LES DEUX CIRCULATIONS
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FiiZ. 11. — Schéma de la circulation.
afin qu'il s'y débarrasse de différentes substances inutiles ou nuisibles à l'organisme, et pour qu'il y acquière encore, dans quelques cas, des éléments nouveaux et nécessaires.
La connaissance exacte de la fonction circulatoire est de date récente. Les anciens n'en avaient aucune idée. Aristote pourtant comprenait que les vaisseaux nés du cœur renferment du sang, mais il crut que ce sang, « préparé » par le cœur, s'écoule dans le corps et n'y revient jamais. Peu de temps après lui, Hérophile et Erasistrate émirent l'opinion que les vaisseaux ne renferment que de l'air (d'où le nom d'artères) : les artères ne sont-elles pas en effet vides après la mort ? Mais cette erreur fut redressée par Galien, qui constata que toute blessure d'une artère est suivie d'une émission non d'air, mais de sang, et que tout segment d'artère sur lequel on a, in i'/i'0,posé deux ligatures, renferme toujours du sang et rien que du sang. Galien toutefois ignora complètement la vraie nature du cycle circulatoire : pour lui, le sang du ventricule droit se rend en partie au poumon et s'y perd ; l'autre traverse la cloison cpii sépare le ventricule droit du gauche, par une quantité de petits orifices — qui d'ailleurs n'existent point — pour se combiner dans le ventricule gauche avec de l'air venu des poumons, et de là passer dans l'aorte et dans le corps. D'autre part, la circulation hépatique avait attiré l'attention de Galien, et il soutint que les aliments vont de l'intestin au foie pour aller de là aux tissus. En somme, il n'eut qu'une idée très fausse et très incomplète de la circulation. Ses idées régnèrent néanmoins pendant ])vès de quatorze siècles, jusqu'à l'époque de Michel Servet et Yésale. Ce dernier prouva qu'il n'y a pas communication entre les deux ventricules à travers leur paroi commune, et Michel Servet découvrit la circulation pulmonaire, déclarant que du ventricule droit une veine artérieuse porte le sang au poumon, noa pour le nourrir, mais pour s'y purifier en exhalant des matièresfuligineuses, et que le sang ainsi purifié rcA-ient du poumon aii cœur gauche par une artère veineuse. C'était là une découverte de haute importance : elle n'empêcha toutefois pas Servet d'êtrebrûlé en 1553 à Genève, à l'instigation de Calvin. R. Colombo et Césalpin confirmèrent la découverte de Servet, et Césalpin, déjà éminent comme botaniste, y joignit même une idée de la circulation, générale, sans toutefois en fournir la démonsti'ation, tandis qu'Estienne et Fabrice d'Acquapendente reconnurent l'existence des valvules des veines. C'est sur ces données, et sur celles, surtout, qu'il tira de ses observations et de ses expériences, que Guillaume Harvey, dans son Exercitatio de motu cordis et sanguinis in