‹ Nouveaux essais de critique et d'histoire (volume 4)Chapitre 18 sur 33 · Préface de AU for love · texte numérisé non relu

Préface de AU for love

2. Sa conduite envers Vendôme, dans la campagne de Flandre est presque égale.

RACINE

Ce seul mot, le dernier, tout chrétien, indique la délicatesse d'une pareille âme; il est devant sa maîtresse comme dans son oratoire. Un amour si pur ne va point sans une piété filiale et une pudeur extrêmes ‘.Et tel est l’amour dans toutes ces

tragédies ; les sens semblent n’y avoir aucune part;

on n’en parle pas même pour en triompher, comme dans Corneille ; ce n’est qu’une amitié sublime et plus tendre, qui est contente pourvu qu’elle obtienne en retour une amitié pareille ; cette certitude lui suffit et suffit à un dénoûment, au plus touchant de tous, celui de Bérénice. Bérénice sait qu’elle est aimée; c’en est assez pour lui donner la force de consommer son sacrifice, et quand elle le fait, c’est du ton le plus uni, en l’atténuant, trouvant des raisons contre elle-même, sûre que ceux qui l’écoutent ont le cœur assez noble pour comprendre la noblesse du sien. De même encore dans Esther :

Oui, vos moindres discours ont des grâces secrètes ;

Une noble pudeur à tout ce que vous faites

Donne un prix que n’ont point les diamants ni l’or.

Quel climat renfermait un si rare trésor....

De l’aimable vertu doux et puissants attraits,

Tout respire en Esther l’innocence et la paix ;

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