PREMIÈRE LETTRE
« Quand tu liras cette lettre , je n'exis- « terai plus ; un fer cruel aura tranché « le fil de mes jours que je t'avais conte sacrés avec tant de plaisir. Mais telle « est la destinée; on ne peut la fuir en « aucun cas. Je devais être assassiné ju- « ridiquement. Ah ! j'ai subi mon sort
« avec constance et un courage digne « d'un homme tel que mcfi. Puis-je es- « pérer que tu imiteras mon exemple ?
« Ta vie n'est point à toi , tu la dois « tout entière à tes enfans et à ton « époux, s'il te fut cher. C'est le seul « vœu que je puisse former.
« On te remettra mes cheveux , que « tu voudras bien conserver, et lorsque « mes .enfans seront grands , tu les leur « partageras ; c'est le seul héritage que « je leur laisse.
a Je te dis un éternel adieu. Mon « dernier soupir sera pour toi et mes « malheureux enfans. »
N. B. La lettre ci-dessus était adressée à la citoyenne "veuve Lesurques.