SUR LE PREMIER AI.CBBIADE
IlfITU PHILOSOPHIiE AC THEOLOGIiE eX PlatOlUClS fontWuS
ducta , swe Procli et Olympiodori inPlatonis Alcibiaâtm commentarii; ex codd. manuscr, nunc primwn edidit Fried. Creuzer., FrancofurtiadMœnum; pars prima 1820, parssecmida 1821.
Quoiqu'on ait, dans ces derniers temps, attaqué avec des raisons assez spécieuses l'authenticité du premier Alcibiade ', l'école platonicienne a toujours regardé ce dialogue comme appartenant à Platon et comme un de ses meilleurs ouvrages , et même comme
* Voyez conlre Tauthenticité de TAlcibiade , Boeckh , dans l'édition de Buttmann , p. 2io; Schleiermacher , Platon s Werke Einleitung zu Alcibiades^ T. i*"^; Ast, Platon' s* Leben und Schrifften y p. ^^5; et, en faveur de Tautlientîcité d« ce dialogue , Thiersch, Wien.'^arhuecher j 1818, vol. iii", p. 59 ; Socher, Ueber Platon* s Schrifften, p. 1 1 a-^ 118; et notre Argument de r Alcibiade ^ trad. française de Platon , T. V.
PROCius. >a65
celui qui sert d'introduction à tous les autres, et, pour ainsi dire, de degré pour arriver jusqu'au sanctuaire de sa philosophie. En ei^, YAlcihiade traite de la nature humaine ; or , c'est avec nous-mêmes et les facultés dont nous sommes doués que nous étudions et connaissons toutes choses. S'ignorer soi-même, c'est ignorer le seul instrument dont on puisse se servir; c'est ignorer la .mesure de ses forces, par conséquent se condamner à les employer aveuglément et s'exposer à mille aberrations- X.a connaissance de nous-mêmes est donc la condition de toute connaissance régulière. Il y a plus : nous ne pouvons nous faire aucune idée ni de la cause première ni de la substance infinie, si nous ne nous faisons une idée claire de ce que c'est qu'une cause et une substance; et cette idée, rien ne peut d'abord nous la donner que nous-mêmes. C'est en nous , c'est dans le sentiment de notre activité volontaire et libre, et dans le sentiment de l'existence une et permanente que cette activité constitue, que nous puisons les notions de substance et de cause qu'une induction sublime, fondée sur une observation d'autant plus sûre qu'elle nous est plus intime , transporte immédiatement et au monde extérieur dont elle nous révèle les forces limitées mais réelles, et à celui au-delà , duquel il njr a plus rien à chercher en fait de cause et en fait de substance, et qui est
Texistence et l'activilé étemelle et absolue. Ainsi y soit quand on entre dans le fond des dbbsesy soit quand on s'arrête à la question préliminaire de toute sage philosophie, celle de la méthode, on reconnaît que l'étude de la nature humaine est la préparation nécessaire à toute connaissance légitime , et que la psychologie sert de base à l'ontologie et à la théologie elle-même. Voilà ce qui peut expliquer comment M. Creuzer a donné à une édition de deux commentaires sur le premier Alcibiade le titre ai Initia philo sophiœ ac theologiœ.
Mous ne nous occuperons ici que de la première partie de^cette édition, c'est-à-dire du commentaire de Proclus. Marsile Ficin avait traduit en partie ce commentaire ' ; Bentlej^ Fabricîus ^ et Gessner ^ en citent quelques passages. M. Crei^zer en avait donné un fragment considérable à la suite de son édition du chapitre de Plotin sur la beauté ^. Enfin l'auteur de cet article le publia tout entier dans sa collection complète des œuvres inédites de Proclus d'après les manuscrits de la bibliothèque royale de Paris ^. Mais heureusement pour Proclus , presque simultané-
^ Venise, 1497» i5o3, i5i6. Lugduni, i549-
* Epist ad MilL p. 3 sq. Oxon. — • Sext. Ëmpiric. p. 3g;.
* Fragmenta Orph, p. 407 ; éd. Hermann. p. Soy .
* Heidelberg, i8j[4> ?• 77-126,
* t^ari$,6yo), 18:50—1827,
PROCLUsi' 267
ment l'édition de Francfort, en comblant les vœux des amis de la philosophie ancienne, exprimés par Téditeur français lui-même, vint répandre sur les pages obscures du philosophe alexandrin toutes les lumières de l'érudition allemande et d'une expérience consommée. Un peu plus avancés dans la connaissance de la philosophie grecque que nous ne l'étions à cette époque, c'est aujourd'hui pour nousulie récom/ pense suffisante de nos premiers efforts , d'avoir pu nous rencontrer, à notre début, dans la même pensée et sur la même route que M. Creuzer, et d'avoir fait nos premières armes avec un vétéran couvert de gloire. Et certes nous ne croyons pas faire ici un grand acte de modestie , en cédant l'honneur de cette première journée à un pareil adversaire, et en avouant loyalement que l'édition de Paris ne vaut pas celle que nous annonçons, M. Creuzer a eu à sa disposition dix manuscrits, trois de la biblothèque de Munich', un de Venise ^> un de Hambourg^, un du Va-
* N» 435 , du XV siècle ; n« 807, du XVI« siècle ; n» 4o3, d^ XV* siècle. Hardt , dans son Catalogue des manuscrits grecs de la bibliothèque royale de Munich , T. rv, parle d'un manuscrit , n° 98 , qui n'y est plus.
M. Creuzer ne donne sur ce manuscrit de Venise aucun détail , ni le numéro , ni l'âge.
• N® C, 1 3 , apporté à Hambourg par L. Holstenius , copié dé sa «bain sur les manilscrits du carànal Barberini^ et coUationpé sur un jfnanti?jcrit de Peîr^.
a68 PROCLus. '
tican ' , un de Leyde * , avec trois fragments tirés d'un manuscrit de Darmstadt ^ et de deux manuscrits du Vatican ^. Malheureusement tous ces manuscrits ensemble ne complètent pas le commentaire de Proclus, qui, dans les plus étendus , ne va guèrç que jusqu'à là moitié de VMcibiade ^. De plus , tous ces manuscrits sont défectueux ; tous sont remplis de lacunes j peu considérables , il est vrai , mais très-fréquèntes , surtout sur la fin ; et ceux qui ont un peu moins de lacunes que les autres ont des leçons plus vicieuses. Il semble donc que la raison et la nécessité demandaient que le texte fat constitué, non sur un seul manuscrit , mais sur la collation * de tous , de sorte que les lacunes des ims étant comblées par les autres, et les mauvaises leçons de ceux-ci réparées par les meilleures de ceuxlà, la totalité des manuscrits donnât ce qu^on n'aurait pu tirer du meilleur pris isolément, savoir le vrai texte, ou le texte probable de Proclus. En effet, telle doit être une édition
^ N* io32. Cest le plus ancien de tous les manuscrits de Proclus sur rAlcihiade.
* N« 24 , récent.
* Du XIII« ou XIV* siècle, dit M. Creuzerdans SAprépa^ ration au chap. de Plotin sur la beauté, p. i38.
* Vaticano-Palalin , N ' 63 . Vaticano-Ottobonien . N* a4i . Ov^cv oipa Twv xa^âv, xaOoaov xcc^ôv, xgcKoV} ov^f tnv al7j(p^%
JtaOôoov aiff^iv, àyoeçy, Ôv ^wt«i. Bçkk. p, 3zd.
vraiment critique; et nous regrettons que M. Creuzer se soit contenté de publier les matériaux d'une édition définitive, au lieu de la faire lui-même , et que, pouvant tirer un excellent texte de tous ses manuscrits réunis et comparés , il se soit résigné à prendre pour base celui de Leyde, qui est très-défcctueux , sauf à le rectifier dans les notes par les variantes des autres manuscrits. Il en résulte qu'à moins de faire sur l'ouvrage de M. Creuzer, sur son texte et sur ses notes, précisément le travail d'un homme qui voudrait lui-même donner une édition nouvelle de ce commentaire de Proclus, on est réduit à un texte perpétuellement vicieux et qui peut induire dans toute sorte d'erreurs. M. Creuzer prétend que c'est l'usage de toute édition princeps d'être ainsi fondée sur un seul manuscrit; mais d'abord nous avons bien quelques raisons pour ne pas regarder l'édition de Francfort comme la vraie édition princeps. puisque cette édition en cite une autre; ensuite, si les premiers éditeurs ne donnent souvent qu'un seul .manuscrit, c'est qu'ils n'en ont pas davantage. Enfin , on peut , à la rigueur, concevoir ce procédé quand il y a ^h oaftnuscrit célèbre , supérieur à tous les autres, et par son antiquité et par la bonté de ses leçqns, e^ dont on croit devoir reproduire jusqu'aux défauts, parce qu'ils sont extrêmement-, rares ; ou lorsqu'il s'agit d'un auteur classique dont la diction inspire un
H'JO PEOCLUS.
respect si religieux qu'on se contente de donner le texte ordinaire et de rapporter en note les leçons diverses les plus minutieuses^ sans oser ^ se prononcer entre elles, ou du moins sans oser introduire dans le texte celles qui paraissent préférables. Mais ici nous avons affaire à un philo^phe du Y" siècle , dont le style est excellent ) sans doute pour le temps, mais ne peut imposer à la critique aucun scrupule superstitieux. D'autre part, le manuscrit de Leyde n'est ni plus célèbre , ni plus ancien que les autres ; il est même inférieur àceluiduVatican, car s'il présente un peu moins de lacunes , ses leçons sont généralement beaucoup plus défectueuses, et, au lieu du petit nombre de secours que possède ordinairement un premier éditeur, M. Creuzer avait en sa main ce qu'un dernier éditeur se trouverait trop heureux d'avoir pu recueillir , une collation de dix manuscrits. Si M. Creuzer cherche des exeiapies autour de lui, il n'en trouvera pas qui le justifient: car si M. Âst' et M. Stallbaum, les seuls qui , dans ces derniers temps en Allemagne , ' avec M. Creuzer, aient publié des manuscrits grecs philosophiques, ont pris pour base de leur texte im seul manuscrit, c'est faute d'en
' Dans son édition du Phèdre y Leipsig, 1810, M. Ast a publié le Commentaire inédit dllermias sur le Phèdre y et M. Stalbaum a- publié celui d'Oljmpiodore sur le Phiièbe , dans son édition de ce dialogue , Leipsig, 1821.
avoir plusieurs. En Italie, M. Mai peut donner la même excuse ; mais quiconque a pu faire autrement n'a certainement pas manqué de le faire, et n'a pas abandonné à un futur éditeur la tâche qu'il pouvait remplir lui-même et l'honneur d'une édition critique et définitive. Nous ne citerons pas à M. Creuzer notre propre exemple pour le commentaire de Proclus sur le Parménide, où, n'ayant que les quatre manuscrits de la biblothèque royale de Paris, nous n'avons pas hésité à choisir entre les leçons de ces quatre manuscrits, et à essayer d'en tirer le meilleur texte possible. Mais nous lui proposerons un exemple qu'il ne récusera pas sans doute, celui de M. Boissonnade, qui, dans son éàîXxon princeps du commentaire de Proclus sur le Cratjrle ', a, malgré sa circonspectipn ordinaire, employé librement les deux manuscrits qui étaient à sa disposition , et , sans s'assujétir" à aucun d'eux, les a fait concourir à l'établissement du seul texte légitime.
Au reste, nous laisserons ici de côtelés discussions philologiques qui se rapporteraient plus à l'éditeur ou aux éditeurs de Proclus qu'à Proclus lui même, et ne seraient guère à leur place, quand il s'agit d'un ouvrage très-célèbre, oMl? très-peu connu, et sur lequel l'attente du monde savant, depuis long -temps excitée, a besoin
* Procli Scholia in Cratylum, Leipsîg , 1820.
a^a PROCLirs.
Jêtre satisfaite. On veut savoir ce que renferme ce vieux monument, soit sur les idées philosophiques de Proclus et de Fécole à laquelJe il ap partient , soit sur le système mythologique que les Alexandrin» mêlaient sans cesse à leurs spéculations , soit enfin sur toute l'histoire de la philosophie grecque , où il y a encore tant de lacunes , tant d'époques obscures , tant de noms et même d'écoles dont la célébrité est restée purement traditionnelle , faute de monumens qui aient traversé les âges. C'est sous ce dernier rapport que nous étudierons spécialement ce commentaire de Proclus sur YAlcibiade. TSous rechercherons soigneusement toutes les données historiques qu'il peut contenir, toutes les lumières nouvelles qu'il peut jeter sur les systèmes philosophiques antérieurs et contemporains.
De tou'es les époques de la philosophie ancienne , celle qui manque le plus de monumens positifs, est et devait être la première qui s'étend jusqu'à Socrate; cette époque, où l'esprit grec , sortant peu à peu des liens de l'orient , et des mythes étrangers qui entourent son berceau, se cherche, pour ainsi dire lui-même, et marche à travers les routes les plus diverses, et par toute sorte de tentatives plus ou moins heureuses , à cette pïireté et à cette sévérité qui le caractérise, lorsqu'il est arrivé enfin à sa véritable forme dans la seconde époque de la phi-
PROGLUS. a73
losophie y sous les auspices d^ Platon et surtout d'Aristote. La première est un pénible enfantement de la seconde, une période de tâtonnemeits dont les monuments rares et fragiles n'étaient pas de nature à traverser les siècles. En effet y c'étaient la plupart du temps des poèmes que leur auteur confiait à la mémoire de quelques amis, ou renfermait dans le secret d'un temple ou d'une étolc!. '^Les Ioniens seuls se distinguent déjà par le goût de la liberté ; ils aiment la publicité, font des expériences, imaginent des hypothèses, et, sans abandonner la poésie, commencent la prose. Mais la gravité dorienne s'enveloppe encore de mystères, n'écrit qu'en vers , et retient les habitudes de l'esprit sacerdotal et oriental. C'est par-là précisément que l'école pythagoricienne était chère aux Alexandrins, qui dans leur prétention de réunir la philosophie et la mythfrfiogie, la Grèce et l'Asie, devaient surtout porter leurs regards vers le système et le lemps où çlles n'étaient pas encore nettement séparées. Aussi est-ce à eux que l'on doit d'avoir sauvé beaucoup de fragments précieux de ces premiers âges ; on les accuse même d'en avoir fait eux-mêmes , quand ils n'en trouvaient pas, ou d'avoir arrangé, développé et systématisé à leur manière le petit nombre de sentences ou de vers échappés au naufrage.
Cette accusation porte particulièrement sur une partie des j?oésies orphiques, et sur ces autres
.^.o'3 ^ituidaïques y parce qu^eltes oDt .. , •. otmctefi, qu^'dles passaient poiir- ♦être , ^ntoniBircnicsit 8e l'cment, fit j^w^ :iic. ans: <irecs ce quTk appelaiertt a vj« ^frunts^'Pt^ Qpoi quH en «oit^ à lai riicur- ue r«ul3»eolicité de ces poésies^ il nest ,i»> Ticiiaaf vrai qœ, pares cm altérées, airan- 'ft*H^em rartîe oa même total^Becit controorées, ïe»^ îià««s ScNBdameDtales qa elles espriiDeait n'âppuBli e im ent point a leurs redacteors jlexandMBSy et: remontent traditionneUeEDcnt à la plus haute antiquité. La forme peut en être plus ou moins récente, même dans ses archatsmes a£Pectés , mais le fond est certainement antique. Aussi la critique moderne, qu'on n^accusera pas de complicité avec les Alexandrins, st-t-elle recueilli les moindres p£ù-celles de ces débris eu* rieux ; et même, a défaut de fragments nou- Tcaux, elle a rassemblé ayec le scrupule le plus minutieux toutes les Tariantes de quelque intérêt qui pouvaient la conduire à mieux comprendre ces textes obscurs et à les bien constituer. Nous citerons donc ici tous les fragments orphiques que contient ce commentaire de Prochis.
Page 64 et 65. Le Théologien des Grecs eq>pette r amour aveugle:
MoumMant dans son coeur Tayengle^ rindomptaUe
Page 74- Dans Orphée, Jupiter dit à sùn père Kronos :
Guide notre race , illustre démon.
Page 66. Le Théologien dit :
Le mol amour et l'intelligence funeste.
Et ailleurs :
Ceux auxquels s'attache ce puissant démon , il les poursuit sans cesse.
JSt ailleurs :
L'inteUigence , la première puissmice productive , et le charmant amour.
Rac piTiri; irpuTOçysvsTCûp xaiepo); TroXvrtpinic.
Ailleurs encore :
Une seule puissance , im seul démon , maître souverain de toutes choses.
Év xparo;, it; ^J(lpt6>v yivrropéya; àp;^o;a7rxvT»v*
Page 83- Et comme Orphée représente Bacchus sous la direction d Apollon qui le dé" tourne de se mêler aux Titans et V empêche dêtre détrôné , de même....
Kai pt ^oxei 9 xaOairsp Ôpçcùç sçi(yTriÇi t$ PacxAeî
a^ô PsocLtrs.
«râssu; t«Ù ^Ixat^uiu Opôvou lutt ^poufoEiff» xinôt Éï|{ponTOV tv Tv; Jv<&ati, xoctÔc tk ccùrà o^ xaî 6 SuxpÂrsu; JoîjXAtv xEsiaysiV |(iv tt-îniti tU tÎ|V <<OEp«v «^ UdTrr.v, é;> EytLv Â( Tùv «pi( Toù; noUoùf ouvouoiûv. KaV -]fàç
ToQ, à ii ZiMpctTou; ^oyot tû âlovû^u.
Page aig — 220. La loi est le conseiller de Jajfiter, comme dit Orphée.
Mi^tifOifàf à vDftOïTOû Aise, ûc fqsiv ô Opfiûc.
Ruhnken , dans ses recherches sur les commentateurs de Platon, avait déjà trouvé ces fragments orphiques dans ce commentaire alors inédit de Produs j des mains de Ruhnken ils passèrent dans celles d'Ernesti, puis dans celles d*Hambcrger, qui les ajouta à Fédition de Gesner. Hermann les a reproduits dans la sienne, pages 5o7-5o8, Fmgment. Orph. inédit. Bentley, Ëpist ad Mill., en avait, de son côté, cité quelques vers. De ces passages , les deux derniers , le premier et deux vers du troisième ne nous ont été conservés que par ce commentaire ; les autres vers, savoir, ôpflou S'^iiieTÉpiiv... ' K(ci (t^t!. . . * Êv xpKToç,,.' se rencontrent aussi
' Proelos, lur U Ttmie, ii* part. , p. 63.
* Proclus , sur le Tintée , u* part. , p. 1 02 , m' put. , p. i56. Eusèbe , Prœparat. evangel. , m , 9.
* Procins, l'n Timaam, m' part., p. 174- Eusâ»e, Praparat. evangeî. , nr , 9. Glem. Alex. , Stromat.
Pfiocxrs. 277
dans d'au tf es ouvrages de Proclus, et dans plusieurs autres auteurs. Nous remarquerons seulement que la leçon cir'ï/vD, au lieu de èirfc^jvij, donnée par Gesner et Bentley, est ici conûrmée par le manuscrit du Vatican , D., et les deux manuscrits de Munich, A. B.; et la leçon ei»(t- SiSaàç) que donnent Bentley et le manustrit de Paris, par les manuscrits G. £. de M. Greozer.
Pour épuiser les documents orphiques que fournit le commentaire de Proclus, il faut encore faire connaître ici un fragment qui ressemble beaucoup, il est vrai, à un des fragments précédents, mais qui contient un demi -vers remarquable ;
P. 233. Là est Jupiter qui voit tout et le mol Amovr,
Kal yàp [a^tiç hri rpôroç yevtTwp x«l Èf<dç iroX^ Tepir^ , xffi ô Epcdç rpoetoty ex tou àioç %oX a^frjTçé^rin T^ Âti irpcoTcoç Iv Totç voTïTo;;* «ce? yàp i Zeuç 4 iroWirniiç £(771 xal à^po; Epa>;, <ô; Ôpf su; f 7i<7iv.
. L'expression Zeù; 6 iravoTTrY); ne se trouve guère que là et dans le commentaire de Proclus sur le Tintée, Ih part. , p. 102.
Quant aux oracles chaldaïques, voici ceux qui sont cités dans ce commentaire sur XAlcibiade:
P. 26. Le Père a mis dans toute chose le lien enflammé de Tamour.
ïlact yap, ûç toc Aoyia çyigiv, éve^riçetpev 6 iraTi^o
J«(y(/.OV TTUpiêpiÔY) Ép WTOÇ,
* p. 4^. Ne r^ardez pas les dieux qae le corps ne soitporifié.
Aïo xaloîdeol TrapoxeXeuovTai [itI irpoTepov eiç èxeivouç pX^miv, wplv ToTç iiA twv teXitôv fpa](Oû|t€v ^uvAf-
Ov TOf ;cpiî xttvovc at ^Uirtiv, irplv owpa Ti^tfOic.
Keci ^là TOOTO Tot Aiîyia irpo<m6>i(riv on Taç ^'ti^ctç OéXyovTeç âet tûv TeXerûv ânayoudiv.
P. 5i. Là est ronité paternelle
Ôicou icaTpoc:^ ptovoç iori, t4 Arfyiov ÇYierf P. 5^. Cette trinité gouverne et constîtae toutes choses.
ELxyTa yàp èv Tpwri Toîcrîe, çtktI to Aoyiov , xu&pvi* Tai Ti x«l JEm , xflil iiàrTouTo xal Tot$ Oeoupyot; oi Oeol iTflcpaxç^uovTai ^là t^ç Tpia^oç TauTTiç éoeuTO&ç t^ Oe^
ouvccTTreiv.
P. 64- I^ péflàtre tout et unit tout.
ToCtov yàp ^^ TÀv 6e&v ouv^ertxoy TrovTidV jiuiStfropa Xftl Ta A^yia xaXsî.
Pt 6$. Il s'élança le premier de rintelligence
Revêtu de feu , et comme un feu qui unit tout.
Ôc ex voov exOope Trp^roç
P. 117, L'étouffoir du véritable amour.
Ofirco yàp aÛTOv d év t^ ^ai^pcA 2(iixpaTY)ç è7t(k>vo(Àa->
cev, oMiTcep oI(Jiai, xaiTa Aoyia, icviyixov EpcdToç ttX7)9ouc.
P. i38. Le dernier vêtement qv! il faut dépouil-
PBOCLUS. 979
fer, c^est r ambition^ afin quêtant à nu y comme dirent les oracles....
Èajùn%^ yiixé^ effTiv âico^uT^oç 6 tiiç 9iXoTi|jiiac, iva yup^Teç , &ç qwi« to Aoyiov, y«yov<{T«ç éouroèç t^ 6«$ icpo(Tiipu<jci)ji.cv, loyoç xaOapoç xai eiXtxpivi^c yev<i[A8Vot , xai icflcvTaxaTaXiTCovTsçTà 7ca6ifi icepi yiîv, ficou icep héjf^ 0Tï,xal raiçOetaiç ^waîç éauroùç i^ofioié^œntç. P. 177. Sauvées par sa force....
2u^O(Aev0a iCé^ç âXxiiç.
P. 180. Jusquà ce qu étant à nu, ^omme dir^ sent les oracles....
. . . ?wç av yupYÎTiç yevofievu , xori to A(^ov, outok (juvaçô^ Toîç âtîXoiç eï^eai xai jj^tap wtoîç.
P. a45. Il faut fuir la foule des hommes qui marchent en troupeaux, nous disent les oracles...
KaTcaOev ouv âp)(^o(x.évoiç çeuxTÉov to wX^oç tôv ov- 6pwic«v Tôv âyeX-^îov tovTwv, ôç ÇTicn ri Aoyiov, xai ouTe
TaîÇ ^(âaiÇ OCÛTÛV OUTE Taîç iJtOTTJdt 3^ tVCdVYlTeOV.
Quelques-uns de ces fragments étaient déjà connus sans doute, niais d'abord ils suggèrent ou confirment d'excellentes leçons. Le premier, pàg. 26, donne iruptêpiôî, avec Patricius, Leclerc et Hermann , contre W6pt6pt6fl deGesner; le second, page4oy TeXeaO^ç contre TeXeoô^ de Leclerc. Ensuite le quatrième fragment, page 5a, est tout nouveau et ne se trouve ni dans Stanley, ni dans Patricius, ni dans Leclerc '• Le
* M. Creuzer, à l'occasion de ce quatrième fragment, etté