LES NERFS ET LA SÉCRÉTION GASTRIQUE
par «ses elVcts sur la rcsiùration, elle le deviendrait par ses effets sur la digestion, et ranimai mourrait peut-être d'inanition, sans uvoir perdu la l'aim. On remarquera que rcstomac a une sensibilité tactile très iaible à Tétat normal : il n'a que la sensibilité j,4andulaire réflexe ; à l'état pathologique cependant, il fournit des sensations de douleur.
Notons en passant que l'on ignore absolument le mécanisme intime de l'action des ncrls sur la sécrétion gastrique. Y a-t-il des iilets excito-sécrétoires comme dans la corde du tympan par exemple, et des fdets vaso-dilatateurs destinés à augmenter l'afflux sanguin de la muqueuse stomacale ? On ne sait. On remarquera toutefois que l'injection de pilocarpine dans le sang provoque une abondante sécrétion de suc gastrique , et cette identité d'action peut être invoquée à priori à l'appui de l'hypothèse de l'identité de mécanisme, et les expériences récentes de C. Contejean donnent à penser que le pneumogastrique et le sympathique renferment des iilets vaso-moteurs, surtout dilatateurs dans le prender, et constricteurs dans le dernier. D'autre part, il y a évidemment une corrélation entre l'afllux sanguin et la digestion : la muqueuse stomacale est gonflée et rouge pendant le processus digestif, pendant la sécrétion du suc qu'on voit perler à la surface de la muqueuse, et après l'Ile redevient pâle. L'estomac s'échauffe sensiblement durant la sécrétion.
Nul n'ignore que la digestion, c'est-à-dire la transformation des aliments, se fait avec une rapidité très variable, selon la nature de ceux-ci, selon leur quantité, et selon le contenu même de l'estomac. 11 existe plusieurs substances susceptibles d'accélérer ou de ralentir le processus digestif. A petites doses, l'alcool stimule la sécrétion gastrique : à doses élevées (plus de 20 p. 100), la peptonisation estretardéeou arrêtée totalement par précipitation de lapepsine (qu'opèrent aussi dilierents sels, d'ailleurs). L'éther et le poivre stimulent la sécrétion à petites doses. D'après Fiumi et Farrat, le chloral ralentit la peptonisation; les alcalins aussi; l'iodure et le bromure de potassium retardent la digestion, comme la quinine. D'après Tcheltzofl", les amers, vantés comme stomachiques, retardent la digestion, et diminuent laproportion des peptones, comme les sels métalliques (KBr par exemple). Un peu de sel marin exerce une influence favorable (Griitzner, Wolberg). L'abondance d'eau \dyspepsie des Américains, par ingestion excessive d'eau glacée) et le froid retardent la digestion. Il en est de même pour l'exercice violent ou les émotions vives à la suite des repas. La plupart des infusions : thé, café, cacao, agissent pareillement. Les aftections de l'estomac aftaiblissent la sécrétion gastrique qui devient pauvre en acide, parfois alcaline, et pauvre aussi en pepsine. D'après certains au-
lours, l'acide chloi'hydrique manquerait iriTariablement dans le ca>» de cancer de l'estomac (Van de Yelde), mais cette opinion parait exagérée. Il manquerait encore dans le cas de dégénérescence amylûïde, mais non lors de la dilatation simple. L'acidité du suc gastrique, qui persiste dans le cas de cancer, serait due aux acides lactique ou butyrique.
11 est très difficile de se faire quelque idée de la quantité de suc gastrique sécrété par jour, chez l'individu sain, à alimentation normale. Les uns Févaluent à un demi-litre par juur ; d'autres à 3, 4 ou 6 litres. C'est assez dire combien nos connaissances laissent encore à désirer sur ce point.
Action du suc gastrique sur les aliments. — Il y a deux manières de se rendre compte de l'influence exercée par le >uc gastrique sur les aliments. L'une consiste à recueillir ceux-ci au moyen d'une tistule gastrique, à condition que l'accès de la salive dans l'estomac soit rendu impossible ; l'autre consiste à pratiquer des digestions artificielles. Cette dernière est la plus usitée : elle a été imaginée par Spallanzani. et consiste à faire agir in vitro, à la température de 38 ou 40 degrés environ, le suc gastrique natui^el, ou artificiel, sur un poids connu d'aliments simples. Le suc artifîciels'obtient, on le sait, en faisant macérer un estomac de porc par exemple dans de l'eau : la muqueuse abandonne à celle-ci sa pepsine, mais il est bon d'ajouter à cette solution un peu d'acide rhlorhydrique (de 1 à '2 p. 100 ; plutôt 2 s'il s'agit d'albumine cuite : si on emploie de l'acide sulfurique, on en mettra 2 p. 100 ; d'ailleurs il faut, au cours de la digestion, toujours rajouter un peu d'eau acidulée). Pour bien faire, on joint un dvaliseur, de telle façon que les produits digérés puissent ^'enlever : leur accumulation, on le sait, arrête le processus digestif. Pour l'étude de la digestion des albuminoïdes, on emploie généralement de petits cubes de blanc d'œuf cuit,. Iden préférable à la fibrine.
Quel que soit le procédé employé, d'ailleurs, on reconnaît