MOUVEMENTS DE L INTESTIN
mcnts dans le gros inlestin, d'où il leur est très difficile, mais non impossible, de refluer dans l'intestin grêle, à cause de la valvule iléo-cœcale. Mais ceci se fait lentement, les replis de l'intestin étant évidemment autant d'obstacles à une progression rapide. Les aliments sont agités, comprimés, brassés, mis en contact avec une surface absorbante considérable et très active ; aussi deviennent-ils de plus en plus pauvres en liquides et plus durs. Finalement ils arrivent dans la portion terminale du gros intestin, et s'accumulent dans le rectum et l'S iliaque, où les maintiennent les sphincters de l'anus.
Ils ne maintiennent les matières fécales, car nous ne pouvons plus les considérer comme des aliments, que pour un temps. A mesure que celles-ci s'accumulent, elJes pressent sur le sphincter, qui joue en quelque sorte le rôle d'un diaphragme, leur présence agit comme un incitant, et détermine .des contractions plus fortes et plus nombreuses de l'intestin. On peut résister quelque temps au besoin de la défécation. grâce au sphincter strié, soumis à la volonté, qui vient en aide au sphincter lisse, prêt à céder, et enfin, quand l'organisme cède au besoin, il aide à l'expulsion par des efforts, par des contractions des muscles abdominaux que facilite encore une inspiration profonde avec fermeture de la glotte, et compression des viscères par le diaphragme. Mais ces efforts ne sont pas toujours nécessaires : les contractions des fibres longitudinales de celui-ci, qui dilatent l'anus, et du rectum peuvent suffire, aidées de la contraction'du muscle releveur de l'anus qui fait en quelque sorte glisser les parois de l'anus sur la masse fécale en venant au-devant d'elle.
Ici encore, le système nerveux joue un rôle considérable. Les contractions du rectum et de l'anus — ces dernières parfois très douloureuses, si on a résisté longtemps au besoin — sont sous sa dépendance ; elles sont réflexes, les nerfs sensitifs du rectum venant agir sur le centre ano-spinal de Budge et Masius dans la moelle. lombaire. D'ailleurs les sen-
salions ayant leur origine dans le rectum ne sont pas les seules qui amènent les contractions de celui-ci : celles qui déterminent d'une façon ou d'une autre l'excitation de la moelle (asphyxie, etc.) ont leur contre-coup sur le rectum. Le sphincter anal semble présenter des alternatives de contraction et de relâchement : du moins on les observe quand un corps étranger est introduit dans l'anus. Mais existentelles à l'état normal? A défaut de celles-ci, toutefois, car on n'est point encore bien assuré de ce point, le sphincter présente une certaine tonicité permanente
Fonctions d'absorption . — C'est une notion banale assurément que celle des fonctions d'absorption de l'intestin, et surtout de Fintestin grêle.
Bien que certaines substances solubles commencent réellement à être absorbées dès leur introduction dans le tube digestif, c'est-à-dire dans la bouche et l'estomac, la proportion des matériaux ainsi incorporés dans l'organisme est très faible. C'est l'intestin qui représente en somme le lieu d'élection de l'absorption digestive et, d'après Launois et Lépine, celle-ci se fait surtout dans les parties supérieures de cet organe (1888). Pourtant l'estomac absorbe avec une certaine activité. Colin a vu que la strychnine tue un chien presque aussi rapidement quand elle ne peut sortir de l'estomac, que dans le cas où elle a la facilité de gagner l'intestin. Il en est de même pour le lapin ^ le porc, le chat. Mais il n'en va pas ainsi pour le cheval, comme l'ont montré Bouley et Colin. Chez cet animal, et chez les solipèdes en général, l'estomac absorbe très peu : l'expérience précédente montre que la strychnine ne les tue pas tant qu'elle reste dans l'estomac : dès qu'elle peut passer dans l'intestin, l'empoisonnement se produit. Ce fait s'explique par la différence de la conformation anatomique de l'estomac du cheval. L'absorption stomacale donc assez prononcée chez les carnivores, elle est très faible chez les
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solipèdes. Mais, même chez les carnivores, elle est iiisigiiilianle comparée à ce qu'elle est dans l'intestin, organe bien autrement adapté à l'absorption, et dont la superficie active est considérablement accrue par la présence des villosilés et valvules conniventcs.
Nous savons que l'absorption consiste en un phénomène de diffusion, phénomène purement physique que la circulalion favorise en général, mais ne détermine point, et qu'elle peut aussi contrecarrer dans certaines conditions, en vertu des lois mêmes qui président à la diffusion. Mettez deux liquides différents, susceptibles de se mélanger, en présence l'un de l'autre, mais en interposant entre eux une membrane animale ou végétale, et vous avez ce que Dutrochet appela Tendosmose et l'exosmose, ce que Graham a appelé osmose. Et cette osmose, c'est la diffusion des deux liquides l'un vers l'autre, à travers la membrane, de telle sorte qu'en fin de compte il y ait des deux côtés de celle-ci un même mélange des éléments d'abord séparés ; s'il y avait au début eau pure d'un côté, et de l'autre solution de sel concentrée, il y a à la fin deux solutions également salées. Mais nous savons que les différentes substances traversent très inégalement les membranes : les colloïdes passent en petite quantité ; les cristalloïdes , au contraire, en abondance ; et d'autre part nombre de circonstances favorisent ou entravent l'osmose, aussi bien sur le vivant, que dans les expériences de laboratoire. Ainsi, plus le milieu vers lequel diffuse une substance quelconque est chargé de cette substance, moins il se fait de diffusion. Si le sang est riche en eau ou en graisse, il absorbe fort peu d'eau ou de graisse, et l'état du sang exerce nécessairement une influence marquée sur l'absorption. Mais l'absorption n'est pas seulement soumise aux lois générales de diffusion dont elle est un cas particulier : un élément vient compliquer, ou plutôt altérer le processus : c'est la présence de l'épithélium intestinal qui facilite ou entrave la diffusion, en vertu de sa vie propre. Cet épithélium devient le théâtre
d'opérations très intéressantes dès qu'il se trouve en contact avec des matières absorbables, et dans ce cas seulement. Il se gonfle, s'érige, devient turgescent, par suite du passage (vraisemblable pour toutes les substances absorbables, certain pour les graisses seulement) de ces matières à travers ses parois : de là elles passent aisément dans le sang par simple diffusion. Est-ce à dire que le mécanisme de cette absorption soit chose bien claire ? Loin de là : il sufiit pour s'en rendre compte de voir combien l'on est peu d'accord sur le mécanisme de l'absorption de la graisse, bien que ce soit encore celui sur lequel on possède les données les plus positives. En effet, pour les uns, la graisse s'absorbe à l'état d'émulsion. Mais il n'est pas du tout prouvé que la graisse, si finement divisée qu'elle soit, puisse traverser les cellules épithéliales, quels que soient les moyens (hypothétiques d'ailleurs) que l'on imagine pour faciliter ou rendre possible le passage. Pour d'autres, elle s'absorbe à l'état de savons : les corps gras seraient décomposés en glycérine et en acides gras qui formeraient des savons avec les bases de la bile, ou encore les graisses seraient absorbées à l'état de savons et de glycérine que les villosités reconstitueraient en graisse. On voit qu'en somme le mode d'absorption de la graisse est loin d'être élucidé. Elle passe dans les cellules épithéliales, cela est certain, mais comment , sous quelle forme ? Gruenhagen, Heidenhain et d'autres pensent que les cellules des villosités s'emparent des substances qu'elles absorbent au moyen de sortes de pseudopodes comparables à ceux des amibes, alors que pour Zawarykin {Die Fettresorption^ 1884, Arch. f. d. Ges. Phys.) la graisse est absorbée par des leucocytes qui se logeraient dans les interstices séparant les cellules épithéliales les unes des autres, happeraient au passage les globules de graisse, et s'en iraient vers les vaisseaux lymphatiques, une fois leur provision faite. Renaut adopte des vues analogues avec cette différence toutefois que pour lui les leucocytes ne se borneraient pas à passer entre les cellules épithé-