NUTRITION DU CCEUR. — SECOUSSE CARDIAQUE
branche d'une coronaire produit de l'arythmie et de l'hétérochronisme des battements des deux cœurs. Tiré de la poitrine, le cœur du mammifère meurt rapidement ; il en est de même si, in situ, on lie les artères coronaires, ou si on les oblitère par injection de poudre de lycopode qui bouche les capillaires, ou d'air. La mort survient directement par anémie : l'hypothèse d'une substance toxique produite ou accumulée lors de l'anémie est bien peu défendable. La situation de l'embouchure des artères coronaires dans l'aorte a donné lieu à une curieuse théorie formulée parThebesius et Bruckeen particulier. Elles s'ouvrent si près de l'origine de l'aorte que leur embouchure est souvent recouverte par le bord libre des valvules sigmoïdes quand elles sont jetées contre les parois aortiques par le jet du sans expulsé lors de la systole ventriculaire, et Brùcke a pensé que le sang ne pénétrerait dans les coronaires que durant la diastole, et amènerait de la sorte un élargissement passif des cavités, tandis que Tabsence d'afflux sanguin durant la systole faciliterait la contraction des muscles du cœ-ur : il y aurait là une sorte d'automatisme {selbsteuerung) du cœur. Il y a à cette vue, entre beaucoup d'autres, une objection bien précise : le sj-nchronisme de la pulsation des coronaires et de l'aorte, constaté sur l'animal et sur l'homme icas de C. Scrafin, observé par Ziemssen) qui montre que le sang entre dans les coronaires au moment de la systole ventriculaire. Une autre théorie a été formulée par Lannelongue : la systole ventriculaire serait déterminée par la réplétion des vaisseaux irriguant le ventricule, et amènerait la déplétion de ceux-ci ; il en serait de même pour les oreillettes : bref, à la diastole du cœur correspondrait la réplétion des vaisseaux cardiaques déterminant la systole. Mais comment concilier cette vue avec le fait que le cœur privé de sang continue à battre quelque temps ?
Nature de la secousse cardiaque. — La nature de la secousse cardiaque a-t-elle quelque chose de particulier;
OU bien est-ce une contraction musculaire ordinaire ? C'est une question que plusieurs physiologistes se sont posée, et qui se rattache à la question plus étendue de l'irritabilité du cœur. Cette irritabilité est la même que celle des muscles en général, mais est plus persistante, surtout dans l'oreillette droite qu'on a nommée Vultimum moriens. Cette partie est sans doute celle qui survit le plus longtemps dans le cœur : mais bien d'autres parties de l'organisme conservent leur vitalité plus longtemps qu'elle. Pour bien étudier l'irritabilité du muscle cardiaque, il faut s'adresser à la pointe qui est dépourvue de nerfs et de ganglions (soit en la séparant du reste du cœur, physiologiquement par une forte ligature sur le tiers supérieur des ventricules, soit en l'excisant) et qui, abandonnée à elle-même, demeure immobile ; mais si on l'excite par des courants continus ou induits, ou par certains liquides, excitants ou nutritifs, si on la soumet à une certaine pression (cela est fort net si on dispose l'expérience de façon à faire varier celle-ci à volonté d'après Heidenhain), si on la met en contact avec certains gaz, elle se met abattre d'une façon rythmique du moment où elle est en présence d'une solution nutritive (sérum sanguin, ou mieux encore albumine ou paraglobuline), où la température est favorable (de 15 à 20° cent.) où l'oxygène est présent, et où l'acide carbonique produit peut s'échapper aisément. Considérons une pointe de cœur de mammifère isolée du reste de l'organe ; nous voyons que 'excitation, mécanique ou électrique, détermine une contraction nette, mais dont la période latente est plus longue que dans les muscles striés ordinaires ; nous constatons aussi que la contraction est invariablement maximale, et que l'intensité de l'excitation est sans influence du moment où l'on emploie des excitations suffisantes : l'effet est le même, la contraction est maximale quand le courant électrique est tout juste suffisant, aussi bien que s'il est dix ou vingt fois plus intense : une excitation faible, insuffisante, ne donna