LA PKPSINE ET SES CARACTERES
que le chlore est sans doute fourni i).'ii' le chlorure de sodium, si abondant dans l'organisme.
Relativement à la pepsine (dL'C(jiiverte par Scliwann en 1838), nous savons que c'est un ferment soluble ^ qui présente son maximum d'activité à la température de 40 degrés, sauf peut-être chez les animaux à sang-froid ; chez les grenouilles cependant ce ferment est certainement plus actif à 30 degrés qu'à 10. On la prépare industriellement par différents procédés.
Le Corfea?, conseille de faire infuser, après les avoir lavées, puis brossées avec une brosse de chiendent, des caillettes de mouton fraîchement tué, pendant deux heures, dans de l'eau à 15 degrés ; on passe à travers une tuile ; on ajoute un peu d'acétate neutre de soude : il se fait un précipité qu'on lave deux fois ; précipité et eau sont filtrés, et le liquide filtré et évaporé jusqu'à siccité. Il reste une substance blonde, une sorte de pâte sèche qui est de la pepsine, avec passablement d'autres substances.
Le procédé de Briicke consiste à faire infuser la muqueuse de l'estomac dans une solution d'acide phosphorique étendu : on ajoute de la chaux, et le phosphate de chaux entraine mécaniquement la pepsine. Mais il est difficile de ravoir cette pepsine (par HCl), et cette méthode n'est pas à recommander. Von Wittich opère en faisant infuser l'estomac dans de la glycérine après trituration et acidulation. Au bout de huit jours on liltre, et l'on précipite la pepsine par l'alcool* Krasilnikoff soumet le suc gastrique à la dialyse : la pepsine ne dialyse pas et reste sur le dialyseur. Enfin A, Gautier prépare la pepsine par le sublimé et dialyse ensuite : son procédé donne de la pepsine pure. (Cours de chimie, t. III, p. 543.)
Les procédés industriels ne donnent qu'une pepsine très
* A. Gautier distingue la pepsine soluble ordinaire, et une pepsine insoluble nu pepsinogène. Il semble même y avoir deux pepsines solubles ; la pepsine % raie et la propepsine.
impure : la pepsine commerciale ne contient que de 1 à 10 p. 100 de pepsine pmre. Aussi est-il important de connaître les méthodes qui permettent de doser la pepsine dans un produit qui est supposé en renfermer (à condition que l'on possède aussi de la pepsine pure pour les opérations parallèles). L'une d'elles, celle de Griitzner. consiste à colorer de la fibrine par du picrocarmin, et à la plonger dans une solution de la pepsine à essayer; à mesure que se fait la digestion, la matière colorante mise en liberté colore la solution, et plus la pepsine est active, plus la coloration est rapide et foncée. Ce procédé représente un bon moyen de démonstration. Enfin le Codex préconise Fessai par la fibrine de sang humide : un mélange de pepsine médicinale (0?'"-,2o), d'eau distillée (2o grammes) et d'acide lactique concentré (0s'"-,40) doit dissoudre 10 grammes de fibrine en douze heures. La même expérience faite avec la pepsine à essayer montre la valeur relative de celle-ci.
La composition de la pepsine est mal connue : on admet cependant, en général (sauf Schifif), que c'est un corps azoté ; c'est à elle que le suc gastrique doit ses propriétés digestives. Son action maxima s'exerce à la température de 40 degrés. Elle se présente sous l'aspect d'une poudre blancheou jaune ; et dans le commerce elle est généralement falsifiée par addition de substances étrangères.
Comme tous les ferments solubles, la pepsine est fort sensible aux différences de température. C'est entre 35 et 45 degrés qu'elle est le plus active. Au-dessous, elle agit faiblement, bien qu'elle agisse certainement (animaux à sang-froid), au-dessus, elle perd graduellement ses propriétés qui ne sont presque plus appréciables à 90 degrés (von AVitiicli . Mais avant ce moment elle subit une transformation, et forme ce que Finkler a appelé Yisopepsine. qui est surtout caractérisée par sa faible activité. Comme les autres ferments solubles la pepsine étonne par la disproportion qui existe entre la cause et l'effet ; il suffit de très peu de pepsine pour transformer une masse considérable d'albumine, ou de fibrine. La pepsine ne se détruit pas par la digestion, bien que celle-ci puisse s'arrêter : en réalité la digestion cesse parce qu'elle est empêchée par ses propres