DIGESTION PANCRÉATIQUE DES ALBUMINES ET FÉCULENTS
recouiui iuactif, est broyé avec une rate d'un autre animal, 1(^ pancréas retrouve aussitôt ses propriétés digestives. Cette expérience variée de plusieurs façons, donne toujours à SchifV et à Herzen les mêmes résultats, et semble indiquer une relation fonctionnelle intime entre la rate et le pancréas. La nature de cette relation reste à élucider.
La digestion i)ancréatique des albuminoïJcs diffère sur plusieurs points de la digestion gastrique. Elle se produit également bien en niibeu neutre, alcalin, ou laiblenient acide, et les albundnoides sont ramollis sans qu'ils se gonflent, bien que les peptones produites semblent identiques à celles du suc gastrique. D'autre pari, ces i)eptones se décomposent, dans Tmtestin même, en les produits cités i)lus haut : tyrosine, leucine, acide asjiartique, glycocoUe. pliénol, indol (selon les aliments ingérés) : ime partie se décom- ])oscrait de la sorte (c'est Vhém'ipeptone de KiUnie), du moins ; une autre resterait inaltérée anlipeptone). On voit i^ar là que le suc i)ancréatique pousse la digestion plus loin que ne le fait le suc gasli'ique, et on remarquera que les peptones diminuent à mesure <prai)})araissent les produits sus-énoncés, ce qui sendjle bien indi- ([uer l'origine réelle de ces derniers. — Du reste, parmi ceux-ci. il eu est qui sont intermédiaires aux peptones et aux produits ultimes ; par exemple, la leucine et la tyrosine. Mais est-ce de la digestion, ou bien un phénomène de putréfaction que cette mise (Ml liberté du noyau aromaticpie des albuminoides ? Est-ce le ferment i)ancréatique qui agit, ou sont-ce les microbes du tube digestif? En tout cas, ces derniers ont un rôle considérable, à cmip sûr, dans la putréfaction <pii se produit.
Cette action sur les albuminoides est due à la trypsine de Kiihne qui, isolée par l'alcool agissant sur la solution glycérinée, se présente sous la forme d'une poudre amorphe plus ou moins blanche, soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool, qui, comme la pepsine, est un ferment soluble, et qui, i^omme elle, agit avec une intensité variable selon la nature (•himique et les conditions physiques du milieu.
Aciion sur les hydrocarbonés. — A cette action sur les albuminoides se joint une action marquée sur les féculents et hydrocarbonés. Cette dernière (Valentin,. 1844) est plus
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intense et plus rapide que celle de la salive tout en lui étant identique. L'amidon cru lui-même, que n'attaque pas la salive, est transformé par le suc pancréatique : celui-ci mérite donc bien le nom de salive abdominale qui lui a été depuis longtemps décerné, et c'est certainement un agent de beaucoup plus important que la salive dans la digestion des hydrates (le carbone, bien qu'il n'agisse pas sur le sucre de canne et l'inuline. Cette action est exercée non plus par la trypsine, mais par une diastase ou amylase très analogue à la ptyaline, mais plus active qu'elle.
Action sur les graisses. — Enfin, le suc pancréatique exerce une action sur les graisses. Il est l'agent principal de Vémulsion des graisses qu'il opère d'une façon complète et permanente, à la différence de la bile. Le point de départ de cette découverte a été le fait remarqué par Cl. Bernard, que les chylifères ne sont blancs (graisseux) chez un lapin sacrifié durant la digestion, que dans la portion située audessous du point où débouche le canal pancréatique. Le suc pancréatique décompose encore les graisses neutres en acides gras et en glycérine, et quand il manque, la digestion des graisses est profondément troublée. Cette action sur les graisses est due à un troisième ferment, la saponase, qu'on devine, mais qu'on n'a pas pu isoler jusqu'ici.
Il résulte de ceci que le suc pancréatique est un suc digestif complet : c'est le seul qui agisse sur les trois catégories d'aliments, et c'est celui qui agit avec le plus de puissance^. Son importance digestive est donc bien autrement importante qu'on ne l'avait cru avant les recherches de Cl. liernard, Valentin et Bouchardat. Ainsi le suc pancréatique est le seul suc digestif qui dédouble les graisses. On apprécie aisément ce phénomène en étudiant au papier de tournesol
■ Le suc pancréatii|ue rcuferraerait curorc une sorte de pepsine : la chyinosinc »|ui coagule le lait (Koberts) et un ferment ijhjcoUjtique qui détruirait le sucre (tans le saug (Lôpinc).