MOUVEMENTS DE L ESTOMAC
à intervalles assez réguliers, séparés i)ar un tcnii)s de repos. La production doit en être attribuée à la tuni(iue musculaire de l'organe. D'aiirès Kiiss et Duval, la cravate de Suisse, en se contractant durant la digestion, diviserait rcstoniac en une portion supérieure par où les liquides passeraient directement sans s'arrêter (chez un lionnne atteint de fistule de l'intestin grêle, Teau ingerce parut à l'orifice de la fistule une demi-minute après l'ingestion, et Coleman a vu, chez un cheval, l'eau ai»})araîtrc au ctecum au bout de six minutes), et une portion intérieure occui)ée i)ar les éléments solides en voie de digestion. Ceci est cependant assez problématique malgré les observations de Larcher et deLaborde,etonne voitguôreoù les fibres musculaires prendraient leur point d'apjiui fixe dans cette contraction. Les mouvements de l'estomac sont lents, doux, ainsi qu'on le peut i)résumerpar la nature des fibres musculaires qui agissent, et par la rareté des lésions gastriques dans les cas ou un corps dur et piquant a été ingéré. Ils sont probablement rythmiques, et le contact même des aliments doit en constituer le principal stimulant. Sur ce point, du reste, la physiologie comparée nous fournit des données intéressantes. Dans des expériences faites sur la contractilité du jabot chez les céphalopodes (de Varigny}, le jabot vide, in situ, ne se contracte guère, mais dès que l'on y introduit un corps étranger, de l'eau de mer par exenqile, il y a des contractions amples, nombreuses et assez bien rythmées.
Leur importance est d'ailleurs bien démontrée par les effets fâcheux de la dilalation de Vestomac, où il y a atonie marquée des fibres musculaires de cet organe. Les mouvements rythmiques de l'estomac seraient sous la dépendance d'un ganglion situé dans sa paroi; l'action du pylore et du cardia, est sans doute aussi sous la dépendance d'un mécanisme réflexe du même genre. En tout cas l'excitation du pneumogastrique (bout périphérique) provoque les mouvements stomacaux, et la section de ce nerf les paralyse ; l'excitation du sympathique et du plexus cœliaque provoque chez les batraciens un mouvement en bloc, très prononcé, de l'estomac.
La musculature de l'estomac joue parfois un rôle physiologique considérable. Chez les crustacés, cet organe est riche en muscles puissants destinés à l)royer les aliments; leur action est renforcée par la présence de plaques et pièces calcaires jouant le rôle de meules. Chez les oiseaux granivores, — car chez les carnivores ou frugivores cela n'est point nécessaire, — une partie de l'estomac, la portion pylorique, s'isole et acquiert une armature musculaire puissante. C'est le gésier. Cet organe remplace les dents, et, par ses contractions vigoureuses que vient rendre plus efficaces encore la présence de petits cailloux avalés avec les graines, il écrase, il broyé celles-ci, et permet aux sucs digestifs de bien imprégner la
niasse concassée. Chez les oiseaux granivores, le rôle musculaire de restomac est évidemment considérable : chez le dindon, le gésier pourrait développer une force denviron 40 kilogrammes. Du reste, il suffit de comparer l'épaisseur de la couche musculaire chez un dindon, un rapace quelconque, et un mammifère Carnivore pour voir que celle-ci est en raison directe de sa nécessité et du genre d'alimentation. Chez les mammifères, chez Thomme, la couche musculaire n"a qu'une action restreinte; elle ne sert qu'à bien mélanger la masse alimentaire avec les sucs digestifs, mais ce rôle est assez important pour que nous soyons assurés de l'existence des mouvements de l'estomae.
La rumination constitue une variété particulière de la motilité gastrique. C'est un phénomène souvent volontaire, qui n'a rien de morbide, et qui a pour but de permettre aux aliments insuffisamment mâchés de revenir à la bouche pour subir un broiement complet. La rumination, que les anciens ont cru pouvoir attribuer à beaucoup d'animaux (plusieurs insectes, crustacés, mollusques, poissons, etc.), n'existe en réalité que chez les herbivores polygastriques et quelquefois chez l'homme. Le mérycisme (c'est ainsi qu'on désigne la rumination chez l'homme) n'est pas fréquente, mais on en connaît d'assez nombreux exemples, et, chose singulière, la plupart des personnes présentant cette particularité y prennent du plaisir, trouvant aux aliments ainsi régurgités après digestion partielle un goût très agréable.
Le vomissement représente, semble-t-il, l'expression la plus vive des manifestations motrices de l'estomac. C'est un phénomène plutôt jiathologique que physiologique, mais dont la production a im intérêt considérable pour le physiologiste . Le vomissement comprend deux stades : stade de nausée et stade d'expulsion. Les théories émises sur la production du vomissement ont été très variées et très opposées : les uns l'expliquent par des contractions gastriques (les anciens, W'epfer, Perrault, Haller, etc.); les autres le considérant comme due à l'action de la presse abdominale (Bayle, 1681, Chirac, 1700, Schwartz vers 1750, Magendie, 1813). Ce dernier physiologi-te basait son opinion sur l'expérience suivante : Ayant réséqué l'estomac au-dessus du cardia et au niveau du pylore, il le remplace par une vessie inerte qu'il met en communication avec l'œsophage et l'intestin, et referme l'abdomen. Une injection d'émétique provoque des vomissements, lesquels n'ont pas lieu si l'estomac (véritable ou artificiel) est laissé au dehors de la cavité abdominale, comme l'avaient vu Schwartz et d'autres encore. D'où la conclusion que le seul agent actif dans le vomissement, c'est la pi'esse abdominale (diaphragme et muscles des parois abdominales). Mais on remarquera que l'expérience de Magendie ne