‹ Nouveaux fragments philosophiquesChapitre 27 sur 50 · EU. ‘SAPE · texte numérisé non relu

EU. ‘SAPE

car Eunapc prétcnil que c'est par Longin que Malchus fut appelé ïlopyijpioi (•). On voit encore dans Ica deux ouvrages que Porphyre étudia sous Longin ; mais, ni dans l'un ni dans l'autre , il n'est dit dans quelle ville. Ce fut probablement à Athènes, où Longin s'illustra comme professeur. Cependant il ne serait pas impossible que ce fût à Tyr, ou qu'au moins Tyr ait été leur patrie commune ; car Porphyre nous a conservé une lettre de Longin (s) où celui-ci l'invite à passer de Sicile en Phénicie et à lui apporter des manuscrits exacts de Plolin. Il fallait donc que Longin y fût , et même qu'il y eût vécu longtemps avec Porphyre, puisque, pour le déterminer à préférer ce voyage à un autre (s), il lui rappelle leurs anciennes habitudes en ce pays , et la douceur de l'air, qui convient si fort à sa santé délabrée (a), ce qui semblerait faire croire, contre Jonsius et Rubuken , que Longin était Syrien ; car il est impossible de ne pas voir dans toute la lettre de Longin à Porphyre le ton d’un compatriote. Quoi qu’il en soit de la patrie de Longin et du lieu où Porphyre étudia sous lui , les deux ouvrages que nous comparons sont unanimes pour attester le talent du professeur, et l’autorité presque absolue dont il jouissait. Ce fut à cette école «pie Porphyre puisa le goût d'une diction lucide

(i) Porphyre, l ie de Plolin, p. 7.— (s) Ibid.— (a) Ibid. Tiiv itpbt ÂH-ïi Wrf» T»it trépan npoxpivat. — (4) Ibid. Tiiv rc izaXatU» avviiOitav xxi ràv àépa ptxptôraro* Svrtt npb( *1 * Xé/tt f toü ràparof iabivt <scv.

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EUNAJ’K.

et précise , cl ces habitudes de saine critique qu'il transporta plus tard dans la philosophie. Après s’être distingué daus sa pairie , le désir de voir Rome (») l'amena dans celle ville, où il fit la connaissance de Plotin. Dès lors sa destinée fut fixée, et il se livra tout entier à la philosophie. Il eut pour condisciples , sous Plotin, dit Eunapc, Origènc, Amelius et Aquilinus (2). Porphyre parle bien d’ Amelius, mais il ne dit pas un mol d'ürigènc ni d'Aquilinus. Les critiques ont déjà proposé de lircPaulinus au lieu d’Aquilinus , et ce nom est en effet cité par Porphyre (3), comme celui d’un ami de Plotin. Pour Origène, l’erreur est manifeste; Origène n’est pas un condisciple de Porphyre , mais de Plotin ; cl il n'est plus besoin de dire aujourd'hui qu'il n’est pas ici question d'Origènc le chrétien , mais d'un philosophe qui , au rapport de Porphyre , a écrit un livre sur les démons , et un autre du temps de l’empereur Galien , sous le litre assez obscur'Or/ pavai iroiyrift b BswiAfyç (4). Et à l’occasion de cet Origène , condisciple de Plotin et disciple d’Ammonius , il importe de relever une erreur grave d’Holslenius que l'autorité de son nom a si bien accréditée, qu'elle a été depuis perpétuellement répétée comme un fait constant. Ilolstenius, dans sa Vie de Porphyre, déclare que , loin que les chrétiens aient fait aucun emprunt au uéo-plalonismc, c'est au contraire celui-ci

(1) Porphyre, Vit de Plotin, p. 8. T^v 'P«iyujjv

Heu. — (*) Ibid. — (s) Ibid. — (*) Ibid.

El’MAPE.

qui puisa scs principes dans la doctrine chrétienne,

et que renseignement d'Anunonius n'était pas autre chose qu’un enseignement chrétien sous la promesse du secret ; qu’Érennius , Origène et Plotin avaient fait serment de ne jamais divulguer cet enseignement; qu’Origène et Plotin ne manquèrent à leur parole qu’à l’exemple d'Erennius , et que ce fut seulement alors qu’ils commencèrent à répandre les idées chrétiennes qu'ils avaient reçues. d’Ammonius. Et Ilolstenius s’appuie d’une autorité qui , sur ce point , serait décisive, si elle était vraie, celle de Porphyre, disciple de Plotin et ennemi du christianisme , qui devait connaître les secrets de son maître , et n’a pu dire en faveur du christianisme que ce que la force de la vérité lui arrachait. Nous citerons les paroles d'Ilolstcnius : Cerlum est Ammonium religionis nostrœ arcana discipulis sub silenlii religionc communicasse , de quibus (les mystères chrétiens) non divulgandis Erennium, Origenem et Plotinum fidem sibi invicem obslrinxisse ipse Porphtjriuslestalur; cùmque Erenniusprimus eam fregisset, nec Origenesnec Plotinus promissis sletére, sed quà scriptis quà vivd voce in publicum ea protulerunl q uœ a b A mmonio philosopho acceperant (t). 11 est étrange qu’un critique aussi distingué qu'Holstenius affirme de pareilles choses sans en donner de preuves ; disons plus, sans en avoir aucune, car il n’y a pas un mot de tout cela dans le passage de Porphyre sur lequel il parait s'appuyer.

(i) Holsten., de Vilâ et Scriptis Porphyrii , vi. coosin. — soev. FR AG u . 19

EUtfAPE.

Porphyre dit tout simplement, dans la vie de Plotin , p. 3 , qu'Érennius , Origènc et Plotin s’élaient promis de ne pas divulguer renseignement d’Àmmonius, fjujJèv ixxxXùxruv tüv ’Aft/toviou Jtyftdrav ; mais que cet enseignement fût chrétien , c’est ce dont il ne dit absolument rien , et c’est pourtant ce qu’Holstenius lui fait dire. Je ne connais pas un seul passage de l’antiquité qui autorise celte conjecture ; car l’autre passage de Porphyre, cité par Eusèbe (Hist. Eccl. vt. 19), ne conduit , directement ou indirectement, à rien de semblable. Mais revenons à Eunape.

La plus grande différence que l’on remarque entre son récit et celui de Porphyre, se rapporte au motif du voyage de ce dernier en Sicile , et à on épisode de sa vie qui est du plus grand intérêt dans Porphyre , et qui , dans le récit d'Eunape , dégénère en une aventure de roman. Porphyre , à propos de l’extrême sagacité de Plotin, en rapporte un trait relatif à lui -même.

« Fatigué de la vie, dit-il , j’avais résolu de mourir ;

< Plotin le devina par une sagacité tout à fait merveil- « leuse ; et, tandis que j'étais chez moi plein de rêveries « funestes , je le vis tout à coup arriver. Porphyre ,

« me dit-il , ce projet n’est pas d’un sage , mais d'un « fou et d’un malade ; et il me conseilla de laisser là « mes travaux et de quitter Rome. Oc fut par ses con- « scils que j’allai en Sicile près de Lilybée (i). » Voici maintenant la version d’Eunape. Selon lui , Porphyre

(i) Porphyre, Fie de Ploim.

El'NAPE.

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