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SS* EUNAPE.
a et alors, au Heu des dieux de la pensée, on vit des « esclaves et des criminels obtenir un culte : à la i place des têtes de nos divinités , on montrait les « têtes sales de misérables repris de justice ; on iuet- 4 tait un genou devant eux et on les adorait. On 4 appelait martyrs, diacres et chefs de la prière, des 4 esclaves inüdèles déchirés par le fouet et tout sil- < lonnés des marques de leurs crimes. Tels étaient les i nouveaux dieux de la terre (i). « Quelque outrées que soient les couleurs de ce tableau , il nous donne une idée de l'Histoire politique d'Eunape , et nous montre combien il importerait de la retrouver.
Eunape, revenant à Antonio, nous le peint, sous la menace de la persécution , inflexiblement attaché au culte de ses pères , cachant sa vie dans une solitude près de Canope , exact observateur des rites dont il prédisait lui-même la chute, et faisant sa consolation et son bonheur de la contemplation des monuments
H'fV Jô i"f ‘4!
(i) Ibid., p. 44, 45. Wyttenbach , p. 147, recherche où était situé ce temple de Sérapis, à Alexandrie ou à Canope. Il pense qu’il était situé entre Canope et Alexandrie, et qu’il était commun à ces deux villes, hypothèse très-peu probable. Tous les ailleurs cités dans la note précédente, auxquels il faut ajouter Damascius dans Suidas, «.'Olu/uro*, placent à Alexandrie et non à Canope la scène que retrace ici Eunape; RuQn, n, la place à Canope. Il faut
voir Jublonski, Panthéon cgypl., u, 5, et v, 4. — Sur l’inOucncc illégale et arbitraire des moines, voyez Godefroy sur le Code de Théodose, t. vi, part, i, p. 107.
EUNAPE.
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qui ne doivent pas lui survivre (t). Antonin , Eustathe
et Sopaler occupent dans la biographie d’Édésius plus de place qu’Édésius lui-même; et, sans dire où et comment mourut ce dernier , Eunape passe à la biographie de Maxime.
Rappelons an lecteur que jusqu’ici Eunape parle d’après les traditions qu'il a recueillies, mais que dès lors il a été le témoin oculaire de presque tout ce qu’il raconte, cl qu’il a connu les personnages dont il écrit l'histoire. Ainsi il dit lui-même, au commencement de la Vie de Maxime, qu'il a rencontré dans sa première jeunesse Maxime déjà vieux, et il en fait un portrait # détaillé; mais il ne dit point de quel pays il était. Il avait pour frère Claudien (î), qui vint à Alexandrie et y enseigna, et Nymphidianus, qui professa avec éclat à Smyrnc. On peut conclure de ce passage que Maxime n’était pas d’Alexandrie, puisque son frère Claudien n’en était pas ; et de ce que Nymphidianus enseigna à Smyrne, il ne s’ensuit pas qu’il fût de celte ville ni lui ni son frère Maxime, comme l’a voulu Valois. Socrate et Aiumien Marcellin disent que Maxime était d'Éphèse(s).
(0 Ibid., p. 42.
(s) Ibid . , p. 47. Les critiques ne sont pas d’accord sur ce Claudien. Voyez. Wyttenbach, 160, 167. Reinesius, cité par M. Boissonnade , le donne pour le beau-père du poète Claudien. Une inscription grecque de Selden nous offre un Claudien, prylane à Smyrne avec une grande prêtresse Nauphydia. Boissonnade, p. 287.
(3) Socrate, Ilisl. eccl., lit, 1; Amm. Marc., xxtx, i, p. 550; Valois, ibid.
EUNAPE.
11 fut le maître, l’ami et le conseiller (le Julien, et joua un grand rôle politique. Aussi tous les écrivains en parlent-ils, Suidas, Socrate, Sozomène, Libanius, Julien lui-même et Zosiinc (i). On lui attribue le poème t s pi xxrapxâiv , publié par Fabricius (s), et Simplicius en cite un commentaire sur les catégories d’Aristote (3). Sa vie dans Eunapeesl si importante, si étroitement liée à celle de Julien et à l’histoire de celte grande époque, que nous ne nous ferons pas scrupule d’en donner ici un assez long extrait, pour suppléer à la perle de l'Histoire générale d'Eunape, d'où Eunape lui-même déclare qu'il a tiré la plus grande partie de celte biographie de Maxime.
Resté seul de la famille de Constantin , Julien fut , dès son enfance, entouré d'eunuques et de surveillants dont la priucipalc mission était de le retenir dans la foi chrétienne (4). Eloigné des all'aires, Julien s'appliqua avec ardeur à l’élude , et Constance , scion Eunape (5) , favorisa son goût par politique, aimant mieux le voir enfoncé dans des livres que pensant au trône qui lui appartenait. C'est lit ce qui explique les facilités qui lui
( 1 ) Suidas, v. Mif</xoî; Sozomène, d’après Socrate, v, 2; Libanius, Episl. 000; Julien, Episl. 15, 16, 32, 39; Zosime, iv, 2 et 15.
(a) Dibl. grœc., t. vtii, p. 415; et l’édition d’Ëd. Gerhard Lipsiæ, 1820.
( 3 ) Simpl., in Calcg. Arisl., p. 1.
( 4 ) Eunape, t. 1 , p. 47.
( 5 ) Ibid., p. 47, 48.
EllNAFE.
furent laissées de s'instruire : Julien en profita. Non content des livres, il visita tous les hommes distingués du siècle : il ne pouvait manquer de venir à Pergame, où enseignait le plus célèbre des philosophes d'alors, Édésius, entouré d’une école florissante dans laquelle brillaient Maxime, Chrysanlhe de Sardes, Priscus de Thesprolic ou de Molossie, et Eusèbede Mindes, ville de Carie. Eunapc nous a conservé les détails du séjour de Julien à Pergame. Il nous montre ce jeune homme dévoré de la soif de la science, sollicitant Édésius de lui donner des soins particuliers, indépendamment de ses leçons publiques qu'il suivait assidûment, et le vieux Édésius, épuisé par l’âge, regrettant dé ne pouvoir servir un zèle aussi extraordinaire dans l’héritier présomptif du trône du monde. Il s'excuse de ne pouvoir plus être utile à celui qu'il appelle le fils aimable de la Sagesse (i). il ne le loue pas d'avoir oublié qu'il est né prince, il l’exhorte à être plus qu'un homme (s). A son défaut, il lui recommande ses élèves; mais Maxime étant à Ephèsc et Priscus en Grèce, Julien ne put s’attacher qu’à Eusèbe et à Chrysanlhe. Chrysanlhe n’avait qu'une àmc avec Maxime ( 5 ) , et était surtout remarquable par son enthousiasme religieux et ses recherches mystiques et théurgiques. Eusèbe ( 4 ) , au
(0 Ibid., p. 48, 49. T éxvo» to?(a( iitiiputox.
(*) Ibid., p. 49. K£» rùxvi tûv juvtt ijplu», aiTXwOjsy S ri iyiiou xai ixJtr,9rif âvOpunof.
(5) Ibid., p. 49. 'O fiO'pùxui Maffytw.
(4) NVytienbach , p. 171 , pense que c’est l’Eusêbc dont