RUMINATION. VOMISSEMENT. MAL DE MER
donne le résultat sus-énoncé ([u'îi la condition de la résection du cardia avec le reste de l'estomac. Si le cardia reste en place, la presse abdominale ne peut produire de vomissements. En réalité, le vomissem<Mit exige deux conditions. 11 y l'aut imc dilatation du cardia, phénomène actif dû à la contraction des dilatateurs du sphincter; il y faut ensuite l'action delà presse abdominale. A l;i rigueur, les mouvements propres de l'estomac pourraient peut-être sullire à produire le vomissement, mais celui-ci est impossible tant que le cardia n'est pas dilaté, comme l'a montré Schifl". Cet expérimentateur, ayant écrasé les dilatateurs du cardia sur des chiens, a vu que cette opération les met dans l'impossibilité de vomir, malgré l'injection d'cmétique et des efforts de vomissement dus à l'influence réflexe du médicament nauséeux sur la presse abdominale et, d'autre part, il a pu constater avec exactitude l'existence de la dilatation du cardia avant le vomissement normal. En somme donc, cet acte comprend deux stades : le stade de dilatation du cardia que l'estomac seul peut produire ; le stade d'expulsion des aliments qui est principalement, sinon exclusivement, dû à l'action de la presse abdominale. Le vomissement fait défaut quand l'un de ces deux facteurs manque, et la cause de la grande difficulté que le cheval rencontre à vomir se trouve dans la résistance qu'offre le cardia à la dilatation fBertin, Flourens, Colin, etc.) et non dans l'action d'une valvule semi-lunaire qui n'existe pas. Chez cet animal, le cardia représente en eff'et un spliincter des plus puissants.
Le vomissement reconnaît tantôt une origine centrale, tantôt, et le plus souvent, une origine réflexe. Comme exemple de vomissements de la première catégorie, nous citerons ceux qui ont lieu npi'ès injection intra-veineuse d'émétique (Magendie ou d'ipéca, et qui doivent s'expliquer par l'action du médicament sur un centre nerveux bulbaire ; nous rappellerons encore ceux qui se produisent après injection abondante d'eau dans le système circulatoire. Là encore, il doit y avoir une excitation centrale en cause. Les émotions, la vue ou le souvenir de certains faits peuvent fort bien provoquer le vomissement : la vue d'une personne qui vomit agit dans ce sens {réflexe psychique). Il se produit comme réflexe, par irritation de l'estomac (dans l'indigestion, dans l'empoisonnement par certains vomitifs, le sulfate de cuivre, la moutarde, etc., et sous l'influence d'excitations de l'estomac, de l'intestin, hernie, péritonite, etc.), de l'oreille, de l'œil, etc. ; par excitation du glossopharyngien, par la distension croissante de l'utérus dans la grossesse. Les agents qui réduisent le pouvoir réflexe (KBr, chloroforme, chloral) diminuent aussi les vomissements.
Le mal de mer est-il d'origine centrale ou réflexe? Sur ce point,
raccord est loin d'être fait. On a parlé de déplacement des viscères abdominaux, de l'influence d'excitations visuelles, etc. Il faut accorder plus d'importance aux oscillations du liquide céphalorachidien et du liquide contenu dans les canaux seini-circulaires, et surtout aux troubles de la circulation biûbaire. L'efficacité — très variable d'ailleurs — des différents remèdes proposés contre ce genre de vomissements ne donne que des indications contradictoires. On sait qu'un bon moyen — bon relativement : il n'agit pas chez tout le monde — consiste en apxjlications de sacs d'eau glacée sur le trajet de la moelle ; chez d'autres l'alcool est utile, etc.
Le vomissement ne s'eû>ctue pas chez tous avec la même facilité. Il est des personnes qui ne peuvent pas vomir, et chez ces personnes, surtout si elles sont âgées, il faut éviter l'emploi des vomitifs : les efforts pouvant provoquer des hémorragies graves ou mortelles par les artères athéromateuses. Le vomissement est généralement plus facile chez les enfants que chez les adultes. Il est à remarquer que plusieurs vomitifs, l'ipécacuanha par exemple, sont composés de substances exerçant une action différente. L'une est nauséeuse et agit sur le glosso -pharyngien et les olfactifs par exemple, c'est leur substance odorante : elle peut pi^ovoquer le vomissement avant même d'être ingérée, et l'ingestion n'est pas nécessaire ; l'autre, Yéméfine, dans le cas présent, n'agit qu'après introduction dans l'organisme, par son influence sur l'estomac et le cerveau : elle n'a i:)as du tout besoin du concours de la substance nauséeuse.
Le réflexe du vomissement a donc des points de départ très variés : le centre se trouve évidemment dans le bulbe.
Pour en Unir avec la digestion stomacale, nous signalerons deux points encore : l'un, c'est la présence de différents gaz dans l'estomac. Les uns ont été absorbés avec les aliments ; d'autres résultent de la décomposition des aliments ou de certains sels (décomposition de carbonates par l'acide chlorhydrique), d'autres encore sont exhalés par les parois stomacales (CO^) en raison de leur respiration ; enfin il en est qui résultent de fermentations ; parmi ceux-ci, certains sont inllammables. Quelques sujets ont observé que leurs éructations prennent feu si une lumière est proche, parfois en produisant une petite explosion. Dans un cas où ces gaz furent analysés on trouva une forte proportion d'hydrogène