INTRODUCTION VU
délassemenl. ou de perfectionnement, il laiil «les livres plus détaillés, plus faciles à lire, qui se trouveront dans les bibliothèques publiques. Il faut avoir toujours sur soi le manuel, ou livre élémentaire, etconsulter souvent les livres détaillés.
Pour prendre un exemple, les ouvrages de Claude Bernard se lisent avec la plus grande facilité. On n'a pas besoin pour les comprendre de les relire dix fois ; une bonne lecture, faite la plume à la main, en prenant quelques notes (qui forcent l'attention à se fixer), en apprendra fort long au jeune homme qui voudra bien passer deux heures à ce très agréable travail. Que de choses intéressantes encore dans le Cours de physiologie de Bérard, ou dans les Leçons de Magendie sur les phénomènes physiques de la vie, ou dans l'admirable ouvrage de Milne-Edwards sur la Phxjsiologie comparée !
J'ai entrepris l'année dernière la publication d'une Bibliothèque réh^ospective, où se trouvent les œuvres des principaux maîtres de la physiologie. Il ne faut guère plus d'une heure pour lire ce que Lavoisier a dit de la respiration. Trouverait-on une lecture plus attrayante et plus profitable ? Les vérités que Lavoisier a découvertes sont encore vraies aujourd'hui, et il semble que le livre ait été écrit hier.
Bien souvent j'ai été surpris de voir avec quelle passion les gens du monde, de tout âge et de toute profession, prenaient de l'intérêt à la physiologie, alors que les étudiants en médecine la traitent souvent comme une science rebutante. Je crois que c'est un peu la faute des
VIlI [NTRODUCTIO.N
manuels, qui veulent condenser le plus de faits, de noms et de chiffres dans un minimum de pages. Comme la physiologie est, en somme, de toutes les sciences médicales, la plus facile à connaître, il me semble que le principal rôle du professeur de physiologie est, non pas tant de faire connaître la physiologie que de la faire aimer, de montrer ce qu'elle a de profond et de logique, de rattacher entre eux les faits épars. qui sont innombrables, en cherchant le lien qui les unit. Si un étudiant s'intéresse à la physiologie et y prend goût, au bout de quatre mois, il la saura tout à fait bien, et je suis absolument sûr que. dans les deux années qui suivent, il comprendra alors sans peine toute la médecine.
Revenons à l'ouvrage de MM. P. Langlois et H. de Varigny. Je crois que, comme livre classique élémentaire, il peut absolument suffire. Quelque résumé qu'il soit, s'il avait un défaut, ce serait d'être encore trop détaillé, et d'avoir plus de noms divers et de citations que le strict nécessaire ; mais ce luxe d'érudition et de science (luxe tout relatif évidemment, puisqu'il ne s'agit que d'un résumé) est si bien disposé que je ne peux vraiment le blâmer.
GlI. RiCHET.