‹ Nouveaux fragmens philosophiquesChapitre 13 sur 15 · PROCXJ7S · texte numérisé non relu

PROCXJ7S

cinquième fragment, page 64, ne semble pas non plus se trouver ailleurs, ni les sixième, septième et huitième, pages 117, 1 38^ 177, ni le dixième et dernier, page ^45. Ainsi se montre déjii l'utilité de la publication de ce commentaire sur XJkibiade.

Il renferme aussi plusieurs passages importans relatifs aux pythagoriciens; mais comme ce ne sont point des fragments, mais d'assez longues allusions, au lieu de citer le texte grec, il nous suffira de donner en français une idée de chacun de ces passages.

Placé entre TOrient et la Grèce, ne pouvant résister à l'esprit nouveau qui décomposait peu à peu les mythes , et ne voulant pas non plus y céder entièrement, Pythagore eut le courage de ne pas consentir aux fables de la religion populaire qui dégradaient la vérité et faussaient Vintelligence, sans avoir celui de présenter la vérité dans sa simplicilé majestueuse et de donner à la philosophie sa véritable forme. Il prit donc un moyen terme entre ces deux partis, et cessant d'être sacerdotal, sans cesser d'être aristocratique, également éloigné de la soumission aveugle de la multitude à la foi populaire , et de l'indépendance philosophique et démocratique de l'école ionienne, Pythagore échangealesfablespour

en note un autre oracle qui , dans le manuscrit de Darmstadt, est rapporté à la marge et opposé à celui que Proclus pous a conservé.

PROCLUS. a8l

les symboles. C'était déjà un pas immense. Pytbagore défendit de divulguer le fond des mystères et ce qui n'était enseigné qu'aux initiés; mais il permit de le montrer symboliquement '. Aussi pour les Pythagoriciens tout était sym-» bolique, le langage humain ^ comme la nature : certains mots servaient de signes mystiques à certaines idées. Celui de père , par exemple , avait la vertu symbolique de rappeler l'âme à son auteur. Il est certain que Platon avait gardé quelque chose de l'esprit pythagoricien; mais Proclus* subtilise 9 quand il prétend que Platon emploie souvent dans Yy^lcibiadele nom de père et en général les appellations patronymiques dans leur intention py thagoricienne^ et lui-même est forcé d'avouer qu'appeler un homme par le nom de son père était d'ailleurs dans les habitudes homériques et dans l'esprit de la politesse grecque.

Aux yeux des pythagoriciens , la nature était im symbole d'un idéal invisible qui se révélait et parlait à l'âme par les formes mêmes de l'organisation physique. Entre toutes les formes, la figure de l'homme était éminemment symbolique : de là la science de lire le caractère dans les traits de la figure et dans toute l'habitude du corps ^, propre aux pythagoriciens.

* P. 25. Ta h â/ropprÎTOt; ft).ovfxeva ^tà t»v awfA6o7»v BTreriT- ^tuov «al TO fatvofuvov ccutmv ûg fxeîvuv tiv ^yvafAtvàTrtcxoviÇôjMvov TToptfvXxTToy. — ' Ibid,-^ * P. 94'

De tous les» attributs de la divinité , celui qui les avait le plus frappés était cette puissance bien* faisante, qui répand partout l'ordre et Fkarmonie avec le plus parfait à propos. De là le nom de

Ils appelaient ToXfxa * l'action par laquelle un être sort de lui-même pour se mettre en rapport avec un autre et agir sur lui , la force intérieure, l'énergie qui met une nature quelconque en dehors d'elle.

Selon les pythagoriciens, toutes les vertus ne sont que dés routes pour arriver à l'amour ^ , vérité profonde qui sépare les deux parties de la morale , l'une toute spéciale qui se compose de probité et d'exacte justice, l'autre de charité et d'amour ; vérité que le christianisme a popularisée et qu'Aristote exprime fort bien ^, lorsqu'il dit que si tout le monde s'aimaft il n'y aurait plus besoin de justice, parce qu'il n'y aurait plus de tien ni de mien ; et qu'au contraire, la justice fût-elle observéie, il y aurait encore besoin du lien de l'amour.

Pythagore disait que le nombre est la plus sage de toutes les choses, et qu'ensuite ce qu'il y a de plus sage est de donner aux choses les noms qui leur conviennent. C'est dans Proclus même ^ , et aussi dans lamblique, qu'il faut voir le développement de cette pensée.

*P. 121.— >P. iZn. — ^V. 2,7.1. — ^Mor. à Nicom.j vui , I. — « aSg.

Ce commentaire ne cite qu'une seule fois Empédocle, et pour rappeler qu'Ëmpédocle donnait à Dieu le nom de SçaTpoç ^ Quant aux pbilosophesf de l'école d'Élée , l'index de M. Creijizer porte, il est vrai, le nom de Parménide : mais il ne faut pas s'y tromper ; malgré l'index , il ne s'agit pas de Parménide lui-même , mais bien du dialogue de Platon, que le passage de Proclus désigne évidemment, puisque, quelques lignes après ces mots qui ont fait illusion à M. Creuzer, âerirep ili[i.a( ô IIap[JieviÂiQç àvo^i^aax», on lit dOev ii 2o>xpàT7)ç iirl TeXei tou &i4^oyou....

Il n'y a qu'un seul philosophe ionien cité dans ce commentaire, savoir, Heraclite, dont Proclus nous conserve ici un fragment entièrement nouveau, mais d'une difficulté qui fait trop bien comprendre comment les contemporains d'Heraclite

lui avaient donné le nom de lat,ùr&mç. S'il paraissait tel à ses contemporains , on peut penser X3e qu'il doit nous paraître aujourd'hui , à la distance de plus de deux raille ans. On en jugera par le fragment suivant. Proclus dit, à l'occasion de la démocratie et contre elle , que plus on se rapproche de Tunité , plus on est près de ce qui est vrai et" de ce qui est bien , et que plus on tombe dans le multiple et la multitude, plus on s'écarte de la raison. Il ajoute ^ : ÔpOôç o5v xai 6

*P. 1 15. Yoy ezSioTz. y EmpédocL y p. 277-292. — ^ P. 4®. — » P. 25S-256.

â84 * PROCLUS.

VEvvaîbç ftpccx^eiTO^ a^roaxopajti^s'. to TC>.fi6o; co; avouv xal âXoyi(JTO*/*Tiç yàp, ÇYiGi, vooçy) çpviv ^V}(iL(av ai^ouç TiTrtowv fg xai JiJaoxaXwv ^oetôv tc â[Jt.vXa>v , oiix ei^dreç on oî îco^^ol xaxot , ôXvyov ^à ctyaÔoi.ToiïTa |jlsv ô HpoéxXeiTo;. Au premier coup d'œil, ce passage est véritablement indéchiffrable ; mais il reste si peu de chose d'Heraclite, que c'est un devoir pour nous d'essayer de comprendre ce passage et de Téclaircir. Fabricius, qui connaissait le commentaire sur VAlcibiade par le manuscrit de Hambourg, en avait tiré cette phrase, qu'il avait insérée dans une note de son édition de Sextus Empiricus ' ; mais, ne la comprenant pas, il se contenta d'en citer le commencement : Ttç yàp aÙTwv , çtîci, vooç yi çpiiv , et la fin oti oî ttoXXoI xaxol, ôXiyoi Je âyaOoi, mettant dans l'intervalle le signe d'une omission ou d'une lacune. Ce n'était pas unelacune qui était dans le manuscrit de Hambourg , mais une portion de phrase inintelligible. Schleiermacher , qui n'avait pas le manuscrit de Hambourg, mais seulement la citation tronquée de Fabricius, n'a pas eu de peine à expliquer le commencement et la fin de la phrase *. M. Werfer a essayé de restaurer ce passage comme ilsuit:Tiçyàp,97iai, V(foç 7i çpÀv SvfjACû aîoouç ;Q7ctoT7fTCûV TE xai JiJaoxo- >iwv y^t\wi Te ôjAiXûî. Quce^ inquity mens sii^e sen-

*P. 397. — ^Muséum des Mterth. ^on Buttmann. , T. i«, 3« cahier.

Sas in multitudine inest verecundice , mansueiur dinis prcpcepHonumque el eorum quœ rfcrè sint pcpulo utilia. La correction n'est pas heureuse. D'abord, qui ne voit que cette locution , vooç ^ fpi^v ai^oui;, pour dire le sens de la pudeur, n'est pas du tout grecque ? Noo; et çp^^v sont absolus, et ne peuvent se rapporter à aJioîïç , encore bien moins à iiTctoTYîTwv et à îiiacrxaXiôv. Ensuite pourquoi le pluriel iQicioTïfTwv, sinon pour rendre compte jusqu'à un certain point de t^tci^cùv t« ? Il en est de même du pluriel JiSaaxa^iiûv- Xpeicov Te 6p,îX^, choses utiles au peuple, se rapportant au sous-entendu 7rpaY[xaT(i)v, et non à ^iSaaKaXicoy, est totalement inadmissible, sans compter que si Heraclite eût voulu dire que le peuple n'a pas le sentiment des choses qui sont utiles au peuple , il aurait répété ^Tfpwo. M. Creuzer cite la correction de Werfer sans se prononcer d'aucune manière ni fournir aucune lumière. Il se contente de remarquer que cette pensée d'Heraclite a été imitée par Euripide ( Iphig. Taur. 678 ) , et d'indiquer les variantes de ses manuscrits. Voici ces variantes : au lieu de tiç yàp fvidi , le manuscrit de Hambourg et deux manuscrits de Munich donnent Tfe yàp aÙTôv, çrjcrf ; au lieu de t^tciocûv , un manuscrit de Munich viTçfwv ; au lieu de Ji Ja(jx«li(ov, un manuscrit de Munich ii^acxaXft), et rien de plus. Le manuscrit de Paris donne' : tiç yàp aùrôv, ^Tiai,

* Voyez redit, de Paris, T. m, p. ii5*ii6.

086 * PROCLU5.

vooç Ti fpinv, &7f(UdV ai^ouç iQirio(i>v ts xal ^i^aaxoXia

^st£>v T€ b\uik<ù , ou}c eî^oreç oti Ai^acxoX^ ojjlCXo

est une très-bonne leçon qui peut aider à résoudre les autres difficultés. Le point fondamental que n'a pas aperçu M. Werfer , est qu'il faut mettre oùk zI^otiç en rapport avec ce qui précède; et pour cela il faut trouver quelque verbe au pluriel : or ce verbe se présente à nous dans yUftim T6 qui est peut-être là pourypwvTat, ce qui éclaircirait déjà la phrase controversée. Quelle peut être ^ dit Heraclite, V intelligence oulehonsens de pareilles gens ^ tiç yàp aÙTôv vooç ^ ©p>fv; car nous regardons encore comme un point incontestable que aÙTwv vooç^ çpriv,que donnent les manuscrits, doit subsister et former une phrase séparée; quel peut être leur hon sens, eux^qui prennent le peuple

pour maître, ne voyant pas que «^(JaarxaX&i

Xpwvrai ô(x.t^> , oùy, eî^oreç on. Reste S-ïfjjLiûv aiSoi/ç :Smo»v T£ xai; itmis il est probable qu'il en est du Te de •iOiriowv te comme du re de xp^^^^i ^t qu'il est la terminaison d'un verbepassif ou moyen au présent et à la troisième personne du pluriel. C'est ce verbe qu'il faut retrouver dans aJ^ouç ^h'Kv6m te. Ôiriowv Te est vicieux et ne peut rester. Il y a sur ce mot une variante ; elle ne sert à rien, mais elle prouve que TQicwcûv Te est douteux , et autorise sur ce point une correction un peu forte. Or, en fondant ^TcidcdVTe avec at^oOç , on peut obtenir at JouvTai, et si aiSoiîYTai paraît trop court pour la place ma-

1»R0CLITS. 187

térielle des deux mots qu'il^remplace^ on peut y substituer at^^^vovrai, en changeant ^iif(x(i>v en ^^(xov. Ainsi en résumé on lirait : ti; yàp otÙTcov , 9Y)<tî, voo; ^ Çp'nv; ^Tifiov aicrjpjvovTai xai ^i^aoxoXcp

jfpôvTai ô^iX(p oùx eiSoT€ç ffri Insensés qui

prennent garde à F opinion du peuple et pren-nentpour maître la multitude^ ne voyant pas que le grand nombre ne vaut rien. Nous ne prétendons pas que cette correction ne laisse plus rien à désirer , mais nous la donnons ici comme préférable encore à celle de Werfer, et pour qu'elle fraye la route à une meilleure.

La seconde époque de la philosophie grecque, qui va depuis Socrate jusqu'aux Alexandrins, et eiûbrasse les cinq grandes écoles des Platoniciens, des Péripatéticiens, des Epicuriens, des Stoïciens et des Sceptiques, a laissé beaucoup plus de monuments que la première, et il en de; vait être ainsi. En e£Fet, c'était alors le temps où l'esprit grec, dégagé de tout élément et presque de tout contact étranger, après avoir traversé les mythes qui présidèrent et suffirent à son enfancç, et les deux tendances opposées de l'empirisme ionien et de l'idéalisme dorien , les cof|j^ bat et les réfute l'une par l'autre , ou plutôt tes combine ensemble, et, réunissant à la sévérité dorienne la liberté des Ioniens, vivifiant la première par la seconde, épurant la seconde par la première, commence dans Athènes, c'est-à-dire , non plus dans une petite ville d'une colonie obs-

a 88 PROCLUS.

cure, mais dans 1^ Capitale même de la civilisation grecque, une philosopliie véritablenaent grecque, une ère nouvelle qui, dans les arts de la pensée, est précisément ce qu'est celle de Phidias et de Sophocle dans les arts du dessin et de la parole. Deux hommes ont attaché leur nom à cette grande époque , deux hommes d'un génie difTérent mais égal; car si Platon est supérieur à Aristote pour les idées , Aristote est supérieur à Platon pour la forme. Depuis Platon , le fondement de la philosophie et tputes les hases de son développement ultérieur so^t posées ; depuis Aristote, la forme et la méthode de ses ouvrages est restée et restera la forme nécessaire de la philosophie, pour jamais arrachée à toute autre autorité et à tout autre guide que la raison seule, l'évidence naturelle et la puissance de la vérité, libre dfe toute alliance étrangère. Heui'eusement il était impossible que ces deux grands hommes y entourés comme ils l'étaient de toutes les ressources d'une civilisation avancée, n'élevassent point des monuments assez nombreux et assez solides pour résister au moins en ..Aartte à toutes les causes de destruction. Aussi la plupart de leurs ouvrages sont-ils arrivés jusqu'à nous; et si quelques-uns ont péri, en revanche on leur en a beaucoup attribué qui ne leur appartiennent pas. Platon et Aristote, comme auparavant Pythagore, Orphée et peut-être Homère , ont éclipsé de leur gloire ceUe^ de leurs

successeurs et imitateurs immédiats y et Ton a rapporté aux mattres les meilleurs ouvr^ages sortis de leur école. Voilà pourquoi il n'est pas inutile de constater quels sont, aux différents âges de l'antiquité, le^ écrits que Ton a regardés comme appartenant ou n'appartenant pas à Platon ou à Aristote ; et un des moyens de parvenir à ce résultat est de constater d'abord quels sont, à ces différents âges, ceux de leurs écrits qui sont mentionnés par les autçurs. Quand, psjr exemple, on trouve que tel ouvrage, répandu aujourd'hui sous leur nom, n'est pas cité une seule fois avant une époque assez récente, on peut tirer de ce silence, quoique avec une extrême circonspection , des inductions sur le plus ou moins d'authenticité de cet ouvrage. C'est dans cette vue que nous donnerons ici la liste des écrits de Pfeton et d'Aristote que Proclus cite dans ce commentaire sur l'^/c/biadcy bien convaincus que de pareils relevés , quand ils seront nombreux, fourniront des données utiles à la critique moderne. Les dialogues de Platon que Proclus cite le plus souvent, outre Vuélcibiadéj sont la République ' , le Timèe * , le Gorgias ^ , le Théetète ^ , le Phèdre ^ , le

*P. 21, 29, 70, 74, 75, 90, 99, 110, 137, 160, 197, 2i4, 218, 223, 317. — ' p. 3, 26, 44» 5i, 65, 72, 73, 74, 112, i34, i65, 202, 207, 247, 291, 322. — * P. i38, 220, a35, 256, 272, 289, 3o5, 3io 323. — * P. 28, 4^> ^2, 110, 112, i55, 2i4> 228, 262 (celle citation manque dans l'index), 284- -r** ^' ^6? ^9)

^ÛQ PROCIitJS.

Banquet ' , le Phédon * et les Lois *. Le 5ophiste ^ ; le Philèbe ^ , le Poiitique ^ j le Craiyle '^f sont moins souvent mentionnés > ainsi que le Protagoras ^, le Ménon ^, \ Apologie '^, le Charmide ", le tacAè^ ", le 2%éa^éj '^ et les- Lettres ^*. Voilà les seuls dialogues dont il soit ici question ; et il est à remarquer que, dans tout ce commentaire sur ÏAlcibiadey jamais ce dialogue n'est appelé \e premier Alcibiaâe^ excepté dans le titre, qui évidemment n'est pas de Proclus , et que jamais il n'est parlé d'un second Alcibiade , silence bien étrange si Proclus l'eût connu ou l'eik jugé de Platon. Il est encore à remarquer que jamais non plus il n'est fait mention de la seconde inscription du dialogue : r\ TTcpl âvOpfrlTroti fu(i€&iç; pour la trouver, il faut descendre un siècle entier après Proclus , jusqu'à Olympiodore , sans parler de Diogène de Laerte dont l'autorité représente , il est vrai , celle des critiques où il a du puiser.

36,56,-jjj;79,84, 117,147, 148,174, 227» 27^>3o6,

320 , ?f^^% rindex marqae, 264, une citation qui manque. * P. 3o, 35, 46, 58, 64, 69, 72, 89, 129, i3i, 189, 3i3 , 329, 33o ; l'index marque, p. i83 , une citation qui manque. — * P. 5, 75, 174, 191 , 217. — * P. 3, 69^ 97, io3 , 1 13, 160 , 221 , 293 ; l'index marque , p. 196, une citation qui' manque. — ^ P. 210. L'index marque, p. 34, liue citation qui manque. — • P. i53. — ^ P. 191. — ' P. 22 , 195. — • P. 253. — » P. i85 , 329. — « P. 39, 79, iSg.— "P. 160. — "P. 235. — "P. 79.— ** P. i83.j .

PKOCLU5. 19*

La critique ,avaU sans doute des arguments supëifteurs, et, comme on dit, des arguments intrinsèques , pour nier Tauthenticité du second Mcièiade et de la secoflde inscription du premier; mais le silence absolu d'un philosophe du cinquième siècle , dans un commentaire spécial de ÏAlcibiade est un trgunq^nt extérieur ^ela Critique ne pilHit pas non plus négliger, et que lui (burnit Xs, publication de ce coiiimèntairo , avec cette réserve toutefois que fe commeataire est incomplet , et pourrait à la rigiieur,mais contre toute vraisemblance, contenir dans la partie perdue ce qui manque dans celle qui nous a été conservée, et qui -forme déjà un . voL in-8" de 34o pages. I/autorité d'Aristote 4rt moins souvent invoquée par ProcluA que celle de Platon : les seuls puvrages cités sont les AhOifytiques' postérieures ' , le Traité dujCiel *, les Morales à Ni&Anaque ^ ,1a Atétaphysique *, la Rhétorique ', .«t un autre ouvrage qui peut être OH leTraité de l'Ame, ou les Catégoriai, ou les TopifjUes ^ : c:\v il est à leiii^nqtier que, pour Aiistote, les ouvrages ne soiiE jamais expressémfiil désignés, et que c'a ét6 la tâche, toujours habilement remplie, du savaut iiditeur, de

* P. ï47; 375, 338; on ne rslmme pas .!ans inclus la citation îles premières jtnalyliqiic.s indiigiit'i^ ilnns l'indei Je M. Cri'«ïtr, aous la pageâS. — 'P. i(J2, l't peut-être iiusii daus \v même endroit la PoUtiqué. — ' P. 221. —■

ag% PROCLus.

retrouver les écrits d'Aristote auxqi^dls se rap* portent les allusions indirectes du philosof^e alexandrin '. Les péripatéticiens ne sont cités qu'une fois^ * , ainsi que Théopbraste ^- î^ous ne trouvons pas non plus de renseignements import^Lnts sur les écoles inférieures, qui remplissent la seconde époque. Les épicuriens ne sont cités qu une seule £pis ^ ;, ^t dan^ un commentaire sur ua dialogue tell^jient em»

preint de. stoïcisme^ que M. Boëck a pu, sans invraisemblance, rattribuer à un stoïcien, nous avons trouvé tout au plus quatre ou cinq maximes stoïques déjà connues que nous ne rapporterons pas ici, mais qui eussent mérité une men- ^n dans l'index de M. Creuzer ^. U ne £iut pas oublier qu'il est plusieurs fois questiicm d'Antisthènes, dont il nou sieste si peu de chose-; et si la première citation ^ ne nous -apprend guère que ce que nous savions déjà par Allié^ née, l'opinion sévère du rigide Antisthènes sur l'élégant et-' voluptueux Alcibiade, si la seconde se rapporte au même sujet ', la troisième citation nous conserve une phrase entière du plus célèbre de ses ouvrages, dont le nom seul

*n^|^(y ÀpiffT. , ùf tlpynoLi VTTÔ ToG Àptç. — * Voyez p, 170, T. iii4|PSéditiou de Paris. GeUe inSLlcation manque dans l'index 3e M'f^Creitter. — 'P. 189 , T. in , de rëdition de Paris. — * P. 1 70 de Tédition de Paris. — * Édit. de Paris, T. ui, p. 5g, €4, i58, 170. — • P. 98, Creuzer, — 'P. u4./iW.

PRDCLUS. agS

e«t venu jusqu'à nous, rôpoaVflç '. Mais Timportance historique de ce commentaire s'augmente quand' OR arrive à la troisième époque de la phiIoal^hi^*ancienne.

Comme la seconde époque de la philosophie grecqiïe est déjà le résumé et la conciliation des tentatives opposées de la première, de même la troisième n'est-autre chose que l'entreprise bien autrement difficile ^e ramener à IHinité toutes les écoles, qui,i|)arties du même tronc, de Pjaton et d'Aristote, s'élaient, dans leurs ramifications et leurs développements , tellement divisées et' combattues, qu'elles ne présentaient plus, Ters le premier siècle de notre ère, que le spectacle d'une langueur mortelle «t d'une con|pIète dissolution. La baie exclusive d'une des écoles particulièaes.de la seconde époque ne suffisait plus à l'esprit humain, agrandi par le combat même et l'anarchie des anciens systèmes et par ses commiinications nouvelles avec l'Égj^te, la Perse et ce même Orient, qui avait déjà £iUrni à la (îrèce ses premières inspirations. Le progrès des temps, trois riècles de critique, le goût de l'érudition, la diffusion des connaissances, l'état géiléaraldu monde, les conquêtes d'Alexandre et de Rome, la substitution d'Alexandrie à Athènes comme capitale de la civilisation, toutes les reli-

* Voyez p. 239 du T. 11 de rédîtion de Paris ; ce morceau précieux n'est pas dans l'index de M* Cr^nifiT^

aQ4 PROCCtTS.

gions et toutes les doctrines se rencontrant per« pétuellement dans ce t*endez-vous d^ tous les peuples, tout iipposaitÀ l'esprit grec la nécessité de s'élever à un point de vue universel, ^n restant fidèle à lui-même, c'esl-à-dire , 4ux idées de Platon et à la méthode d'Aristote. La philftsophie grecque à Alexandrie, au deuxième siècle de notre ère, devait être éclectique, et elle le fut. Yoilà ce qui explique en partie l'Intérêt qu elle commence à exciter dans un état du'monde assez peu différent de celui qui la produisit, aujourdHiui que la philosophie modenié*| jtune encore mais déjà einbarrassée de ses richesse^, songe moins à les augmenter qa'à $'en rendre compte, et sent le b«oia d'un sage éclectisme sur la double base de l'ancien spiritualisme etdt l'analyse nouvelle; voilà ce qui explique aussi le zèle d« quelques personnes à la tête desquelles est assurément l'illustre «uteur de la Symbolique^ pour tirer de l'oubU et remettre en honneur les monuments de ré(|ole d'Alexandrie , et ce qui justifiera le soin presque minutieux avec lequel nous allons rechercher dans cette publication nouvelle de M. Creuzer les moindres documents qu'elle pourra nous fournir sur la suite des philosophes alexandrins jusqu'au siècle de Proclus.

On Xif trouve , relativement à Plotin , que trois passages ' peu importants; mais on est

' PR0GCT7S. !kg6

bien dédommagé par une assez longue citation d'Amélius ', qu'il faut recueillir et ajoul;er au petit nombre de fragments, qui ndus restent de ce disciple célèbre de Plotin. Il paraît qu'Amélius, et nous le savions déjà par Porphyre dans la vie de son maître, s'était beaucoup oc* cupe de la question théologique qui agitait alors tous les esprits, *celle des démons. Proclus nous apprend positiveiHent que, selon .^élius, les démons n'étaient pas autre chose que les dieux eux-mépaes considéré! comme répandus partout, opinidto qui semble à Proclus une hérésie grave qu'il* combat avec soin , s'effoi*çant de prouver, d'après les principes de l'orthodoxie païenne, telle que la maintenaient les Alexandrins, qu'à la rigueur les démons ne sont pasdes dieux,mais des intermédiaires entre les di«ux et le monde, les ministres des dieux, soit dans la nature, soit dans l'âùie humaine. Porphyre n'est ici men- .tionné qu'une seule fois, mais avec cela de particulier qu'il est désigné sous le nom de l'Égyptien, ô AtyuTTTtoç, parce qu'il était de Tyr en Célésyrie, et nous ne nous rappelons pas que Porphyre soit ailleurs désigné de cette manière *. Mais c'est relativement à lamblique que ce commentaire de Proclus nous fournit des renseignements curieux et complètement nouveaux.

En effet , si nous ne nous trompons, il résulte de

. * P. 70. -— * P. 78; cette citation manque «bas l'index.

2g6 • PROCLUS."

plusieurs passages qu'Iamblique avait lui-même composé un commentaire sur XAlcibiade, et Proclus nous a conservé de quoi nous faire une idée juste et étendue de l'ouvrage entier. Nulle part ailleurs dans l'antiquité il n'est fait mention de ce commentÊÙre d'Iâmblique, et le même auteur qui nous révèle la perte que nous avons faite, nous aide en même temps à la réparer.

Nous indiquerons ici successivement les passages de Proclus qui peuvent servir à reconstruire en 'partie le co alimentaire pertlu d'Iamblique.

L'Alcibiade " étant le point de dépKlrt de tou,te j^hilosophie, c'est sans doute pour cela, dit Proclus, qu'Iamblique le <thet à la tête de^dix dialogues dans lesquels , selon lui , est concentrée toute la philosophie de Platon. Mais quels sont ces dix dialogues fondamentaux , quel est leur ordre , et comment conl^ennent-ils tous les autres ? Cest ce que nous aç^ons expliqué ail-leurs. M. Creuzer ne dit point où Proclus avait donné ces ei^plications qu'il serait aujourdliiii si précieux de connaître , et nous avouons que nous ne savons pas plus que lui dans quel ouvrage de Proclus on peut les trouver. D'un*autre côté, nous ne voyons, dans aucun ouvrage qui nous reste d'Iamblique, la réduction de tous . les dialogues de Platon à dix et Xyilcibiademxs au premier rang. Il n'y aurait pas là pourtant de

quoi faire concltire précisément l'existence d'un comïnentaire perdu d'Iambliquç sur XAlcibiade^ si les passages suivants ne levaient tout doute à cet égard.

a" Proclus ^ , après avoir bien fixé le but de TAlcibiade, passe en revue les opinions les plus célèbres sur la manière de le diviser, et finit par déidarer qu'il adopte entièrement celle d'Iambliaue, qui diviSe XAlcibiade en trois grands poiûts, auxquels se 'rapporte tout le reste. Ces trois pointa, le but fondamental du dialogue, savoir, la connaissance de soi-même , préalablement fi^tée, sont: *

I* L'art de retrancher les erreurs de Tesprit qui s'opposeilt à la vraie connaissance de nousmêmes.

a** L'art de retrancher les passions qui s'opposent à la vertu , troublent la conscience et la vue distincte de nous-mêmes.

3* L'art de rentrer en soi , de s'élever par tous les degrés de la conscience à la contemplation de l'essence de l'âme', et l'art de retenir et d'épurer cette contemplation.

Tout dépend de ces trois points, qui dépendent eux-mêmes du but principal ; et c'est dans cette division Vraiment philosophique que trouvent leur place les autres divisions tirées de

l'ordre logique et de l'ordre oratoire.

Ce morceau , que nous avons fort abrégé , lève déjà toute difficulté, puisque lamblique est positivement cité parmi les autres commentateurs de XAlcibidde , et qu'on nous fait oonnaître son opinion sur les deux points les plusimportan ts pour un commentateur , le but du dialogue et ses divisions. Resterait à savoir quelles étaient les idées d'Iamblique sur les endroits les plus remarquables et les plus contr(>vérsés de XAlci' biade ; or on les trouve dévdoppées ou indiquées par Proclus, à mesure que l'on avance dans l'ouvrage que nous examinons. *

3* Socrate appelle Alcibiade fils de Clinias; à cette «occasion 9 Proclus ne manque pasde^èter à Platon * les intentions my«tiqu«t<i#à ^jpfcagoriciens, qui se servaient des appella^ons patronymiques dans un but moral , et iJ s'appuie sur l'autorité d'Iamblique. « Cette expression » (fils de Clinias) , dit-il j convient merveilleuse- » ment dans un entretien où il est question de » l'amour , comme le dit le divin lamblique ; car . » l'appellation patronymique indique un amour » mâle et éloigné de toute idée sensuelle; dans » un ordre supérieur, tout amour se rattache au » père. » Cette explication d'une expression de X Alcibiade ne pouvait guère trbuver sa place que dans un commentaire spécial sur ce dialogue.

PBOCiiUs. agg

4* Proclus dte encore ' ropinion d'Iamblique sur le passage célèbre de TAlcibiade , où Socrate parle de son éénipu familier , et plus loin ' sur la qiipstion générale des démons. Après avoir exposé les objections^ il rapporte et développé, d'après lamblique et d'après Syrien, trois con* sidérations qui, selon lui, peuvent servir à les résoudre. Ce fragment est extrêmement précieux; mais son étendue, qui d'ailleurs est un avantage xie plus, nous force à le signalée seuleipent à l'attention des amis de la {iMlosophie ancienne.* ' #

5* Enfin , suf une expression de Platon , Proclus nous donne d^abord* Texplication verbale et ensuite l'explication théologique d'Iamblique, qu'il appelle presque toujours le divin, 6Ô€Îoç, psiroe qu'en effet c'est touj ours le point de vue théologique qu'Iamblique recherche et préfère.

Toutes ces citations , tant sur des points importants que sur d'autres qui le sont moins, étjtblissent incontestablement que Proclus avait sous les yeux un commentaire d'Iamblique sur l'^/cibiade , qu'on pourrait presque reconstruire à l'aide des fragments qu'il nous a conservés.

Proclus nous apprend encore qu'outre, lamblique , XAlcihiade avait trouvé beaucoup d'autres commentateurs célèbres ^ ; malheureusement il ne les nomme pas.

* P. 84.—» P. 88.-.» P. 126. — ♦ l>>cw7roX>»»x«i>Afi.

3oO PROCLUS.

Ces commentateurs ne s'entendaient pas assez sur le but de VAlcibiade '.

Quelques-uns de ces anciens oummentateurs, semblables en cela à beaucoup deâdodera^s, ne voyant dans les dialogues de Platon que ce qui est à la surface, rapportaient XAicibiade àla personne même d'Alcibiade, et le considéraient ex -« clusivement sous le point de vue de Thistoire et du drame. Proclus,€n deux endroits^ réfute cette opinion superficielle : « La science, dit-il *, ne considère 4)as ce qui est propre à un seul individu, mais ce qui est universel, et s'applique à tous les êtres. » Et plus bas : « Un point de vue » purement historique et dmmatique est indigne » d'un philosophe. Ici le drame et l'histoire ne » sont pas le but^ comme l'ont pensé quelques » commentateurs, mais de simples moyens qui » se rapportent au but philosophique de l'en- » semble, comme l'ont pensé nos maîtres, et » comme ailleurs nous l'avons exposé nous- » mêmes ^. » Ces maîtres doivent être lamblique et Syrien , qu'ailleurs , comme nous l'avons dit plus haut, il cite encore, sans les séparer, sur un point important de ce dialogue; ce qui nous porterait assez à croire que Syrien aussi É^vait réellement commenté XAlcibiade^ ou que, du moins, c'est sous les auspices et d'après les

— * P. 7-8. — * P# 18-19. ÛOTrc/f xai Toïg «p^r/poïc 4b«I t»*

PROCLUS. 3oi

leçons de Syrien ^ son maître ' , que Proclus avait rédigé «e commentaire, cofliifie Marinus nous appriend que Procius l'avait fait pour d'autres dialoj^ues de Platon , et entre autres pour le 7¥mée *. Quant à l'ouvrage de Proclus-j auquel Procius lui-même nous renvoie, nous ne pouvons dire quel il est. C'est probablement un des nombrfBx mivvages perdus de Procius; car, dans tous ceux' qui nous restent, nous ne rencontrons rien qui se rapporte à ce passage, et M. Creyeer, dans ses notes, ne nous fournit aucOne lumière.

ly au très Commentateurs' n'avaient vu k XAlcibiadt qu'un but dialectique et oratoire, comme si ^ la rhétorique et la. dialectique étaient autre chose qu0 des moyens. D'autre^ enfin avaient considéré Vu4lcibiadeiOi\s\e^ rapport religieux et mythologique, parce qu'il y est trsM6 du démon de Socrate et de la contemplation de l'cfsfteitce divine ; mais ^ la oâiiuai^ance de toute esseaee étrangère, que cette essence appartienne aux dieux ou qu'ette appartienne à des démons, a pour condition préalable la connaissance de Vcssence de nous-mêmes, dans laquelle nous est donnée d'ai|iord toute idée d'essence. C'est donc par-là que Piatgn doit débuter, et le vrai but de ÏMoibiadfi e|t la nature humaine. *

* Ibid. T^ ■h\UTif<ù «a6«y<(tôw. — * Marinus , fie de Pro— cltu , édit. de M. Btèsonn. , p. 1 1 . r*^ ?. 8. ir? *Jiid,

3oa PBOCure.

Les corameotateurs ne diff^âient pas seulement sur le buf dfe ï^ilciblade, ils différaient aussi sur la manière de le diviser. Proclus nous rapporte que les uns le divisaient littérairfllnent et oratoiremenl d'après les catégories 'oratoires convenues, savoir, l'éloge, le blâme, l'exhortation, etc. : mais, dit Proclus, ces commentateurs sont à trois degrés au-dessous de la véAé *, occupés seulement de ce qu'il y a de -moins iraportant, Rattachant ail^ formes et oubliant les choses. Au-dessus de ces commentateurs sont ceux qui cherchent au moin^ à diniser ^Icibiade -selon les lois^de la 'dialectique, et qVii le résolvent en dix syllogismes, ouWoYiofjLoi, c'est-àdire en dix points logiques. Proclus énuraère ces dix points , loue cette division cotum^nen supérieure à la division oratoire; taais'il liè ta met enûore qu'au second rang "; |(il^e qu'elle , n'entre pas assez profondément dans les dioses et s'arrête aux formes et aux moyens. Alors il propose la ilivîsion d'Iamblique en trois points essentiels, aiisqiieb peut se rapporter la division dialectique, et lui assigne le premier rang, comme étant véritablement fondée sur la nature des choses. Nous ne pouvons noâs empêcher d'exprimer de nouveau nos regrets que Proclns ne nous ait pas conservé les noms des <JKfEtonts commentateurs dont il expose et r^te si soi-

gnei^ement lés' opinions, tant sur la division que sur le but de X Alcibiade.

Si l'on cherche quelles lumières ca commentaire de P'roclus jette sur les autres ouvrages de ce philosophe, nous ne trouvons guère que trois endroits qui aient qi^elque intérêt sous ce rapport. D'abord les deux endroits déjà cité : le premier, où il renvoie à un écrij: dans lequel il avait dû expliquer comment en effet, d'après lambtique, tous le| dialogues de Platon pouvaient se concentrer dans de^dialogues fondamentaux, et quel était l'ordre véritable de ces dix dialogues ; le second, où il déclare axpir sufhsamment réfuté ailleurs le point de vue historique et draipatique, \je troisièane passage esb une atlu^on ' à^ un autre de ses écrits, dans lequel il avait montré que chaque dialogue particulier est une philosophie tout entière, et renferme quelqi»e chose 1^ latifaubieu; quelque chose relatif à l'intelligence, quelque chose relatif à l'àmn , quelque choso relatif à la forme, et quelque chose relatif à la matière. M. Creuzer ne dit pas quel est cet écrit, et il est probable que c'est encore un des écrits perdus de Proclus.

Enfin , sur la situation du monde à celte époque, et sur le christianisme, il n'y tt dans tout Ce COBûnTentaire qu'une sjjulc phrase, où Proclus avoue, avec une sorte de dédain ;inier.

3o4 PROCLl7«^

que lafoule déserte l'ancienne f eligion par pure ignorance; car nous pensons , avec le glossateur du manuscrit du Vatican % que c'est ainsi qu'il Êiut entendre cette phrase : Èv yàp tû TrapovTt jrpovw-jrepl Tou (xin "vat Oeoùç ôp.oXoyoiïvTeç ol ttoXXoc, 8i âvewwTTTijioff'JVTiv TOUTO TTeçovôafft.

Tels sont les documens historique» que fournit ce commeqtaire. £n résumé, il nous a donné plusieurs sentences chaldaïques qui ne sontpoint ailleurs; plusieurs fragments q^phiques déjà connus, il est vrai, mais seulement par c^ ouvrage lorsqu'il était encore inédit; une phrase nouvelle , mais foit obscure , de l'obscur Heraclite; une autre d'Antisthènes, une désignation de Pojphy re assagi peu conynune ; il appuie la réputation d'apocryphes qu'avaient déjà le second Alcibiade et la seconde inscription du jUjemier; U nous apprend qu irexistait du tenaps de Proçhis im commentaire d'Iamblique sur l'^/jcibiadcj et nous "en conserve un grand nombre «de fragments qui suffisent pour nous mettre en possession de ce qu'il contenait de plus important; il mws révèle l'existence probable d'un commenlaire de Syrien, et l'existence certaine de bj^ucoup d'autres commentaires célèbres

* P. 264. Le manuscrit du Vatican a en marge ^^eui^^ fiàrate.^Le manuscrit de Hambourg, donné à Hamboni^ plir L. Hoktentus , et copié sur celui du Vatican , porte, Christèanos intelUgity probablement de la main même d'Holstenius, d'après la glose du manuscrit de Rome.

PROCLUS. 3o5

dont Proclus ne nomme pas les auteurs , ipaâ dont il nous rapporte les principales opinions ; enfin il met sur la trace de plusieurs ouvrages de Proclus qui ne sont pas arrivés jusqu'à nous. JI nous semble qu'en voilà bien assez pour justifier les travaux de M. Creuzer et les nôtres, et placer cette publication à un rang distingué parm les diverses publications de monumens écrits de l'antiquité qui ont été faij:es dans ces derniers temps '.

^Poar compléter ee tableau, peut-être faudrait -il citer et discuter ici toutes les locutions nouvelles qu'ajoute aux lexiques ce nouveau monument qui appartient encore à une excellente grécité. Nous nous contenterons de signaler les principales , savoir : àvsXârTWToç, avTÔyvwfftç , aùro^wva/jiiç ,

OLYMPIODORE,

COfBaOEIfTAIHE SUB LE PHEMIEB ALCIBIAJ>Ey .

Ihitu Pbilosophi^ ac TtaoïoeiM ex platorucû foniihu dada, swe PwocU et Oljrmpiodori in Platonis AlcUHehdem commentarii ; ex codd. manuscr. nunc primum edidit Fried. Crenzer. Francofurti ad Mœnum. Pars piîma, 1820 , pars seconda y 1821.

Les ouvrages qui nous restent d'Olympiodore sont :

1® Un commentaire sur le Phédon , dont Forster , Fischer et Wyttenbach ont inséré quelques extraits dans les notes de l'édition que chacun d'eux a donnée de ce dialogue. Sainte-Croix a essayé de le faire connaître dans le Magasin Encyclopédique de Millin, tome I**, 3« année. MM. Mustoxidi et Schinas en ont publié de nouveaux fragments'dans leur cuX^oyTj âiroonraff|AaTiwv

âvex^^TCûVy Venise , 1 8 1 7.

a* Un commentaire sur le Gorgias^ encore inédit, à l'exception de l'Introduction d'environ une douzaine de pages, que Routh a publiée à là suite de son édition du Gorgias^ d'après l'excellent manuscrit de la bibliothèque royale de Paris, n® iSaa, coUationné avec celui de la bibliothèque de Saint-Germain, n^ i56.

OtTMPIODOltS. 3o7

3<^ Un écrit contre Straton le Péripatétideii , qui se trouverait à la bibliothèque royale de Munich. Catalog. codd. Bibliotk. reg. Bavar.<f Tom. I^ pag. 5^8.

4o Le catalogue de la bibliothèque de Leyde fait oaention d'un écrit d'Olympiodore sur l'état de râme^ séparée du corps, pag. 135, no 36, et pag. 396 yTL^ 1 5 , ainsi que d'un siutre y intitulé i7poêX'y([Aair« ci; tov (jluÔov.

5* Lambécius dit qu'il y a à la bibliothèque de Vienne des Prolégomènes d'Olympiodore sur toute la Philosophie de Platon. Codd. 77 , n^ 3.

60 Un commentaire sur le Philèbcy qui se trouve dans presque toutes les bibliothèques de l'Europe , et que M. Stalbaum a publié à la suite de son édition du Philèbe^ d'après le manuscrit de Seitz , Leipz^ , i8ai.

7^ Le catalogue des manuscrits grecs de la bibliothèque de Paris fait mention , sous le n® 20169 d'un commentaire d'Olympiodore sur le second Alcihiade.

%^ Enfin , le commentaire sur le premier AU cibiade^ dont M. Creuzer a donné l'édition que nous annonçons, et qui sert de base à éette dissertation.

L'abondance de manuscrits et de secours de tout genre que M. Creuzer a eus à sa disposition pour l'édition du commentaire de Proclus sur XAlcibiade^ contraste avec l'extrême disette de matériaux dont U a pu faire usage pour celle du

5o8 OLTMPIODORE.

commentaire d'Olympiodore sur le même dialogue. En eÉfet, le seul raanuscril qu'il ait eu cette fois est celui de Hambourg , donné à la bibHothèque de cette ville par Lucas Holstenius , et copié sur le manuscit 1106 du Vatican; encore cet unique manuscrit est-il rempli de lacunes et très-défectueux. Cependant, n'en ayant aucun autre avec lequel il pût le collationner, M. Creuzer a dû le donner tel qu'il était, sauf à mettre en note ses corrections ^t ses conjectures. Cette réserve ne peut qu'être approuvée; mais il y a aussi une excessive circonspection à laisser dans le texte les moindre fautes de copiste , comme le fait quelquefois M. Creuzer ' ; car alors il n'y aurait pas de raison pour ne pas réduire une édition à nn/acsimile. Nous avouons que de pareils scrupules nous semblent un peu superstitieux , surtout avec un écrivain tel qu'Olympiodore, et nous ne voulons pas d'autre autorité contre M. Creuzer que M. Creuzer luimême, qui, dans d'autres endroits, n'hésite pas à introduire ses corrections dans le texte lorsqu'elles sont parfaitement évidentes ^. Mais nous nous hâtons d'abandonner de pareilles remar-

* Par exemple, p. i4o , Ç«vû>v, et dans la note scrih, Znvwv, et encore même page, ô Çnvwv dans le texte , et dans latidte jcri^. 6 Zi»vo>)v.

- ^ Comme page 87 , À>.xt6tarl« pour ÀXy.ta^73. En vérité, si l'éditeur ne laisse point àXxeâoi} , pourquoi laisser ô S);vwv, et si i Çjivuv, pourquoi pas cChuxin ?

OtTMPIODOM. 309

ques j pour ttvoir le plaisir de louer sans restriction les notes savantes qui éclaircissent ou rec* tifîent les endroits obscurs ou corrompus du texte, et dont la sobriété et la concision nous paraissent un mérite de plus. Nous regrettons de ne pouvoir offrir ici à M. Creuzer le tribut des variantes du manuscrit de Paris, qui lui eût fourni plus d'une rectification utile; mais nous sommes pressés d'arriver à l'examen de ce qu'il peut y avoir d'important pour l'histoire de la philosophie^ dans cet ouvrage d'Olympiodore.

Olympiodore est si peu connu , que la plupart des historiens de la philosophie , même les plus estimés pour l'étendue et l'exactitude de leurs reche^ches, comme Tiedemann, Tennemann et Rixner, font à peine mention de son nom 9 et que dès savants comme Fabricius et Lambecius disputent sur l'époque où il a nécu ; et il n'en pouvait guère être autrement, puisqu'il y a quelques années aucun de ses ouvages n'avait vu le jour. C'est seulement depuis la publication récente de quelques-uns d'entre eux, qu'Olympiodore noue a fourni et sur lui-même et sur l'époque où il a paru des données précises et certaines. On est sûr aujourd'hui qu'Olympiodore appartient au VP siècle. Fabricius ' l'avait déjà démontré contre Lambecius', par cette

^BibL gr., IX, p. 421 , éd. Harl. — * L. vu, p, 5l sqq. ; p. 11 3, éd. Koll.

StO OLTHMODOKB.

raison décisive que, dans ce commentaire, CHympiodore cite Proclus et même Damascius, qui est incontestablement' du temps de Jus timea. Fabricius parlait ainsi sur une première étude du manuscrit de Hambourg. Un examen approfondi de de même manuscrit a fourni à M. Creuzer le moyen de fixer avec plus de précision l'âge de ce commentaire d'Olympiodore. En effet, on y lit que Platon n'ayant voulu aucun salaire pour ses leçons, <c ses suc- » cesseuis ont conservé cet usage , même jusqu'à » cette époque , quoiqu'il y ait déjà eu beaucoup la de confiscations des bi^ns dont les écoles s> étaient dotées ^. » Ceci suppose deux choses, d'abord que cette phrase a été écrite au temps où Justinien dépouillait les écoles, ensuite qu'elle a été écrite avant le temps où ce même Justinfen, sous le consulat de Décius , fit fermer toutes les écoles et même l'école d'Athènes, ce qui fut le dentier coup porté à la philosophie et à la civilisation ancienne. Or, on sait positivement que le consulat de Décius est de l'année Sag. On peut donc conclure avec certitude que ce commentaire sur Vu4lcibiade a été écrit un peu avant cette époque y c'est-à*dire dans les premières années du VI* siècle. M. Creuzer prouve encore ^ surabondamment ce qu'avait déjà avancé Fabri-

^ Suidas, âkaptaarxioç — ' Creuz., ëdit., p. i4i' Zonaras, Annul,, tiVj 6, p. 63, éd. Paris. Suidas, ïlpta^eiç, — • Proam. , p. i5.

/^vngptonùBot. 3{t

ciuSy samr^ quo l'auteur du commentaire eu r YAlcibiadfi n'est point Olympiodore le péripaté^ ticien, un des maîtres de Proclus, dont le com^ mentaire aurait étfé interpolé postérieurenient, comme le voulait Lambecius, par un autre Olympiodore, dans les endroits qui portent un caractère de platonisme. Fabricius avait dé)à remarqué qu'à ce compte presque tout ce commentaire serait interpolé, et M. Creuzer fait voir qu'en voulant détacher du tissu total les fils qui paraissent empreints d'une couleur platoni* cienne, on déchirerait et détruirait toute la composition. De plus, ce commentaire à la main, M. Creuzer démontre' que, loin d'être favorable à l'école péripatéticienne, Olympiodore est au contraire plus que sévère envers elle.

Après avoir fixé le siècle d'Oly mpiodore , il eut été à désirer que M. Creuzer essayât de dé» terminer sa patrie. C'est ce qu'il eût pu faire ai* s^P^^nt avec une phrase de ce même commentaire, de laquelle il résulte qu'Olympiodore était d'Alexandrie, ou du moins qu'il habitait certte ville et probablement y professait, iorsqu'il écrî'^ait ce commentaire sur YAlcibiade. En effet, dans la vie de Raton , qui fait partie de ce comr mentaire y on lit qu' « un nommé Anatolius, réci- » tant ici à Vulcain , gouverneur de la ville , ce » vers de Platon : Viens , 6 Vulcain ! Platon

3 1 a OLTMMODOEE.

» t'appelle, parodia ainsi ce vers: Viens, 6 Vul- » cain ! le phare t'appelle. » Ici , la ville , le phare indiquent très -évidemment Alexandrie.

Alexandrie était donc ou la patrie ou du moins le séjour d'Olympiodore.

M. Creuzer aurait pu tirer encore de ce commentaire la preuve que l'Olympiodore qui Va composé est le même qui a composé le commentaire sur le GorgiaSj mais qui le composa plus tard, après le commentaire sxxrVAlcibiade.C^v on lit ici " : a Nous faisons le mal, non pas parce » que nous voulons le mal en soi, mais parce que » le mal nous paraît le bien, comme Platon le dit » dans le Gorgias ; c'est là qu'avec l'aide de Dieu » nous comprendrons la différence de ce qu'on » veut réellement d'avec ce que l'on semble voujïloir. » Évôa 'j'vwcojit.eÔa cùv Osto trahit un professeur qui se propose d'expliquer le Gorgias à ses élèves. La phrase suivante est encore plus positive: «Nous avons dit que ce qu'on veut et^ » qu'on semble vouloir n'est pas la même chose, » comme il sera dit dans le Gorgias. » Le futur comme il sera dit ne peut convenir à un dialogue de Platon et suppose un commentaire à faire. Et en effet, dans le commentaire inédit du Gorgias y que possède la bibliothèque royale de Paris, et que l'auteur de cet article a sous les yeux, on trouve dans plusieurs leçons, et

OLTHPIOBORE^ 3 1 3

' particulièrement dans la leçon 16^) d^assez longs développements sur la différence de ce que rhomme veut et de ce qu'il semble vouloir. *

L'âge d'Olympîodore, sa patrie, ou du moins le lieu où il enseignait, et le rapport certain de ce commentaire sur XAlcibiade au commentaire sur le Gorgias^ déterminés et fixés parle moyen de l'ouvrage que nous annonçons , il faut maintenant faire connaître la forme de cet ouvrage, avant d'en exposer le contenu. Le commentaire d'Olym^iodore a exactement la même formeque celui de Produs; il se compose d'une introduction sur Platon , sur sa vie , sur l'ordre et le but de ses dialogues, sur le butde XAlciabiade et ses divisions, selon les devanciers d'Olympîodore, et selon Olympiodore lui-même. Vient ensuite un commentaire spécial et détaillé sur tous les passages de XAlcibiade^ depuis le commencement du dialogue jusqu'à la fin; car l'ouvrage d'Olympîodore est complet et embrasse tout le dialogue de Platon, tandis que celui de Proclus s'arrête à peu près à* la moitié de XAlcibiade* Comme Proclus, Olympiodore cite textuellement les morceaux qu'il se propose de commenter; et dans son commentaire il commence par les remarques les plus générales et finit par des explications verbales. La différence qui sépare ces

*Mss. 1822 5 fol. 280, à verso.

3l4 />L¥«CI»»)BO&C.

deux commentaires est d'abord que celui d'Olympiodore est divisé en icpaÇeiç, ou leçons , tandis que le commentaire de Proclus est continu; cette division reproduit pour nous la forme même de l'enseignement d'Oly mpiodore , qui devait avoir consacré vingt-huit leçons à Vexplication de XAlcibiade, puisqu'il y a ici vingt-huit TTûaÇeiç , en y comprenant les deux dont se compose l'introduction; et il est très-probable que nous avons les leçons mêmes d'Olympiodore , rédigées par lui ou par un de ses élèves, comme l'indique le titre : Sj^oXia sic.... aTro çcav^ç Ô}îtt[Ji.7rioï(dpou ToS {tsyccXoii f tXoaof ou. Nous pensons lâîéme que nous avons la rédaction d'Olympiodore luimême ; car jamais le nom d'Olympiodore n'y est cité, tandis que, dans le commentaire sur le Philèbe , comme nous le verrons plus tard , la désignation du nom d'Olympiodore, et la forme du commencement de chaque paragraphe, oTt, etc., indique un simple résumé fait par un écolier. Le commentaire inédit sur le Gorgias a la même forme que celui dont npus rendons compte: il est divisé en leçons, et;^ dans l'un comme dans l'autre, le ton général est celui d'un maître, et même, dans l'ouvrage qui nous occupe, l'auteur parle une fois à la première persona^, forme de style qu'une rédaction d'élève n'eût probablement pas conservée. Une autre différence qui est encore entre le commentaire de Proclus et celui d'Olympiodore, c'est que,

dàtts ce dernier) chaque leçon se divise plus explicitement en deux parties, l'une générale, l'autre particulière , avec cette iormule de division : «raural^^ei ^ Oecopioe; ce qui donne à ce commentaire la fonxie même d'un cahier de professeur telle qu'on ne la retrouve dans aucun autre ouvrage de la même école, de la înême époque et du même auteur. Quant au style d'Oîympiodore , il ne peut entrer d'aucune manière en comparaison avec celui de Proclus. L'un est constamment sain, correct, élégant même, et tout pénétré de l'imitation des auteurs attiques; il a même encore quelque chose de l'aisance de Fancienne langu€, sans parler du caractère mâle et élevé que lui communique souvent le génie de Proclus, tandis que le style d'Oîympiodore, ne recevant aucune empreinte particulière de l'esprit de ce philosophe, est tel que le temps devait l'avoir fait, incorrect dans les constructions, déjà barbare dans les expressions , et dans l'ensemble presque sans aucune trace de mouvement et de vie. Il est vrai qu'il ne faut pas juger les cahiers d'un professeur comme un livre destiné au public et que l'on soigne davantage; cependant il est impos^ sible de ne pas reconnaître, dans cette manière lâche et décolorée , le signe de la décrépitude géné^lê de la Hmgue grecque au vi* siècleç on sent que le moment n'est pas loin où la langue , ainsi que la civilisation de la Grèce , vont périr à la fois et faire place à un monde nouveau qui

3l6 OLTHPIODORS.

aura son nouveau langage commères destinées nouvelles. Mais en général l'époque où une littérature succombe » cela de bon encore, que l'érudition qui commente , remplaçant alors en tout genre l'originalité qui produit, rassemble , à défaut de richesses qui lui soient propres, celles des âges écoulés, et conserve ainsi une foule de choses qui, plus tard, donnent un prix singulier aux monuments de ces siècles de décadence. C'est sous ce point de vue qu'il faut envisager celui que M. Creuzer vient de tirer de la poussière des bibliothèques. Assez peu in|éressant comme composition originale, il a la plus grande importance comme compilation : l'histoire de la philosophie y trouvera des documents précieux sur les différents âges et les difïérents systèmes de la philosophie ancienne. Nous J'étudierons donc par ce côté, et nous interrogerons successivement, sur les trois époques dans lesquelles se divise toute la philosophie ancienne, ce commentaire d'Olympîodore , comme nous avons fait précédemment celui de Proclus.

Première époque. — Quoiqu'une des idées systématiques des Alexandrins ait été de rapprocher la civilisation grecque de celle de l'Orient et particulièrement de rÉgypte, on ne peut pourtant pas^ les accuser d'avoir entièreiQpntméconnu les différences qui séparent ces deux civilisations, et le caractère original que le génie grec imprima de bonneheure à tout ce qu'il emprunta de TOrient.

OLTMPIODOAE. 3 1 7

Sans doute il en reçut tout ; mais il modifia puissamment tout ce qu'il en reçut, le décomposa et le refit, et du même fond tira, à l'aide de formes nou* velles , un monde complètement nouveau , une société nouvelle, une religion nouvelle, des arts nouveaux, une philosophie nouvelle. Le caractère de cette grande révolution est en générai d'avoir fait passer l'humanité du règne des sens à celui de l'esprit , de symboles clairs pour les yeux , obscurs pour la pensée, à des explications plus ou moins vraies , mais qui du moins s'adressaient à l'intelligence. Il y a dans ce commentaire d'Olympiodore plusieurs endroits qui prouveut que cette différence ne lui avait pas échappé. Dans un passage d'autant plus intéressant, qi^!à la bonté du style on pourrait soupçonner qu'il ne lui appartient pas en propre, Olympiodore, après avoir établi à la manière des Alexandrins le pi^incipe fécond de la connaissance de soimême, et fait remonter jusqu'à Platon les idées qu'il développe , rapproche la philosophie . de Platon de la sagesse religieuse et politique de la Grèce, manifestée , au cas dont il. s'agit, dans Hnscription du temple de Delphes, Connais-toi toi-même. Il ne s'arrête pas là ; les idées alexandrines identifiées avec celles de Platon et les idées philosophiques de Platon . identifiées avec les croyances religieuses de la Grèce, il restait à iientifier encoj'e celles-ci avec les crojrftnjces étrangères, et particulièrement avec

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OLTMPIODORC* SlQ

tiques modernes ont tu là une allusion au métier de sculpteur y par lequel Socrate se disait de la famille de Dédale; mais les Alexandrins n'étaient pas gens à se contenter d'une raison aussi simple. Olympiodore en donne donc une plus subtile y tout- à- fait arbitraire pour Fintention qu'il prête à Socrate , mais ingénieuse et très -vraie dans ses développemens. Avant Dédale , les statues imitées de l'étranger étaient raides et massives, et avaient les pieds joints ensemble; Dédale le premier sépara les pieds des statues, voulant montrer parla, dit Olympiodore, que rêtre représenté par ces statues n'était pas immobile, mais avait en lui la faculté de se mouvoir librement. De même Socrate apprit à la pensée de l'homme qu'elle n'était pas faite pour rester immobile, et qu'au lieu de se laisser imposer passivement une doctrine , c'était à elle à chercher librement la vérité. Socrate est Fauteur de cette méthode , qui , au lieu d'étouffer Fesprit sous le joug d'une doctrine vraie ou fausse , mais reçue sans examen , l'accouche peu à peu et lui apprend à produire lui-même toutes les vérités. Socrate a affranchi la philosophie comme Dédale avait aff i^anchi l'art : c'est parla, selon Olympiodore, qu'ils sont de la même famille \

* P. i5i-i52. Voyez aussi le morceau , p. 66-67, sur la flûte et la lyre. « La flûte appartient à l'Asie , à la Phrygie où elle a été inventée pour les mystères ( probablement de Bac-*

3»0 OtYMlPIODORB.

Malheureusement ce commentaire est trè^pçu riche en fragments chaldaïques et orphiques.

Les Chaldéens ne sont cités qu'une seule fois ' , comme ayante dès la plus haute antiqm'té, diyisé le monde en trois règnes, les ange^ les démons et les héros. Les anges se rapportent aux dieux y les héros à l'homme, les démons sont des puissances intermédiaires. C'est ainsi que Tamour est un démon , en tant que pmssance intermédiaire qui unit toutes les natures. Voici pourtant un passage qui ressemble fort k des vers chaldaïques. « Soyez persuadés qu'il est une puissance supérieure qui connaît nos moindres démarches, car il est dit avec raison :

Tout est plein de Dieu ; Dieu entend tout ,

A travers les rockers , sur la terre et dans l'homme ,

Quelque pensée (jue l'homme cache dans son âme,

navra âîQXj vihnpii , irim ^6 oî clatv àx«vai Kai StoL Trrrpofliv xai ôvà ^ova xot ri ^i ocùroiî Avcpoc , , TTi xfxfuOev èyï oOsSrcvo't ^n^ia ^.

Quant à Orphée, Olympiodore l'invoque à

chus ) ; mais la lyre est grecque de sa nature , noble et g^énérense. Marsyas, Phrygien , fut vaincu avec la flàte par ApoUon , ayant une lyre et représentant la Grèce. » Y oyei Hyginus, Fahul. i65 ; Boettiger , Aitisch, Mus. , i.

* P. 154. — * P. 44* 1-* manuscrit de Hambourg donne iràvra ^c vouov, qui n'a pas de sens. Moser , dans l'édition de Francfort , propose de lire îrâvô* oittv , que je n'entends guères : le manuscrit de Paris porte rtécnoL iï 01. M. Greuzer soupçonne que ce fragment se rapporte aux oracles sibyUins ,

OLTMnODOR£« 3a I

ram>ui de Zoroastre, pour montrer leur identite, et en. général Tidentité de toute la sagesse antique. Mais le vers d'Oi^hée qu'il cite ' est un de ceux que nous ^ déjà donnés 1& commentaire de Proclu». Olympiodore cite encore le vers célèbre de Jupiter à Saturne , qui se trouve aussi dans les commentaires de Proclussur Vyélcibiaéle^lQ Cratjrh et le Timée. Voici la dernière cîtatton d'Orphée ^ que donne Olympiodore :

La matière du ciel , des «stres , de la mer ,

vers' qui ne |)arait se trouver que dans ce commentaicei d'où Gessner l'a transporté dans ses fragmens orphiques. Mîms Lydus ^ le donne ausi^ , et avec d'autres vers importants qu'Hermann n'a pas connus ou a négligés ^ peut- être parce que Lydus les rapporte > comme chaldaïques et non comme orphiques.

Nous sommes plus heureux en sentences pythagoriciennes. Le^ commentaire deProclus nous en avait déjà donné de très-belles; ceHes que nous offre ici Olympiodore se distinguent des autres en ce qu'elles sont plus particulièrement du genre iqpral. Nous les parcourrons rapidement.

L^mitié^ est égalité; maxime qui rappelle

lib. VIII, p. 787, éd. Gai., et il y voit aussi quelque analogie avec un fragment orpliique, p. 4^7 > ^- 20-26, éd. Herraann. * P. 22. noifAoivtty, etc. — 'P. i5. Ôpôov S*, etc.—* P. 19. — • L. Lydus , de Mens» — ' P. 3.

ai

3 la OtTMHODOUS.

cette autre, xoivi rk tôv ftXcov, et qvi a inaniré

ce noble mot d' Aristote , <pCXoç aXXoç IvA , a/2 ami

est un autre moi-même .

Les pythagoriciens admiraient ceuxquiavaient les premiers trouvé les nombres; car, comme ils appelaient nombres les idées, et que les idées sont dans l'intelligence, ceux qui trouvèrent les premiers le secret des nombres, leur paraissaient avoir découvert celui de Tintelligence. ïls admiraient aussi ceux qui les premiers avaient trouvé les noms, mais beaucoup moiasv cai*9 selon eux , les vérités des nombres sont absolues, tandis que celles des noms sont purement relatives. Les nombres sont du domaine de Fintel- L'gence, qui est en rapport avec l'essence des choses; les noms sont seulement du domaine de 1 ame , c'est-à-dire de Fintelligence tombée dans la matière, servie, mais limitée par des organes, laquelle alors n'est plus en rapport qu'avec ce qui est variable ; et les noms le sont. C'est ainsi du moins que nous entendons la théorie indiquée dans la phrase d'Olympiodore *.

Les pythagoriciens renvoyaient de leur iastitut. celui qu'ils jugeaient indigne de leur société, avec tout ce qu'il possédait : ils lui élevaient un cénotaphe , le pleuraient et en parlaient comme d'un morL Ce passage nous aide à comprendre ce qu'ajoute Olympiodore ^ , qu'une telle ému-

•P.gS.— »P. |32. — »P, i33.

OLtMPIOjDORÈ. 3a3

lation de Vertu e* une telle crainte d'être jugé indigne s^étaient^abl^s dans l'as&ociation pythagoricienne , qu'un pythagoricien ayant été réprin^andà.par son maîtrise donna la mort. Cependant il ne semble pas que le fondateur du py thagorisme ait été pré^ccuop d'aucan fanatisme moral, et qu'il ait manque de sagesse et' d'indulgence pour la faiblesse humaine ;' car c'est une maxime de Técole de Py thagore , qu'il est impossible de guérir^la passion dans le moment de la crise, et qu'alors il faut l^ui accorder quelque chose '. OÏympiodore admet trois maniées de se délivrer des passions ^ : celle des ^cratiques, celle des pyth^ortci'îns, celle des péripatéticieiTs cfa stoïciens qui sont ici confondus ensemble ; ensuite ^ , se développant davantage^ il admet cinq modes de purification. Le premier consiste à chercher du secours dans les temples auprès dis préIres, ou dans leâ écoles sous . la discipl^iié d'un maître ; le sedincl à s'exhorter soi-même, à s'éclairer, etc.} le troisième , celui des pythagoriciens , à céder jusqu'à un certain point , S goûter un peu de la passioil, à y toudier du bout du doigt, axpcj> $a3CT\Jka», comme font les sages médecins qui attendit que la maladie soit mûre pour l'attaquer. Le quatrième est le mode aristotélique ou

stoîque, savoir , le combat, comme en médecine

* p. 6. — » p. 54 et 55. — • P. i45.

3a4 OLTMFIODORE.

le ^stème qui agit par les contraires. La cinquième et le plus utile est celuiide Técole de Socrate, qui agit par les semMables : il wtoppose pas le contraire aa-co«traire; il né dit point à l'homme qui Teut du bonheur, souŒre; mais il lui enseigne quel est le vrai bonheur : ni à Vambitieuxy- obéis ; natis.illui enseigne en quoi consiste le vrai pouvoir : ni à celui qui aime le repos, travaille; mais quet est le repos des dieux.

Le dernier passage py thagoriciisaque renfeme ce commentaire se rapporte à un point que touch{dt déjà le commentaire' de Proclus. Olympiodore dit aussi ' que les pythagoriciens appelaieat toX^ue la dualité , comme osant ia première se séparer de V unité ; et , en effet , aussitôt que la puissance étemelle et abaolue se manifeste et sort d'elle-même (et c'est là le secs que Proclus donne à ToXaa), il y a i^cessairement dualité : mais Olyi^iodore , au lieu de chercher la raison de la signification de dualité attribuée à Ttljtx dans l%$ens primitif de ee*mot, emprunte à son sens ultérieur et vulgaire une interprétation tirée des passions de Thoii^me, c'e&t-^-direlkicompatible avec la divinité..

Nous ne quitterons pas la première égpque de )ai philosophie grecque, sans constater qu'il est aussi question dans ce commentaire de Phéré-

OLYMPIODOIUE. 32'S

cyde j comme maître de Pythagore, et comme auteur d'un livre célèbre de théologie ^ Ânaxagore y est mentionné deux ibis ^. Parqoénide y est appelé le maître de Platon , et il Be faut pas entendre par là que Plafon ait reçu des leçons de Panûéaide^ ce qui esf impossible , mais qu'il a beaucoup emprunté à l'école d'Elée et à Parménide ; ou peut-être est-ce une allusion à renseignement que Slaton reçut d'Hefmogène, disciple de ^rménkle ^. Zépon aussi est cité par Olympiodore 9 et le passade q«î le regarde n'est pas sans intéiét. Olympiodore y déclare que Zénc^ ne se c<^^e4îsait pas, comme Qp le ci^it , mais qu'il en avait l'air : l'apparence était toujours contre lui. Olympiodore se perd ici en explications plus subtiles les unes que les autres , pour prouver que ce ji*était pas par cupidité que Zénoïi faisait payer ses leçons; il finit pourtant pstt' cette raison toute simple qu'après tout il n'y a pas de mal qu'un philosophe tire ua salaire honnête des soins qu'il, prend pour instruire les autres 9 comme le médecin et les autres

'^vld^^pv xaipigXocOcoXoToç cpcpsTSci. DIog. xi, 17. Suida», ♦^tKu^ç. Plotin, Emiead^t^ g. Stun, Pherecydes^ Y' 29 t^q*^ tits| de ^l'ouvrage de Phcrécyde ëlait 6io* Xoytoe Oli 6so7ovia oo^oxparcfll.

^Jt-fJK 157— li8.—- II, p. 21 4. navra «V Traffïv.

• C'est encore^nsî qu'il faut entendre la phrase de Photius, ExceTpt. i)it, Pjrthagor, éd. Bekk. p. 439 : rîi; ^è^oycxîjç orir^pfutr« xaTaSxXfîv àvTÛ Z»;v<ttv« xai nccpfjLsvi^yjv tovî ÈXtoèrac.

artistes. Cest là qu*est le passage sur le principe platonicien d'enseigner gratuitement, principe qui s'était conservé jusqu'au temps. d'OIynjpiodore, {ié)[pi Toy icap((vToç , malgré les confiscatjpns qui dépouillaient le$ prgfesseurs '.

Seconde époque. — C'e^t sur la second^poque, et particulièrement sur Platon , que ce dKi^ent^ire nous fournit les documents les plus nouveaux. Nous avions deux biogra^^i^ de Platon, Fune de Diogène de Liaërte , l^autre 4'Ap^^9 yf~ siblemeptfaite d'après^elle de Diogène de Laérte. En voici une nouvelle qui renfermQ^ pluaieyrs dfétails ^ui ne sont pas dans Di^qg^^^ ^t.^ couvent présente les mêmes choses 9om i^a»tre aspect; il importe de signaler ici CQS,di£féreiices.

Diogène de Laè'rte fait remont0f Platon jusqu'à Solon par sa mère , jusqu'à Codrus j^i^ljijp père. Au contraire, Olympiodore l^ait. venir de Sdlon par son père Ariston , fils d'Ari6toçlè«i| et de Codrus par sa mère Périxionée , qjA descendait de Nélée, fils de Codrus. Mes ieideux histo* riens s'accordent gôur donner un caractère|)^r^ veilleûx à sa naissance et à son édu^tion. Ni l'un ni Tautre ne veulent que lu marf dei|MMonée soit le vérital^jie «père de Platon ; il faot^io lument que le fantôme d'Apottw propfne fk phtèe d'Ariston j et quand l'enfant divin est né, Ses êiir rens le portent sur le mont Hymèté. le consacrent

aux divinités du lien, et les abeilles du Ottt Hymète entourent son berceau et le nourrisseiit de leui» miel. Socrate, au moment de faire la connaissance de Platon, voit en songe, assis sur son sein, un jeune cygne sans plumes qui bientôt grandit , prend des ailes, s'envole vers le ciel , et de là fait entendre une vçix qui charme les dieux et les hommes. Partout des prodiges et des fables; c'était Tesprit du temps; cet esprit fit d'abord la tradition , et la tradition fit ensuite l'his* toire. Les Alecandrins avaient d'ailleurs un but qui n'a point échappé aux critiques , et ce but ils ne l'eurent pas seulement pour Apcdlonius de Tyane, mais pour Platon. Les deuxhistoriens sr'ac« cordent aussi sur son éducation , sa jeunesse et la première partie de sa vie jusqu'à la mort de Socrate. Le premier maître de Platon fut Denis le grammatiste , selon Olympibdore ^ et non ' pas le grammairien , comme écrit Diogène. Aris^ ton d'Argot fut . soi» msdtre de palestre. Ce fut ceiur-ci qui lui donna le nom lie Platon , ^ cau^e de la largeur de sa poitrine et de son front , Comme on le voit par ses nombreuses statues, qù il est représenté avec un front et une poitrine très-ftrte. D'autres veulent, ajoute Oljrmpiodpr^,, qUi'oQ Jbui ait donné ce nom à cause du caractère large et abondant de son «tyle , comme Tl^^phraste, qui d'abord s'appelait Tyrtamos, fut. appelé Théophraste , à cause du charme céleste de sa diction. Son maître de musique fut Drsicon,

3^8 OLTMPIODORE.

disciple de Damon , dont il fait mention dans la République , comme de Denis dans les jimans.

Il s'occupa aussi de peinture , et apmil ftirfe de nuancer les couleurs sur lequel il mt quelque chose dans le Tintée. Il ne négligea pas non plus de s'instruire auprès des poètes tragiques, qu'alors on appelait les précepteurs de la Grèce ; il les rechercha pour le caractère moral de leur pensée^ la majesté de leur style et les sujets héroïques de leurs pièces. Il fréquenta aussi les poètes ifidiyrambiquesy et il y parsut parlePAèefri^, où respire un esprit dithyrambique , et qui passe pour le premier dialogue qu'ait fait Platon. Il fut Ué avçc les deux grands poètes comiques, Aristophane et Sophron , et apprit d'eux l'art de représenter chaque personnage avec le caractère qui lui. est propre. Il aimait tellement ces deux BxxteuTs^ qil'à sa mort on trouva leurs ouvrages dans son lit. Il avait composé des poésies tra^ques , lyriques et d'autres, qu'il brûlâf lorsqu'il eut fait la connaîi^sance de S&crate.

Jusqu'ici on voit que le récit d'Olympiodore s'accorde avec celui de Diogène; mais quand viennent les voyages de Platon , les deux historiens Se divisent. Selon Olympiodore, Platon n'alla d'abord en Sicile que par occasion. Socrsite moii: , après avoir pris quelque temps des leçons dé Cratyle, disciple d'HéracUte % Platon alla en

* U» est à remar({uer qu'Olympiodore , qui ailleurs fait

OLTHPjODOiUEe. 3ag

Italie / où H trmiva Archytas à la tête des pythagoriciens^ et de là il passa en Sicile pour y étudier le phéjtomène de TEtcia. -€e fat }le«dant son séjour à Syracuse que y présefité à Denis y il eut avec lui cette conversatioi^ célèbre qu'Olympiodore et Diogène nous rapportent avec smsez peu de. différence. Us s'accordent à dire qu'à la vue de la' tyrannie qui opprimait la Sicile , Platon conçut des projets de réforme poUtique, et se pennit de donner au roi des conseils et de lui'tenir un langage qui le firent chasser du pay^. Quant au second voyage, ^oa motif %t tout politique. A la mort de Denis , Dion, avec lequel Platon s était lié intimement , conçut des espérances qui lui firent réclamier l'assistance de son ami d'Athènes. Dion ayimt échoué , Platon fut accusé de haute trahison, livré à Pollys d'iEgîne, qui^ Élisait alors le commerce en Sicile , vendu par lui^ cohdiiit à iEgine y et là défiwé par Annicéris de Cyrène. On voit que ce récit diffère entiisrëment de celui de Diogène de Laër te, qui pl^Cfs la vente» et la captivité dé Platon à son premu^r voyage, et fait de Pollys, iton pas un marchand d'^gine, mais un général lacédémonien, chef du parti oppoié à Dion. Le iflotif du premier voyage de Platon en Sicile avait été la science , celui du

de Parménide le màîtii^de Platon y ne dit pa» même jci que Platon prit des leçons é'Hermogène, disciple^ %rménU|i comme le veut Diogéne.

3Sq opntsîOïiMx^

second r^spoir Jéti]^ utile aux kommes t c^lm du troisiàpïe nofut pas moins noble, selon Olympk>dore;.ce fi^t l'amitié. Platon retourna en Si- €ile pcJur- délivrer Dion , que Denis avait dépouillé de ses.bi^ns et ^mis ^n. prison^ et qu'il ue voulait délivrer qu'à condition que Platon reviendrait en Sicile. Pour sauver son ami, Platon n'hésita pas à entreprendre oe troisième voyage. Olympîodore fsût aussi mention , comme Diogène de Laërte, d'un voyage de Platxm en Egypte y où il ^'instruisit auprès des piètres , ^t apprit la science hiératique dfe l'Egypte. Il voulait aller jusqu'en Perse pour visiter les.mages; mais la guerre des Gcecs et diEs Perses nelui ayant pas permis d'accomplir son dessein, il alla en Phéaicie , où il rencontra des mages qui lui enseignèrent tout ce qu'ils savaient; 0t^fP^pf^tqpm, dans le Timée^ il paraît » fort au feil dfe toUt ce quA concerne 1W4: de faire des sacrîfici^ ç d's^^ reretde consulter les dieux. Olyniplodbre jîûfite que ces excursions de Platon en Egypte e( en Fbénicie omirent lieu avant ses veyageè*en Sicile, et il av<iae avec candeur que, datofe sa rda^n, il aur^t di^ les placer an^iaravantrlD'est à une saine critique à apprécier et à réduire c^ récit Au retour de toutes ces courses aventureuses , Platon se fixa à Athènes et y fonda une école.^ Ses succès furent immenses. U attirait à ^ 4eço||S,çnon-sei:demfisiit les hommes, mais lés femmes, desquelles il exigeait, dit Olym-

piodore^ qu'elles pfisii^Mt des. habits d'hqpiM pour entrer daiis ^on auditoire. Son comperce était si aimabl^,^ ^'il séduisit jusqu'à Timon le Misanthrope ; et il ne (^i pas croire que, dans la con victio4i prpépnde qu'il avait de la vérité de sa philosophie y û ait ^gligé ce qui pouvait la faire mievui^^aise^illir: il connut parfaitement r#sprit de son .temp^ et s'y conforma. Qnoiqi^ pytha* goricien pour le fond des idées , il se garda bieiOL de conv^ertir l'aoadémie en une société se<* crête; il rejeta, dit Olympiodore, le sern^ânt solennel , les portes fermées , l'ot^oç fo oc , an un mot le principe de l'autorité sur lequel reposait l'instilbit de Fythagore. Il avait voué un culta à la mémoire de Socrate ; mais il n'imita pa$ sa conduite, et s'abstînt d'irriter comme l«i la ya-> liàté athénienoie par ses railbries, et ée pasai^r sa via sur la place publique et dans les boutiques à attiœr les jeunes gens« Ajoutesi à ceci ce i|u'0ly mpîcHiQre ^apporte ailleurs , quePlaton le pfp^ mi^r eos^igûa gratultemant.

On suppose bien qu'un A^gfandnn ne )^i$sera PaabPiflton mourir sans quelque miracle : aQ§gî Qly|)cypiodore lui donne, à son lit de mort, m^ songe prophétique , où il se croit change en cygiie^ volant d'arbre en arbre d'un vol si rapide, que l#it>iseleur6 qui voulaient l'attraper nespour vaiept le faire. Il^^r^ît pourtant que l'ioinentîpft du song^.^n^t pas alexandrine , ^t qa'ellef remonte jgaàM]tafa||,t^ps de Jtla.tan , puisque , au

ratpport cf Olympiodore , Simtnias ]b Socratique, dans un ouvrage qui n'est pas venu jus<}a'à BOUS, en donnait cette explicalfoft: 1^ oiselears sont ici les interprètes , qui tâclielit dfe sai^r^la pensée des anciens, et (|ui,'mal^ tous leurs efforts, ne peuvent atteindre c^le^eMiton.

Olfmpiodore termine par un jugém^fkt général sur les dialogues de Platon, bito supérieur à tous les jugements de Diogène de Laërte. iSelon lui , nul point de vue «xdusif ne d«one le secret de la philosophie de Platon.

Pbton, comfne Homère, a envisagé le moifde sous toutes ses faces ; c'est donc aussi sous toutes les faces qu'il faut envisager ces^détnc tmas, qu'Olympiodore appelle ^^uj^aiirovttppuîvwn; des âmes en harmonies avec tout , afin de les embrasser tout entières. Il veut donc qu'on n'é» tudie exclusivement Platon, ni comaie pbysi* citn,v<ni comme moraliste ,, ni comme ikéologLefiQ) mais comme tout cela à la fois. A: la mort de Platon les Athéniens liiî firent, âfriaiagnifiques fènérailtes , et écrivii^nt sur son tombefti ûes'denx yers : •: - ^'^

Apollon a donné au monde Esculape et Pla&a ^jf L'un pour l'âme , l'autre pouip le corps.

Nous ne croyons pas que ipes vers exiijltîflil'^lillevrs da»s r£mtiquité« ^

/Quant à la,phiiosophie 4^ l%ton|^J|||rpgf iodore i^r croit renfermée dap^q^fi^^niié^es^

saneir, h^Ti/née, la Républi^pM^U Phèdre f^ le 7Mfrè/(^^ qui peuvent être considérés oomme les types dé tous les autres '. Nous avon^ vu qu'Olympiodore cite souvent le Gorgias en £aisaiit quelquefois allusiod à son- propre commentaire. Il est à remarquff qu'il ne cite pM même une seule {ois le Philèbej qu'il avait pourtant cMnmento, et qu'à Toccasion du Phédon il ne fa«se £iacune mention du long et savant coiamcmtalre qu'il «n a laissé. Ni les Lois^ ni lé Ixtchèsy ni le Menon , ni le Politique^ ni le Pr^ tagor^Sj ni les Lettres j ni,le J'héagèSj ne sofit mentioAnés^Les dialogues cités le plus souvent sOQt le Timée^^la Théétète , le Sophiste j te Répu^ blique avec l'MQseription , $ Tcepl Sixaiou ; le Charmide avec Fînscription , % ^e^ 909 pocuvviç , YApa^ logfef le £anpmfy Je Phèdre. Nous Avons vu que PfocIus ne cite janaaisi'insertption de VMcibiadej irspt â^pcoiEOtt fyascsç; on la trouve ici , et c'est de là qu'elle sera passée ^ns les manuscrits de Platon , comme lé conjecturent les éditeurs de Deux- Ponts* et avec eux Buttmanil. On trouve encore ici la distinction d'un grand et d'un petit Mci* biade , ainsi que é'un grand et d'un petit Hippîas^\ mais il ne faut pas ot||iIier que cous sommes déjà au VI' siècle.

* Ce conmientaire nous apprend que, bien qu'a^p^irteuantàune école éclectique, Olymp^o-

53!4 ÔtYMPIODORÊ,

dore à beaucoup plus êtnAé Platon qu*Ârîstôte, el qu'il n'est pas même toujours jusje envers ce dernier; car il Te cite assea rarement, ne l'entend pas très-profondément , et le critique avec sévé* rite. Après favoir appelé 5at|fcovioç ' avec toute lificole d'Alexandrie, il donne ^ à cette expression une interprétation mystique qui ne lui laisse Elus que le sens Aq pénétrant et rabaisse nm peu î mérite supérieur d'Aristote. Ailleurs ^ u dit : a si Aristote ou un autre philosophe pureme]|t cualecticien , spiaTucaç..^» Ailleurs encore il l'ac cuse * de faire de ^indivi(l^ une collec^on, et Une coUeetion d'accidents; illiii fait uneseponde fois le même reproche ^ j il oppose ^ le principe de Platon qui met le bien à la tête dg toutes choses, même au-dessus de l'intelligence, . au principe d*Aristote, qui met l'intelligence avant tout et au-dessus de tout : différence eu laquelle se manifestent le caractère éminemment scientifique de la philosophie d'Aristotaiet le carao* tère éminemment moral de celle de Plato^. Mais c'est plutôt une différence qu'une opposition , comme nous le verrions sans doute . si nous avions le livre perdu d'Aristote ^ où l'illustre élève avait consigné l'opinion de son maître sur le bien c^mme principe de toutes choses , opi-

• P. ia2.— * P. 218.— * P. 62.— * P. 204. — * P. 210-

— • P. 45. — ' Voyez l'excellent écrit de M. Brandis j Deperdùû ArUtoU Ukrisx Boiui. 1822.

omrMftortJîiÊ. 33S

nion dont Platon ne faisait pas un .mystère , mais qu'A n'avait pu développer suffisamment dans se» dialogues, à cause de leur forme. négative, *peu favorable à tftie exposition régulière, et qu'il ex|^iquait oralement, d'une manière plus positive et plus dogmatique, à ses disciples les plus distingués, Speusippe, Hâradide, Hestiée et Aristôte. A propos des livres perdus*d*Arîstote , Olympîodore en cite urf dont Dîogène de Laèrte' et Télés dans Stobéer* nous avaient cons^i^ré le titre, savcnr, ri npoTpgicTuov. Ici, avec le titre ^e l'ouvrage , Olympiodore nous en rapporte une phraseentière d'un sens profond et bien digne de son auteur. De quelque manière qu'on s'y prenfife, dit Arîstote , on n'échappe point à un système et à la philosophie; car, ou l'on croit qu'il faut rejeter tout système, ou on né le croît pas. Croit-on qu'il fout adopter un système? ndus^ voilà nécil^ . sairement philosophes : croit-on qu'il ne fauf adopter auôun système? cela même est encore un système, une philosophie qu'il faut adopter } on a donc toujours une philosophie et un système.

ÇlXoGOÇYJTCOV, WaVTCOÇ oè <pi>.0(TOÇVlT£OV .

L'étendue des détails que nous avons tirés d'Olympiodore' sur Platon et sur Aristôte, nous forcent de nous contenter d'indiquer seulement les autres '•phil^jfesophes de la seconde époque

* y. 22 , et Tanonyme dan» Ménage^ v, 35» — * JFhril. Serm. , 96, éd. Gaisf., T. ni, p. 220.—» P. i44'

tewr de TMole d^llesanAne. FlDiâi n'est cSié qif'fiiie scak fins, conaie dans le Uire da PhMèie; dans cdm da Go^kf , qoe Bcms aroQS sous les jeux, 3 ne Test gocre plus de tfws oatpaÊwe fois, et encoie dTiiiie manière màf/MmOe. Poor Voifilqrre} il nVst pas mâoie meotioniié ici one seule fois ; mais en levancfae , ce commentaire nous réréle Fexîstenœ de plu- Meor» commenUores perdus sur Xe premier Ahd b iade» CMympiodore confirme ce que nous savions déjà par Produs, qu'il y avmt eu un grand nombre de commentateurs de^se dialogue. Proclus ne nomme qu^Iambliqua^ mai^ Olympio-

* P. loi,^* P- i36et i4o.— ^ P. 191.—* P. 28.

oi/mpioDORE. 337

doM nous fournit des lumières plus précises. Il cite en effet \ sur un point assez délicat , Topinion de Démocrite , probablement de ce Démocrite dont Porphyre fait mention dans la vie de

Plotin ,. ainsi que Ruhnken , dans sa Dissertation

sur Longin, çap. iv. Démocrite voulait que cette expression si souvent répétée dans le dialogue de Platon, euXEyeic, fût, dans un endroit, rapportée à Socrate , tandis qu'un autre interprète auquel Olympiodore donne la préférence, Damascius , la met dans la bouche d'Alcibiade. On trouve aussi ^ une citation d'Harpocration qui semble indiquer un commentaire régulier et coinplet. tf Harpocration , dit Olympiodore , ar - » rivé en cet- endroit, entre profondément dans » le sens de Platon , et prouve, par des argumens » irrésistibles, que l'amour de Socrate pour Al- » GÎbiade çst un stmour sublime et non un » amour vulgaire. » Proclus nous avait démontré incontestablement l'existence d'un commentaire perdu d'Iamblique sur lepremier AlcMade; Olympiodore cite plusieurs fois ce commentaire , quelquefois même en opposition avec celui de Proclus; les citations d'Olympiodore sont assez étendues et ajoutent des fragmens précieux et d'Iamblique à ceux que Proclus nous avait déjà conservés^. Olympiodore nous ap-

* P. io5 et io6. — * P. 48 et 49- — * Voyez la p. 1 10 et surtout les p. Sq et 6o.

prené encore l'existence d'un commenlaire d'iAîm- Uîque sur le Timée, qui a péri avec XxBt d'autres outrages de ce philosophe, làn^lique , dit-4l dans son commentaire sur le T«iwrfe, lui donne pour inscription: le gouvernement de JupU;er: 4io xai 6 lap.6Xixoç ÛTOpn|AaTa[wv tov

Tels sont les commentaires alexandrinsdu HP et du IV^ siècle sur le premier Jlcibiade qu'Olympiodore nous fait connaître. Il fait plus , et rétahlit presque un à un les anneaux rompus de la chaîne des commentateurs qui , depuis Démocrite , contemporain de Hotin et de Porphyre , jusqu'au commencement du VP siècle, s'étaîent occupés de XJlcibiade. Un des anneaux les plus précieux , mais aussi les plus endommagés , de cette chaîne, est le commentaire de ProcJus au V« siècle; ce qui nous en reste ne va guère audelà de la première moitié du dialogue , et Von ne savait si Proclus s'était arrêté là, ou s'il fallait mettre sur le compte du temps la perte de la dernière moitié de son commentaire. Nous sommes certains aujourd'hui que le commentaire de Proclus embrassait tout le dialogue de Platon. Olympiodore l'atteste; il l'avait sous les yeux tout entier, et il cite de la moitié perdue de nombreux et importans fragrùens , que M. Oreuzer et moi eussions bien fait de tirer d'Olympiodore pour les ajouter à notre édition , en essayant ^^^ rétablir, ce qui n'eût pas été très-difficile, l'orc

de ordre

ÔLTMPIOBORBU SSg

véritalblé qu'occupaient ces difiérens morceaux . dans l'ouvrage original. Du moins nous indi- ■ querons ici tous les passages d'Olympiodore où ces fragmens se rencontrent. Indépendamment des pages 5 et 9^ où il est question de l'opinion de Prc^lus sur le but de XAlcibiade^ les pages yS, 91,95, »09, iio, 11x6, 127, i35, fto3, 204,209, a 10^ 217^ 22 2 y se rapportent à la partie perdue du commentaire de Proclus.

Nous ne quitterons pas Proclus sans en citer encore un fragment poétique que nous devons à cet ouvrage d'Olympiodore; c'est le vers suivant:

£i€s pères ont transmis aux enfa]>^ ce qu'ils ont vu.

Or, ce vers n'est pi dans les quatre hymnes depuis long-temps connus et publiés, ni dans les deux hymnes postérieurement découverts; il nous prouve donc qiie Proclus avait fait d'autres hymnes, ou perdus, ou encore cachés dansquelque bibliothèque, au milieu des hymnes d'Orphée ou de Callimaque. Puisque ce vers démontre l'existence de poésies inconnues de Proclus , on est moins embarrassé pour savoir à qui rapporter cet autre vers d'un hymne à la lune , cité par Oly mpiodore sans désignation d'auteur :

En augmentant , to augmentes tout; en diminuant, tu diminues tout. ^

Ce vers ne se trouve pas dans l'hymne d'Or-

34o OLYMPIODOKR.

phée à la lune que nous possédons ; et M. Créazer oe craint pas de le rapporter àquelquehjm^ ^ n e perdu ou inédit de Proclus ou de Denis. Mais Denis n'est jamais cité par Olympiodore, tandis que celui-ci a déjàcité, conune nous venons de le voir, un vers de Proclus jusqu'ici inconnu^et qui semble lyrique ; il serait donc mieux peut-être de suivre cette indication et de rapporter aussi à Proclus ce nouveau vers d'un hymne à la lune. Entre Proclus et Olympiodore, l'antiquité ne nous indiquait jusqu'ici aucun commentateur de VAlcibiade, et tant de commentaires de différens siècles semblaient avoir épuisé les explications. Cependant Olyrapiodore nous apprend qu'un des élèves les plus illustres de l'école d'Athènes , Damascius, avait aussi composé un long et savant commentaire sur ce dialogue de Piaton. Rien ne pouvait mettre les critiques sur la trace de cet ouvrage avant la publication de celui d'Olympiodore. Les extraits que nous a conservés Photius de la vie d'Isidore par Datnascius, ne contiennent aucune allusion à un commentaire de ce dernier sur XAlcibiade. Les frâgmens ou plutôt lessupplémens sur le Parménide^ que nous venons de publier ', s'ils sont de Damascius , ce qui est fort douteux , ne fournissent aucune lumière sur ce point; et le |;rand ouvrage

* ProcL Opéra inedita , T. vi : conttnens sextum et septi" nutm librum commcntarii in Parmenidem , cum supplemento

OLTMPIOBORE. 341

w«pl apxwv, récemment publié ', ne nous a paru , à une lecture il est vraie assez rapide , rien offrir qui pût donner quelque soupçon à cet égard. Le commentaire d'Olympiodore est donc le seul ouvrage de l'antiquité qui nous fasse cette révélation importante; et non seulement il nous apprend qil'Olympiodore avait sous les yeux un commentaire perdu de Damascius sur Vyilcibiade; mais il cite perpétuellement ce commentaire, et avec tant d'étendue qu'il serait encore plus facile de reconstruire sur ces indications l'ouvrage de Damascius que celui d'Iamblique d'après les indicatiions de Proclus et d'Olympiodore. V^lcibiade ne soulève aucune question philosophique ou mythologique sur laquelle Olympiodore ne rapporté l'opinion de Damascius , souvent différente de celle de Pro- . dus , et il conclut presque toujours en faveur du premier. Eli en effet , on conçoit que Damascius, riche de toutes les lumières des commentaires de Démocrite,d'Harpocration,d'Iamblique et de Proclus, avait pu éclairer jusqu'aux dernières profondeurs du dialogue de Platon, et sui^passer chacun de ses devanciers en les mettant tous à contribution. C'est à regret que nous nous abstenons dé citer ici les fragmens de Damascius conservés par Olympiodore, et de

*■ Aopaaxîou Aia^o;^ou dêiropCat xat iùtniç Tript TÔâv itp» Siù^(ù)f Edidit Ko[^, Francf. ad Mœn. 1826.

donner par la quelque idée d*un écrivain célè* bre sur lequel il n'y a pas encore une seule ligne écrite en français. Du moins nous signalons les pages 4» ^^ 9^ 91» 9^9 io5, 106, ia6, i35| ao3y 2o4y ^ogj 222.

On conçoit que ce commentaire d'Olympiodore,yen& après tant d'autres, ne peut guère être qu'une compilation bien faite ; et cela même , tout en retranchant du mérite personnel d'Olyropiodore, ajoute infiniment pour nous à l'importance et à l'utilité de son ouvrage : car on peut le regarder comme le dernier mot de toute la philosophie d'Alexandrie sur un dialogue que la critique moderne a voulu enlever à Platon , par de bonnes raisons peut-être, mais qui cependant a été l'objet constant des méditations et des commentaires de tous les philosophes Alexandrins de siècle en siècle sans interruption , depuis le IP jusqu'au VI® , depuis Thrasyle , que cite Diogène de Laërte, jusqu'à Olympiodore.

En finissant cet article , nous ne récapitu* lerons point les faits intérassans, les firagmens précieux , les données nouvelles de tout genre que ce commentaire d'Olyinpiodore ajoute à tous ceux que nous avons déjà recueillis dans le commentaire de Proclus. Nous nous contenterons de rappeler que , sous ce rapport, l'un n'est assurément pas moins riche et moins important que l'autre.

VV\ WwtiV«A««AA» vw^vvit v^wv».t,iwwwi>,»K\»wa^n^<vwv v »^» ^ w^»»-Ani%v»vw^ t ^^^MMmi t'W^MMf

OLYMPIODORE,

COMMENTAIRE SUR LE SECOND AtCIBIADE.

irOTE SUR LE ;iVIANUSCRIT GR£C DE LA BIBLIOTHÈQUl!.

ROYALE DE PARIS , If^ aO 1 6.

Le catalogue imprimé des manuscrits grecs de la bibliothèque royale de Paris porte, au nom d'Oïympiodore , sous le n* 2016, l'indication d'un commentaire inédit de ce philosophe platonicien sur le second Alcibiade '. L'importance de cette indication est manifeste. En effet, Olympiodore représentant à peu près l'opinion de ses prédécesseurs, c'est-à-dire, de toute l'école d'Alexandrie, s'il avait commenté le second Alcibia-dcj on pourrait en conclure , jusqu'à un certain point, que l'école à laquelle il appartient regardait

^ « Codex chartacetts , olim BaîusianuSj quo continentur : i® Oljrmpiodori in Platonis Alcibiadem secundum. Finis desideratur.

2° Capita quœdam tiscetica. Initium et caictoris nomen dcfiderantur*

Is cod. sœculo xvn exaratus videtuf. »

344 OLTMPIODORE.

comme authentique le second Alcihiade ^ que la critique moderne a relégué parmi ces dialogues in<yénieux, mais sans importance philosophique, écrits par des moralistes appelés socratiques y et plus tard attribués faussement à Platon. Ce serait là déjà une donnée précieuse, sans parler des idées philosophiques , des détails historiques, ou même des curiosités grammaticales qu'un pareil ouvrage pourrait contenir. Il est donc aisé de comprendre l'intérêt avec lequel Tannonce du catalogue imprimé des manuscrits grecs de Paris a été accueillie et répétée par les historiens et les amis de la philosophie ancienne , entre auti'es par M. Creuzer , qui, dans la préface de son édition du Commentaire d'Olympiodore ' sur Ie/?rcmier Alcibiade ^ répète, relativement au s^conàj l'annonce du catalogue de Paris.

Cette annonce eat d'autant plus frappante, que nul autre catalogue imprimé de manuscrits grecs ne parle d'un commentaire d'Olympiodore sur le second Alcibiade; et quant aux bibliothèques qui n'ont pas de catalogues imprimés , nous pouvons assurer que, dans un séjour assez long auprès de la bibliothèque ambroisienne de Milan, où M. Mai a fait de si précieuses découvertes, nos recherches nous ont convaincus qu'il n'existait aucun commentaire sur le second Alcibiade;

^ Oljmpiodor. in Platonis Alcibiad. Francofnrt. ad Mienum , i8ai ; praefat. p. xvii.

oltmpiodouï:. 345

et un de nos amis ', ayant eu la complaisance de chercher pour nous ce manuscrit au Vatican et à la bibliothèque Barberini, n'a pas été plus heureux à Rome que nous l'avions été à Milan. Reste donc la bibliothèque de Paris , qui , sur la foi de son catalogue , passe pour posséder un ouvrage dont on ne trouve ailleurs aucune mention.

Or nous nous faisons un devoir de déclarer que le manuscrit aoi6 ne contient , malgré le catalogue imprimé y aucun commentaire sur le second A îcibiade; et pour qu'il ne reste aucun doute à cet égard j nous donnerons ici une description de ce manuscrit un peu plus étendue que celle du catalogue.

Ce manuscrit est im in-ù^ assez grand , de 178 feuilles ; l'écriture est de plusieurs mains, toutes très-modernes et très-mauvaises. Quant au contenu , on lit sur la première feuille : Codex papjrreus recens quo continentur Oîjrmpiodori scho^ lia in Platonis Alcibiadem hactenus inedita ; m-» cipiunt: Ôjtàv ÀptcTOTeXviç.... et en effet, à la feuille suivante, on trouve : Sj^oXia eîç tov nx^hrcâvo^ ÀJùciëuc^Ylv âivo f (dv^ç ÔXu{iL77io$b>pou TQu (iLeycûiou çiXo<Jo<pou.M Ô (JLàv ÀpiffTOTeXTiç âpx^(^6Voç Ti}; éaiifoS 6eo>.0Yiaç ^ ÇYiaC' IlavTfiç avOpcoiïoi ei&^voei opIyovTat

* M. Larauza , maître de conférences à l'ancienne école nôtmale, auteur d'un savant mémoire sur la vraie route d'Annibalà travers les Alpes, mort, en iSaS à Paris, à la fleur de Tâge et du talent.

' Sur le nom de théologie donné à la métaphysique d'A^

aa*

^46. OLTXPIODORÈ*

^( toO IIXaT(iivo( f tXoaoçiaç âp^ofJLfivoç çactTiv ov Tot^ro (iti2^(ivwç Sx% irovrec ecvOptticoi t^ç IIXaTcovoc copiai dp^YOvraiy ^KaTovTrap'auTTJç airavrec âpucacOai ^ouXo^ (tcvot... Ce début est bien incontestablement celui (tun commentaire tfOlympiodore surM Alcihiade de Platon , mais sur le premier , non sur le second , commentaire publié en 1821 par M. Creuzer, et dont nous avons rendu compte plus haut. Ce commentaire sur le premier Alcibiade contimie, dans le manuscrit 2016^ jusqu'à la feuille 107. Les derniers mots du verso de la feuille 106 sont:em ^i^a^xaXouç av aÙToùç sTrcovo^a^ov ^iJaaxovTaç, lesquels mots correspondent à la page 1 59 de Tédition de M. Creuzer . La feuille 1 07 du manuscrit 20 16 a Tair défaire suite à la feuille précédente;récritureen est la même; et de peur, à ce qu*il semble ^ qu'on pût ne pas s y tromper , en tête de la feuille on a écrit ces mots v Olym-piodori scholia in Alcibiadem Platonis, Or voici k première ligne de ces prétendues scholies sur luélcibiade : ^fpeto o5v aùrov 6 KéSy^ç'-Klaç toCîto >f)f8tç, wîtoxpariç..., ce qui est évidemment nue phrase du Pkédon, et la suite est un morceau du commentaire inédit d'Olympîodore sur ce dialogue ^ ce fragment va j usqu'à la feuille 1 2 x . Nous rapporterons les dernières lignes du versa i^o : Acirtp yap to ^f^^Tspov ojApLoe Trprfrepov [xâv ç«ûti^o[i.€vov

tiaMeptrOlympiodore; voyez la note de H. Creuzer^ p. i.

oL]rMPio0oiis» 34?

CA( IXXtt[tittfftsvov , C^Tipov Âè ivourai YtcdC xotl ^vdtTCTfttttl xalo2:»v Ivxal 'A^iott^iç y^veTat" oStco xal 4 it[Àet£pa ^u]^'^ x«t' «p^ài; (iiài» I^Xoé[xtrEtat.... Ici, feuille isii, sans changement apparent, commence un tout autre ouvrage. Cet ouvrage ne porte aucun titre ; mais le sujet en est évidemment la prière. En voici les premières lignes : aTrauorTov c)(;(ùv ( deux mots qui se rapportent à une phrase précédente que nous n'avons pas) av yap irore (jLev cuj^eaôai îeî, 1C0T8 èi pLY) , Toùç T^iv éauTwv (rairpiov aTToêaXeîv èOfiXov^ Taç lairpiav indique déjà un auteur ecclésiastique. Le reste de la page est consacré à une comparaison du feu qui anioUit le fer, et de la prière qui amollit l'âme. Au verso de cette feuille il est question du feu de la grâce, toij wupôç t-?ç 5(^xpiToç, puis de notre Sauveur, 6 dcoTTipiQpL&v; enfin , en continuant , on voit que c'est un morceau d'une homélie sur la prière, terminé par a&Tb) TQ JoÇa eiç toùç aiûvaç , à[jL>^'v. Viennent ensuite d'autres homélies wepl <j;aX[A(;>&taç , wepl Xoyi(i(jLfi)v, Tcepl Ù7ro(iLov^;, jusqu'à la feuille 178, k dernière du manuscrit^ terminée également par la formule ordinaire : tw Se Is^ ^[awv 5dÇ« wç atwvaç, â(i.^v. De qui sont ces homélies? c'est ce qu'il serait aisé de vérifier ; mais il est certain qne, dans tout ce manuscrit, il n'y a rien qui se rapporte au second Albiciade.

Nous avons donc cru devoir avertir ici les

348 OLTMPIODOR£.

amis delà philosophie ancienne de ne point se livrer à de élusses espérances , et de ne pas compter sur un commentaire inédit .du second Alci-biade de Platon, au moins dans le manuscrit ao j 6 de la bibliothèque royale de Paris.

wO M <m%m<»ti>tww»»>wi>i»>^^»»vw

OLYMPIODORE, COMMEf)TAIR£ SUR LE PHILÈBE j

Platonis Philsbvs. Recenmit ^ prolegomenis tt comment imriisUlusirafiiGaùOFKBSiiusSTALBAiJU ; accesserunt Ol/mpiodori scholia in FhîMum, nunc primùm édita, Lip» sîae, .i6ai , io-8, 3oo pages.

Lb commentaire d'OIympiodore sur le Phi-^ lèbe , publié par M. Stalbaùm à la suite de son édition du Philèhcj se trouve dans la plupart des bibliothèques de l'Europe. Le ikianuscrit dont s'est servi M. Stalbaùm, est celui de la bibliothèque de Seitz, près Naumbourg, que Féditeur déclare tenir de M. MûUer, le directeur de cette bibliothèque, à l'opinion duquel il renvoie pour tout ce qui regarde ce manuscrit. Or, voici l'opinion de M. MûUer ; nous citerons ses propres paroles * ;

Commentarius constat fàliis Sg, nullis i:pàÇ8(n disHnctuSy etincipitverbis y îti wepi iiSovîiç ô cxotcoç 9a<jlv, et desinit, &ç xai h t^ tou jta^^you ocoicÇ iiOfJlfi^ttot. Càm vero neque scholia , neque

* Noiitiaçodd.CiuHsium, Vf p. i3^ 1807.

wsrftf € i m§tJ' Ê 0f Platomci^ ut pnartes £alo^j mobis aâébeaij mhil quoque honon ntdderrc et taon lt€ÊMibus communicare passummâ^ Disputât auetor modo in wmî^eruÂm de rdms fëue in dkdûgù traduntur^ aique ea quat dbi vel aliarumphilosophorumjdaciiis vidaUur repugnare iUustmtf componity et dubia^ qtue patantur^ argumeniisTfelè naturâ rei vel ex alus phUosophiSf Tht€fhrasto iniprimis et Aristotdty peUr- UsfinnaL Uœc autemflaciMMntj ut credammsj ea quœeodtx noster exhibent modo esseprolegomena, quœ Oljmpiodorus pramUserit stkoûia , hœcvero à librario esse prœiermissa. Quodjk ed credibiUuSj quo certius constat Vindobonœ in biil. Cœsareâ servari eclogas schoUorum in Philebum ex ore Olympiodori excerptorum, CL Fabricii Bièl. Grœc. voL m, p. 80, éAt. Harl. — Hœc quant vera sintj ajoute M. Stalbaûm^ iis quœrendum relinquimus, quitus alio s Olympiodori codices comparandi occasio est oblata. Il nous semble que, même sans avoir consulté d'autres manuscrits que celui de Seitz , M. Stalbaûm aurait pu apercevoir aisément l'inexactitude de toutes les assertions de M. Mûller. D'abord il est faux que Théophraste et Aristote y soient plus cités qu'aucun autre philosophe ; ils le sont infiniment moins; Théophraste même n'y 66t cité, qu'une fois, page 269 de l'édition j ce qu'il est bon de remarquer, pour ne pas donner à Olympiodore une apparence de péripalé-

OttltlPIODÔKe. 35 1

tisme , et augmenter la confusion déjà trop grande des divers Olympiodores péripatéticiens et platoniciens ; et M. Stalbaûm aurait mi»

tous les lecteurs à portée de juger l'assertion de M. Mûller, s'il eût joint aux sdhiolies qu'il publiait , un index des auteurs et des ouvrages qui s'y trouvent mentionnés. Ensuite il n'y a qu'à lire attentivement ces scholies pour s'assurer que ce ne sont pas seulement des prolégomènes, mais un commentaire entier ; car si le texte de Platon n'y est pas rapporté, le dialogué n'y est pas moins suivi pas à pas dans toutes ses partiels ; nul endroit important n'est oublié; l'ordre du Philèbe est fidèlement suivi: et, par exemple, le Philèbe finissant un peu brusquement, le commentaire d'Olympiodore s'arrête an même point, et l'auteur Alexandrin s'imagine que le dialogue de Platon n'est pas fini,, àTc^ioç ô SioXoyoç, qu'il est même interrompu à dessein et pour des raisons métaphysiques tout-à-fait chimériques. Enfin, de ce qu'il y a des scholies d'Olympiodore sur le Philèbe dans la bibliothèque de Vienne, s'ensuit-il que ces scholies sont différentes de celles que contient le manuscrit de Seitz ? Le titre est exactement le même, 2y.oXia et; Tiv nXaTOûvoç $t)^7i6ov âiuo çcovvî; OXuftTÇio Jcopou tou j^eya-? Xou çtXocyoçou : le commencement est le même; et Lambecius ne donne aucun renseignement qui puisse faire soupçonner la moindre différence.

35a OLTMPIODOllE.

Nous n'avons pas vu le manuscrit de la bibliothèque de Vienne; mais nous pouvons assurer que tous ceux deP^ris^ de Saint-Marc et de l'Ambroisienne ne vont point au-delà de celui de la bibliothèque de Seitz; et non-seulement tous ces manuscrits sont conformes les uns aux autres quant à retendue , mais malheureusement ils le sont aussi quant aux lacunes. Nous avons comparé le manuscrit de Paris, n^ 182a, avec ceux de TAmbroisienne et de Saint -Marc; et les mêmes lacunes que nous avions trouvées dans Tun se sont reproduites dans les autres avec une identité parfaite ; le manuscrit de Seitz les renferme aussi , et M. Stalbaûm les a figurées dans son édition comme elles se rencontrent dans le manuscrit. Ainsi il faut supposer qu'à moins d'une bonne fortune sur laquelle il est bien difficile de compterj lious possédons le commentaire d'Olympiodore dans l'état où il nous est permis de l'avoir.

D'aflleurs ces lacunes sont loin d'être considérables: ce sont quelques mots à la page 28 j de l'édition de M. Stalbaûm, article 248 '; une ou deux lignes à larticle 217, page 280; deux ou trois à Tàrticle 2 13 , pag 279, et rien de plus: car page 273, art. 181, la lacune du manuscrit

* Nous avons cru devoir citer , outre les pages de l'édition de M. Stnlbaiim , le numéro des article^ïdistincts du commentaire , selon le manuscrit de la Bibliothèque rojale de Paris lit* 182:1.

pLtMPIOBORE. 353

de Sçite ^ reproduite et acceptée comme réelle ■ par M. Stalbaûm, n'existe pgs dans le manuscrit de Paris, n^ i8«2, et est tout-à-fait artificielle ; la phrase telle que la donne le manuscrit de Seitz , savoir, oti ol [aèv rpei; içpwTotTpoTrQiTYiç âiroJeiÇewç iiA \j;u)(^,ç IXafiêflcvovTo, ne suppose pas nécessairement de lacutie, comme le prouve ce qui suit • i âwi Tcav ôvetpoiv'où vàp ôvetpotro^eiTo 9(o[ao&* 6 omo tûv uaviûv* où yàff (lativcTa» .To <ïô>(i,a' ô itzh twv [xaTaCcav èXiPi^(AV* TÎxiffTctyàp âXiuvsfii 'fà cû(x.a, ÀXXà xal 6 Ijctoç Tpoiçoç ^ujfixrfç êffTu II eu est de même, pgge îi8i, art. aao: Eïra èvvi^V^ * çucecoç eiriêaTeuovTt, elraev t^ (}»v>jjîî

SirapÇiMu La lacune entre tw et çucreox; n'existe pas dans le manuscrit de Paris, n® 1822, et nous nous sommes assurés qu'elle n'existe pas plus que la précédente dans les manuscrits de l'Ambroisîenne et de Saint-Marc, que nous avons coUationnés. Le sens ne réclame riôn; et dans un écrivain comme. Olympiodore, on ne peut pas dire que tHç avant <pu<retoç soit rigoureuse- * ment nécessaire.

Nous ne natis arrêterons pas à quelques fautes de cepiste' ou à d'autres un peu moins insignifiantes, que M. Stalbaûm a relevées dans le manuscrit de Sekz, pas plus qu'à celles qui lui sont échappées à lui-mâme, comme, page a66^ article 1 5 ï , ^taêaCvoucïa eîç ttiv ^yyjffv , lisez ^taêai-

vovTa (Ta waÔYj), page a84, article aSS, tôv eîç

S$4 ôLmptdï)ô&«.

%pi&f, Usdi ôç avec le nianuscrit de Paris, p9ige aSo y sà+icle 6a , tôv ougôv, lisei oùaiôv, et J)eût-étl*e un peu trop de fautes de ponctuation ; ^t âous terminerons la partie philologique de tèet at'tlcle, en citant les mots rares et tout-à-fait tbusitës, selon M. Stalbatim , que fournit la publibation de ces achôlies. Ce sont Xoyâsueadai, p. aSg ; VtwffMiftfs^ûLij ibid*i âviX'XeGQat, page 1^1; Toerrot*

)pMéiràv, p«g^ â4<S; TtTdCVUlCO; ^t ^V(XV%49eT0Ç, p. ^kÉ^'J •

httfAi^% pôge a4^; vsapx)7ppètèç, page ti/jg. Extceplé fi (WHXEMôTk», qui est plus rare et un peu barbare^ tous les attttes mots, et particulièrement ^ItTdtvocOç^ 4içep€i4eo^, vcapoirpSTcàç, se trouvent à chacp!l% pa9 dans les Alexandrins, et partout ckms Proclust.

(i«9«cholies, qui forment en tout, dans le manuscrit de Paris, n** iS^a, deux cent cinquante^ , un articles, ne t^nstituent pas un commentaire régulier composé par Olympiodorelui^-Tnémej €e sont, comme le titre l'indique, des dictées * ou peut-«tre des résumés de ses leçons faits par quelqu'un de ses élèves ^ puisque sou^ vent l'o^iniiaa ct'Olympiodore y est ritée à côté de celle d'autres philosophes, et luiKnéme désigné sous te titre de notre professeur^ notre tnakre^ i 4tpdT€poç xaT»yc[x.(iv. Quaftit à k grécité de ce» scholies, c'est tout^-fàit celle du comrftentaire sur le premier jdlcibiade; les expressions des anciens écrivains s'y rencontreat e&ccNre de

OLYȔPIO0ORE. 355

loin «0 loin , paais les tours €t le génie de k bonne langue n'y sont plus. Il n'y a pas encore un trop grand nombre d'incorrections; mais on sent déjà de toute part Tapproche de la barbarie ^ qui se glisse peu à peu sous les anciennes traditions et flétrit déjà la phrase en attendaut qu'elle la corrompe. Olympiodore lui- mémo , autant qu'on peut juger un professeur par les rédaction^ d'un élève, n'y paraît pas un homme d'un esprit très- remarquable. Successeur de grands hommes , il les répète ; héritier d'un grand ensemble d'idées et d'une érudition acco^ mulée defmis des siècles , il transmet d'une ma* nière faible et un peu'décousue un enseignement qui fut grand , mais qui dépérit. Le corps de l'ancienne philosophie se soutient, mais l'âme et l'esprit ont dispartk

Malgré ces considérations, ou peutétre D^émé à cause d'elles, il est intéressant de rechercher dans ces scholies les idées d'Olympiodore sur les points les plus importans du Philèbe; car ces idées sont celles de l'école entière, et, dans leur décadence même, elles nous représcn* tent l'état des esprits à cette époque, et celui du paganisme dans ses plus dignes représen* tans et ses derniers défenseurs. Ajoutez: que ces scholies demi-barbares contiennent un cer* tain nombre de donnée^ nouvelles sur des hommes dont le nom seul a surnagé, et sur des ouvrages qui ont péri* C'est sous ces deux points

3SS otnfPio]x>ms*

à Fuûté; oa on peul Uconsklérer en eUe-néme

ou bien encore la rattacher à son principe et à

sa eauae. Or, ceft divers jpoiats de Tue sar le

monde sont merveilleusement représentés par

les diveiKs méthodes philosophiques^ liquéfies,

après tout, ne sont et ne peuvent ^tre que ^

verses manières de considérer les dioses. I/a-

naIjseouladécompositi<m,i9 iiea^xxx^^iSÊOfyBÈr

pîodore , ressemble t^ xpoo^ tOn ovnn, à la

génération progressive des êtres ; la reccmiposi-

tioA oa synthèse, i œtcùwnKiij ^ leur retoiur à

Funité, ti bner^of^ ; ht définition , -i opvrztxh^

k leur exigence actuelle prise en elle-même,

T^ jf ' imycTi^ ifFvA^ ; la démonstration à Texislence

rattachée k sa cause, ^ chcÀ cdriaq l^^pTupLiTv,'. Et il ajoute, art. 39, que ces quatre méthodes sont toutes renfermées dans deux, savoir, r» juapsTuc^ etT«eway»Yi; etil met ici TocuvaywrjoM pourrdwoiXv*- «cwidupassa^ précédent, ne laissant plus aucun doute surla valeur de ce dernier mot ^ qui désigne évidemment la synthèse, ou recollection et recomposition de parties. Les i|uatre méthodes*se réduisent à deux, car la définition est syndiétique, en ce sens qu'elle compose et rassemble, ouvccyÊi, les divers caractères dune chose pour en faire une totalité qui est la définition ; et la démonstration est analytique , en oe sens qu'elle

* Un point de VMt temtikiblc se tMuve dans les scholîes de PtmimamUCraiyU^ééit. deM« BaisMMpoade, p. 2,«rt. 3.

engendre et flre IWet de la cause, icpô^y^t, et ^m général déduit unç chose d une autre. Ailleurs , article Sg, p. 249» il identifie âvaXuetv et m)vayiiv{ 3cal yàp aitsp aÙTY) âvaXuet scal (ruvaYii,,., pilleurs eôn core, pag. aSi art. 66, il dit que la recomposin tion, Yi flcvaXuTuc:^, est inférieure à Fanalyse, Tnç8%cLyt p8Ti3C7îç; car,. «Fune voit d'en haut dans la vallée » ( c'est-à-dire, va du général au particulier), lora » que fautre ne voit les hauteurs que d'eo bfift » (c'est-à-dire, n'arrive au général qu'à travers tous » les cas particuliers et les lents procédés de la » généralisation collective et comparative). » Suv ce point important, on peut voir encore les ar^ ticles 4oj 58, 6a et 63.

II. C'est dans le commentaire même qu'il fau| lire les scholies sur les quatre principes : ces «cbo? lies sont très-courtes; mais chacune d'e^iss, d^n^ sa brièveté, est substantielle et pleine de s^g, et particulièrement les scholies 97 , 106, li^ ^ I a8. Cette dernière renferme une réfutation d^ l'opinion de Porphyre sur le principe du mélâing^ et de la combinaison des deux élémens, Ip £ipie( l'in^ni ; combinaison qui est l'univers lui-mêqie, ^

Platon établit i|ue l'intelligence est le principe de cette combinaison^ et c'est à cette occasion que se trouve dans le Pkilèbe la phrase célèbre que V intelligence a de Vaffinité avec la cause, c'est-à-dire, que la notion de cause est précisément celle d'intelligence. L'identité de la cfinsQ et de l'intelligence est vraie à tous les degrés ife

363 OLTMPIOBORE.

Pêtre. Elle est vraie en ce qui concerne la cause intellectuelle qui est en nous , et à plus forte raison pour la cause première , foyer primitif de toute intelligence. Platon avait en vue la cau^e première et llntelligence première; mais Porphyre, à ce qu'il paraît, avait particulièrement considéré le priin cîpe de l'identité de l'intelligence çt de Ja cause sous unpointdevue psycologique etmoral.icPor- »phyre, dît Olympiodore, art. ia8, p. a6a, préj » tend que le but de Platon est de nous ensdgner » que notre intelligence, notre esjw^itjest supérieur 9 au plaisir , vutûvra tov TQjiirepov voOv , puisqu'il est » de la même famille que l'esprit qui gouverne » le monde; et c'est pour exprimer plus forte- » ment ce rapport, que Platon se sert de l'expres- » sion yevouffTTjv , au lieu de cuYyevï '. » Mais Olympiodore objecte à Porphyre qii^il ne s'agit point ici de l'intelligence en rapport avec le mond^ et par conséquent déjà tomoég dans une sorte de division avec elle-même, ce que les Alexandrins appellent 6 [tepiaToç vouç, ô (juxtoç vouç, c'est-à-dire pa(xi>.i/.oç , régnant sur le monde avec lequel elle est en rapport , mats de rintelligence dans son unité absolue , '«tcXooç vouç, encore à l'état d'identité , et avec le caractère de

* Cette remarque d'Olympiodore confirme la vulgatc tcvoûffruv et la maînti^it contee toutes les coirections. C'est le «ul passage d'Olympiodore cjpii serve à l'établissement du vrai texte; et ^core'Yfivovtfrigv est-il déjà cité par le scholiaste ordinaire.

OLTMPIOBORE. 36 1

pensée en soi, d'au|ant.plus qu'il n'est pas besoin rigoureusement de prouver que notre intel«' ligence est du même genre que Tintelligence universelle, pour prouver que Imtelligence est supérieure au plaisir,

in. Pour la psycologie , nous invitons à lire Tartiple i53, page a66", où Olympiodore^ établit que la mémoire" n'-èst pas seulement la simple persistance d'une iqgtpfession reçue , une sensation continuée , mais qu'elle contient un élément actif et intellectuel , y^ûaiç ykf xal TQ (xvi$(i.7i xai où <ia)Çoji,<vYj ai<jftYi<nç ; l'article igg , p. 276, sur les plaisirs passionnés, toujours accompagnés de douleur, et sur les plaisirs purs qui appartiennent au développement naturel de l'existence ; ainsi que l'article 1 5o §ur les passions et leurs divisions. TÏous nous contenterons d'arrêt;er un instant le lecteur sur les scholies qui se rapportent à la discussion, assez longue dans Platon, relativement aux plaisirs feux etaux plaisirs vrais. Protarque , dans Platon, avait déjà soutenu qu'il ne peut y avoir de plaisirs faux, puisque tout plaisir ne peut pas ne pas être vrai en tant que plaisir; et cette opiniop de Protarque, qui était «elle de beaucoup de philosophes contemporains de Platon, avait été plus tard reprise et soutenue avec avantage par Aristote et Théophraste. Olympioidore cite l'opinion des adversaires* de Platon, avec leurs piîncipaux argumens, et essaie d'y répondre. Toute cette discus-

36% ommoDow»

mon n'est pas trèMmportante: mais comme eQe est chàrCf que les scholies en se succédant * forment un certain ensemble, et que ce morceau donne une idée de la manière d'Olympiodore, nous le traduirons ici presque en entier.

Article i6i, pag. 1 269. aThéophraste soutient » contre Platon qu'il n'y a pas des plaisirs Tiais 9 et des plaisirs fitux, mais que tous les plaisirs »sont vrais: car, dit-il, s'il y a un plaisir Êiux, » il y aura un plaisir qui ne sera pas du p\aisir, »ce 4iui est impossible ; la fausse croyaoce

» même est ime croyance Théophraste dit

» encore : la fausseté peut être envisagée sous » trois rapports, op comme habitude morale, il ou comme discours, ou comme une chose qui 9 ^fite d'une certaine manière. Comment donc, » dit-il, le plaisir sera-t-il £afux? Le plaisir n'est 9 pas une habitude morale ; ce n'est pas un dis- 1» cours; ce n'est pas non plus unechiose dont la 9 manière d'ester soit de n'exister pas, ov oùx ov. 9 Or, la fausseté est une chose qui n'existe que »de cette manière.*-^ Art. i6a. Quelques-uns, 9 frappés de l'énergie apparente ( Tîic &oxou«in< » Ivepyeioç), de la réalité propre du plaisir, et ne 9 voulant pourtant pas abandonner Platon^ se ti* 9 rent d'affaire en disant que les faux plaisirs sont 9 ceux qui sont mêlés de contradiction, et |^ar 9 contradiction ils entendent le mal, le déme- 9 spré,rinfini; et que c'est par la règle eHa me- 9 sure , que la raison leur applique, qu'ib devien*

OLTMPtOOORC. ^S

»nent vrais, de sorte que tous les plailirs des » gens de bien sont vrais, et tous ceux des vicieax i> sontfaux,—Art.a63. Platon ^entend autlrement. » Cbànme ropinion est fausse quand elle portfe » sur ce qui n'est pas , de même, delon lui, le plai- » sir est faux quand il porte sur ceqai n'est pas » agréable. Si quelqu'un a du plaisir en prenant » un breuvage amer, pour un breuvage douiC;^ » ou en se croyant heureux quand il ne lest pias, » il est dans le faux; il en est ainsi de celui qui » croit avoir du plaisir quand il n'eit en rapport x>[avec rien qui soit agréable. De plus, le plaisir est » une impression. Nulle impression n'est absolue, » mais se rapporte à un objet qui en est la cause. » Le plaisir aussi se rapporte à une cause qui le » fait être. D'où peut-il donc venir, c^and toute » cause lui manque? Il faut qu'il vienne deFima- » gination et dune croyance fausse.... Efffin, la » sensation «st la condition de tout plaisir etdts j» toute douleur; or , il y a des sensations vraies » et des sensations fausses, et il faut en dire au- D tant des plaisirs qui en dépendent. — Art. 164. » Platon eni^igne de diverses manières qu'il y a r> des pJaisirs £aux; par les plaisirs qui ont lieu » dans les rêves...., par ceux du délire...., par » ceux des vaines espérances...., par ceux que » donne le contraste de douleurs |rfus grandes , » ou la cessation de la douleur, ou l'illusion des » £aiusses ^inions. — Art. 16S. Proclus seul a y> bien résolu le problème^ ^n admettant tantôt

364 OLYMPIODORE«

3» la fausseté, tantôt la réalité du plaisir , de sorte » qu'il n'est pas nécessaire de condamner ceux » qui soutiennent que tout plaisir est vrai, s'ils »Ie prennent bien , ni ceux qui soutiennent qu'il » y a des plaisirs qui sont faux. En effet, l'agréai>ble est double; on peut l'envisager, ou dans » l'objet agréable en tant qu'agréable^ comme la j> douceur dans le miel, ou dans l'impression faite 'i> sur les sens , impression correspondante à l'ob-

)> jet qui la cause Ainsi, relativement à l'im-

» [cession £ûte sur les sens, toute sensation est D vraie, comme le veut Protagoras, mais non pas «relativement à l'objet externe. Il en est de » même du plaisir : tout plaisir est vrai quant à » la sensation ; tout plaisir ne l'est pas quant à » son. objet, »

IV. Nous temînerons cette analyse philosophique du commentaire d'OIympiodore, en faisant connaître ce qui se rapporte aux trois caractèrcs essentiels du bien, la vérité, là. beauté, la DKsure, qu'en style alexandrin on appelle des monades. L'article 23 1, pag. a84, est consacré à faire voir que ces trois caractères se retrouvent dans le tout et dans chaque partie du tout; leur unité est le bien lui-même, principe étemel de toutes choses, a Ce principe, dit Olympiodore, » par sa lumière est la vérité; en tant qu'objet » de désir pour tous les êtres, il est la beauté; » et comme il préside aux rapports harmoniques » des êtres, on le célèbre comme la mesure. £a

OLTUt^IODOlUEU 365

>» soi il est sans division; mais les trois monades » qui en dérivent Fexpriment chacune à sa ma- » nîère. — Et il ne ■ faut pas croire , ajoute » Olympiodore , art. aSa, que* ce principe ne 3)soit qu'une simple collection des trois mo- »nades: non;^ c'est une unité intégrante; car » il est cause , et cause de tout. » Olympiodore ajoute, art. a35: alamblique dit que ces » froîs monades sortent du bien pour orner Pin- « telligence; mais on ne sait trop de quelle intel- » ligence il veut parler, ou celle qui est attachée » à un appareil sensible et vivant , ou Tintelli* » gence essentielle que l'on c^èbre sous le nom »de père (waTpixov ùjjivoupLevov). En général, [on » .entend cette dwnière intelligence ; et en effet , » dans les Orphiques , on voit les trois monades » apparaître dans Fœuf symbolique. »

Par ces divers extraits, on peut juger du caractère de ce commentaire et des idées que la philosophie spéculative peut en tirer. Il est encore un autre point de vue de l'école d'Alexandrie sous lequel ce commentaire mérite d'être étudié avec attention, et qui se rattache au pré^ cèdent; nous voulons parler du point (te vue mythologique, c'est»à-dire, des idées que les nouveaux platoniciens avaient reconnues ou qu'ils avaient mises sous les formes du paganisme, devenu pour eux, ou par eiix, comme un symbolisme de leur propre philosophie. La publication de ce cQmmeixtaire intéresse le mytto-

SIS ormptoDORE.

lûl^ef et il se lira pas sansinût les arlides 139, a36, a4a* a6o, :222; et particiflierement, snr le sens philosophique du Pc^méthée et deTEpiméthée^les articles 40, ^1, 4^, 43^44; et sur Aphrodite y oomme déesse du plaisir, les articles 179 1S9 199 AO9 21 et 33. lïous nous contentons de les sî^aler et d y renvoyer les amis des recherches mythologiques i pour arriver à ce qui nons intéresse [dus ^>âcialement, savoir, Futilité que l'historien de la phflosopbôe peut tirer de la publication deces scholies.

Pour la première époque , à dé£nit d'c^cles dialdai^esy Olympiodore a quelques citations oiphiquesqui ne sont pas sans iiUéret. Outre le movceau que nous avons déjà cité sur les-trois monades qui sortent de l'œuf mystique y selon la doctrine orphique, on trouve, page z68f au milieu d'un article sur les différentes espèces de mémoire » comme la mémoire sensible , la mémoire Imaginative, etc., une atluùon à la mémoire supérieure dont parle Orphée, ^^iretpàrû 6pfn (Avi((tii. Hermsum qoi cite cet article d*OJympiodore (page 5 1 o) lit à tort Mv7}[jlc6 ; c'estévidemment une allusion à l'hymne à MDémosyne^ Mvni&omiinit luùdiù. Il est tout simple qu'un commeutatjsur du Philèbe ait rapporté, page a86, le vers célèbre que Platon cite dans ce dialogue :

À la sixième génération mettez fin à vos chants. Ëxni i* h 7t>f^ , «oTcfrovaenrc xoopunr mtihç*

nfîMtnimtp 3O7

Je ne crois pts que Ton tronve ailkiirs le demi* vers sui^aùt^ dont le sens est assez obscur :

voC^^è oTa ^t^Sni ^ffiVîoc *.

Qiitnt aux pythagoriciens, où ne trouve ici prescpie rien qui ne soit connu. Platon, dans le ProiagaraSf avait mis Prométhée au-dessus d*É* fiméihée. Les pythagoriciens faisaient tont le contraire, dit Olympiodore , page 1147, ^^^^ doute, parce que'Prométhée indique le meuve* ment de l'intelligence qui se porte pour ainsi dire en avant, et « sort d'elle-même pour entrer dans lesyâiosesy MYinç-irpù, irpoo^uc^, tandis que Épiméihée marque le retour de fintelligence sur elle-même, M9iriçiiA, imçTpeicinxi»;, et qu*en efifet il vaut mieux pour une âme revenir sur soi que d*en sortir. Page 28a, le miel était pour les pytb^oriciens le symbole du |plai$ir; de là la maxime : C'est le miel qui fait tomber htê âmes dans le monde des apparences et .des phénomènes : Jià p.cXiTo; iciTTTetv tlç y/ve^iv Taç ^w^d^ç. U faut lire aussi, pag. 280, un article sur la diflFéren^ du système musical d'Aristoxène et de co* lut des pythagoriciens. Enfin , en parlant des philosophes qui maltraitaient le plaisir, iuay^ff «tv(^v T(i>v T^v i^&ov^jv, et recommandaient rinsensibilité, Olympiodorç désigne, page 276, les pythagoriciens comme &isant partie de ces philosophes

^JP. 26u VoyesHernann, p* 5lo«

di a ykiS y àa IBiSffppâk im âXai méç; mais i est évident qu'il ne peut s'agir ici des pytfaagorîdens, qoiy au w^ppart ^Oljmpîodore lui-même AiiK son oonnneiitaîre sotIr premier Alcibiadej nétaîent point d'une rigidité si malentendoe: Piafton pensait éiidenunent à Antistfaène, et à Fécole cpàqpià qui déjà frayait la Yoie an stoiasme. On ne tronre absolument rien dans ce commentaire sur Técole iomnine, ni sur Fécole éléatiqoe. Démocrite f est mentionxié une seule fois (page 24^) ssos aucune ôtation précise.

Ces scholies ne r^>andent guère. p|us de lamière sur la seconde époque de la philosophie grecque. Les dialogues de Ph^on que j cite Olympiodore sont: le Phèdre ^ pag® ^^t le Prot(xgoraSj p. a47 j le Parménide , p. aSy bis y a48, a56, aSy, le Craty-le, p. a4^, la ^^publique^p. n'ig^ti^^f 286, le 77mée,p. ^70.

Remarquons qu'il cite deux fois, p. ^24^ ^^ a64 y le second jilcibiade déjà cité dans le commentaire sur ke premier. Aristote est assez souvent mentionné, p. a So, 21 54 9 ^69, ^71 ^ 276 ^/f, 283, mais sur des points peu importans; Théophraste, une seule (ois, dans Tendroit que nous avons traduit. Il est étrange que dans le commentaire d'un dialogue sur les plaisirs, Épicure ne soit pas dté plus souvent. Il n*est indiqué que deux fois. Pag. 274^ Épicure dit que le plaisir naturel est plein de

OLTUPIODOIIE. 3dg

E* retenue, )«(T«7H(*aTwi(v.La vertu, qui est le plai- '--I' sir le plus parfait, ne se soustrait point à l'action i^ des choseff extérieures, mais retraoche l'excès - - en tout genre , soit l'enlrrement, soit l'abstirîi nence. Page 27 5 , Épicure pense <fae tout plaisir S: n'est pas nécessairement mêlé de peine. Nulphi- ^i losf^e stpïcien n'est ici indiqué, même une ■3 '■ seule fois. Les noms d'Ârchimède et de Ptolémée i » se rencontrent sans aucune citation précise, pa- 'P gesa8o,283,ain5iqueceuxd'Aristoxène',p. 280, î et du mathématicien Théodose, lèi'rf., qui vivait du temps de Nerva et de Tiajan, C'estÀ mesure j: qu'on entre dans la troisième époljue de la phii losophie grecque et dans l'école néoplatoni- ;, cienne, que ces scholies d'Olympiodore pren- ^. nent de la valeur.

Il fout d'abord nous féliciter d'y trouver mentionnés trois noms peu connus, ceux de Proclus de Laodicée, de Boetbe, et d'un philosophe nommé Peisithée, nEmQJot. Proclus de Laodicée aurait parlé du plaisir comme d'une divinité. '' Voici la phrase , p. 342 , art. 20 ; tpeïTai li iHw^

T^ AaoSouî. C'était probablement dans sa théo- ' logie, ou son traité du mythe de Pandore '. ' PourBoëthe, BoviSàî, Olympiodoré cite son opinion, p. 264, sur l'espérance et ses divers caractères, en contradiction avec Platon ; et il ne faut

* Voyez Suidas , npixk.

paspRrirecBBoëtbepoarlepluWsapheroBMiB,

Ji n'a. gDoe pu écrire a^ant Ol jinpioibre , de iii^èreàpaaTOirctreàtépar ceëe«icr: a ÊMit

ertEndre,àoe<îa'iii»»s«™'»l«» ua autre pfciioasphe , péripaiéticim, oonmi» W (Aùlosaphe nmainja^s, plus anden, et qu AmmoBiiis, sur les calégorie» d'.iristote, et AnHiis .*-^=»*- ^-^ séiafr citent comme an infcHprete rf-Arôtote S n en reste si peu de dioœ, que son

fraonent sar respéranOB^ qne non» a conservé Olya^iodDre, aest pas sans prix. Quant a&svaiÀée, ■ous avouonsqiœ son nom nèfloe nous éiadt inco«BU- OlympioAjre le dooney p. aSy, poor nn ann de Théodore d^Aainée, «e qoi fe place après Porphyre; et U paraît qn« ce Peiàtbée s'était occupé du Philèèe^ et avait vae œrtame réputation , pmsqoe Olynaçtodore cite 9oa opinioa sur le bot dn Phiièbe et k réfeile

vrecscHB.

PSUTO les dbâples de Plotin, qpe ftarpbyte die arec disdnctian dans la vie de son niakre, Améfias naraft. avoir joué un rôle naportant Ses AiaioBS soat plus d'une fois mentioBiiées par les Alf^andrin» avec le plus grand respect, mais ancua de s«» ouvrages n'est panrenn jusqu'à nous.Latradiâoa afesandrine ne noosa conservé

deMartwB. »«»«*» 1« demifaoligiies, etft»alie,p. 56 a» i" lirre MirPorffyn.

OLTMPIODORE. 3yi

que son nom entourëfde la plus haute considération, avec quelques opinions éparses qu'il serait intéressant de recueillir et de dispoèer avec ordre, de sorte qu'on pût retrouver quelque chose dû système de cet illustre platonicien, comme on l'a fait pour plusieurs philosophes, tels que Pqs^donius, Anaxagore, Heraclite et d'autres. Nous désignons à celui qui voudrait s'occuper d'un pareil travail l'article 3o de la p. 243 y sur l'opposition des plaisirs entre eux, et surto^ut l'apticle 148 de la p. 265 , contre le plaisir agité, T^àv «v jciwicgi •wSovvfv. Amélius , dit Olympiodore , développe œ :point avec la plus grande force, Àfi^cXit^ 6XTp^« yco&ei , et oomme le morceau qui suit immééliH ment a en effet une sorte d'énergie tragique , il . ne serait pas imposable qu'il appartint à ce dis« ciple célèbre de Plotin.)

Après Amélius , les plus célèbnes platomdetu, jusqu'à CMympiodore, sont, dans l'ordre des temps, Porphyre, lamblique, Syrien et Prodiu. Or ce qui résulte à peu près incontestabifime&t de ce commentaire d'Olympiore pour*toas les quatre , excepté peut-être Porphyre, c'est que, dans des ouvrages qui ont péri et dont il ne reste ailleurs aucune trace , ils avaient commenlé èe Philèbe. On l'avait déjà dit de OProclut^ mais on ne l'avait pas même encore soupçonné d'aucun desaul3Pes; et pourtant ce qui n'était pas même un soupçon , est ici converti en certitude. ISons n'exceptons que Porphyre , qui ,^ s'il n'^avait pas

5^4 OLtlplÔDORE.

péri, un commentaire sur le Philèbe; maintenant cette conjecture est mise hors de doute : les scholies d'Olympîodore déposent de toutes parts, non d*une dissertation épisodique de Proclus sur le Philèbe dans quelque autre ouvrage , mais d'un traité régulier, d'un véritable commentaire de Proclus sûr ce dialogue ; aucune des conditions de démonstration en ce genre ne manque ici.

Non-seulement il n'y a pas un seul point important du Philèbe sur lequel Olympiodore ne cite Vopinion de Proclus; mais, dans une foule de chéstô d^un moindre intérêt , il se met à l'abri derrière cette autorité , au point que les citations de Proclus embrassent le dialogue de Platon dans toute son étendue, correspondent à' toutes ses parties , et qu'en les arrangeant entre elles et les tirant des scholies d'Otympiodore, on en composerait aisément un ouvrage à part régulier et tomplet. En effet, p. a38, vous voyez ce qu avait J)ensé Proclus 3ur le but dû Philèbe. Plus bas, quelques articles après, on trouve sa division des .parties du dialogue tout-à-Tait dans le ^nre de ses divisions- déjà connues d'aulres dialogue» de Ï^Iàtoxv tt parait qu'après avoir pUcé le \)ut du Phiieêé dans la recherche du souverain bien pour tous les êtres , 40 qui embrasse , éomme le remarque fort bien Olympiodore , l'univers eniïevy tmidis que dans le Philèbe il s'agit spécialement de l'homme et du bien qui coi^^l^t à sa nature; après, dis- je, avoir dét*rmiaé W^t du

Pjùlèbej Proclus 1| divisaitien vingt-cinq ppinf^ Mus Iqin , ^. 241 , nous retrouvons l'opinion de Proclus également combattue par Olympiodore sur les diverses espèces de nécessités; et p. a4a f sur cette question mythologique : Pourquoi les anciens p'^v^ept pas fait un c^en du plaisir; plu* loin encore, p. 2467 sur les différepts Prométl^ées j dans cette même page, article 40, sur la mé^odei analytique, p.247 y sur l'unitéet la plaralitécoçim^ i^ontenues dans toutes choses particulières, pij fiinpn Tunité, au moins sa form^ ^éqiç, ruiùoii| la fprqe d'unir, et non pas rà ev, qui est l'unité en Qpi. « L'infini , dit Prqclus , est l'élément de plu* ralité , le fini l'élément 4'union ; mais au dessus des deux , il faut placer Fnnité, to iv, et toutefois cette unité4à a encore devant elle la pluralité, car i^lle est en xappori d'opposition avec la dua-^ lité du fini eif de Tinfini, dualité qui est un mul« tiple; de sorte qu'il fai^t éley^ encore au-dessus de cette unité une. unité absolue, un principe qf^ n'admet plus dans sa nature aucune relation} ayéc le multiple, fût-ce niépae une relation d'op* p.os)tioh, (i.ia apj^-fl ivavTtôcToç. » Ainsi quatre élé^ mens, savoir, l'unité absolue, puis 1 unité en fece du multiple, unité qui est Van et plusieurs, h xal T:(Xkky enfin le fini et l'infini. Ailleurs, p. 2 58, toujours sur là même question : « La cause suprême , dit Proclus , fait le monde sur elle-même et en vue d'elle-même, pour que -toute chose soit semblable à die ^ de sorte qtie Dieu est de sa

3^6 OLtUPIODOE£.

nature la trinité de Fêtre, offre gxfxh^ ri Tpia ( c'està-dire , comme nous avons vu pias haut, lé fini, l'infini et leur union ). Il est eeUe trinité dans son unité centrale et primordiale; mais il tte faut pas moins dire qu'il est triple,. quoicpie cette trinité se résolve dans Tunité, à^à-^iiTsov iaç oû^evi {ttov tùioL et xal auvTp£}^oiev x(ù évi. »Page 261, sonopinion est mise à côté d^ celles de Pcwphyre et d'Iamblique; et, p. 262, dans Particle i3o que nous avons cité sur l'affinité de la causé et de l'intéOi* gence, on le retrouve encore avec Porphyre; ^nous avons traduit sa théorie des faux plaisirs , p. 370; enfin , p. 287 , article 248 , on peut voir comment il poursuit daps toutes choses la dua« lité , qui constitue la réaUté.

Tant de mt^tions ne peuveot laisser aucun doute sur l'existence d'un commentaire àaPfU* lèbe par Proclus, qui a péri avec d'autres ouvrages de ce grand homme, et que ces scholies d'Olympiçdore révèlent et reconstruisent en grande partie. Ce résultat indubitable si^Ofipait seul po^r donner du prix à la.publicajtion oe cet o»v/^e d'Olympidore et au. travail de M. Stalbaûfe. Déjà novs avons trouvé dans le cenmtientaire sur le pre^nier Alcibiàde , d'imporUntes indications i|ui ont beaucoup ajouté à nos éonnaissances •ur l'école d^exandrie. Peut-être, dans les autres ouvrages .encore inédits de ce demiefdes nouveaux platoniciens ^ trouverait^on des résultats du même, genre qui dédommageraient abon-

OLTMP](pDORE. 377

damment celui qui aurait le courage de s'y engager, d'étudier ces mamimens délaissés, de les publier, ou du moins cTen faire connaître ce qu'ils peuvent renfermer de précieux pour la philosoj^e en eHe-jnéme ou pour l'histoire de la philosophie.

OLYMPIODORE.

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