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DIGESTION GASTRIQUE

ments ? Ils ne gênent pas non plus le processus : certains d'entre eux y aident même d'une façon marquée *. Les albuminoïdes subissent les modifications dont nous avons parlé ; en outre, l'acide met en liberté les acides de dilTérents sels ingérés avec les aliments : il transforme les carbonates en chlorures, etc. ; il dissout d'autres sels, et certaines matières organiques (gomme), et du moment où le suc renferme les proportions nécessaires d'acide et de pepsine, la digestion des albuminoïdes se fait correctement : si l'acide était en excès, il y aurait dyspepsie ; il y aurait encore dyspepsie s'il était en défaut. Il y aurait aussi des troubles si, par exemple, la bile pouvait refluer dans l'estomac -.C'est ce qui arrive parfois. mais alors la bile en précipitant les peptones et neutralisant l'effet détermine l'arrêt de la digestion, et souvent des vomissements. Les vomissements fécaloïdes démontrent surabondamment la possibilité du reflux des matières intestinales dans l'estomac. La différence principale, in vivo, consiste en ce que la digestion peut se poursuivre d'une façon continue, en raison de l'absorption constante par les parois de l'estomac, ou celles de l'intestin (après évacuation des produits dissous dans cette partie) des peptones produites ainsi que des autres produits solubles : de la sorte, la pepsine peut continuer à agir sur les matières non encore attaquées. La présence des graisses, mises en liberté par la désagrégation et la liquéfaction des albuminoïdes, ne gène en rien la digestion ; on les retrouve intactes dans le chyme (ou bouillie stomacale) mélangées aux peptones, aux albumines non encore digérées, aux féculents plus ou moins entamés par la

' Abelous {Soc. Biol.. 1889) a étudié 16 espèces de microbes dans l'estomac humain : 3 peptonifient, et 13 coagulent le lait : 5 dissolvent complètement et -ï dissohent en partie lalliumine ; 4 dissolvent la fibrine ; 2 le gluten : 8 transforment le lactose: 3 intervertissent le sucre de canne; 6 transforment le glycose en alcool ; 5 saccharifient l'amidon : d'autres jouissent de 1 une ou l'autre — ou de plusieurs — de ces propriétés à un moindre degré.

' Ces troubles étaient fort nets chez un sujet qui fut examiné en juillet 1S92 au laboratoire de M. C. Richet.

salive, aux tissus restés intacts, comme le tissu élastique, les

tendons, etc.

Pendant la digestion naturelle, l'estomac demeure clos aux deux extrémités : seul le pylore s'ouvre de temps à autre pour livrer passage à du liquide stomacal. Les aliments faciles à digérer passent donc rapidement ; les aliments indigestes restent plus longtemps, parfois assez longtemps pour fatiguer l'organe. Gela dépend donc de la nature des aliments et de l'espèce considérée ^

On remarquera cependant que les observations directes sur le sujet Marcelin ont montré à G. Richet que les aliments passent en bloc, en une fois, tous ensemble, dans l'intestin. Ghez le chien, toutefois, on voit nettement que l'estomac s'ouvre de temps à autre pour laisser passer le liquide ; tant qu'un aliment reste dur, il ne peut franchir le pylore. Tels aliments restent un quart d'heure, tels autres deux, trois, quatre ou cinq heures dans l'estomac. La durée du séjour ne saurait toutefois donner d'indications sur la digestibUitè des aliments : tels étant digérés par l'estomac, et lels autres dans les intestins.

II convient de faire remaix^ner que l'action chimique du suc gastrique sur les aliments est iacililée par les mouvements dont Testomac est le siège, principalement durant la digestion.

Les mouvements normaux sont peu considérables, et la force n'en est pas grande, bien qu'elle ait été évaluée à 12,000, à 117,000 et à plus de 200,000 livres par différents auteurs d'après Haller qui attribuait à cet organe une action d'attrition alimentaire. Chez un chien à fistule gastrique oni^eut constater qu'ils sont très faibles. Ces mouvements ont pour rôle de mélanger les aliments, de ne point les laisser en un même contact incessant les uns avec les autres, ce qui rendrait Faction du suc gastrique très difficile; ils stimulent, sans doute, par Texcitation mécanique résultant du contact plus fort avec les éléments, la sécrétion gastrique. Ce sont des mouvements lents, se pi'opageant du cardia au pylore

^ Sal\ ioli a montré que l'exercice hâte le passage des aliments (digérés ou non) de lestoinac dans riulcstiu, par exagération des contractions musculaires de l'estomac.

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