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CORPUSCULES TACTILES

Tout à fait dans la profondeur on trouve des corpuscules de Pacini et plus extérieurement sous l'épiderme, dans les papilles mêmes, les corpuscules de Meissner, et enfin des filets nerveux cpidermiques.

Les corpuscules de Pacini (1840), déjà observés en 1741 par Vater, sont des corps de figures ovalaires, de 1 à 5 millimètres de longueur, c'est-à-dire visibles à Tœil nu.

On trouve ces éléments surtout au voisinage des nerfs collatéraux des doigts et des orteils, dans les ligaments interosseux, au niveau dos articulations. Golgi les a décrits au niveau de l'union des muscles et des tendons : dans toutes les régions, en un mot, où s'exercent des pressions.

On les trouve aussi dans le mésentère, et on sait que Tabdomen ressent les plus légères pressions.

Ils sont constitués par une capsule périphérique formée d'une série de lames ( onjonctives emboîtées étroitement.

Au centre existe une cavité, remplie d'une substance dite granuleuse, dans laquelle le cylindraxe se termine en bouton ou par une arboration terminale.

Les corpuscules de Meissner qui siègent surtout dans les papilles présentent une structure un peu diflerente. Le bec du canard est surtout favorable pour leur étude.

Le nerf aborde les cellules, la gaine s'épanouit sur la capsule, le cylindraxe pénètre dans la cellule où il se termine par un disque (disque tactile), en disjoignant deux cellules limitrophes dites cellules tactiles ; ces cellules tactiles ne sont pas des cellules nerveuses, elles dérivent du mésoderme et sont essentiellement des organes de protection.

Le protoplasma est strié, et cette striation joue peut-être un rôle dans l'élaboration de l'impression.

On a signalé également des lerminaisons nerveuses intra-épidermiques ; ce sont des cellules nerveuses terminales qui se terminent par des petits boutons (cellules de Langerhans) ou ménisques tactiles. Enfin on a décrit sur les muqueuses d'autres organes tactiles sous le nom de corpuscules de Krause.

Il existe aussi des terminaisons nerveuses dans les poils. Les poils tactiles des chats jouent un grand rôle. Le grand nombre des coi'ps de Meissner à l'extrémité des doigts indique leur importance dans la notion du tact.

La sensilùlité est une des principales fonctions de la peau.

Tous les appareils terminaux constituent des appareils de renforcement, la peau en effet est plus sensible que le nerf.

Impressions tactiles. — Il y a trois questions à étudier :

La nature de l'impression tactile; les conditions des sensations; les caractères des sensations.

Au point de vue de la nature de l'impression tactile, il faut d'abord se demander quel est le mode d'action et de transmission des excitations mécaniques aux centres nerveux.

Agissent-elles par simple pression ou sont-ce des oscillations analogues à celles qui agissent sur les terminaisons auditives. Cette question n"est pas élucidée.

On distingue néanmoins les sensations de contact et les sensations de pression.

Ces deux sensations ne paraissent pas perçues par les mêmes éléments.

Dans un tissu cicatriciel, la sensation de simple contact ne peut plus se produire alors que la sensation de pression peut encore avoir lieu. On admet que ce sont les corpuscules Je Paccini qui sont les agents de transmission des sensations de pression, ceux de Meissner étant destinés aux sensations de contact. Golscheider a trouvé des points de la peau qui ne sont sensibles qu'à la pression : points de pression. En même temps que lui, Magnus Blix, d'Upsal, découvrait ces mêmes points. Il y a donc des organes nerveux particuliei's destinés à recevoir uniquement chacune de ces sensations.

Peut-on établir une distinction avec les sensations de traction. Peut-être sont-elles transmises par les terminaisons ners-euses intra-épidermiques. Toutes ces sensations s'exercent par les appareils nerveux terminaux, non par les filets sensitifs.

Conditions des sensations. — 11 faut distinguer celles relatives aux excitants et celles relatives aux organes. Le contact diffère de nature suivant la nature même du corps. Il y a là une différence qualitative : impression de rude et de lisse. Mais peut-on la comparer au timbre des sons.

Les impressions de contact varient suivant l'intensité des

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sensations, mais ici réchelle est très faible, car on arrive rapidement à la sensation de pression. La température joue cependant un rôle, un poids chauffé parait plus lourd qu'un poids non cliaufTé.

Pour explorer la sensibilité tactile, on utilise le comi)as de Weber et les différents esthésiomètres (a'^jôr^ai;, Sensibilité). Ces appareils sont constitués généralement par deuxbranches que Ton rapproche plus ou moins et on cherche le minimum d'écartement avec lequel le sujet perçoit la sensation des deux pointes. Cet écart varie avec les régions.

Pointe de la langue 1"""

Paume de la main 2

Dos de la main 42

Région dorsale du corps 50

Cuisse 67

On appelle aire de sensation l'étendue de la surface de la peau, où il n'existe qu'une seule sensation pour la pression des deux pointes.

On admet généralement que la sensibilité tactile augmente de la racine des membres à leur extrémité. Vierordf a précisé cette donnée en montrant que la sensibilité tactile varie en raison de la distance de Taire examinée à l'articulation qui se trouve immédiatement au dessus.

Aubert de Rostock a cherché le minimum nécessaire de pression pour déterminer une sensation de contact agissant -ur une même surface cutanée.

Peau du front, des tempes, du nez, des joues. . 2 milligr.

— de la main 3 —

— des paupières, des lèvres, du ventre. ... 5 —

— de la face palmaire, de l'index 15 —

La sensibilité à la pression est beaucoup plus développée, d'après les recherches de Blocq.

Il y a des régions de la peau qui seraient sensibles à un cinquième de milligramme.

Conduit auditif, pointe de la langue,

ailes du nez 1/10 à 1/68 de milligr.

Paupière, sclérotique, lèvre intérieure,

paume de la main 1/5 à 1,5 —

Dos des orteils, du pied 3 à 6 centigrammes.

Blocq a attiré l'attention sur l'importance des poils ; les régions velues sont plus sensibles à la pression que les régions glabres, soit naturelles, soit rasées.

Sensation de traction. — Blocq a étudié ces sensations. Elles s'exercent sur toute la peau, mais elles sont bien moins sensibles.

Peau du front 5 centigrammes.

Tempes 5 —

Lèvre inférieure 50 —

Face dorsale de la l^e phalange. 2 grammes.

Face dorsale de la 2'' phalange. 4 —

Orteil 8 —

Jambe et cuisse 17 à 18 —

La peau de la muqueuse du gland et du clitoris, peu sensible au contact, est très sensible à certains frôlements.

L'attention et l'exercice exercent une influence considérable sur la sensibilité tactile, et les sensations de contact ou de pression qui sont souvent très vagues, très diffuses, tant au point de vue de la surface touchée que de la qualité du corps en contact, peuvent atteindre une finesse extrême. (Le tact chez les aveugles.) C'est le système nerveux central, qui dans ces cas amène ce perfectionnement, non dans la sensation, mais dans la perception. Il suffit de développer la sensibilité d'une main par exemple pour voir celle de l'autre main se développer également, ce qui montre encore le rôle du système nerveux central.

Intervalle de temps. — Deux sensations tactiles doivent être séparées par un certain intervalle pour être distinctes.

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