‹ Nouveaux éléments de physiologieChapitre 54 sur 263 · ACTION BACTÉRICIDE DU SÉRUM 18 J · texte numérisé non relu

ACTION BACTÉRICIDE DU SÉRUM 18 J

acduMlenient '. L'action bactéricido du sérum est encore mal connut', malfrré (juehiui^s tentatives très intéressantes. Faj:j.'ioli (^4?r/<. liai, liio'., 1. X\'Ij a vu que le sérum est fort délétère pour les protistes, i)roto/-oaires, etc., en jrénéral : mais il y a des exceplifius. Chenot et Picq {Soc. liiol.. 1892} ont noté l'action bactéricide du sérum des bovidés sur le virus morveux. Tarnier et Chambi-elent {ibid.) ont vu que la toxicité du sérum humain (10 centimètres cubes de sérum tuent i- kilogi-amme de lapin d'après Ilummo) est accrue dui'ant l'éclampsie. Voir encore Charrin et Roger {ibid., 1890) et Darendjerj,' dbid., 1891) d'après les expériences duquel le sérum de chien dissout les globules de cobaye •Ml deux ou trois minutes, de jiigeon en vingt-cinq ou trente minutes. Il sf^mble que le sérum du lapin bien portant est moins globulicide que celui du lapin amaigri. Le chaulVage à 50-00" C. détruit la propriété globulicide qui, dans le sang abandonné à lui-même, disjjai'ait en dix jours (lapin). Maragliano et Castellino notent que le pouvoir globulicide est plus grand pour le sf'rum d'homme malade que pour celui d'homme sain. (Voir encore llayem, C. Rendus, 1888*.)

L"origine des hématies est encore l'objet de discussions nombreuses. Avant la naissance, avant le moment où l'embryon a acquis son développement, les hématies se forment dans le feuillet moyen du blastoderme en même temps que b'S vaisseaux, par des sortes d'ilôts sanguins, dits de Wolfî., qui se réunissent en un réseau à mailles multiples, les cellules centrales devenant globules rouges, et les cellules périphériques formant les parois des vaisseaux. Pour Ranvier. les îlots seraient précédés de cordons cellulaires pleins, anastomosés en réseau, et les Ilots seraient formés d'hématoblastes qui parleur multiplication donnent des globules rouges. Ces i;!nhules rouges peuvent se multiplier par scission; ils sont

' \uii- Éxpo.rlm-iital Ecohuion pal- ll-ury de Varigny. :\hvMnillau Londres;^ I ^î':!. rli. II et III.

■- Voir eu parliculie? le-, travaux de- J. H.'-i'iL-ourt cl Ch. Ricliet. On trouvera un • Iiomie l)il)liogrdplue géuérale dans Iléricourt : Le séru-n du chien dans la tiihi-rculoae {Arch. (jihié raies dp mikh'ciiip. aM-il 180:2). On rcmaifjueni f(uc- Miiggo. Biichncr et dauLres evalleut l'action bactéricide du sérum aux dépens >\r !a pliagocytose. Voir aussi le tra\ail de Siins Wuodhead déjà cité. D'après (.. d'At)undo, le sérum des fous est moius toxique que celui des sains d'esprit.

pourvus d'un noyau. Il se forme encore des hématies après la naissance aux dépens de cellules dites vaso-formatives (Ranvier), qui se trouvent dans le tissu cellulaire ; mais ce mode n'a qu'une courte durée. (Pour détails voir les traités d'Embryologie et d'Histologie.) Chez l'adulte, il semble bien que les hématies dérivent en partie des globules blancs, et les globulins ou hématoblastes de Hayem seraient formés parles leucocytes, et se transformeraient en hématies. Recklinghausen a recueilli du sang de grenouille à l'abri de germes extérieurs, et a vu ce sang, conservé ainsi pendant plus d'un mois, présenter des globules rouges qui semblaient bien de formation nouvelle ; mais quel est le mécanisme de la transformation ? On ne sait encore, mais il y a des formes de passage entre le leucocyte et l'hématie. Notons en passant que. pour Pouchet, le leucocyte est non le père, mais le frère de l'hématie ; tous deux dériveraient d'un même élémeni qu'il nomme leucocyte primaire, et qui. selon les cas, donnerait naissance soit à des leucocytes, soit à des hématies. En somme donc, les hématies se formeraient (après le stade embryonnaire) aux dépens de leucocytes, de globules rouges à noyau ou cellules de Neumann, de myéloplaxes. d'hématoblastes ; et cette formation aurait lieu partout où se trouvent ces éléments, et principalement dans la moelle des os, le foie, la rate et les glandes vasculaires sanguines. (Voir le chapitre consacré à ces dernières.)

Que deviennent ces hématies une fois formées ? Elles se multiplient : cela est du moins probable, bien que le mécanisme exact de la multiplication prête encore à la discussion ; elles vivent un certain temps, accomplissent les fonctions physiologiques dont nous aurons à parler bientôt, et puis elles meurent. La durée de leur vie est inconnue. On voit bien que, parmi les hématies, il en est de très jeunes et que d'autres sont plus âgées ; les différences de volume, de couleur, de consistance, de composition chimique indiquent bien l'existence de quelque évolution, mais la durée normale

ANATOMIE Di:S IIKMATIES IS.'j

de celle-ci est inconnue. Elles meurent erslin, et leur mort semble s'effectuer le plus souvent au lieu même où elles prirent naissance, dans le foie et la rate. Le foie, en effet, sécrète la bilirubine et celle-ci dérive de l'hémoglobine ; ringeslion d'hémoglobine dans la veine porte est suivie d'une augmentation dans la production de la bilirubine (Naunyn). et la rate renferme beaucoup d'hématies âgées, en voie de désorganisation, souvent englobées par des leucocytes (qui peut-être s'en nourrissent "?) ; elle renferme aussi beaucoup de fer qui proviendrait de cette destruction (Picard). Il meurt évidemment beaucoup de globules rouges chaque jour, et il doit par conséquent s'en former beaucoup ; du reste, on sait combien la réparation sanguine est rapide après les hémorragies.

Et maintenant, examinons les hématies de plus près : voyons ce qu'elles sont, et à quoi elles servent.

Anatomiquement, ce sont des cellules, et dos cellules sans noyau. Elles en ont bien un durant la vie embryonnaire : chez l'homme adulte, elles en manquent absolument, sauf peut-être dans certains cas pathologiques: les hématies des amphibiens possèdent toutefois un noyau. Ces cellules ont une membrane d'enveloppe que d'aucuns croient contractile; cette membrane est-elle une membrane véritable ; une membrane d'enveloppe à double contour, comme le croient beaucoup d'histologistes; ou bien n'est-ce qu'une vaine apparence, due à une sorte de condensation du protoplasma ; nous ne savons. Peut-être cela n'a-t-il d'ailleurs qu'une médiocre importance. Quoi qu'il en soit de cette dispute d'histologistes, l'hématie se présente à nous sous forme d'une masse demi-solide composée d'une charpente poreuse, réticulée, molle, transparente, que Briicke a nommée oi'AoiV/e par opposition au zo'ide, substance contractile, colorée et vivante qui est logée dans les pores de l'oiko'ide. On distingue plus communément l'oko'ide sous le nom de stroma. et la substance liquide, épaisse, colorée, qui l'imprègne

186 SANG ET LYMPUE

SOUS le nom (['hémoglobine. Ces deux parties peuvent être séparées l'une de l'autre, comme nous l'avons dit, par la réfrigération, par l'électricité ; Rollett opère en laissant tomber goutte à goutte du sang dans un milieu froid, puis il chauffe à 20'^ G. et l'hémoglobine se sépare du stroma; on a du sang laqué dont on peut analyser le stroma globulaire, et on constate que celui-ci consiste surtout en glohuline, matière albuminoïde isolée par Denis, en paraglobuline, (^ncholesténne et en /eci7/rme probablement combinée avec une albuminoïde ; on trouve en outre un ferment sacchari fiant l'amidon, un acide organique, de l'eau (60 p. 100), un peu de fer et de cuivre, et des matières minérales (potasse, soude, chaux, magnésie à l'état de sulfates, chlorures et phosphates). La potasse est abondante, d'où l'alcalinité marquée des cendres des hématies. Signalons enfin quelques matières extractives mal connues, pour mémoire, et un peu de nucléine dans les hématies possédant un noyau. Le tableau qui suit, et qui résume la composition chimique de mille parties de globvdes rouges complets, à l'état sec, montre combien dans les hématies considérées in toto, le stroma représente proportionnellement peu de chose (A. Gautier).

Page 1