DIGESTION INTESTINALE. PURGATIFS
ditrérer les albuminoïdes, de saccharilior ramidon, et mùme d'ômulsionner les graisses, et que de nombreux auteurs lui aient atlrii)ué l'une ou l'autre de ces actions.
C'est une chose singulière de voir à quel point l'organisme a été richement doué })Our la digestion des hydrates de carbone : le principal efl'ort de cette fonction semble porter sur cette catégorie d'aliments, même chez les animaux qui, comme les poissons, ne doivent en absorber qu'une très laible proportion. Les poissons se nourrissent de matières animales surtout, et pourtant leur suc entérique est un puissant saccharifiant. Le rôle mécanique du suc entérique est au moins aussi important que son rôle chimique. Il dilue le chyme, en fait une bouillie plus liquide encore, ce qui facilite l'absorption.
Dans certains cas, quand les mouvements de l'intestin sont rapides, il semblerait que le passage delà bouillie fût trop accélérée pour que Tabsoi'ption des parties liquides se fit, et c'est ainsi que certains auteurs expliquent la diarrhée. Une autre théorie Tattiùbue — comme aussi Teft'et des purgatifs — à une hypersécrétion de .suc entérique. Il paraît établi que certains de ces derniersdéterminent une sécrétion considérable, une transsudation exceptionnelle, tantôt directe, par osmose (Dutrochet, 1828), les jjurgatifs salins sulfate de soude ou de magnésie) absorbant Teau du sang, ou déterminant une irritation intestinale (Yulpian), tantôt indirecte, en passant dans le sang, et, lors de leur passage par les glandes de Lieberkiihn, excitant celles-ci, ou bien par action nerveuse réflexe sur ces glandes. D'après Hay, les purgatifs salins stimulent la sécrétion en même temps qu'ils ralentissent l'absorption : de là accumulation de liquide qui exciterait les contractions intestinales; ils agissent d'autant plus que l'organisme a plus absorbé de liquides auparavant. Il y a cependant des purgatifs qui agissent en exagérant le péristaltisme : ce serait le cas des huiles purgatives et de différentes substances végétales.
Par les nombreux microbes qu'il renferme, le suc intestinal reçoit certainement un adjuvant physiologique important. Ils contribuent à la digestion en sécrétant des sucs qui agissent sur les aliments. Il est certain qu'ils produisent un
SUC saccharifiant ramidon, et peut-être en fournissent-fls d'autres encore qui peuvent rendre de grands services à la digestion. Chez les herbivores, où ils se trouvent aussi en nombre énorme, ils contribuent à la digestion, et le Bacillus amylobacter contribue beaucoup à la digestion de la cellulose^ si abondante dans les aliments herbacés et sur laquelle les sucs digestifs ont si peu d'action.
La sécrétion du suc intestinal est très nettement sous la dépendance du système nerveux qui agit sur la quantité comme sur la qualité de celui-ci. Tout candidat et tout soldat connaît l'émotion de Fexamen, du concours, ou de la bataille ; tous deux connaissent, plus ou moins d'ailleurs, l'influence que ces émotions produisent sur leur intestin, comme sur leur vessie. L'émotion agit comme la section des nerfs de l'intestin. Le suc ainsi produit et dont l'abondance constitue le flux diarrhéique n'est pas un suc digestif, pas plus que la salive ou le suc pancréatique paralytiques, pas plus que le suc entérique de l'intestin énervé. C'est un liquide très aqueux, pauvre en ferment et en matières extrac tives.
On n'est point encore d'accord sur la question de savoir s'il y a dans ce cas sécrétion véritable, ou transsudation séreuse du plasma du sang hors des capillaires qui sont en état de dilatation marquée. L'énervation, ou section des nerfs qui se rendent à une partie quelconque de l'intestin, comme A. Moreau l'a le premier pratiquée, détermine en tout cas la production d'un liquide abondant mais très peu digestif (suc paralytique). Le pneumogastrique semble n'exercer aucune influence sur ces phénomènes, mais l'extirpation du ganglion solaire du plexus cœliaque agit comme l'énervation. C'est donc le sympathique qui agirait sur la sécrétion intestinale, mais son mode d'action est encore inconnu.
Fonctions motrices. — La progression des aliments depuis