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HOMME BMIF CHEVAL LAPIN

(rlobuline du sérum. 31.0 41.7 4.'j.G 17.0 ."^^érine et autres albu-

minoïdes i.j.2 33.3 26.8 44.4

Total des albuminoïdes 76.2 7.5.0 72.6 62.2

•-'iij SANG ET LYMPHE

HOMME P.fiF.rF CHEVAL LAPIN'

Lécithine. graisses,

urée, matières ex-

traclives T.t 6. G 5,4 / .r, ^

Sels Miinéraus ... 8. S 8.1 8.U \ '^

Eau . . 907. 0 910.4 914.0 924.8

Coagulation du sang. — Quittons le sérum pour revenir ;mi plasma. >'ous avons dit qu"il renferme tous les éléments <!u sérum, le sérum lui-même pour mieux dire, plus la plasmine de Denis, ou la fibrine qui est un mélange de deux -ubstances, d'après A. Schmidt. le fibrinogène et le fibriiifjplastique. Et, d"après Schmidt encore, la production de la fibrine ou la coagulation du sang est due à ce que ces deux substances juxtaposées, coexistantes dans le sang, viennent à s'unir dans certaines conditions, en particulier -ous l'influence d'un ferment spécial, d'un ferment de la librine. Le plasma renfermerait donc, en sus du sérum, trois substances qui concourent à former la fibrine, à déterminer la coagulation du sang.

Le fîbrinoplastique répond à la fibrine soluble de Denis. Il f'xiste dans le plasma et le sérum et dans la sérosité des épaniliements de la plèvre, du péritoine, etc., d'où le nom A'hijdropisine donné par Gannal qui a, le premier, isolé cette substance. Il est insoluble dans l'eau pure, mais solubie dans l'eau contenant de l'oxygène, de l'air ou de l'acide • arbonique. Le sang n'en renferme que très peu durant la vie.

Le fibrinogène (fibrine concrète de Denis) s'^trait au moven du sulfate de magnésie et du sel marin : le san^ l'st additionné du quart de son volume d'une solution saturée de sulfate de magnésie : la partie liquide, décantée, est additionnée de son volume d'une solution de Na Cl saturée ; le fibrinogène précipite seul. En solution, il se trouble à .^6'^'. Dans certaines conditions, il donne de la fi.brine. A la difÎL-

COAGL'LATION DU SANG 203

ieiic(^ du llbrinoplastique, il oxislc dans le sang vivant en assez grande quantité.

Enfin, le ferment de la fibrine serait un ferment solnble l>i-(»duit comme les deux corps précédents aux dépens des It'ucocytes, — qui jouent ici un rôle considérable, — au moment de la coagulation, dès (|ue le sang est hors des vais- -i^aux on dans certaines autres conditions. Sa production est entravée par le froid (0" C.) par les solutions alcalines,. d"où la coutume d'additionner de sulfate de soude ou d'autres sels alcalins le sang dont on veut empêcher la coagulalion, par la mort foudroyante du sang recueilli directement dans l'alcool absolu par exemple ; elle est favorisée au contraire par le contact avec Fair ou l'oxygène, le contact de corps étrangers, etc. ; on prépare ce ferment en lavant du sérum à l'alcool (lo-20 volumes); en trois ou quatre semaines on a un résidu d'albuminoïdes précipités insolubles <pi"ou fait sécher en une poudre dont il suffit de mettre une l>etite cjuantité dans l'eau pour dissoudre le ferment; cette rau jouirait de la propriété de faire coaguler un mélange de librinogène et de fibrinoplastique, d'après Schmidt.

K\\ somme, Schmidt explicpie la formation de la fibrine dans la coagulation du sang par la combinaison de deux sutistances coexistantes dans celui-ci sous rinlluence d'un ieiment qui se produit dans certaines conditions, et Denis regarde sa plasmine comme préexistant dans le sang (au lieu de se former dans la coagulation) en dissolution, et se dédoublant en fibrine dissoute et fibrine concrète, quand le sang sort des vaisseaux.

Qu'est-ce que cette fibrine ? Voici du sang qui sort des vaisseaux; ce sang, que nous abandonnons à lui-même, dans un vase quelconque, présente bientôt des modifica- I ions marquées. Au bout de quelques minutes déjà, on peut trouver à sa surface quelques fibres d'un gris jaunâtre, mais s"il est de ceux qui coagulent vite, si c'est du sang d'oiseau par exemple, c'est tout autre chose, et nous voyons au

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milieu de la masse sanguine une sorte de maçrma relativement solide, un gros caillot formé de globules du sang agglomérés, rapprochés, et en quelque sorte attachés entre eux par un réseau de fibres élastiques à mailles innombrables, et ce caillot baigne dans un liquide assez limpide, incolore ou jaunâtre. Dans la coagulation typique d'un sang à coagulation lente, comme celui du cheval qui présente encore cet avantage que les globules fort lourds gagnent rapidement le froid, nous avons d'une part le coagulum formé de globules dans sa masse principale, de globules rassemblés et resserrés les uns contre les autres par le réticulum fibrineux; au-dessus de cet'.e masse nous voyons souvent une couche coagulée elle aussi, mais de couleur jaunâtre, les globules ayant eu le temps de tomber en partie au fond ; c'est ici du plasma coagulé, et il porte le nom de couenne inflammatoire {crusta phlogistica). Son nom vient de ce cfu'ôn l'observe souvent dans le sang très riche en fibrine, lors des maladies inflammatoires (on dit alors qu'il y a hypèrinose ou excès de fibrine), et ce caillot en partie jaunâtre, en partie rouge foncé, gélatineux, assez solide pour être coupé au couteau, baigne dans ce qu'on nomme le sérum, dans le plasma moins la fibrine : le caillot étant formé de globules plus la fibrine. Pour étudier cette fibrine, nous pouvons laver le caillot à grande eau, de façon à chasser peu à peu les globules emprisonnés dans ses mailles ; nous pouvons encore battre le sang qui sort des vaisseaux, le battre avec une baguette de verre ou une petite verge ; la fibrine, dont la production. — ou le dépôt, pour ne rien préjuger, — est favorisée par le contact de corps étrangers s'attache — le plus souvent, car il y a des exceptions (Dastre, Soc. BioL. 1892) — aux brindilles sous forme de filaments d'un blanc jaunâtre qu'on lave ensuite à Feau pour enlever les globules restés adhérents ; quand la substance est devenue blanche, on lave à l'alcool et à l'éther, et on conserve la fibrine dans de la glycérine étendue de son demi-volume

COAGULATION UL SAiNG tiO.*»

(l'eau. Le sang ainsi traité est (lé(il)riné : il contient les i^lobules et le sérum; il a penlii sa fibrine, et le plasma (lès lors est incomplet. Inutile de dire qu'on arriverait au même résultat en opérant sur du plasma, mais qu'on ne trouverait point de fibrine dans du sérum. Examinons cette librine. Elle est blancbàtre. élastique, translucide — si elle était colorée, c'est qu'elle renfermerait des restes d'hématies, — elle est formée de filaments entrelacés et renferme beaucoup d'eau (80 p. 100). Faisons-la dessécher, et voilà une substance dure, cassante, analogue à de la corne, mais apte à se regonfler par l'humidité. C'est une matière albuminoïde contenant un peu de soufre ; ses cendres renferment un peu de phosphate de chaux, de magnésie, de carbonate de chaux, etc. Insoluble dans l'eau pure, elle se dissout un peu dans une solution de sel marin, de sulfate et phosphate de soude, mais se coagule sous l'influence des acides. Elle décompose rapidement l'eau oxygénée, comme on peut le voir avec la teinture de gaïac. Son élasticité se décèle par le fait de la rétraction du coagulum, qui n'a point le calibre du diamètre intérieur du vase où s'est faite la coagulation; il est plus étroit tout en conservant la forme du vase. Le sang contieut environ 3 p. 100 de fibrine.

Cette coagulation est un phénomène constant dans la série animale ; toutefois il se produit avec une rapidité très variable : presque instantanée chez les oiseaux, elle s'établit avec un peu plus de lenteur chez les mammifères, chez qui elle commence au bout de 1, 2, ou 3 minutes (chien), parfois ;>, 10 ou 15 minutes (bœuf). Chez l'homme, elle commence au l»out de 4 ou S minutes, un peu plus tôt chez la femme ; mais chez les héniophitiqxies elle semble retardée ou même ;il)scntc, le sang étant très pauvre en fibrine. Chez le cheval • die est très lenle, ne se faisant qu'au bout de plusieurs heures, en hiver ; elle est très rapide chez le cobaye.

Si, d'une fa(;(j!i générale, le sang normal renfermé dans lies vaisseaux sains ne se coagule jamais, il n'en est pas

moins certain que dans des vaisseaux malades la coagulation s'opère. Si les vaisseaux sont irrités, si leurs parois sont altérées comme dans l'artérite , la phlébite , Tanévrisme, etc., il se produit un tlirombus, un coagulum local; il en est de même si le cours du sang est entravé quelque temps dans un vaisseau sain, et on donne le nom (Vemholies aux caillots, ou fragments de caillots qui, se détachant, suivent le cours du sang et arrivent à déterminer des accidents très graves en oblitérant un vaisseau de calibre inférieur au leur.

Un fait ressort des lignes qui précèdent : c'est que les parois malades des vaisseaux agissent comme les corps étrangers, en déterminant la coagulation du sang. On sait en effet que l'introduction d'une aiguille ou d'un fil dans une artère vivante est rapidement suivie d'un dépôt de fibrine autour de l'objet. Quelques autres faits méritent d'être rappelés.

r^ Hewson a montré en 1772 que, si l'on pose deux ligatures sur la jugulaire d'un cheval, et si l'on enlève la partie de vaisseau comprise entre les deux ligatures, le sang y reste longtemps fluide. Sans doute, les globules se déposent, mais le plasma reste liquide : ce plasma se coagule toutefois dès qu'il est retiré de l'anse vasculaire isolée, mais il reste fluide, même si l'on ouvre l'extrémité supérieure, de façon à permettre le contact de l'air, et aussi si l'on verse le sang d'une anse vasculaire dans une autre ; au contraire, il se coagule si on le verse dans un verre. Hewson fut le premier à émettre l'hypothèse de l'existence de la fibrine.

2'^ Buchanan (1843i remarqua que. tandis que le sérum du sang et la sérosité de l'hydrocèle ou de l'épanchement pleurétique ne coagulent pas spontanément, il suffit de les mélanger pour obtenir un coagulum ; on peut même se contenter d'ajouter à la sérosité un fragment de muscle.

3" Plusieurs conditions retardent ou favorisent la coagulation : l'addition de petites quantités d'alcalin- ou d'ammo-

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