‹ Nouveaux fragments philosophiquesChapitre 23 sur 50 · SOS · texte numérisé non relu

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consullc et dont il se plaît à faire connaître de précieux fra^nen.g |CI par exemp,e, il a donné une lettre médite d Heraclite à Hermodore (,), et cette tâche appartenait naturellement à l'habile éditeur «leu lettres < « faux Diogène (i). Mais il est temps de faire faire connaissance au lecteur avec Eunape lui-même.

Eunape était né à Sardes en Lydie (s). Sa première éducation fut conliée au sophiste Chrvsanthe, prêtre lyd.cn son parent (4), qni lui inculqua, avec te gortt <te la littérature et de la philosophie, son zèle ardent P'.ur la religion de leurs pères. A l’âge de seize ans, •i quitta la Lyd.e pour aller achever ses études à Athènes (s) .Arrivé malade, il y trouva une hospitalité généreuse dans la maison de Proérésius, sophiste célébré qui le soigna et l’aima comme un fils (e) Lunape lu. voua en retour une affection et une admiration <p. ,| consigna plus tard dans son ouvra "e. Il était encore jeune homme à la mort de Julien' et à axcnemenl de Valentinien et de Valens ( 7 ). Après un séjour de cinq ans à Athènes, il méditait le voyage oblige de tout philosophe d’alors en Égypte, quand un ordre de sa famille le rappela en Lydie (s). Il y passa le reste de sa vie et exerça la profession de médecin, ou du ...oms il semble avoir eu d’assez grandes

connaissances en médecine ; car il fit lui-même une

. î' «»•- («Nonce de. ItaMa,

IM . -WPkoUi tlihl . . ex.!. 77. -

(■*) Lunape, t. ., p. 50, 107, Ht.— Ibid n 7 x

0 1U4. Hiù. . «aifiiSL r : «: ~

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opération à son parent Chrysanthe, à défaut du célèbre üribasc, qui se faisait trop attendre (i), et c’est à lui que ce même Oribase dédia son Tétrabiblion ( 4 ). Eunapc composa des annales politiques en quatorze livres ( 5 ), qui continuaient l'histoire de Dexipe jusqu’à son temps, c’est-à-dire, qui s'étendaient depuis

le règne de Claude 11 jusqu’au règne d'Honorius et d'Arcadius. Au rapport de Photius, il fil deux éditions de scs annales ; dans la première, il attaquait à découvert le christianisme et les empereurs qui l’avaient propagé, et surtout Constantin ( 4 ) ; mais la seconde était fort adoucie, et la nécessité des temps lui avait imposé quelque mesure. Photius, qui avait sous tes yeux les deux éditions , témoigne de leur différence. Suidas (s) parle aussi de l’IIistoire politique d'Eunape. On imagine aisément quels éloges il y donnait à Julien. Il ne faut pourtant pas le confondre , comme le remarque très-bien Fabricius, avec un autre Eunape, rhéteur phrygien (6), qui jouit de quelque crédit auprès de Julien. L'attachement de notre auteur à l’ancienne religion lui en fil obtenir les plus hautes dignités. Initié aux mystères d’Éleusis, il fut élevé en Grèce par le prêtre d’un lieu dont il tait religieusement le nom, au rang des Eumolpidcs, et porté en-

( 1 ) Eunape, 1. 1 , p. H9-120.— (î) Phol. Bibliolh., cod. 219. — (s) ibid-, cod. 77. Photius, dans letilre , dit dix-neuf livres; dans le texte, quatorze; le manuscrit de Naples, dix-sepl.— ( 4 ) Ibid . — ( 5 ) Aux mots KuvaravTtïOî etfouylvo;. — (6) Suidas, t’. Moujwvcoj.

suite à celui de prêtre et d'hiérophante, quoiqu'il fût étranger, contre la loi expresse de l'institution. Luiménie nous fournil ces renseignements dai»6 scs Vies des philosophes, qu'il composa à l'instigation de Chrysanthe (i), et à l'honneur des philosophes, médecins et rhéteurs célèbres de son temps qu'il avait connus ou dont il avait entendu parler à ses amis. C'est de cet ouvrage que nous nous proposons de rendre ici un compte détaille.

Il est précédé d'un avant-propos assez peu intéressant, après lequel vient une introduction sur ceux qui, avant Eunape, avaient écrit l'histoire de la philosophie ( 2 ).

Selon nous, le vrai fil qui doit conduire à travers le labyrinthe de celle introduction, assez embarrassée, est la division que fait Eunape de l'histoire de la philosophie en quatre époques : la première comprend tous les essais de la philosophie naissante en Italie et en Ionie jusqu'à Platon ; la seconde s'étend depuis Platon jusqua l'entier développement de toutes les écoles socratiques, et leur commun déclin, environ un siècle avant notre ère ; la troisième, vide de grands génies et remplie par la médiocrité ingénieuse cl savante, se prolonge jusqu’à Plotin, avec lequel commence une nouvelle et quatrième époque, celle dont Eunape entreprend d’écrire l'histoire. C’est ce que

(l) Suidas, p. 52.

(s) Ibitl ., |>. 2. OÏTcvtî tJî» yiAdaoÿov Itroplav àysiifavTO.

EUNAPE.

îou euiiape.

M. Boissonuade ne parait pas avoir fort bien compris. Très vidclur (») Eunapius philosophorum fopàç slalucre, primam Platunis cl ejus discipulorum ; secun dam ry t v pur à ?i>v TlXiruvoi Jtvrépxv, quam platonicorum esseputo ; lertiam vero, quœ sit ecleclicorum. Mais il est clair que la première époque ne peut pas être celle de Platon et de ses disciples ; car celle-là avait été précédée par une époque antérieure que remplissent les écoles d'Ionie et d'Italie. 11 est clair encore qu'en parlant d'une époque des platoniciens , et d’une autre des éclectiques , M. Boissonnadc a fait deux époques d'une seule ; car les éclectiques sont précisément les platoniciens ou néo-platoniciens, et l'époque antérieure, loin de renfermer la seule école de Platon, abonde en écoles opposées, celle d'Aristote, celle d’Épicure, celle de Zénon, etc. Wyttcnbach , qui a proscrit tout ce chapitre (») sur des motifs assez frivoles, l’entend d'ailleurs très-bien, et admet la division en quatre époques, qui débrouille toutes les difficultés. Chaque époque s’appelle <pcpx dans Eunape. Les deux premières avaient trouvé de dignes historiens dans Porphyre et dans Sotion. Porphyre avait écrit l’histoire des systèmes philosophiques de la première époque , cl même les vies des philosophes de cet âge. Sotion, quoique venu avant Porphyre, avait embrassé avec la première époque toute la seconde, au moins jusqu'à son temps. La troisième 11 ’a pas eu d’histo-

(«) Suidas, p. 148-149. — (*) T. u, p. 21, 22, 23.

Cli.NAPK. *0 7

riens, excepté Philostrate , qui a donné des biographies élégantes des meilleurs sophistes qui ont Henri à travers la troisième époque; mais, dans Philostrate, il ne s'agit que des sophistes, non des philosophes; et, pour montrer que les philosophes n’ont pas manqué à celte époque, Eunapc en donne une liste, les énumère et les caractérise : d'abord Ammonius d’Égypte, maître du divin Plutarque; Plutarque lui-même, qu’Eunape appelle yiXooofitii âxiayt àfpsxft-nj xxi aù?% ( i ) ; l’Égyptien Euphrate; Dion de Bilhynie, surnommé Chrysostôme ; Apollonius de Thvane , qui , selon Eunape, n’est pas un philosophe , mais un intermédiaire entre les dieux et l’homme , et dont Philostrate a écrit la vie , qu'il aurait dû appeler une sorte de voyage <f un dieu sur la terre (*) ; Carnéade, un des plus célèbres champions de l’école cynique , qui comptait aussi Musonius , Démétrius et Ménippe , et beaucoup d’autre moins fameux. Il n'existe, dit Eunape, autant que nous pouvons le savoir, aucune Vie de ces philosophes ; mais leurs ouvrages leur servent d'histoire (s) ; par exemple , Plutarque donne beaucoup de renseignements sur lui-tnémc et sur son maître Ammonius, et Lucien de Sainosate avait écrit la vie de Démonax , le seul livre sérieux , avec un bien petit nombre encore, qu'il ait composé (i). Eunapc déclare qu’il ne se dissimule point que l’ouvrage

(l) T. I, p. 3. — (*) Ibid. ’EiriOïj/fciav n xvOpùito us 5«oü. — (5) Ibid., p. 4. Etai pioi ri — (*) Ibid.

ECNAPE.

qu’il entreprend sera peut-être incomplet, mais il cède au désir de faire connaître les philosophes illustres de son temps (t), et d'en rapporter ce qu’il en sait (2), ou par tradition ou par lecture ou par expérience personnelle, et par là d’élever à la Vérité, sinon un temple, au moins un vestibule; ét c'est ici que, se résumant, il reproduit sa division en quatre époques. Nous citerons ses propres paroles : "EcXt fièv cvv Sixxsxtjv riva xxl pijt-iv b Xpovoq Six rài xotvxp ovfxfcpi? rpirt) Sè xvSpùv èyévero yspà (y fièv yàp Sevré px fit r à rijv n^iravop irxotv èfnpavifp àvxxtjajpvxrxi) xxrx roùi; K XxvSisv xxl N épavof' roJ s ’ yàp iflA/su,' xxl èviaoioup eu xpif ypxyetv {cura S ’ jj ’uav cl rtpi Vxï.Sxv, BiréhXiov, *OOavet‘ Oveafrxffixvèt; SÈ b êiri r cùreit; xaei T/rsç xxl inet ftera rovreus 1 jp%xv), J va fiif roùro oxcvSxKeiv Siljufiev’ irXifv èirirptxevri yt xxl auvtkovrt eiirelv, r b rüv àptvruv ipiXsacjiuv yévoç xx[ et\ Zé&fpev Siêretvev (3). Rien de plus clair que cette phrase, ainsi constituée par M. Boissonnade (t) ; or il nous semble qu’elle renferme ou suppose la division de l'histoire de la philosophie en quatre époques. En effet , dire que la seconde commence après Platon , n’cst-ce pas dire évidemment qu’il y a une première époque antérieure à Platon ? Et dire que la troisième commence au temps de Claude et de Néron, n’est-cc pas dire que la seconde va

(t) P. 5. T«3v *»t ifixv t6v ivOpùxuv. — (8) Ibid. *H xari àxoijii î) xotfi àviyxwaiv î] xacri iaropixv. — (2) Ibid. ’A i tnOtixi xpüOvpx xxl irjXxf. — (a) P. 5-6.

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jusque -là? Dire enfin que celle troisième époque s'étend jusqu'à Sévère, n’est -ce pas dire encore qu’elle finit là, et, par conséquent, que l’école éclectique , venue après Sévère , ne fait point partie de la troisième é|>oquc , contre ce que veut M. Boissonnade , et qd'clle en constitue une nouvelle à laquelle Eunapc ne donne pas le nom de quatrième époque, mais qu'il faut bien appeler ainsi, si l’on veut continuer ses classifications? Si ces observations sont incontestables, elles conduisent peut-être à quelques corrections importantes dans le texte ; et ici, contre notre ordinaire, nous appuyons quelques-unes des leçons hardies que Wyltenbach propose de substituer à celles des manuscrits et des éditions, conservées par M. Boissonnade. D'abord si cette phrase, taxe pîv cJvJiaxorijv

indique la division du temps par époques philosophiques , nous demandons ce que veut dire wwki ou/xvcpxs. Hornanus traduit : Hiuleum ûjilur fuit et inlercisum quodam modo tempus prupler communes calamitates. Propice communes cul a mitâtes ne signifie rien ; car les malheurs publics peuvent rendre une époque plus ou moins riche , plus ou moins intéressante, mais ne peuvent servir de mesure de division pour la série des temps ; or on ne peut pas entendre Jituuiriiv Kxl piji-r; autrement que comme division du temps, surtout si l'on fait attention aux locutions Jtu-ipa, rpirif, etc. Dans ce cas il est difficile de concevoir ce que M. Boissonnade a entendu par xoivài aupifcpxi; ; il ne s'explique pas sur ce point, et nous

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