‹ Nouveaux éléments de physiologieChapitre 98 sur 263 · ÉCHANGES GAZEUX DANS LE POUMOX · texte numérisé non relu

ÉCHANGES GAZEUX DANS LE POUMOX

d'O, qu'un égal volume d'eau, et 82 fois plus d'O qu'un égal volume de sérum iFernet}.

De cette façon, le sang se charge d'oxygène, l'hémoglobine en absorbant une quantité fixe, invariable (160 centimètres cubes 0 pour 100 grammes d'hémoglobine), et le sérum en dissolvant une quantité variable, selon sa composition chimique et la pression extérieure. Voilà pour l'oxygène.

L'acide carbonique, lui. existe dans le sang, en quantité considérable : sur 100 volumes de gaz du sang veineux, il en compose 30. Une partie de ce CO - (1/5^ du total) se trouve dans les globules, faiblement unie à l'hémoglobine; le reste (4/5®) est dissous dans le plasma, et faiblement combiné avec les sels de soude de celui-ci. avec le phosphate et le carbonate (Fernet). Dans le poumon, la partie simplement dissoute est facilement chassée ; elle a une tension faible, et passe dans l'air tandis que l'oxygène prend sa place. Mais comment s'opère la dissociation des carbonates du sérum ?

Robin et Verdeil, s'appuyant sur la facile décomposition des carbonates par les acides, ont imaginé un acide pneumique qui décomposerait les carbonates et bicarbonates, et se trouverait dans le poumon seul, à l'état libre, e Cet acide se trouve là en petite quantité, mais il est par lui-même assez énergique ; aussi le tissu du poumon est-il acide. Il résulte en outre d'expériences présentées par l'un de nous à la Société de Biologie, que le tissu pulmonaire, au contact d'une dissolution de carbonate de soude, décompose ce sel avec dégagement d'acide carbonique. »

L'existence de l'acide pneumique n'a pas été confirmée : toutefois une idée analogue avait été proposée par Mitscherlich, et C. Bohr croit à quelque sécrétion spéciale du tissu pulmonaire *. Plus récemment. Preyer a émis une hypothèse analogue dans le fond à celle de Robin et Verdeil en ce qu'elle

' L. Garnier s'est pronoacé dans le même sens en 1 JS6, et peut-être en réalité l'échange des gaz entre le sang et l'air est-il moins mécanique qu'on ne le croit. Le tissu pulmonaire est un tissu rivant, et peut posséder quelque action spéciûqae.

3;2 BESPIRATION

explique le déîragemenl de CO^ par l'intervention d'un acide. Elle repose sur le fait que l'oxyliémoglobine peut jouer le rôle d'un acide en présence d'une solution alcaline, et chasser C0-. C'est probablement ce qui a lieu. En somme CO^ est chassé des hématies par l'oxygène qui arrive pour se combiner avec l'hémoglobine, et les hématies oxygénées, probablement entourées d'une atmosphère d'oxygène agissent sur CO- du plasma comme les corps inertes — poudre de lycopode — revêtus d'une petite couche gazeuse, chassent CO^ du plasma par un processus en partie chimique, en partie mécanique. C'est durant l'inspiration surtout que se fait l'expulsion de CO^ ; celle-ci s'accélère avec le rythme respiratoire, jusqu'à une certaine limite après laquelle CO- n'augmente plus dans l'air expiré, et est d'autant moins abondant que la respiration est plus fréquente. On notera que la diffusion de C0=^ hors du sang étant bien plus un phénomène physique que chimique (alors que l'absorption d'O est surtout un phénomène chimique), cette diffusion cesse d'avoir lieu dès que la tension du CO^ extérieur fait équilibre à celle de CO^ sanguin ou lui devient supérieur; dans ce cas, il y a absorption et non exhalation de CO^. Ce fait a son importance ; et nous voyons en effet que si l'être vivant peut absorber jusqu'aux plus minimes quantités d'O, dans le milieu où il respire, il ne peut continuer à vivre dans un milieu où la proportion (ou tension) de CO^ dépasse certaines limites ; l'air confiné est donc plus nuisible par la présence de CO^ que par la diminution d'O. En outre, nous avions raison de dire plus haut que les alternatives de compression et de décompression de l'air des vésicules, produites par l'alternance des mouvements respiratoires, représentent un fait important pour les échanges gazeux. En effet la tension de l'air vésiculaire étant faible en inspiration, CO^ se sépare plus aisément du sang ; puis l'expiration augmente la pression du même air, ce qui facilite la pénétration d'O dans le liquide sanguin d'où CO- vient de partir.

Page 1