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CIRCULATION CAPILLAIRE

raiiémie cérébrale, encore, les vaso-moteurs jouent un rùlc : ou, pour mieux dire, ils jouent mal leur rôle, soit que les constricteurs cérébraux agissent hors de saison et avec excès, soit que les constricteurs des autres organes aient perdu de leur tonus. Rappelons aussi que, pour Brown-Séquard, l'accès d'épilepsie est dû à une constriction des vaisseaux du cerveau, d'où perte de connaissance, avec refoulement du sang vers le bulbe, d'où les convulsions, et que, pour les partisans de la théorie de l'anémie cérébrale dans le sommeil, il y a légère excitation des vaso-moteurs de l'encéphale ; enfin c'est encore de l'anémie, de la vaso-constriction, qu'il y a dans le mal perforant du pied. Toutefois, dans ce cas, et aussi dans la gangrène symétrique, l'action vaso-motrice n'existe pas seule; il s'y joint encore une action des nerfs trophiques dont la fonction est troublée, tout comme elle Test après la section des branches nerveuses importantes, comme on peut le voir par les eschares et ulcérations qui se produisent après section du sciatique par exemple, et par les lésions du décubitus aigu dans certaines maladies. Sans doute, les troubles vaso-moteurs y jouent un rôle, mais il serait injuste de les incriminer seuls.

En pathologie donc, comme en physiologie, les vaso-moteurs ont une influence plus importante, et cela ne peut surprendre du moment où ces nerfs prennent une part aussi considérable à la régulation de la circulation et à la distribution du sang, du moment où ils complètent réellement l'appareil de l'innervation cardiaque, comme nous l'avons montré.

Circulation capillaire. — Passant des artérioles dans les capillaires, le sang pénètre dans un espace dont l'aire est plus considérable : c'est ici la base des cônes artériel et veineux. Aussi comprend-on que la vitesse du sang y soit très faible — 1 millimètre par seconde environ, d'après Volkmann, au lieu de oO centi/nêlres dans l'aorte, mille fois moindre, d'où

l'on déduit que l'aire des capillaires est mille fois celle de l'aorte — et que la pression doit encore être inlërieure à ce qu'elle est dans les artérioles. La vitesse peut s'observer facilement, et c'est à coup sûr un des spectacles les plus intéressants que d'observer la circulation capillaire de la langue, ou du mésentère, ou de la membrane interdigitale de la grenouille (Malpighi, 1661, Leeuwenlioek, 1695) : chez cet animal on voit admirablement les globules courant les uns après les autres en files plus ou moins serrées, et on constate que leur vitesse est d'environ un demi-millimètre par seconde. Celle-ci varie d'ailleurs au centre et à la périphérie du vaisseau : elle est plus grande au centre — comme dans les rivières — et tandis que les hématies passent principalement au milieu, les leucocytes se trouvent plus volontiers à la périphérie, dans la couche immobile ou adhésive comme l'a nommée Poiseuille, ou reiarc?ee, selon l'expression plus exacte de Marey, s'arrêtant souvent, avançant avec une vitesse dix ou quinze fois moindre, et passant souvent à travers les parois. Ces parois sont très minces d'ailleurs, extensibles, élastiques et contractiles. Leur élasticité se voit à leur aptitude à se dilater si la pression augmente dans les systèmes artériel et veineux ; leur contractilité, inhérente aux cellules endotliéliales qui les constituent (ils n'ont point de fibres musculaires) peut s'observer directement, car les excitants extérieurs (Stricker, 1865) amènent un rétrécissement évident de ces vaisseaux, s'ils ne sont point trop énergiques ; les excitations fortes déterminent au contraire un relâchement, une dilatation (Marey). La contraction est lente (Henle) et paraît se faire par secousses successives. Elle se produit souvent de façon rythmique (Spallanzani, etc.), mais on ne peut en aucune façon regarder ces contractions comme venant en aide au cœur, elles ne peuvent au contraire qu'en contrarier Faction (Donders, Milne-Edwards). D'après Traube, on en reconnaîtrait bien l'action sur la pression artérielle dans les graphiques. Rétrécis, ils peuvent avoir un diamètre inférieur

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à celui dos hématies, d'où une résistance plus (,'iande à Técoulement du sang, et alors celles-ci ne peuvent avancer qu'à la condition de se déformer temporairement, de s'allonger et de s'efliler, ce qui leur est d'ailleurs naturel, grâce à leur élasticité : à plus forte raison en va-t-il de même pour les leucocytes. Donc, vitesse très faible, mille fois inférieure à • elle de l'aorte, dix fois inférieure à celle des artérioles (Donders) ; pression très faible que Ludwig et von Kries évaluent à 2, 4 ou 5 centimètres de mercure (évaluation parla méthode consistant à chercher quel poids suffit à faire pâlir la peau). 11 faut ajouter un caractère important : écoulement absolument régulier, sans oscillations de vitesse, courant constant, uniforme ; le caractère intermittent de la progression du sang, si fort marqué dans l'aorte, et qui va s'atténuant des grosses aux petites artères, disparait totalement ici : l'élasticité artérielle a rempli sa fonction, elle a substitué un cours uniforme à un afflux intermittent, et désormais le sang coule d'une façon constante ; l'hémorragie capillaire ou veineuse est continue, et non saccadée comme celle des artères.

Chacun peut aisément vérifier rexcitabilitc des capillaires. Echauffez la peau avec un corps à 50 ou 60 degrés pendant un instant : la forme du corps s'indique par une tache rouge : les capillaires sont dilatés. Frottez la peau pendant quelques secondes avec un corps mousse : il se dessine une raie pâle ; les capillaires sont contractés. Si l'excitation a été forte ; la raie est rouge, bordée de deux l'aies pâles; au niveau de la raie rouge il y a dilatation, l'excitation ayant été trop forte et ayant épuisé la contractilité ; à droite et à gauche, l'excitation plus faible a déterminé une contraction. Du reste, les eff'ets varient selon la région : aux endroits où la peau est souvent excitée, il y a accoutumance, et la contractilité s'épuise moins facilement (peau du dos de la main) ; là où les excitations sont rares (peau de Tépigastre par exemple), la hgne rouge apparaît d'emblée : l'épuisement de la contractilité y est marqué (Marey).

Il n'y a pas de pouls capillaire, normalement; pourtant, s'il y a dilatation expérimentale ou physiologique des artérioles (Cl. Bernard), les résistances étant diminuées, le pouls artériel persiste dans les artérioles, et se propage aux capillaires et même aux

veines. Le pouls capillaire peut encore se produire s'il y a obstacle à la circulation veineuse ; les capillaires acquièrent alors une tension qui permet au pouls actuel de s'y propager. Enfin le pouls capillaire existe normalement chez l'embryon (Spallanzani) et le A'ieillard (Marey), les artères n'ayant pas encore acquis chez l'un, et ayant chez l'autre, par l'athcrome, perdu, leur élasticité.

Sur l'innervation des capillaires on ne sait pas grand'chose. On a parlé de nerfs vasculaires, mais rien n'est certain ; on a parlé encore de nerfs sensitifs (Iléger), mais leur existence n'est pas prouvée : aussi convient-il de ne point faire jouer de rôle aux capillaires dans les variations de coloration de la peau qui doivent être regardées comme tout entières dues aux variations de calibre des artérioles.

Il ne faudrait pas se représenter le système capillaire comme formant dans un même organe ou dans un même membre au moins un vaste réseau où se termineraient toutes les artérioles et où prendraient naissance toutes les veinules. La pathologie, la physiologie et l'anatomie s'élèvent contre cette manière de voir, et tout indique au contraire qu'à chaque artériole fait suite un petit réseau limité, très court, de 1 ou 2 millimètres de longueur, auquel fait suite une veinule. Que deux réseaux voisins communiquent quelque peu, cela est vraisemblable, mais cette communication est restreinte, comme l'indique la localisation fort nette des troubles consécutifs à la ligature ou à l'obstruction d'une artère (quand il n'y a point d'anastomoses) ; en un mot, il y a indépendance des circulations capillaires des différentes parties.

Circulation veineuse. — Du cœur aux capillaires le sang traverse un cône dont les capillaires sont la base : des capillaires au cœur il passe par un autre cône dont ceux-ci sont encore la base, et le cœur encore le sommet; mais au lieu de s'éloigner de ce dernier organe, il y retourne ; sa mission est en partie accomplie ; il a apporté aux tissus de l'oxygène et des aliments; ceux-ci lui ont rendu de l'acide carbonique

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