SECOUSSE CARDIAQUE. — TETANOS DU COEUR
rien. C'est donc < tout ou rien » selon l'expression de Ranvier. Pourtant Bowditch a noté ce qu'il appelle le phénomène de l'escalier : les premières secousses lors de l'excitation de la pointe iraient en augmentant peu à peu d'amplitude : < tout » ne s'obtiendrait pas d'emblée. Cela n'empêche d'ailleurs pas que la répétition rapide d'excitations en elle-même insuffisantes peut déterminer une contraction, comme chez les autres muscles : c'est le phénomène de V addition latente. Mais un des caractères curieux de l'irritabilité de la pointe du cœur est son rythme très net . Excitez cette pointe avec des courants interrompus, et faites varier le rj'thme de l'interruption : le rythme du cœur sera le même. Il semble que la contraction, déterminée par une première excitation, diminue l'excitabilité du muscle, qui ne récupère celle-ci qu'après un temps donné : il est donc inutile de l'exciter durant cette période que Marey a nom.Yn.éQ période réfractaire ou d'inexcitabilité, et qui d'ailleurs n'est point spéciale au cœur, mais s'observe sur un certain nombre de muscles, chez les invertébrés en particulier (Richet, Romanes, de Yarigny). Si donc on veut que le muscle réponde à chaque excitation, il faut espacer celles-ci selon la convenance du cœur lui-même pour ainsi dire, et il est difficile de déterminer le tétanos du muscle cardiaque. Le cœur lui-même par ses alternatives d'excitabilité ou d'inexcitabilité a transformé l'excitation la plus constante en excitation intermittente.
Tétanos du cœur. — Ce tétanos, difficile à obtenir complet, présente les mêmes caractères que celui des autres muscles, et ceci permet de penser que la contraction normale du muscle cardiaque consiste en une secousse simple comme l'a dit Marey, et non en un tétanos, comme le pense Frédéricq. En effet, la patte galvanoscopique dont le nerf repose sur le cœur battant normalement ne donne qu'une secousse simple, et l'électromètre fournit une oscillation simple. Notons encore que l'excitation localisée à quelques
fibres mucsulaires se transmet de proche en proche à toutes les
fibres voisines, en toute direction, comme Engelmann l'a vu en découpant le ventricule en lanières reliées par de petits ponts de substance musculaire non divisée, avec une vitesse de 10-30 millimètres par seconde (['2o d'après Page et Sanderson) ; signalons aussi le fait de la diastole locale, sorte de hernie musculaire à travers le péricarde blessé qui se produit lors d'une excitation mécanique un peu vive du cœur de la grenouille (,Dogiel), et le fait de la contraction idiomusculaire qui se produit aussi par contact mécanique comme chez les autres muscles.
L'excitation électrique du cœur in toto et in situ détermine elle aussi une contraction, une pulsation cardiaque complète, et la tétanisation d'un ventricule arrête les deux ventricules, mais non les oreillettes :
celle d'une oreillette arrête les deux oreillettes, mais non les ventricules.
Toutefois il faut distinguer les effets des courants modérés qui accélèrent le cœur de ceux des courants forts qui l'arrêtent et le tuent sur-lechamp (Vulpian^. Le cœur est très sensible à la température : le froid le ralentit, une température tiède l'accelcrc : au-dessous de + -i" centigrades le cœur cesse de battre chez la grenouille : le cœur des mammifères ne
te