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ROLE DIGESTIF DE LA BILE

D'après Voit, la suppression de la bile lait qu'il n'est résorbé que 40 p. 100 de graisse au lieu de 99 p. 100. Ce fait a été confirmé par Rohmann. G. -II. Williams et Wislinghausen pensent que la présence de la bile favorise l'acte mécanique du passage des corps gras dans les pores ou canaux capillaires, surtout si elle est alcaline. La bile, pour bien digérer les matières grasses, a besoin d'être mélangée de suc pancréatique. Il en résulte que la bile a une influence directe moindre que ne l'ont supposé Voit et d'autres physiologistes, mais demeure nécessaire à la digestion des graisses.

L'étude des animaux chez lesquels on a pratiqué une fistule biliaire permettant l'écoulement hors de l'organisme^ et immédiat, de la bile, a montré que la bile exerce d'autres actions que celle dont il vient d'être parlé, et ce sont les plus importantes à coup sûr. C'est ainsi que la bile favorise le péristaltisme intestinal en excitant la contraction des fibres lisses ; en effet, en injectant une certaine quantité de bile l'on provoque de la diarrhée et des vomissements dus à cette contraction des fibres gastriques et intestinales. La bile exercerait encore une action antiseptique (si le milieu est acide, Gley). Les animaux, pourvus de fistule biliaire, non seulement maigrissent et dépérissent (ce qui est dû à la nondigestion des matières grasses, Bidder et Schmidt, 1852, et aussi à la perte de matières qui normalement sont résorbées dans l'intestin) mais leurs excréments présentent une odeur particulièrement repoussante, ce que Maly et beaucoup d'autres ont attribué à l'absence de la désinfection qui serait normalement opérée par la bile. L'accord n'est cependant pas fait sur ce point. Rohmann ne croit guère à cette action antiseptique ou antiputride, non plus que Voit et Stolnikoff, et de ses expériences il se refuse à conclure que la bile empêche la fermentation ; pour lui, elle la retarde un peu, et ce qui fait que la fermentation est plus intense en l'absence de la bile, c'est que celle-ci opérerait normalement la résorption des matières qui produisent cette fermentation.

Bufalini, lui aussi, s'élève contre l'attribulion d'un rôle antiputride à la bile. Mais chose singulière, si, d'après ses expériences, la bile est aisément putrescible, plusieurs de ses éléments jouissent d'un pouvoir antiseptique marqué (acides glycocholique, taurocholique, et cholalique, ce dernier surtout). Il serait donc légitime de conclure que la bile normale, complète, n'est point antiputride, mais qu'elle exerce une action antiseptique, une lois décomposée, par certains des produits de sa décomposition, laquelle s'effectue d'ailleurs à l'état normal dans l'intestin où l'on retrouve entre autres l'acid-e cholalique.

Peut-être sert-elle encore à amener après la digestion, la chute de Tépithélium intestinal qui serait devenu impropre à la digestion (Kùss) ; enfin, elle sert par son alcalinité à neutraliser le chyme rendu acide par le suc gastrique. Mais, à tout prendre, tout ceci ne fait pas du foie, au point de vue de la digestion intestinale, un organe bien important, et la bile est bien loin, comme importance physiologique, du suc pancréatique. Aussi est-il logique de penser que le foie, cet organe si volumineux entre ceux qui sont annexés au tube digestif, dont le poids équivaut aux deux centièmes du poids du corps, joue un rôle autrement important dans la chimie de la nutrition que ne l'indiquent les propriétés de la bile. Nous verrons plus loin, d'ailleurs, la grande importance du foie en tant qu'organe glycogénique ; mais nous ne savons encore s'il ne remplit point d'autres fonctions aussi.

Quoi qu'il en soit, pour en finir avec le foie biliaire, il nous reste quelques faits à noter en passant.

Nous avons vu que, depuis les recherches de Schwann, (1843), il est assez aisé de pratiquer des fistules biliaires, et on a cherché, par cette opération, à se rendre compte de l'utilité de la bile. On a vu, de la sorte, que les animaux dont la bile est évacuée au dehors sans passer par l'intestin continuent, naturellement, à digérer les albuminoïdes et les hydrates de carbone, de façon normale. Par contre, l'absorp-

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