Tatf en allemand offlw, en grec t
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À.çvin8 et le reste. Je suis présente par les dienx en toutes choses, et je pénètre toutes choses. Je suis le principe de tous les êtres, et je souffle partout comme le vent. » Quels sont les maîtres de cette 3irole et de cette prière? Les brahmanes. Les brahmanes sont donc des dieux sur la terre. Brahma luiiême déclare dans un Pourâna <( qu'il mange par leur bouche, qu'il ne sait aucun être qui leur soit égal, qu'ils sont des dieux. » Les voilà au sommet es choses, et l'on cominrend que parmi de pareilles iroyances leur empire se soit fondé pour toujours.
Considérons maintenant ce système entier, concept
ions et institutions, et voyons ce que, sous son effort,
ievient la vie. L'âme des choses, l'être indéterminé,
Brahma, se développe, et son développement est le
monde. Ce développement n'est point séparé d© lui;
c'est lui-môme qui coule, s'épand et sort de lui-même,
comme le ruisseau de la source, comme l'arbre de la
semence, comme la toile de l'araignée. Mais ce
monde, qui est son être, n'est que son être amoindri
et altéré. Â mesure que la substance primordiale
s'éloigne d'elle-même, elle empire, et les divers degrés
de son émanation continue ne sont que les divers
degrés de sa dégradation croissante ; au premier rang
le monde des dieux et de la lumière, au second celui
des hommes et de la passion, au troisième Celui des
bêtes, des plantes, de l'obscurité et de la matière.
Ces manifestations successives de Brahma ne sont que
Brahma brisé, troublé, tombé, chaque fois tombé plus
bas. Le monde est une pourriture, la vie un mai, la
terre un gouffre de misères. Il n'y a de perfection et
de bonheur que dans l'existence immobile et vide, et
le souverain bien pour tout être est de s'enfoncer de
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nouveau dans l'immobile Brahma d'où il est sortA Un pareil dogme indique et maintient le désespoir incurable, le dégoût universel de la vie et récrasemen'. complet de toute la personne humaine. Tel était l'état de notre Europe lorsqu'un dogme semblable se montr. chez les alexandrins, chez les gnostiques et daii^^ toutes les sectes mystiques qu'engendra l'oppressio/. romaine. Ici, pour comble de misères, il s'ag^g^rav^ , encore d'une doctrine pire. Non seulement la rie e?/ un mal, mais c'est un mal où l'on retombe après la mort. Les âmes émigrent de corps en corps, daas Jticorps de toute espèce, pierres, plantes, animaux, dieux, hommes, sans trêve ni repos, pendant àe> ( millions de siècles, en haut, en bas de l'échelle, précipitées, selon le degré de leurs fautes, dans les con- ' ditions les plus lamentables et les plus viles, quelque- I fois dans les vingt-huit enfers, où elles épuiseront la>' ' supplices calculés, raffinés et prolongés par des imaginations de condamnés et de bourreaux. Le mal, situé et enfoncé au centre et au cœur des choses ; le . mal, multiplié et étendu à l'infini dans tout Yau-delà \ qui entoure la vie humaine ; le mal, agrandi hors de i toute limite par les inventions atroces d'une imagination gigantesque et déhrante, voilà l'idée maîtresse qui dans la vie spéculative les accable, et dans la vie pratique ils trouvent des maux presque aussi grands.
Car le despotisme y est partout. De toutes parts ' l'action est barrée et la volonté brisée. Dans l'énervement général, les royautés militaires se sont chang:ées en tyrannies arbitraires, et les supplices, les exactions, les dévastations, toutes les misères des gouvernements orientaux ont commencé. Les barrières des castes sont infranchissables, et chacun
ît lié à son état comme par une chaîne de fer, ien plus, tous les moments et toutes les parties e la vie sont réglés, et il n'y a plus dans l'homme n seul mouvement qui soit libre. La tyrannie eccléiastique, bien plus étroite que la tyrannie laïque, l'a rien laissé chez lui qu'elle n'ait lié et garrotté, ja multitude des prescriptions est infinie. Toutes jont saintes, et la grifife intérieure du scrupule est là 30ur les imprimer dans la conscience terrifiée. Il y en i pour tous les détails du culte et des cérémonies, pour les diverses sortes d'invocation, de prières, d'offrandes, de libations, d'ablutions, de vœux, de fumigations. Il y en a sur les habits, les parures^ les mœurs, l'étiquette de chaque caste. Il y en a sur le boire, sur le manger, sur la manière d'aller, de venir, de se coucher, de dormir, de s'habiller, de se déshabiller, de se baigner, de se parfumer, d'accoucher, d'uriner, et le reste des fonctions corporelles. Figurez-vous les innombrables pratiques qui occupaient la journée d'un moine dans le couvent du moyen âge. C'était un péché d'avoir marché trop vite ou d'avoir levé les yeux à l'église; la contrainte est pareille ici, seulement elle est centuplée; aucun rigorisme, non pas même celui des pharisiens, ne l'égale. Nulle mémoire ne peut retenir la variété infinie des prescriptions, et la moindre omission est un péché. Nulle attention ne peut éviter les incalculables occasions de souillures, et la moindre souillure est un péché. Le fidèle est souillé non seulement par l'attouchement d'un cadavre, d'un tchândâla, mais encore par l'approche d'un lieu où l'on a mis les restes d'un homme ou d'une bête, des os, des cheveux, des ongles, des ordures, par l'emploi d'un vase non purifié,
par l'haleine d'un homme qui a bu de l'ea^u-de-vie ou , qui a mangé de TaiL A chaque faute correspond \m expiation, purifications par l'eau et la bQuse de vache, récitations de prières, pénitences quelquefois plus terribles que les macérations de nos moines. Celu: qui involontairement a tué une vache doit se revêtir de sa peau et se tenir trois mois ainsi accoutré, jour et nuit, dans son dernier pâturage. Celui qui a bu volontairement de l'arak doit avaler une liqueur bouillante jusqu'à ce que ses entrailles soient brûlées et qu'il meure. Par ce seul trait, jugez des terleurs religieuses. Songez encore qu'il y a vin^-huit enfers effroyables; que tout péché, toute oznissioD d'une pratique, toute imperfection dans une pénitence, tout oubli dans une expiation peut y plonger; qu'on n'en sort que pour errer misérablement à Tin- i fini de corps en corps, pour être un ver, un serpent, I un crapaud, un tchândâla; considérez les scrupules sans cesse renaissants, les angoisses de ces imaginations exaltées et fourmillantes, et vous comprendrez le désir de la délivrance finale qui, comme un cri passionné, continu, sort de ce puits de désolation.
Comment atteindre cette délivrance 7 Le besoin en est si fort, que les chefs de cette société y aspirent et que la loi même en indique le chemin. « Que le « brahmane, dit Manou, lorsqu'il remarque que ses « muscles deviennent faibles et ses cheveux gris, et <( lorsqu'il a vu un fils de son fils, se retire dans la so- « litude avec sa femme. » Qu'il s'exerce aux absti- ( nences, aux mortifications, à la prière; qu'il jeûne et \ veille, qu'il expose son corps nu au mauvais temps ' pendant la saison des pluies; qu'il se tienne debout entre quatre feux, sous le soleil ardent, pendant la
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saison chaude; qu'il supprima en lui toute passion et tout désir. Gela fait, il quittera sa femme, renoncera à toute compagnie, ne mangera plus qu'une fois par jour, vivra d'aumônes, effacera de son esprit toute volonté et toute idée sensible, et ainsi simplifié, épuré, détaché, il se trouvera affranchi du mal. En effet, ceci est un remède, A force de s'endurcir, rhomme devient insensible; h force de se réduire, l'homme cesse de donner prise à la douleur. A ce moment s'ouvre une nouvelle voie. La spéculation savante va commencer, et les écoles de métaphysiciens vont s'établir. La solitude a provoqué la contennplation; l'ascète est devenu philosophe et les seetes de raisonneurs vont se heurter. Les uns, conformément au dogme, posent d'abord qu'il n'y a qu'un seul être : Brahma, l'être indéterminé et pur, sans qualité ni forme, dont les créations particulières ne sont que les métamorphoses et les dégradations, puis, développant le dogme, ils ajoutent que le monde est une illusion, qu'au fond rien n'existe en dehors de Brahma; que la science consiste à reconnaître le néant des choses ; que le sage, au terme de sa méditation, cesse de croire h son existence distincte et n'aperçoit plus que l'être vide hors duquel il n'y a rien. A côté de ces penseurs orthodoxes * paraissent les penseurs libres % avec le môme but, qui est la délivrance, et par le même moyen, qui est la découverte d'une illusion, Les premiers affranchissent rhomme de la nature en lui déclarant que la nature n'existe pas; les seconds affranchissent l'homme de la nature en lui déclarant que l'âme est une monade