‹ Nouveaux éléments de physiologieChapitre 90 sur 263 · ans, 26 ; 25-30 ans, 16 (chez · texte numérisé non relu

ans, 26 ; 25-30 ans, 16 (chez

l'espèce humaine). Selon Vêlai de veille ou de sommeil : la respiration se ralentit durant le sommeil et l'hibernation. Selo7i le repos et l'exercice : elle devient beaucoup plus lapide avec l'exercice. Selon rèlat de santé : elle est plus

rréquente durant la fièvre, et ceci est particulièrement marqué chez les jeunes enfants. Nous ne prolongerons par cette énumération des variations de Factivité respiratoire, et il nous suffira d'indiquer une fois pour toutes, que la ventilalion est proportionnelle à F activité chimique^ à la consommation d'oxygène.

La fréquence du rytlime respiratoire peut bien nous donner quelques renseignements sur l'activité de la respiration ; mais ils sont incomplets. Pour les compléter, il faut savoir quelle quantité d'air est introduite à chaque inspiration, et celle-ci est fournie par l'emploi du spiromètre imaginé par llutchinson (18 16). G4'est un réservoir gradué plein d'eau dans lequel on expire, l'air expiré chassant un volume égal d'eau (fig. 43).

Quantité d'air inspirée à chaque mouvement respiratoire. — L'évaluation du volume moyen d'air mis en mouvement par chaque inspiration ou expiration tranquille varie naturellement selon les individus en expérience, mais le chiffre généralement adopté pour Vadulte moyen normal et sain est de 500 centimètres cubes. Chaque mouvement respiratoire produit l'expulsion ou l'introduction de 500 centimètres cubes d'air, un peu plus chez les sujets de haute taille, un peu moins chez les sujets petits. En outre, chez la femme, cette quantité est sensiblement moindre que chez l'homme.

Mais ces 500 centimètres cubes ne représentent pas tout l'air des deux poumons. Après ce que nous avons dit de la violence perpétuelle à laquelle est soumis le poumon, du jour où il a commencé à respirer jusqu'à celui où il entre en décomposition, on comprend que la quantité d'air alternativement inspirée et expirée est loin de remplir à elle seule cet organe. Ce que nous aspirons et expirons n'est qu'une partie de ce que peut contenir et contient réellement le poumon, et nous savons que dans une inspiration ou une expiration/brcee, nous aspirons ou expirons plus de 500 cen-

QUANTITÉ D AIR MISE EN MOUVEMENT 3i7

limètres cubes. Mais encore même après l'expiration la plus lorcée, le poumon doit contenir et contient encore de l'air. La quantité de cet air varie selon les sujets. Ilutchinson a appelé capacité vitale la quantité d'air maxima mise en mouvement au moyen de l'expiration ou de l'inspiration la plus forcée. Elle varie beaucoup, comme l'on peut bien s'y at tendre, puisqu'elle doit résulter de la valeur d'éléments Tort variables : diamètres thoraciques, activité des muscles thoraciques. état du poumon, etc., facteurs qui eux-mêmes varient selon d'autres intluences ; mais comme moyenne, acceptons le chiffre de 3 litres et demi pour V adulte sain, bien constitué (Hutchinson). Nous voilà assez loin des 500 centimètres cubes du mouvement respiratoire moyen. Toutefois cette capacité vitale varie naturellement beaucoup : selon la taille, étant d'environ 3 litres chez les sujets de 1 m. oO, et de plus de 4 litres chez ceux qui atteignent 1 m. 80 ; elle varie selon la circonférence thoracique. naturellement, elle diminue avec làge, à partir de quarante ans ; elle est moindre •:hez la femme que chez l'homme, etc.

Mais cette capacité vitale, cela est évident, ne représente point encore la capacité totale du poumon : après l'expiration forcée la plus énergique, celui-ci contient toujours une •ertaine quantité d'air qui ne peut être expulsée. Cet air porte le nom d'air résidual. Et maintenant, si nous considérons des poumons dilatés au maximum, nous voyons qu'il • 'st possible d'y distinguer différentes catégories d'air, pour ainsi dire. Nous avons :

I" L'air en excès du volume d'une inspiration normale (air l'omplémentaire) ;

II<^ L'air équivalent à une inspiration normale [air courant) \

\W> L'air qui peut être expulsé par une expiration forcée -eulemenl {air de réserve) ;

IV*^' L'air que nulle expiration, si forcée soit-elle, ne peut ■xpulser : c'est Y air résidual dont il vient d'être question.

3i8 RESPIRATION

11 s'agit maintenant de connaitre la valeur de ces ditrércntos quantités. En somme, le spiromètre nous en fait connaitre trois : il nous donne le chiffre de l'inspiration normale; il nous donne la valeur de l'excédent inspiré dans une inspiration forcée, maximale ; il nous donne la quantité qui peut t tre expirée dans une expiration forcée. Mais il reste une dernière quantité à évaluer : celle de l'air résidual. On l'évalue facilement de la façon suivante : le sujet inspire dans une cloche contenant, par exemple. oOO centimètres cubes d'hydrogène — gaz t[ui n'est point absorbé par le poumon, et qui n'est poijit toxique, — il inspire et expire plusieurs fois dans la cloche jusqu'à ce que Fair de la cloche et celui du poumon aient une composition homogène ; il y suffit de cinq ou six mouvements respiratoires. On analyse un échantillon de cet air, et on connaît par là la proportion de l'hydrogène à Taiitotal, c'<3St-à-dire à l'air courant plus l'air de réserve, plus lair résidual. Connaissant par le spiromètre la valeur d<^ (63 deux premières quantités, on déduit facilement celle d»' la troisième, qui est en moyenne d'un peu plus d'un litr--.

Résumant les résultats des observations et expérieiices

faites par les diiTércnts physiologistes, nous arrivons aux

chiffres <|ue voici :

Air C())n|tlcia('iit:;iiro .... 1.670

-, . , , \ Ail' noi-i)i;d 501)

^ i Ail- de reserve J.oOO

Air résidiuil 1.200

La capacilé totale ou respiratoire qui représente la totalité, le maximum de la quantité d'air que peuvent renfermer les poumons est donc d'environ o litres.

On donne le nom de capacilé vitale, avons-nous dit, à la quanti té d'air composant une inspiration ou une expiration maximale ; on voit par là en quoi elle ditlere de la capacilé totale ; <t si nous schématisons le poumon sous forme d'une pompe dont le piston peut prendre les positions variées ((îg. 44), nous voyons (pi'il peut occuper toute position intermédiaire

COEFFICIENT DE VENTILATION 3i9

entre A et B, sans jamais empiéter sur la portion comprise entre A et C, sans jamais vider totalement la pompe qui se trouve donc pourvue d'un espace nuisible assez considérable.

La méthode employée par Gréhant pour déterminer la quantité de l'air résidual a été utilisée aussi par lui pour étudier la ventilation du poumon, pour connaître la quantité d'air qui, sur le total inspiré durant une inspiration ordinaire, reste dans le poumon au lieu d'être immédiatement expulsée par l'expiration suivante, et il a trouvé que sur 500 centimètres cubes inspirés, il en ressort de suite un tiers ; le complément des 500 centimètres cubes expirés est formé d'air vicié à la place desquels le poumon garde une égale quantité d'air pur. Le coefficient de la ventilation pulmonaire (quantité d'air nouveau qui, après chaque mouvement, reste dans l'unité de volume de l'espace ventilé) est donc d'un peu plus de un dixième (0,145). Ce coefficient augmente avec le volume de l'inspiration, et ceci explique comment il est plus avantageux de substituer une inspiration profonde à deux inspirations légères, quand même la somme de l'air inspiré en deux fois serait supérieure à la quantité inspirée en une seule fois. Ainsi 18 inspirations de 500 centimètres cubes sont plus avantageuses que 36 de 300 centimètres cubes, bien que dans ce dernier cas il entre près de 11 litres au lieu de 9 litres. Le sujet anhélant respire moins que le sujet à respirations profondes ; mais en somme jamais la respiration ne s'effectue dans un air réellement jyur ; celui-ci est toujours mélangé d'une forte proportion d'air vicié, et Gréhant trouve que l'air contenu dans le poumon renferme au moins S p. 100 de CO^. Pour l'adulte moyen, à respiration normale, le coefficient de ventilation est d'environ 8 litres d'air par kiloiframme de poids et par heure : 560 litres pour un adulte de 70 kilogrammes, par heure.

Naturellement, est-il besoin de le dire, c'est là un chiffre moyen : beaucoup de conditions le font varier, et du moment où il dépend de la profondeur et du rythme de la respi-

PHYSlOr.OGIE. . 20

ration, toutes les influences qui agissent sur ces deux élé-

Page 1