‹ Nouveaux essais sur la peine de mortChapitre 10 sur 21 · Le droit qu'a le souverain d'in · texte numérisé non relu

Le droit qu'a le souverain d'in

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« fliger la peine de mort, comme toute « autre peine, ne dépend donc pas delà « cession des droits que chacun avait « sur les autres.

6. « Au même instant que j'ai déposé « dans les mains du chef de la société « le droit que j'avais sur la vie des au- « très , ceux-ci lui ont confié le droit « qu'ils avaient sur la mienne.

y. « Et c'est ainsi que, moi et les au- « très membres de la société, sans céder « notre droit à la vie, nous sommes « également exposés à la perdre, si nous « venons à commettre ces excès contre « lesquels l'autorité législative a pro- « nonce la peine de mort. » [Science de la législation, tom. IV , chap. 5 , pag. Zi et suivantes.)

RÉPONSE

i . Les deux premières propositions ne prouvent rien en faveur de la prétendue légitimité de la peine de mort. La

troisième proposition n'est autre chose qu'un sophisme : car la perte d'un droit n'est pas toujours éprouvée par un criminel.

2. J'ai démontré, en réfutant Mably, que le droit de se défendre ne doit pas être confondu avec le droit de punir.

3. On a tiré de la nécessité de se défendre , dans un danger imminent , des inductions tellement erronées, qu'elles ont fait regarder comme choses exactement semblables, la cessation et la durée dune attaque criminelle , le pouvoir et le droit, la défense et la punition.

4- Quelle est donc cette législation qui, établissant le droit de tuer, au lieu de le détruire, nous apprend que, d'après la loi naturelle, chacun est fondé à s'armer contre tous ; que tous doivent s'armer contre un seul ; qu'un droit arbitraire a été transmis à la société ; qu'un pouvoir usurpé par le despotisme est

un droit qui lui appartient légitimement, et que la concession en a été faite par la société !

5. Les droits que, dans l'état de nature, nous avions les uns sur les autres, ne consistaient que dans le pouvoir.

Mais ce pouvoir ne fut-il jamais en opposition avec la justice? S'il était juste, on n'avait pas besoin de le transmettre; on ne devait pas craindre d'en user soimême; s'il était injuste, la concession en était absurde ; elle n'a été que supposée; on en parle comme si elle était réelle. On a voulu adoucir, sous le nom de cession de droits , une véritable usurpation faite par le souverain , au préjudice de la société, usurpation d'autant plus funeste , qu'elle a eu pour effet la condamnation d'un nombre infini d'innocens à une peine dont l'injustice est irréparable.

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