deux bobines inductrices. On peut, en modifiant les rapports entre la bobine secondaire et les bobines primaires, modifier l'intensité des vibrations, par suite du son, et même l'éteindre complètement.

Il faut se rappeler que l'intensité du son est encore inver sèment proportionnelle au carré de la distance du point sonore à l'oreille.

Limite des perceptions auditives. — Un son n'est perçu par Toreille que s'il est compris dans des limites déterminées. Dans les sons graves l'oreille dislingue encore 33 vibrations {do de la contre-octave) par seconde, et dans les sons aigus 41,000, soit un intervalle de M octaves et demi. En deçà et en delà, les vibrations des corps ne seraient plus perçues par l'oreille. Ce chiffre de 41.000 vibrations est un maximum rarement atteint et la limite normale est environ de 35,000. La disposition de Toreille moyenne a pour elTet d'offrir une réelle résistance à la propagation des notes très aiguës; aussi est-ce dans le cas de destruction de cette partie que Ton a noté la perception de son correspondant au chiffre extraordinaire de 80.000 vibrations iBlakei. Certains animaux ont une acuité auditive remarquable, le chat entre autres.

L'acuité auditive s'affaiblit avec l'âge, les femmes auraient une acuité supérieure, mais qui présenterait un certain affaiblissement pendant la menstruation. Quelques cas pathologiques, notamment la néphrite interstitielle, s'accompagneraient dès le début d'une diminution dans l'acuité auditive Dieulafovj.

Sensibilité auditive. — Il y a lieu de distinguer l'acuité et la sensibilité auditive; pour la première, l'intensité du son intervient seule; pour la sensibilité, il faut ajouter la hauteur

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