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UTÉRUS

La rupture de l'ovisac coïncide avec le milieu ou la fin de récoulement menstruel ; elle se fait spontanément. Il peut arriver cependant qu'une chute, un coup, le coït, un ébranlement quelconque, la provoquent.

Ordinairement une seule vésicule de de Graaf se rompt ; mais il peut se faire que deux ou trois arrivent à maturité au même moment. On a vu rarement deux ovules dans un seul ovisac (d'où les grossesses doubles).

La cicatrice laissée par la rupture de l'ovisac est remplacée par une petite tache jaunâtre, dont la coloration est due au pigment sanguin résultant de la petite hémorragie qui accompagne la rupture de la vésicule. Mais cette tache jaune disparait rapidement si l'ovule n'étant pas fécondé traverse les conduits excréteurs sans subir de fécondation. Si au contraire la fécondation a eu lieu, si les organes annexés entrent en activité, l'évolution que subit l'ovisac est tout autre. Il se produit une hypertrophie considérable de la membrane propre de la vésicule, qui arrive à couvrir sous la forme d'une tache jaune une grande partie de l'ovaire. Les cellules de la vésicule augmentent en grand nombre, se chargent de granulations graisseuses que leur donne la coloration jaunâtre et cette activité se maintient pendant les trois ou quatre premiers mois de la grossesse, pour diminuer ensuite, au moment où le fœtus arrive à terme ; le corps jaune est encore très nettement visible.

Trompe de Fallope. Utérus. — Les canaux excréteurs dérivent des conduits de Muller, dont la partie supérieure va constituer la trompe de Fallope et la partie inférieure en se soudant à celle du côté opposé, l'utérus ^

La trompe de Fallope, dont l'extrémité supérieure s'élargit en forme de pavillon, est un conduit mobile, contractile

* Au point de vue embryologique, l'ulérus a deux origines, le segment supérieur provenant du conduit de Muller, le segment inférieur (segaieut vulvaire), provenant du cloisonnement du sinus urogénital (Retterer).

et érectile. On a admis que, par suite d'un acte sympathique ou réflexe au moment où Tovisac se rompt, la trompe entre en turgescence, se raproche de l'ovaire et que son pavillon vient entourer cet organe pour recevoir l'ovule au moment même de la rupture. M. Duval, s'appuyant sur l'anatomie et la physiologie comparée, rejette la théorie de Vadaplation tubaire et fait jouer le rôle le plus important, sinon unique, aux mouvements des cils vibratiles du péritoine. Chez la grenouille, par exemple, le pavillon de la trompe est fixe, rattaché très haut près du péricarde et ne peut venir coiffer Tovaire, tandis que Fexamen du péritoine montre qu'il existe des stries de cils vibratiles péritonéaux dont les mouvements tendent à porter les corps vers les orifices tubaires. Or, l'existence de cils vibratiles est sinon évidente, au moins fort probable sur le ligament tubo-ovarique de la femme. Bruzzi a montré qu'un ovule né sur l'ovaire d'un côté peut pénétrer dans l'utérus par la trompe du côté opposé. Il enlève l'ovaire gauche et la trompe droite à une lapine, la fait couvrir, et deux fœtus se développèrent dans l'utérus; il faut admettre dans ce cas une migration intra-péritonéale de l'ovule fécondé.

Menstruation. — Uhémorragie menstruelle, qui se produit tous les mois chez la femme (tous les 28 jours en moyenne), coïncide généralement avec la chute de l'ovule.

Au moment où la vésicule ovarienne arrive à maturité, la muqueuse utérine, par suite de cette sympathie qui relie tous les organes de l'appareil reproducteur, présentent des modifications spéciales. EUe s'hypertropliie, ses vaisseaux se dilatent énormément, puis se rompent partiellement, donnant lieu à une hémorragie, l'épithélium cylindrique vibratile, qui la recouvre, tombe alors, jmr suite du travail vasculaire qui se l'ait en dessous.

Dans certains cas pathologiques, la desquamation utérine se l'ait tout d'une pièce, ou par larges morceaux (dysménoiThce membraneuse exfoliante).

La quantité du sang des règles est variable. Elle est en moyenne de 250 grammes. Quelques fenunes ne voient que quelques gouttes de sang, tandis que d'autres ont une véritable hémorragie. Certaines

INSÉMINATION 001

enniies i»ei-(lent pendant la période menstruelle et mensuellemenl jusqu'à un litre de sanj^^. L'hémorragie par l'utérus s'appelle 7nélrorrha(/ie, mais lorsque cette hémorragie peut être considérée comme une prolongation des règles, on lui donne le nom de 7nénonhagie. La durée des règles varie ordinairement de 2 à 5 jours, mais peut atteindre 8 jours.

Quelques feaimes n'ont jamais été réglées. L'absence des règles constitue l'aménorrhée. Quoique la fécondation n'ait pas ordinairement lieu pendant l'aménorrhée, cependant des femmes ont pu devenir enceintes sans avoir jamais été réglées. Il est encore impossible aujourd'hui d'affirmer les rapports de cause à effet qui unissent l'ovulation et la menstruation. On sait en eff'et que l'ovariatomie double ne supprime pas fatalement la menstruation.

Insémination. — Chez quelques êtres inférieurs, la réunion des éléments sexuels, se produit dans l'intérieur même de l'organisme hermaphrodite, chez d'autres animaux unisexués, il n'existe aucun rapprochement entre les deux sexes, les poissons femelles pondent leurs œufs non fécondés en un endroit qu?lconque et les mâles viennent déposer ensuite sur ces œufs, les éléments mâles, la laitance. C'est sur cette particularité qu'est fondée toute une branche d'industrie, la pisciculture. Chez les batraciens, les rapports commencent à être plus intimes, au moment de la ponte ; le mâle saisit la femelle, et reste placé sur elle jusqu'à l'évacuation des œufs, qu'il féconde ù mesure qu'ils sortent du corps de la femelle. Enfin chez un grand nombre d'animaux de toutes les classes, la fécondation n'a lieu que par copulation directe, une partie appropriée de l'appareil mâle pénétrant dans une partie de l'appareil femelle.

Nous avons décrit plus haut le mécanisme de l'érection, qui assure à l'organe mâle la rigidité nécessaire pour porter le sperme jusque dans les profondeurs du conduit vaginal, et enfin l'éjaculation, qui détermine la projection du liquide fécondant.

Lieu de la fécondation. — Les spermatozoïdes, introduits à la suite du coït dans le vagin, doivent rejoindre l'ovule, ils doivent donc pénétrer dans l'utérus, puis dans les trompes, où ils rencontreront l'ovule en voie de migration.

Pour expliquer l'ascension des spermatozoïdes on a évoqué : — une aspiration par contraction de l'appareil utérin

au moment du spasme copulateur; — des phénomènes de capillarité, les parois utérines étant accolées l'une à l'autre; — les mouvements des cils vibratiles, surtout dans les trompes; — enfin les mouvements propres des spermatozoïdes.

C'est ce dernier facteur qui parait devoir être surtout mis en cause. L'orgasme utérin constaté dans quelques cas exceptionnels ne parait pas être un phénomène constant, et les spermatozoïdes restent souvent un temps très appréciable dans le canal vaginal avant de pénétrer dans l'utérus. On ne peut expliquer, en évoquant les phénomènes de capillarité, comment il se fait que les spermatozoïdes seuls, et non les autres parties du liquide spermatique sont trouvés dans les trompes après un coït. — Quant aux mouvements des cils vibratiles il suffit de rappeler qu'ils sont dirigés précisément en sens contraire, pour conduire l'ovule vers l'utérus.

C"est dans la partie externe de la trompe et même quelquefois sur l'ovaire, dans la cavité péritonéale que se produit la rencontre des deux éléments. L'existence des grossesses tubaire et péritonéale est une preuve évidente que la fécondation peut avoir lieu dans ces régions, les recherches expérimentales le démontrent également : sur une chienne qui venait d'être couverte, on lie trois jours plus tard les trompes, et au bout de quelque temps, on a trouvé deux fœtus dans l'a partie de la trompe qui se trouvait en dehors de la ligature (cité par Budin). On a même pu constater des migrations intra-péritonéales de spermatozoïdes. Dans des cas où une trompe était oblitérée, les spermatozoïdes passant par la trompe libre ont pu aller féconder un ovule sur l'ovaire de l'autre côté, et cet ovule s'est développé dans la cavité de la trompe oblitérée.

Non seulement la rencontre des deux éléments peut se produire près de l'ovaire, mais encore la fécondation ne peut avoir lieu que dans cette région ; l'ovule en effet, à mesure qu'il s'avance dans la trompe, s'entoure d'une couche d'albumine qui s'oppose à la pénétration des spermatozoïdes

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