EU.NAPE
dan» la Vie de Maxime. Prisais était réservé et, tout au contraire de Maxime, fort peu empressé à se mettre en avant. 11 se distinguait par une mémoire rare et une connaissance approfondie des anciennes opinions. Il poussait l’aversion des disputes au point de renfermer le plus souvent ses propres opinions en lui-mémeetde les garder comme un avare garde son trésor (t) ; il appelait des prodigues ceux qui manifestent à tout propos leurs sentiments ; enfin il formait un véritable contraste avec tous ses condisciples de l'école d'Édésius, et avec Édésius lui-même, qui était d'une affabilité parfaite, et, scs leçons achevées, s’entretenait volontiers avec tout le monde à Pergame, même avec les plus ignorants, auprès desquels il trouvait encore le moyen de s’instruire. Priscus regardait cette facilité de mœurs comme une sorte de trahison envers la dignité philosophique (s). Son extrême réserve eut du moins l'avantage de le soustraire aux persécutions après la mort de Julien. Il vécut solitaire dans les temples de la Grèce (s), et y parvint à une vieillesse très-avancée ; car il ne mourut qu'à quatre-vingts ans passés, tandis qu'à cette époque beaucoup d'hommes distingués se tuèrent de désespoir (4) ou furent égorgés par les barbares (s); par exemple, un nommé
Epist. 3 ad Liban.; Libanius, Episl. 806, et selon Wytlenbach, Epist. 990 et 1019; Annn. Marc., xxv, 3.
(i) Ibid., p. 65. —(s) Ibid., p. 66.
(5) Ibid., p. 67. — (4) Ibid.
(s) Ibid., 67. L’incursion des Goths en Grèce est de 396.
El'NAPE.
Proteriu8 de Céphallénie et le peintre Hilarius de Billiynie, qui, au témoignage d'Eunape, rappelait quelque chose de la manière d'Euphanor.
Ici finit à peu près la série des philosophes , ou du moins elle est interrompue jusqu'à la biographie de Chrysanthe. L’intervalle est rempli par des rhéteurs et des médecins.
Les rhéteurs dont Eunape raconte la vie sont ceux qu'il trouva à Athènes , et sous lesquels il étudia pendant les cinq années de séjour qu'il fit dans celte ville. Le père de celte école de rhéteurs est Julien de Cappadoce, qui fleurit , et, dit Eunape, régna (t) à Athènes vers le temps d’Édésius. Ses disciples les plus célèbres furent Proærésius , Héphcslion , Épiphanius de Syrie, Diophante l’Arabe , et Tuscianus (î). La biographie de Julien renferme moins de détails sur lui-même que sur Proærésius , qui hérita de sa renommée.
Proærésius est le maître chéri d'Eunape ; aussi il lui consacre un très-long chapitre, et rappelle les moindres circonstances de sa carrière de professeur , scs démêlés avec ses collègues , les obstacles qu’il eut à surmonter , enfin scs succès et la haute faveur dont il jouit à la fin de sa vie (s) . Mais il n'y a rien dans tout cela de fort instructif : on peut tout au plus s’y donner
(i) Ibid., 68. Itvpinu tûv ’A Or,rüv, Sur Julien, voyez la note de Wyttenbach, 230, 231.
(*) Ibid., 68. Il était de Lydie. Liban., Episl. 348, 331.
(3) Ibid., 73-93. Sur Proærésius, voyez la note de Wytlenbach, 366, 367.