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MOUVEMENTS DU CO:UR

à l'observation. Nous enlevons le sternum et le péricarde, et voici le cœur à nu. En haut les deux oreillettes, en bas le ventricule unique. Les deux oreillettes ouvrent dans le ventricule, et de celui-ci part l'aorte bientôt divisée en deux branches; à chacune des oreillettes arrive un tronc vasculaire, l'oreillette droite recevant le sinus veineux par où arrive tout le sang veineux du corps ; l'oreillette gauche recevant le tronc commun des deux veines pulmonaires qui renlerment le sang artérialisé revenant des poumons. Il est facile de voir sur ce cœur que, après la période de repos, les deux oreillettes sont rouges et distendues, tandis que le ventricule est mou et afYaissc. Tout à coup les oreillettes se contractent, simultanément, et deviennent plus petites, tandis que le ventricule, rempli par le sang des oreillettes, se gonfle et rougit. Puis, les oreillettes reprennent lentement leur volume, en raison de l'apport constant de sang effectué par les vaisseaux qui y aboutissent, pendant que le ventricule, en se contractant à son tour, devient plus petit, plus pâle (rose au lieu d'être rouge) et chasse le sang dont il était empli dans l'aorte qui se dilate visiblement : après quoi il reste affaissé : ventricule et oreillettes se reposent, c'est la période de repos du cœur, ou diastole, durant laquelle le sang vient graduellement distendre les oreillettes. Les phases de repos et d'activité se succèdent ainsi, à intervalles réguliers. Il en est exactement de même chez l'homme et les autres mammifères : la systole du cœur se fait en deux temps successifs, les oreillettes se contractant d'abord, puis les ventricules, et le repos survient après la systole ventriculaire. Durant la systole auriculaire, le sang passe des oreillettes dans les ventricules : durant la systole ventriculaire il passe du ventricule, à droite, dans l'artère pulmonaire (artère qui contient du sang veineux pourtant), à gauche, dans l'aorte. La simple inspection à laquelle nous venons de nous livrer nous fournit bien quelques indications utiles ; mais si nous voulons en savoir plus long sur l'intensité des contractions, sur

leur durée, sur le temps qui les sépare, il faut avoir recours à la méthode graphique, et obtenir des cardiogrammes.

Poiu* la gi'enouille, nous emj)loiei*ons un cardiographe très simple, consistant en deux leviers légers reposant Tun sur les oreillettes, l'autre sur le ventricule. Tant que le coeur est en repos, les leviers restent abaissés, mais dès que les oreillettes se remplissent, le levier coi'respondant se relève légèrement pour s'élever brusquement et fortement quand se produit leur systole : il en est de même pour le ventricule. Si ces deux leviers, de même longueur, viennent se terminer par une pointe au contact d'un cylindre recouvert de papier enfumé, de façon à se trouver dans le même alignement, la pointe, en enlevant le noir de fumée, trace en blanc un dessin c^ui fournit tous les renseignements désirables >ur l'intensité des contractions — l'élévation du levier étant proportionnelle à celle-ci — sur la succession des contractions, et, du moment où l'on connaît la vitesse de rotation du cylindre, et où chaque centimètre de longueur du papier total représente telle fraction de minute ou de seconde, sur la durée de chaque contraction et l'espace de temps qui la sépare de telle autre.

Pour les animaux plus élevés comme le chien ou le lapin, l'étude graphique du rythme du cœur est moins aisée ; mais cela n'a ])oint d'importance en présence des beaux résultats obtenus par (31iauveau et Marey sur des animaux voisins — au point de vue ])hysiologique — comme le cheval. Au lieu d'enregistrer les varialions extérieures de volume des oreillettes et des ventricules, pour connaître le rythme cardiaque, Chauveau et Marey ont enregistré ce dernier au moyen des variations de pression intra-cardiaque, ce qui revient exactement au même. Ces variations sont révélées l^ar les sondes cardior/raphiques. Soit une ampoule allongée en forme de doigt de gant soutenue par une légère carcasse métallique à l'intérieur, et pleine d'air, portée au bout d'un tube flexible, mais non compressible, relié lui-même par un tube de caoutchouc à une autre anqioule formant tambour à levier, une ampoule miélastique, mi-rigide (caoutchouc fin et métal) pouvant actionner un levier très léger en contact avec une surface enregistrante, plane ou circulaire. On introduit une ampoule dans le ventricule droit du cheval (par la veine jugulaire), une autre par la même voie dans l'oreillette droite, et on relie chacune de ces ampoules à un tambour enregistreur de Marey (fig. 12). N'est-il pas évident qu'à chaque contraction de l'oreillette droite, par exemple, le sang qu'elle renferme est comprimé, et n'est-il pas évident que l'ampoule contenue dans cette oreillette sera également comprimée et

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quo sa com]ircssi(in se (r.uluira j)ar un mouvomont do levier du tainl)oui'? C'est eu elï'el ce qui arrive, el en s'assurant Ijien de ralijjfuoinent des leviers inscript eurs des tambours, on obtient une rei)résenlation grai)]iique des variations de la ])ression intra-cardiaquG qui sont des plus intéressantes, et qui nous fournissent des données très exactes, non seulement sur le cœur droit, mais aussi sur le cœur g^auche, dont les mouvements sont identiques à ceux du cœur droit et synchrones avec lui. On ])eut même introduire une troisième am])oule dans le cœur gauche (ventricule) par la l'arotide, et obtenir un tracé dos pressions des deux ventricules.

La figure 13 représente un cardiogramme du cheval renfermant les éléments suivants : pression du sang dans l'oreillette fh'oite (0), dans le ventricule droit (V), et choc du cœur (P). Nous dirons plus loin comment s'obtient l'inscription du choc du cœur : pour le moment, ne considérons que les graphiques de l'oreillette et du ventricule. N'oublions pas que les pointes des leviers étant rigoureusement de même longueur et bien alignées, il y a synchronisme absolu des phénomènes inscrits selon la même verticale, et pour faciliter l'étude de ce synchronisme, on a tracé une série de verticales régulièrement espacées : et l'espace entre chaque verticale correspond à un dixième de seconde. Il est très clair, tout d'abord, que la systole de l'oreillette, marquée par l'élévation du tracé correspondant (de 0 à l'intersection avec la ligne A), ne coïncide nullement avec celle du ventricule, mais la précède, et est sensiblement plus courte que cette dernière : entre le début de l'une et celui de l'autre, il s'écoule deux dixièmes de seconde environ, et la systole auriculaire dure à peu près un dixième de seconde. Une fois la systole produite, l'oreillette se relâche, et la pression diminue, ainsi que l'indique la ligne descendante : elle est même inférieure à ce qu'elle était au moment où a débuté la systole. Pourquoi ? Parce qu'avant la systole l'oreillette était remplie de sang sous une certaine pression venant des veines caves, tandis qu'après, elle ne renferme presque plus de sang ; mais celui-ci recommence à arriver dès que l'oreillette se relâche, et la courbe

CIRCCLATION

s'élève un peu. Mais cette courbe nous offre un certain nombre d'oscillations : à quoi tiennent-elles? Elles s'expliquent par l'étude de ce qui se passe du côté du ventricule. Celui-ci en se contractant comprime un peu Toreillette et y augmente

Fig. 12. — Schéma représentant la sonde cardiaque droite de Chauveau et Marey introduite dans le cœui-. L'ampoule du ventricule y transmet les variations de j^ression par l'intermédiaii'e du tube tv, au tambour à levier Iv; l'ampoule de l'oreilletie 0 agit pareillement sur un tambour à levier lo. (D'après Frédéricq.)

la pression : delà un petit ressaut dans la courbe correspondant à l'ascension rapide de la courbe ventriculaire à la contraction du ventricule (Y, ligne B) ; les autres ressauts sont le résultat du contre-coup des oscillations observées dans la suite de la courbe ventriculaire i clôture des valvules auriculo-ventriculaires). Puis la courbe cesse de présenter des ressauts, elle s'élève lentement, indiquant une augmentation graduelle de pression due à rafflux du sang déversé par les veines caves jusqu'au moment où la systole auriculaire se reproduit. Du côté du ventricule (V), nous remarquons d'abord une légère élévation de pression au moment de la systole auriculaire. Elle tient au déversement du sang de l'oreillette dans le ventricule ; mais elle cesse bientôt, le

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