GAZ DE L ESTOMAC. ABSORPTION
(32 p. 100 contre 26 de CO^ et 33 d'azote). Normalement COct Az sont prédominants.
Le second point est la possibilité d'extirper l'estomac sans nuire à la santé générale. Cette opération hardie a été pratiquée par Czerny sur le chien, avec un plein succès : l'animal a vécu cinq ans, jusqu'au moment où Ludwig voulut voir, en 1882, où en étaient les choses : on sacrifia le chien (à qui Ton avait|réséqué l'estomac en affrontant le cardia au pylore), et on le trouva sans estomac, ou ne présentant du moins qu'une petite poche développée aux dépens d'un fragment de paroi gastrique, et n'ayant sans doute qu'une médiocre importance fonctionnelle. L'expérience serait à refaire pour montrer que réellement l'estomac n'est, chez le chien du moins, qu'un appareil de luxe.
On remarquera qu'au cours de la digestion stomacale, une partie des produits digérés doit déjà être absorbée par les parois de l'estomac. Bouley avait nie l'absorption stomacale en se fondant <ur le fait que le cheval n'est pas empoisonne par une dose considérable de strychnine ingérée })er os, si le pylore est Hc : mais Scliift" a montre qu'en réalité il y a absorption, mais absorption très lente, de sorte que par l'élimination urinaire, Taccumulation du poison serait impossible. En eli'et, si on enlève la ligature du pylore au Ijout d'un temps donné (assez long), il n'y a pas empoisonnement : la strychnine a été absoi'bée lentement et éliminée à mesure. 11 semble donc impossible de douter du rôle absorbant de l'estomac.
Et maintenant, poursuivons l'étude de la digestion, au delà de l'estomac.
Le chyme, avons-nous dit, est expulsé, en bloc selon les uns qui l'ont vu chez l'homme (G. Richet), en détail, et par poussées successives, au fur et à mesure de la liquéfaction, selon les autres qui ont observé le chien, à travers le pylore vers l'intestin. D'après les observations de Magendie, c'est durant l'expiration que le pylore se relâcherait, car il tend au contraire à se resserrer durant l'inspiration. En tout cas^ il faut admettre que ce contact avec un liquide détermine
par voie réflexe le relâchement du sphincter pyloriqiie, et le chyme se trouve déversé dans le duodénum, A chaque passage dans ce dernier, le chyme détermine une excrétion plus vive du suc pancréatique et de bile qui se mélangent avec lui pour continuer l'œuvre de la digestion. Considérons l'influence de ces deux produits en même temps que leur composition et leur mode de production.
Suc et digestion pancréatiques. — Le suc pancréatique, étudié avec un soin particulier par Cl. Bernard (1846), est d'une importance considérable pour la fonction digestive. Pendant longtemps l'étude en a été négligée : l'analogie de la structure du pancréas et des glandes salivaires avait fait considérer le suc pancréatique comme une salive (d'où le nom de glande salivaire abdominale attribué à cet organe), et on avait jugé inutile de plus approfondir la question.
Situé dans l'anse duodénale, près de la rate avec laquelle il a des rapportsphysiologiques encore obscurs, mais fort curieux, le pancréas envoie par deux canaux (le principal porte le nom de Wirsung, l'anatomiste qui le décrivit) s'abouchant dans l'intestin au voisinage immédiat du canal cholédoque, le produit de sa sécrétion.
C'est une glande en grappe, dont les lobes et lobules rappellent ceux des glandes salivaires, bien qu'ils soient moins pressés les uns contre les autres, possédant comme éléments sécréteurs des acini dont les cellules, en couche unique, sont fort granuleuses dans la partie non pariétale. Au conduit principal, dit de Wirsung (1622), et qui va aboutir à l'ampoule de Water (1720) où débouche également le canal cholédoque, se joint souvent un conduit accessoire (dit de Graaf, ou de Santorini) qui communique largement avec le premier, et aboutit également à l'ampoule de Water. Le conduit principal peut exister seul ; il peut être de moindre importance que le conduit accessoire ; à cet égard on observe une grande variabilité, et souvent il existe des petits pan-
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créas accessoires. Notons que chez le lapin, le conduit unique débouche dans rintestin, 20 centimètres encore plus bas que le canal cholédoque, et ce fait a été utile à Cl. Bernard dans l'étude de l'action du suc pancréatique sur les graisses. Chez le lapin encore et les poissons osseux le pancréas est plus diminué et moins cohérent que chez l'homme ou le chien et les poissons cartilagineux. Le rôle physiologique du pancréas peut s'étudier par trois méthodes : méthode des fistules ; procédé des infusions ; ablation ou destruction du pancréas .
Par les fistules on ne peut obtenir de résultats bien précis. Celles-ci sont d'abord très difficiles à pratiquer ; et le suc qui s'en écoule subit très rapidement une modification analogue à celle de la salive paralytique ; ce n'est plus du suc pancréatique vrai, mais un liquide peu actif dont l'étude donnerait une très incomplète et fausse idée de l'utilité et de l'activité de la glande qui l'a sécrété. Cependant, par les fistules temporaires qui ont une durée de quelques jours seulement, et qui disparaissent par cicatrisation de la plaie, et à condition d'opérer sur le suc sécrété au début de l'établissement de celle-ci, on peut étudier d'une façon suffisante les caractères physiques et chimiques du suc pancréatique. On peut obtenir des fistules permanentes, mais on ne sait encore si le suc fourni de la sorte est bien normal, et il semble différer sensiblement de celui que donnent les fistules temporaires. V ablation du pancréas est souvent suivie de mort ; la ligature des conduits semble préférable, ou bien encore la destruction de la glande par une inj<îCtion de graisse et de paraffine . Les infusions de pancréas se feront dans de l'huile ou de la glycérine (après broyage) ou l'acide borique à 5 p. 100 ; on choisira le pancréas d'un animal en pleine digestion. Ou encore on fera une infusion aqueuse qu'on traitera par différentes méthodes qui permettent d'extraire ou bien le ferment diastasique, ou bien la trypsine.
Le suc pancréatique est un liquide incolore, aqueux ,
un peu salé, alcalin^ renfermant plus de matières solides que la salive. Il coagule par la chaleur (non celui du lapin toutefois), et précipite par l'alcool et les acides, etc., mais le précipité alcoolique est soluble dans Teau ; le chlore le colore en roucfe. La quantité sécrétée par jour n'est pas connue d'une façon précise : on l'évalue approximativement entre 100 et 350 grammes par vingt-quatre heures.
Au point de vue de la composition chimique, le suc pancréatique présente comme particularité une abondance de matières organiques. Il renferme 9 p. 100 de substances organiques, et 1 p. 100 de substances minérales. Ces dernières sont des phosphates, du chlorure de sodium surtout, de la chaux, de la magnésie, de la soude: les premières consistent en ferments dont deux, la trypsine (ou pancréatine) et la diasfase ont été isolés, mais on ne connaît guère encore le ferment qui agit sur les graisses. Du reste, il faut ajouter que la pureté des ferments isolés est fort douteuse, il y a encore à perfectionner notablement le mode d'extraction de ceux-ci, et ce qu'on entend par pancréatine, dans le commerce, est un mélange variable de substances diverses et médiocrement pures.
La sécrétion du suc pancréatique est intermittente ; elle ne se fait que durant la digestion, et principalement deux heures après l'ingestion des aliments. Le suc du commencement est toujours plus actif que celui de la fin de la digestion. Il y a évidemment un mécanisme nerveux qui préside à celte sécrétion, mais il est totalement inconnu jusqu'ici.
Le pancréas reçoit de nombreux nerfs, et certains d'entre eux doivent être excito-sécréteurs : d'autre part il y a aussi des nerfs centripètes, stomacaux, qui réagissent sur ceux-ci par quelque centre réflexe encore inconnu, car l'arrivée des aliments dans l'estomac et dans le duodénum détermine une sécrétion pancréatique assez vive, mais en dehors de ces conjectures très vraisemblables, on ne possède aucune donnée certaine. L'excitation de la moelle allongée et du