DIGESTION PANCRÉATIQUE DKS GRAISSES
la réaction d'une cmulsion de graisse dans du suc pancréatique. Ce liquide prend une réaction acide duc à la mise en liberté d'acides gras. Ce n'est pas à dire que le suc pancréatique soit le seul suc qui digère les graisses. La bile les digère bien un peu, mais le suc pancréatique est certainement l'agent le plus actif : en son absence (oblitération du canal de Wirsung), les selles sont graisseuses, seul il produit une émulsion durable, seul il produit un dédoublement des corps gras * .
Nous aurons à parler plus loin du sort des trijptones (peptones pancréatiques) et autres produits de la digestion pancréatique (leucine, tyrosine, etc.) : pour le moment il nous faut achever l'étude des sucs digestifs, et nous passerons à la bile.
Appareil et suc biliaires. — A l'état complet, l'appareil biliaire présente à considérer plusieurs parties qui sont : les conduits biliaires^ contenus dans l'épaisseur du foie, le canal
' D'après Hédon et Ville {Soc. Biol., 1892), cette opinion sei-ait exagérée : eu l'absence totale de bile et de suc pancréali([ue il se ferait encore un « dédoublement très important » des graisses. Résulte-t-il de l'action de microbes ou de celle du suc entérique ?
A propos du pancréas il convient de signaler les faits récemment mis eu lumière par MM. Lancei'eaux et Thiroloix. Ils ont vu que l'extirpation totale du pancréas chez le chien amène constamment un diabète sucré à évolution plus ou moins rapide [i8 à 120 jours). Toutefois, comme la destruction de la glande pancréatique sur place, par des injections de matière inerte, n'amène jamais ni glycosurie ni trouble important de dénutrition, tandis que la section du pancréas sain ou atrophié provoque une glycosurie passagère, M. Thiroloix en avait conclu que le traumatisme nerveux qui accompagne lablalion de la glande est la condition générique du diabète sucré.
Mais des nou\ elles expériences prouvent d'une façon positive qu'un certain diabète résulte de l'extirpation totale du pancréas, puisqu'il suftit d'une portion de cette glande ectopiée ou greffée pour éviter cette grave et terrible maladie , et d'autre part l'ablation des greffes produisant à tout coup le diabète sucré chez les chiens dépancréatés, il faut bien admettre que c'est, non par une influence nerveuse, mais par défaut d'une^^sécrétion interne, qu'est causée l'affection. C'est une nouvelle fonction de la glande pancréatique qui vient appuyer les recherdies de M. Brown-Séquard sur l'action des sucs glandulaires.
Quant à la nature de cette sécrétion, quant à savoir s'il s'agit d'un ferment, comme le pense M. Lépine, c'est ce qu'il reste à détermiaer exactement.
yt) LA DIGESTION
hépatique où aboutissent tous ces conduits auxquels il prend la bile pour la mener par le canal cystique à la vésicule biliaire, d'où le canal cholédoque la conduit dans l'intestin. Mais le canal cholédoque ne donne pas directement dans la vésicule biliaire ; il débouche dans le canal cystique, de sorte que la bile ne passe pas nécessairement dans la vésicule : elle ne s'y rend que dans le cas où la sécrétion l'emporte sur l'excrétion.
Les éléments ultimes des conduits biliaires sont les capillaires qui entourent les cellules hépatiques. Ces capillaires rampent entre les cellules hépatiques qu'ils entourent d'un réseau serré : ils n'ont qu'un ou deux millièmes de millimètre de diamètre. C'est là l'origine des conduits biliaires, ce sont les capillaires qui se réunissent pour former autour des lobules les canaux interlobulaires, à épithélium cubique, lesquels se réunissent pour former ensuite des conduits à paroi assez épaisse, munis de glandes, et ces conduits, en se réunissant, finissent par former le canal hépatique. Les recherches de Chrzonczewsky, Fleischl. et surtout de Legros, font admettre par beaucoup d'histologistes l'existence d'une membrane propre pour les capillaires biliaires, membrane très mince, du reste. Divers faits confirment cette manière devoir : c'est ainsi que Wyss a pu montrer, dans des cas de rétention i)iliaire, de petits calculs rameux, formés de biliverdine, véritables moules internes des capillaires, et indiquant bien qu'ils ont dû se former dans un espace clos, délimité par des ] arois propres. Les capillaires biliaires n'entrent nulle part en relations avec les capillaires sanguins dont ils restent toujours séparés par du protoplasma.
D'après les intéressantes recherches de M, Sabourin, on doit concevoir les canalicules biliaires comme se terminant « en un tube épithélial contourné et anastomosé, dont les sinuosités et les anastomoses laissent entre elles des mailles ijui contiennent les capillaires sanguins du lobule ». La glande biliaire serait donc une glande à acini. « A la base de Tacinus,